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Grosses pierres et jeunes chercheurs

Large rocks and young researchers - new research dynamics for megalithism

Nouvelles dynamiques de recherche pour le mégalithisme

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Publié le mardi 27 mars 2018 par Céline Guilleux

Résumé

Ces toutes dernières années, l’étude des mégalithes fait l’objet d’un fort dynamisme. Une dizaine de travaux universitaires innovants dont plusieurs soutenances de thèse ont eu lieu dans différentes universités françaises. Tous ces travaux, en cours ou achevés, apportent autant de visions renouvelées du mégalithisme avec des approches parfois différentes qui concernent diverses zones géographiques d’Europe occidentale. Le projet de ce séminaire est de se faire l’écho d’un tel renouvellement des problématiques, tout en proposant plusieurs contributions sur l’actualité de la recherche concernant l’étude des mégalithes. Les discussions assureront une prolongation de ce dynamisme par l’élaboration de nouvelles pistes de recherche.

Annonce

Présentation

Ces toutes dernières années, l’étude des mégalithes fait l’objet d’un fort dynamisme. Une dizaine de travaux universitaires innovants dont plusieurs soutenances de thèse ont eu lieu dans différentes universités françaises. Tous ces travaux, en cours ou achevés, apportent autant de visions renouvelées du mégalithisme avec des approches parfois différentes qui concernent diverses zones géographiques d’Europe occidentale. Le projet de ce séminaire est de se faire l’écho d’un tel renouvellement des problématiques, tout en proposant plusieurs contributions sur l’actualité de la recherche concernant l’étude des mégalithes. Les discussions assureront une prolongation de ce dynamisme par l’élaboration de nouvelles pistes de recherche.

Programme

  • 9h40 - 10h00 Accueil-Introduction
  • 10h00 - 10h25 : L’archéologie du bâti pour dynamiser l’étude architecturale des mégalithes. Florian Cousseau, docteur, UMR6566 CReAAH
Les monuments mégalithiques de l’ouest de la France ont fait l’objet, depuis plus d’un siècle, d’un grand nombre de travaux. Les méthodologies employées ont évolué, partant de l’étude simple du mobilier présent au sein des chambres vers une exploration intégrale du monument et notamment de sa masse tumulaire. A la suite de ces avancées, nous avons recherché à développer l’étude de l’architecture mégalithique en adaptant et utilisant une méthodologie qui a fait ses preuves pour les périodes historiques : l’archéologie du bâti. Pour chacun des sites étudiés, la lecture de leurs élévations a dévoilé des histoires architecturales complexes, parfois différentes de celles proposées lors de leur fouille. Pour chaque phase, l’aspect et la fonctionnalité du site sont révélés par la définition de la morphologie interne et externe, la superficie funéraire et l’ornementation. De plus, les bâtisseurs et leur chantier de construction sont mis en évidence au fil des études, grâce à l’observation de leurs gestes, techniques et savoir-faire. À partir de ce renouvellement des données, nous pouvons comparer les édifices entre eux selon leur évolution dans le temps, mais également par le biais de la physionomie et la technologie associées à chacune de leur phase.
  • 10h25 - 10h50 : Pierres dressées et espaces sépulcraux, vers une complémentarité des dispositifs : l’exemple des mégalithes du département du Morbihan. Philippe Gouezin, docteur, UMR6566 CReAAH
Cette communication s’intéresse à l’étude du processus de monumentalisation des mégalithismes par l’analyse architectural croisée de trois types de dispositifs (les pierres dressées, les espaces sépulcraux et les tumulus). Les résultats novateurs mettent en parallèle ou en miroir les pierres dressées à l’air libre et celles présentes dans les développés des parois des espaces sépulcraux avec une vision globale des similitudes d’assemblages. Des liens étroits qui relient le monde des morts, le monde des vivants et le monde naturel ont été démontrés, soit une relation nature versus culture. Nous avons fait apparaître les intentionnalités des bâtisseurs, des modèles ou standards dans la conceptualisation des projets architecturaux issus d’une histoire complexe.
  • 10h50 - 11h15 : Comprendre les grosses pierres grâce au PETRA (protocole d’exploitation des représentations tridimensionnelles en archéologie) Valentin Grimaud, docteur, Université de Nantes
En archéologie, les acquisitions tridimensionnelles sont devenues très courantes pour documenter les objets d'étude, et les architectures funéraires ornées du Néolithique armoricain n'échappent pas à cette règle. Les techniques d'acquisition peuvent s'appliquer à des échelles très diverses : de l'échelle kilométrique du paysage aux détails inframillimétriques d'une gravure. Naturellement, ce gain d'information se traduit par une complexité de manipulation. La mise en place du protocole d’exploitation des représentations tridimensionnelles (PETRA) permet d’obtenir une représentation optimale des surfaces, quel que soit l’échelle d’investigation concernée. Ce protocole anticipe aussi les questions de conservation, d’archivage et de médiation – auprès du public, mais aussi auprès des collègues non-spécialiste en 3D. Mais avant tout, il permet d’observer ces architectures avec un nouveau regard, optimisant la construction de nouveaux savoirs et autorisant son accumulation. Les origines de ce protocole se trouvent dans l’étude du cairn de Gavrinis (Larmor-Baden, Morbihan) dont les principaux résultats seront exposés.

11h15 - 11h35 : Pause

  • 11h35 - 12h00 : Les allées couvertes du nord du Finistère : une étude comparative de deux monuments. Aneta Gorczynska, doctorante, UMR6538 Géosciences Océan, Université Bretagne Occidentale, Institut Universitaire Européen de la Mer (IUEM)
Les sociétés du Néolithique installées en Bretagne ont érigé de nombreux monuments mégalithiques en bord de mer. Aujourd'hui, plusieurs de ces vestiges, ensevelis sous les dunes ou submergés par la mer, sont des témoins spectaculaires des changements de l'environnement côtier qui s'y sont déroulées durant tout l’Holocène. Afin d'apporter un éclairage nouveau sur les relations des sociétés humaines avec le milieu naturel durant le Néolithique une approche pluridisciplinaire mobilisant à la fois les compétences propres à l'archéologie, la géologie et la géomorphologie a été mise en oeuvre sur deux monuments mégalithiques submergés, situés sur la côte nord du Finistère : allées couvertes de Kernic (Plouescat) et de Lerret (Kerlouan).
  • 12h00 - 12h25 : Nouvelles données sur le mégalithisme entre Loire et Charente : premiers résultats d’un projet collectif en cours, Vincent Ard, chargé de recherche, UMR5608-Traces, Emmanuel Mens, docteur, UMR 5608-Traces
Dans le cadre d’un Projet Collectif de Recherche (PCR) tri-annuel (2016-2018), intitulé « Monumentalismes et territoires au Néolithique entre Loire et Charente. Formes et environnements des mégalithes et des enceintes », de nouvelles recherches sont actuellement menées sur les sites monumentaux du monde des morts (mégalithes) et du monde des vivants (enceintes fossoyées) dans le nord de la Charente (Ruffécois) et du Poitou (Loudunais/Thouarsais). L’ambition de ce projet est de documenter et d’analyser la diversité des architectures, les intentions des bâtisseurs et les dynamiques de construction des paysages au Néolithique par une approche multi-échelle, allant du site au territoire. Pour répondre à ces questionnements, le projet regroupe une cinquantaine de participants – chercheurs, étudiants, bénévoles et médiateurs du patrimoine –. Les outils les plus récents sont mis en oeuvre, tels que la prospection géophysique, le survol en drone équipé du LIDAR ou encore la photogrammétrie 3D. Au cours de cette communication, nous présenterons les derniers résultats obtenus sur les dolmens de type angoumoisin et la sépulture à entrée latérale de Chantebrault IV à Saint-Laon (Vienne).
  • 12h25 - 12h50 : Projets architecturaux et monumentalité mégalithique. Groupe de Los Llanetes, El Pozuelo, Andalousie occidentale (Espagne). José Antonio Linares Catela, docteur, area de Prehistoria (Université de Huelva), UMR6566-CReAAH, Coronada Mora Molina, doctorante, departamento de Prehistoria y Arqueología (Université de Séville)
Les fouilles archéologiques du groupe de Los Llanetes ont montré que les formes des monuments mégalithiques sont dus à longue et complexe histoire architecturale, avec différents projets et modèles architecturaux au long du IVème millénaire et IIIème millénaire cal. av. n.è.: dolmens à chambre ovale-allongée, dolmens à chambré allongée, dolmens à chambre multiple et enceintes de terrasses. L’étude des projets, des chantiers, des techniques et des matériaux de construction des monuments funéraires du Néolithique récent nous permet de considérer l'existence d'un «style architectural» et une spécialisation constructive locale/régionale. L’analyse des enceintes de terrasses suggère une permanence du mégalithisme au cours de l’âge du Bronze ancien, basée sur la réappropriation de l'espace ancestral.

12h50 - 14h00 : Repas

  • 14h00 - 15h00 : Réunion thème mégalithisme de l’équipe architecture de l’UMR6566
  • 15h00 - 15h25 : Le creusement des hypogées en Méditerranée occidentale à la fin du Néolithique. De l'outil à la trace, analyse comparée des protocoles expérimentaux de S'Elighe Entosu (Sardaigne, Italie) et de Fontvieille (Bouches-du-Rhône, France). Marie-Elise PORQUEDDU, doctorante, Aix-Marseille Université, UMR 7269 LAMPEA, Università di Sassari, Italie
La cavité funéraire artificielle est un type d'architecture particulièrement répandu en Méditerranée à la fin du Néolithique. De nombreuses études se sont consacrées à la compréhension de ces sites. Cependant, la question de la mise en place de ces structures, et plus particulièrement de leur creusement, reste peu abordée. Une étude technologique du macro-outillage de creusement en lien avec l'analyse des traces de creusement permettent, par le biais d'une analyse comparée, de proposer des réflexions pour une chaîne opératoire de creusement des hypogées. L'expérimentation menée dans ce cadre est essentielle tant elle permet de confirmer, ou d'infirmer, certaines observations et hypothèses, mais aussi d'acquérir des données concernant les compétences en jeu dans le creusement de ces cavités funéraires artificielles. Nous proposons au cours de cette communication de présenter et comparer les protocoles expérimentaux mis en place pour l’étude des nécropoles de S’Elighe Entosu (Sardaigne, Italie) et de Fontvieille (Bouches-du-Rhône, France) au cours de travaux de doctorat.
  • 15h25 - 15h50 : Quels statuts pour les monuments mégalithiques et ceux qui les occupent ? L’étude des hypogées de Provence (4e et 3e millénaire avant J.-C.) à travers les éléments de parure. Laurine Viel, doctorante, Aix-Marseille Université, UMR 7269 LAMPEA
Le Néolithique final en Provence (moitié du 4ème à la fin du 3ème millénaire avant notre ère,) est une période marquée par des bouleversements dans les domaines techniques et sociaux, dont la diffusion des sépultures collectives et du mégalithisme dans cette région. L’objet de ma thèse est de comprendre le statut de ces sites, et des groupes occupant ces monuments pour chercher à connaitre les relations sociales, hiérarchiques et culturelles existant entre eux. La parure, particulièrement présente dans les hypogées de cette région, est un moyen privilégié pour aborder ces questions. En effet, ce mobilier est un véritable véhicule de signification. Il renseigne sur l’identité de celui qui la porte (âge, sexe, culture, religion, statut marital, hiérarchique, …), mais également sur le groupe culturel au sein duquel la parure est portée. Afin d’aborder les statuts des individus et des sites, il est nécessaire d’étudier un ensemble de critères (matière première et provenance, type et quantité, qualité de la production, utilisation) inhérents aux éléments de parure.

15h50 - 16h10 : Pause

  • 16h10 - 16h35 : Reprise de collections squelettiques issues d’anciennes fouilles de monuments mégalithiques dans le Sud de la France. Mélie Le Roy, docteure, Lecturer School of Natural and Built Environment, Queen’s University Belfast
A la fin du Néolithique dans le Sud de la France les sépultures sont majoritairement collectives. Une large part d’entre elles prennent place dans des monuments mégalithes. De par leur visibilité dans le paysage et la facilité d’accès, la plupart ont été fouillées anciennement et n’ont pas forcément bénéficié d’une méthodologie efficace et fiable, malgré de nombreux travaux précurseurs. Ainsi, il est difficile pour la plupart de ces anciennes découvertes de discuter de la gestion du dépôt des corps ou de la caractérisation biologique des populations inhumées. En effet, les rares analyses anthropologiques ne s’appuient que sur des études odontologiques pour estimer un Nombre Minimum d’Individus.
Depuis 2011, d’anciennes collections squelettiques du Sud de la France sont (ré)étudiées, à la lumière de méthodes récentes, en parallèle de la reprise de travaux de terrain. Ces nouvelles analyses ont initié une nouvelle dynamique autour de ces monuments mégalithiques, notamment du point de vue anthropologique afin de faire parler ces collections oubliées.
  • 16h35 - 17h00 : Nouvelles données sur le mégalithisme des Pyrénées nord-occidentales. Pablo Marticorena, docteur, Université Populaire du Pays Basque, UMR 5608 Traces
Plusieurs facteurs dont le dynamisme et le renouvellement des études sur le mégalithisme dans le sud-ouest de la France et en Espagne notamment nous ont conduits à mettre en place un projet intitulé « Structures dolméniques et territoires dans les Pyrénées nord-occidentales ». L’objectif est de mieux cerner le mégalithisme régional, dans ses formes et sa chronologie, mais aussi à partir de là appréhender un Néolithique toujours mal cerné dans le secteur.
Si l’espace géographique concerné est le bassin sud de l’Adour, deux micro-régions ont été sélectionnées pour y mener des études plus fines. Il s’agit d’un côté de la vallée de l’Hergaray, en Pays Basque, à proximité de St-Jean-Pied-de-Port, et de l’autre du plateau de Ger, entre Tarbes et Lourdes. Les premiers résultats montrent déjà des tendances intéressantes.
  • 17h00 - 17h25 : Nouvelles recherches sur le mégalithisme entre Causses et Pyrénées : une approche systémique des sépultures mégalithiques. Sarah Boscus, doctorante, Université de Toulouse-Jean Jaurès, UMR 5608 Traces
L'Occitanie est désormais la région la plus riche en mégalithes. Cependant, très peu de recherches ont étés menées et on ne peut encore distinguer la chronologie et l’évolution des monuments mégalithiques entre le IVe et le IIIe millénaire. L’approche systémique, développée durant nos deux ans de master, permet de toucher à l’intention, au choix des premiers bâtisseurs afin d'aborder le monument comme un véritable projet architectural. Ce projet est alors, à l’image de toute production, ordonné par des règles et sujet à des choix d’ordre technique, culturel ou symbolique. Il ne s’agit plus de documenter une seule partie de l’architecture, mais d’étudier à différentes échelles le monument, de son implantation dans le territoire à l’aménagement de la chambre mégalithique. Le but de cette approche est de distinguer les différents choix effectués, afin de proposer des modèles évolutifs architecturaux.
  • 17h30 : Clôture de la journée de séminaire

Lieux

  • Salle de conférence, Maison des Sciences de l’Homme de Bretagne (MSHB), campus Villejean de l’université de Rennes 2 - 2 avenue Gaston Berger
    Rennes, France (35)

Dates

  • vendredi 30 mars 2018

Fichiers attachés

Mots-clés

  • mégalithisme, préhistoire, néolithique, monumentalité

Contacts

  • Florian Cousseau
    courriel : florian [dot] cousseau [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Florian Cousseau
    courriel : florian [dot] cousseau [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Grosses pierres et jeunes chercheurs », Journée d'étude, Calenda, Publié le mardi 27 mars 2018, https://calenda.org/438588

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