AccueilSpécimens artificiels de sciences naturelles en Sorbonne (SPEscies)

Spécimens artificiels de sciences naturelles en Sorbonne (SPEscies)

Research program about artificial specimens of the natural sciences at the Sorbonne (SPEscies)

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Publié le mardi 05 juin 2018 par Céline Guilleux

Résumé

Cette conférence liée au programme de recherche en sciences humaines et sciences dures SPEscies (Spécimens artificiels de sciences naturelles en Sorbonne) est consacrée à la poétique de l’animalité dans la création contemporaine. Si, à partir de la seconde moitié du XIXe siècle, le débat portant sur les rapports entre l’humanité et l’animalité est au cœur des préoccupations, la littérature et les beaux-arts sont des révélateurs de choix de l’inscription de l’animal dans la société. Anne Simon, directrice de recherche, spécialiste de littérature contemporaine, et Olivier Vayron doctorant en histoire de l’art contemporain présenteront leurs derniers travaux respectifs sur l’intégration du motif cynégétique dans la littérature, et sur l’apparition zoographique de la figure du gorille.

Annonce

23 mai 2018 « Iconographie & Zoopoétique »

Galerie Colbert, 2 rue Vivienne, Paris 75002, salle INGRES (2e étage), 18h-20h, entrée libre.

Programme

  • Anne Simon (cnrs)« Traques et traces : imaginaires zoopoétiques de l’esquive animale. »
  • Olivier Vayron (sorbonne université)« Le gorille du Dr. Franquet. Étude zoographique d’une fable contemporaine. »

Résumé des interventions

  • « Traques et traces : imaginaires zoopoétiques de l’esquive animale. » Anne Simon

La traque — chasse ou quête — a partie liée avec le processus de la création : plus l’animal esquive, plus l’écrivain le cherche, plus la narration s’emballe. L’imaginaire zoopoétique conduit vers une reconfiguration des rôles dédiés aux bêtes et aux humains, puisqu’il fait des premiers des narrateurs d’histoires vitales, des seconds des herméneutes pas toujours très performants. De Maurice Genevoix à Jean Rolin, en passant par Herman Melville, Carlo Ginzburg ou Jean-Christophe Bailly, c’est à ces tours de passe-passe croisant éthologie, philosophie et littérature que s’attachera la communication.

  • « Le gorille du Dr. Franquet. Étude zoographique d’une fable contemporaine. » Olivier Vayron

Les découvertes successives concernant le grand gorille du Congo entre 1847 et 1852 provoquèrent un bouleversement considérable dans le champ des sciences. Le malaise anthropocentré lié à ce nouveau spécimen atteignit largement le public lorsque dès 1855 le premier gorille taxidermisé fut présenté à l’Exposition universelle de Paris. A la suite de cette exhibition, artistes, écrivains et vulgarisateurs naturalistes propagèrent à grande échelle, contre l’avis de nombreux scientifiques, une iconographie fantasmée du grand singe. Sur un modèle social qui passionna de plus en plus les contemporains, amateurs de faits divers, le gorille devint un être brutal, ravisseur de femmes, pendant bestial de ­l’humanité.

Biographie des intervenants

ANNE SIMON

Directrice de recherche au CNRS, Anne Simon dirige le Centre de recherches sur les arts et le langage (EHESS/CNRS), où elle anime le Pôle Proust et le programme de zoopoétique Animots. Sa recherche porte sur le vivant et l’animalité en philosophie et littérature. Elle a co-dirigé « Face aux bêtes », L’Esprit créateur ; “Humain-Animal ”, Contemporary French and Francophone Studies; « Écopoétiques », Fixxion et « Zoopoétique », Revue des Sciences humaines. Elle prépare un ouvrage sur l’élevage industriel en littérature et un essai de zoopoétique. Elle est aussi l’auteure de quatre livres sur Proust.

OLIVIER VAYRON

Doctorant en Histoire de l’art, son travail porte sur les rapports entre les anciennes muséographies et le patrimoine monumental et décoratif du Muséum de Paris, les pièces artistiques des galeries et les collections disparues ou encore en place. Il est associé aux programmes de recherche PatriNat et SPEscies. Ses publications 2018 concernant le phénomène de perméabilité de l’art et des sciences : « “Ils rugissent donc ils sont”, le combat animalier des statuaires Antoine-Louis Barye et Emmanuel Frémiet », dans Histoire de l’art, et « La Fabrique des monstres urbains au xixe siècle » dans la Revue de la BnF.

Mots-clefs

Animal Studies, Visual Studies, littérature comparée, histoire de l’art, zoopoétique, zoographie, beaux-arts, roman, France, Angleterre, Etats-Unis, sculpture, iconographie, illustration savante, vulgarisation scientifique, anthropomorphisme, zoomorphisme, chasse, lexique cynégétique.

Lundi 18 juin 2018 « Ornithologie populaire »

18H - 20H | Galerie Colbert

2 rue Vivienne, ou 6 rue des Petits-Champs, 75002 Paris Centre André Chastel, salle INGRES (2e étage)

(entrée libre sans inscription)

  • Jacques Cuisin « La collection, une représentation figée de la Nature ? »
  • Thierry Laugée « Frank M. Chapman et le conservationnisme artistique. »

Abstract

Cette cinquième séance du séminaire SPEscies est consacrée à l’analyse du pouvoir didactique de l’ornithologie et de son image gravée, photo- graphique ou taxidermique. A travers l’étude des collections de spécimens du Muséum national d’Histoire naturelle de Paris, et celle des archives de Frank Chapman, de l’American Museum of Natural History de New York, Jacques Cuisin et Thierry Laugée entendent démontrer combien la conservation de spécimens ornithologiques coïncide avec celle des espèces.

La collection, une représentation figée de la nature ?

Les collections ont d’abord servi à la comparaison des organismes, dans un but de description et de distinction les uns par rapport aux autres. Les oiseaux font partie des tout premiers animaux ainsi traités, à cause de la facilité d’observation dont ils font preuve. Les collections s’appuient sur des spécimens entiers ou partiels, complétés ou précisés par des écrits ou des illustrations isolés ou rassemblés en des ouvrages variés, mais dont le but premier a toujours été une forme de pédagogie. Il n’est pas jusqu’aux présentations des muséums qui ne revêtent cet aspect d’information ou d’étendue des savoirs. La collection s’inscrit également comme une archive de la Nature, en même temps qu’un objet culturel.

Frank M. Chapman et le conservationnisme artistique.

Frank M. Chapman (1864-1945), Conservateur associé des Mammifères et des Oiseaux en 1901 puis Conservateur des Oiseaux en 1908 de l’American Museum of Natural History, joua un rôle majeur dans la vulgarisation de l’ornithologie par le biais de publications richement illustrées telles Bird-Life (1897) ou Bird studies with a Camera (1900). L’objet de cette communication est d’envisager l’enjeu du recours aux artistes et plus globalement à l’image pour la protection des espèces menacées dans le premier quart du XXe siècle. Persuadé que, par une destination nouvelle des publications scientifiques, l’observation pouvait remplacer la chasse, Chapman eut à cœur de repenser les modalités du discours savant, la pratique des naturalistes, tout comme les modes d’exposition des spécimens afin de former une génération d’amoureux des oiseaux, ainsi qu’il aimait à se définir lui-même.

Jacques Cuisin

Rattaché au Muséum national d’histoire naturelle depuis 1990, il s’est successivement occupé des collections de mammifères et d’oiseaux, puis des ateliers de préparation et de restauration des collections, il est au- jourd’hui délégué à la conservation auprès du directeur général délégué aux collections du MNHN. intégré à des cycles universitaires de formation en France et à l’étranger ainsi qu’à des sessions plus ponctuelles (iNP, oCiM, …), les champs abordés couvrent la conservation technique des naturalia, l’histoire des techniques, les modes de représentation.

Thierry Laugée

Maître de conférences en Histoire de l’art contemporain à l’université Pa- ris-Sorbonne, il a publié en 2015 Figures du génie dans l’art français (1802-1855), ouvrage issu de sa thèse. Coordinateur scientifique des pro- jets de recherche PatriNat et SPEscies, ses recherches récentes portent sur le genre animalier dans les musées de science. dans ce cadre il a publié

« La ménagerie d’Eugène delacroix […] » dans le Bulletin du musée Eu- gène delacroix en 2014, « La Photographie zoologique, d’Achille devéria et Louis rousseau », dans la revue de la BNF en 2017, et a été lauréat en 2016 de la Bourse Focillon (CFHA) pour son projet une Fenêtre ouverte sur la faune. Photographie zoologique et taxidermie aux états-unis (1853- 1940).

Lieux

  • Galerie Colbert, salle INGRES (2e étage) - 2 rue Vivienne
    Paris, France (75)

Dates

  • mercredi 23 mai 2018
  • lundi 18 juin 2018

Mots-clés

  • animal studies, visual studies, littérature comparée, zoopoétique, zoographie, beaux-arts, roman, sculpture, iconographie, illustration, vulgarisation, anthropomorphisme

Contacts

  • Olivier Vayron
    courriel : olivier [dot] vayron [at] gmail [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Olivier Vayron
    courriel : olivier [dot] vayron [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Spécimens artificiels de sciences naturelles en Sorbonne (SPEscies) », Cycle de conférences, Calenda, Publié le mardi 05 juin 2018, https://calenda.org/442338

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