AccueilNouveaux regards sur les saisies patrimoniales en Europe à l’époque de la Révolution française

Nouveaux regards sur les saisies patrimoniales en Europe à l’époque de la Révolution française

Fresh perspectives on heritage appropriation in Europe during the French Revolution

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Publié le mercredi 18 avril 2018 par Elsa Zotian

Résumé

Régulièrement réapparaît çà et là une remise en question des notions de sécularisation et de décontextualisation des œuvres d’art qui ont présidé à la création, dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, des musées modernes. Cette remise en cause conduit à considérer, dans la foulée de Quatremère de Quincy, que l’œuvre d’art ne peut être appréciée que dans son contexte d’origine. Dans la foulée de l’inventaire scientifique que dresse l’IRPA des peintures et des sculptures spoliées par les révolutionnaires français dans les Pays-Bas autrichiens et la principauté épiscopale de Liège, un colloque de deux jours est organisé pour réévaluer de la manière la plus large les circonstances historiques, politiques et artistiques de ces prélèvements révolutionnaires à travers l’Europe, ainsi que leurs antécédents et répercussions immédiats. La thématique est élargie à l’ensemble du patrimoine culturel concerné, et non pas seulement aux œuvres d’art.

Annonce

Argumentaire

Régulièrement réapparaît çà et là une remise en question des notions de sécularisation et de décontextualisation des œuvres d’art qui ont présidé à la création, dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, des musées modernes. Cette remise en cause conduit à considérer, dans la foulée de Quatremère de Quincy, que l’œuvre d’art ne peut être appréciée que dans son contexte d’origine. D’où le risque de vouloir réécrire notre passé en reconsidérant les transferts patrimoniaux qui ont, de tous temps, jalonné l’histoire.Le cas sans doute le plus révélateur est celui des saisies révolutionnaires à la charnière du XVIIIe et du XIXe siècle, époque cruciale pour l’éveil de la conscience patrimoniale. Aujourd’hui encore, les passions restent vives en certaines contrées jadis dépouillées de nombreux chefs-d’œuvre. Diverses voix se font par exemple entendre en Belgique pour dénoncer les exactions opérées par les troupes françaises et pour réclamer le retour d’œuvres emportées en 1794-1795. Cette réapparition de revendications faisant fi du principe de non-rétroactivité se situe dans la lignée de la rétrocession de biens artistiques aux familles juives spoliées par les nazis autant que des recommandations de l’UNESCO en faveur de la restitution d’objets culturels enlevés par les anciennes puissances coloniales.

Poser la question de ces transferts de patrimoine à la fin du XVIIIe siècle sous le seul angle des spoliations apparaît toutefois réducteur, car ce serait oublier combien l’appropriation des œuvres culturelles par la nation française procédait alors d’une ambition universelle de libération et de promotion de l’art aux fins d’éducation pour tous les citoyens. Cette ambition démocratique s’est construite sur la notion émergente de patrimoine relevant de l’appropriation collective.

Dans la foulée de l’inventaire scientifique que dresse l’IRPA des peintures et des sculptures spoliées par les révolutionnaires français dans les Pays-Bas autrichiens et la principauté épiscopale de Liège, un colloque de deux jours est organisé par la même institution pour réévaluer de la manière la plus large les circonstances historiques, politiques et artistiques de ces prélèvements révolutionnaires à travers l’Europe, ainsi que leurs antécédents et répercussions immédiats. La thématique est élargie à l’ensemble du patrimoine culturel concerné, et non pas seulement aux œuvres d’art.

Programme

30/5/2018

09.00 Accueil

  • 09.30 Accueil par Mme Hilde De Clercq, directeur geìneìral a.i. de l’IRPA, Bruxelles
  • 09.40 Introduction par Mme Zuhal Demir, secreìtaire d’Eìtat aÌ la Politique scientifique

Séance de la matinée sous la présidence de : Joost Vander Auwera (Musées des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles)

  • 10.00 Présentation de l’inventaire des tableaux et sculptures saisis en Belgique (Beatrijs Wolters van der Wey, Alexandre Dimov, Pierre-Yves Kairis, KIK-IRPA)
  • 10.30 Gaëtane Maës (maître de conférences HDR en Histoire de l’Art des Temps modernes, Université de Lille SHS), Jean-Baptiste Descamps et Jean-Baptiste-Pierre Lebrun : deux  regards opposés sur le patrimoine

11.00 Pause

  • 11.20 Nathalie Fraquet (doctorante, Université de Valenciennes), Les saisies révolutionnaires à Tournai. Un apport à la connaissance de la peinture tournaisienne de la période moderne
  • 11.50 Pierre-Yves Kairis (chef de département a.i., IRPA, Bruxelles), Spécificités des prélèvements d’œuvres d’art par les révolutionnaires « français » à Liège

12.20 Lunch

Séance de l’après-midi sous la présidence de : Arnout Balis (Centrum Rubenianum, Anvers)

  • 13.30 Quentin Buvelot (Hoofdconservator, Mauritshuis, Den Haag), Paintings from the "Cabinet du Stathouder" taken from The Hague to Paris, 1795
  • 14.00 Federica Mancini (collaborateur scientifique, Musée du Louvre, Paris), La saisie des   dessins en Italie : raisons et choix des enlèvements

14.30 Pause

  • 14.50 Gianmarco Raffaelli (doctorant, Université de Paris I - Panthéon-Sorbonne et École du Louvre, Paris), L’émergence d’une nouvelle conscience patrimoniale à l’heure des saisies révolutionnaires en Italie : les prises de position d’Henri Reboul (1763-1839)
  • 15.20 Nancy Karrels (doctoral candidate, University of Illinois, Urbana-Champaign), Commemorating Spolia in Napoleonic France
  • 15.50 André Gob (professeur ordinaire honoraire, Université de Liège), Pourquoi le Tibre est-il à Paris ? Le prétendu échange du Napoléon de Canova

16.20 Clôture des travaux et réception

31/5/2018

Séance de la matinée sous la présidence de : Sébastien Dubois (Archives de l’État, Bruxelles)

09.30 Keynote speaker: François Mairesse (professeur de muséologie, Université de Paris III - Sorbonne nouvelle), Saisies et restitutions : éléments de géopolitique patrimoniale

  • 10.10 Cécile Robin (chargée d’études documentaires, Archives nationales, Département de l’Exécutif et du Législatif, Paris), Le transfert de bibliothèques belges à Paris sous la Convention : légitimité politique, rationalité administrative, travail d’érudits
  • 10.40 Pierre Delsaerdt (hoogleraar, Universiteit Antwerpen), Les saisies révolutionnaires de bibliothèques religieuses et la patrimonialisation du livre

11.10 Pause

  • 11.30 Cécile Oger (conservateur, Bibliothèques de l’Université de Liège), Les bibliothèques des anciennes congrégations religieuses de la principauté à l’origine des fonds patrimoniaux des bibliothèques de l’Université de Liège
  • 12.00 Aude Briau (historienne de l’art indépendante), « Aux François étoit réservé la gloire de conserver les productions de ces hommes d’un génie inimitable »

12.30 Lunch

Séance de l’après-midi sous la présidence de : Bruno Demoulin (Groupe d’études du xviiie siècle et des révolutions de l’Université de Liège - Traverses)

  • 13.30 Christine Godfroy-Gallardo (chercheur associé en Histoire culturelle et sociale de l’art, Université de Paris I - Panthéon-Sorbonne), Valoriser les restaurations du Muséum pour justifier les confiscations
  • 14.00 Guillaume Nicoud (chercheur post-doctorant, Università della Svizzera italiana, Mendrisio), La fortune impériale des tableaux saisis à l’étranger durant les guerres de la Révolution
  • 14.30 Brieuc Beeckmans (chercheur à l’Université de Paris IV - Sorbonne), Un acteur peu connu de la restitution des tableaux à Anvers

15.00 Pause

  • 15.20 François Antoine (chef de travaux, Archives de l’État à Bruxelles), Papiers dispersés, papiers triés
  • 15.50 Pierre-Jean Niebes (chef de travaux, Archives de l’État à Mons), Le sort des archives publiques durant la période de changement de régime, de la fin de l’empire napoléonien au     Royaume des Pays-Bas (1814-1815)
  • 16.20 François Desseilles (responsable scientifique, Bibliothèque de Droit de l’Université de Liège), Les temps juridiques du retable d’Issenheim : dépasser l’étude de cas ?

16.50 Clôture des travaux

Lieux

  • Salle de conférence du rez-de-chaussée - Parc du Cinquantenaire 1
    Bruxelles, Belgique (1000)

Dates

  • mercredi 30 mai 2018
  • jeudi 31 mai 2018

Fichiers attachés

Mots-clés

  • spoliation, saisie, Révolution française, Belgique, patrimoine

Contacts

  • Pierre-Yves Kairis
    courriel : pierre-yves [dot] kairis [at] kikirpa [dot] be
  • Wendy Frère
    courriel : wendy [dot] frere [at] kikirpa [dot] be

Source de l'information

  • Wendy Frère
    courriel : wendy [dot] frere [at] kikirpa [dot] be

Pour citer cette annonce

« Nouveaux regards sur les saisies patrimoniales en Europe à l’époque de la Révolution française », Séminaire, Calenda, Publié le mercredi 18 avril 2018, https://calenda.org/440506

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