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Marginal sexualities and HIV in the Maghreb

Sexualités marginales et VIH au Maghreb

Comparative perspectives

Regards croisés

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Published on Wednesday, May 30, 2018 by Anastasia Giardinelli

Summary

Le colloque s’intéresse aux différentes sexualités dites marginales et à leurs liens éventuels avec le VIH/sida. Il tente de développer une réflexion sur les groupes dits minoritaires, ces communautés « de moindre pouvoir dans le système social » (Guillaumin, 1985).L’intérêt porte sur des réalités plurielles qui concernent les marges : la prostitution et les travailleurs/travailleuses de sexe, l’homosexualité et les hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes, les mères célibataires, etc. L’objectif est ainsi d’analyser les processus de catégorisation des groupes sociaux et de comprendre les dynamiques de la maladie, notamment lorsqu’elle est sexuellement transmise.

Announcement

Argumentaire

Le colloque s’intéresse aux différentes sexualités dites marginales et à leurs liens éventuels avec le VIH/sida. Il tente de développer une réflexion sur les groupes dits minoritaires, ces communautés « de moindre pouvoir dans le système social » (Guillaumin, 1985).L’intérêt porte sur des réalités plurielles qui concernent les marges : la prostitution et les travailleurs/travailleuses de sexe, l’homosexualité et les hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes, les mères célibataires, etc. L’objectif est ainsi d’analyser les processus de catégorisation des groupes sociaux et de comprendre les dynamiques de la maladie, notamment lorsqu’elle est sexuellement transmise.

Les sexualités au Maghreb font l’objet de contrôle par différentes institutions sociales. Elles sont marquées par des interdits politique, juridique et religieux qui jalonnent les contours de la « normalité ». Ces interdits se conjuguent avec « l’imaginaire social des sexualités » (Mendès-Leite, 2000) construit et conçu pour orienter les pratiques individuelles et collectives.  La transgression des codes moraux et de « bonne conduite » produit ainsi les marges et les fige dans la posture de la « différence ».

L’histoire renseigne sur les représentations des sexualités et les modes d’agir particuliers des acteurs à des époques différentes. A juste titre, les recueils historiques qui traitent de la question homosexuelle montrent que les pratiques sexuelles entre des hommes ont existé dans les sociétés de culture musulmane et étaient plutôt qualifiées de pratiques homoérotiques (El-Rouayheb, 2010). L’ordre colonial au Maghreb a, pour sa part, contribué au montage d’un système de gestion de la prostitution (Taraud, 2009). L’historiographie permet d’éclairer la réalité des sexualités marginales au Maghreb sur le temps long.

La question juridique, quant-à-elle, semble centrale et traduit la tension entre les droits et les libertés individuelles, d’un côté, et la pénalisation des sexualités dites atypiques et la transmission sexuelle du VIH (Pezeril, 2016), de l’autre. Que disent les textes de lois à l’échelle nationale et internationale ? Quel dialogue entre le local et le global au niveau de l’application des lois et la reconnaissance des droits des minorités ?

Des personnes qui se disent gaies et lesbiennes, mais aussi les personnels/les de sexe, les mères célibataires, vivent, en plus de la stigmatisation de leurs sexualités non normatives, d’autres formes de discriminations liées à la maladie. L’intérêt porte ici sur les trajectoires subjectives jalonnées par les pratiques effectives et les significations que les acteurs sociaux leurs attribuent. Comment se présentent les réalités vécues et quels sont leurs éléments saillants eu égard aux contextes politiques et socioculturels ? Quelles sont les représentations des différentes formes de sexualité et du VIH/sida en tant que maladie sexuellement transmissible ?

Par ailleurs, le vécu des personnes qui se définissent par une sexualité non normative et vivant avec le VIH en terre d’immigration est jalonné par différentes dimensions : la migration, la sexualité différente et le VIH. Les travestis algériens de la gare Saint-Charles à Marseille en constitue un exemple type (Gaissad, 2010). Comment se conjuguent les expériences de la sexualité non normative avec celle de la maladie, mais aussi avec celle de l’ethnicité ? Quelles sont les politiques d’immigration mises en œuvre face au VIH/sida dans les pays d’accueil ?

Les sexualités marginales sont traversées par les différents rapports sociaux, notamment les rapports de genre. A juste titre, l’analyse des ripostes nationales et internationales révèle que les approches utilisées ont souvent tendance à reproduire la construction sociale des inégalités, ce qui rend les femmes encore plus vulnérables au VIH/Sida (Kimmel, 2007).L’on s’intéresse alors aux rapports genrés qui marquent les parcours des hommes et des femmes eu égard à l’expérience de la sexualité et du VIH/Sida. Si on parle aujourd’hui de la féminisation de la maladie au Maghreb (Bouchaib, 2015), comment se dessinent les inégalités de genre ?

Cependant, les situations de marginalité ne signifient pas nécessairement que les personnes en questions soient complètement démunies et adoptent de ce fait une posture de victimisation. Certes, les homosexuels/les au Maghreb ont réussi à construire des stratégies de mobilisation pour la reconnaissance de leurs droits (Lachheb, 2016). Il convient ainsi d’être attentif aux capacités d’agir et aux formes de résistance des différents groupes sociaux. Quels sont les apports des militant-e-s pour la reconnaissance des populations marginales, notamment les « populations clés », et leurs droits à la santé ? Quels sont les enjeux des mobilisations pour la lutte contre le VIH/sida et leurs formes d’imbrication avec le militantisme LGBT ?

En définitive, ce colloque international tente d’objectiver la réalité des groupes minoritaires dans une perspective pluridisciplinaire et comparatiste. Il importe ainsi d’apporter des regards complémentaires et d’analyser les spécificités des contextes locaux qui font émerger des formes particulières d’appréhension des sexualités et du VIH/sida dans l’espace maghrébin.

Modalités de soumission

Les propositions de communication de 3000 signes présenteront les questionnements et le terrain exploré. Elles seront complétées par une courte biographie et à envoyer à l’adresse suivante : colloqueirmc2018@gmail.com avant le 30 juin 2018.

NB : Les frais de déplacement sont à la charge des participants. L’IRMC prendra en charge l’hébergement sur les lieux.

Bibliographie indicative                

Ben Haieidh et al. (2012), Migration et sida en Tunisie. Connaissances, perceptions et comportements à risques, Tunis, CERES.

Bouchaib M. (2015), « Les femmes et le sida au Maroc. De l’inégalité biologique à l’inégalité sociale », in D. Baudouin et al. (dir.), Le Maroc au présent. D’une époque à l’autre, une société en mutation, Rabat, Editions du Centre Jacques Berque, 385-391.

Clair I. (2013), « Pourquoi penser la sexualité pour penser le genre en sociologie ? Retour sur quarante ans de réticences », Cahiers du Genre, 1 (54) : 93-120.

Desclaux A. et al. (2011), Les femmes à l’épreuve du VIH dans les pays du Sud : Genre et accès universel à la prise en charge, Paris, ANRS.

El-Rouayheb Khaled (2010), L’amour des garçons en pays arabo-islamique. XVIe-XVIIIe siècle, Paris, Epel.

Gaissad L. (2010), « ‘’En femme’’ à la gare Saint-Charles : la prostitution des Algériens à Marseille », L’Année du Maghreb, VI : 203-219.

Guillaumin C. (1985), « Sur la notion de minorité », L'Homme et la société, 77-78 : 101-109.

Kimmel E. (2007), La féminisation du sida en Afrique Subsaharienne. Les politiques de lutte contre le sida et leur prise en compte du genre, Mémoire Sciences Politiques, Université de Québec.

Lachheb M. (2016), « Briser le silence … Libérer la parole. Activisme LGBT au Maghreb », in M. Lachheb (dir.), Etre Homosexuel au Maghreb, Paris, Karthala/IRMC, pp. 203-217.

Mendès-Leite R. (2000), Le sens de l’altérité. Penser (l’homo) sexualité, Paris, L’Harmattan.

Musso S. (2008), SIDA et minorités postcoloniales. Histoire sociale, usages et enjeux de la cible « migrants » dans les politiques du SIDA en France, Thèse de doctorat, EHESS.

Paternotte D. et Perreau B. (2012), « Sexualité et politique en francophonie : état des lieux et perspectives de recherche »,Politique et Sociétés, 31 (2) : 3–30.

Pézeril Ch. (2016), « Le gouvernement des corps séropositifs. Dynamiques de pénalisation de la transmission sexuelle du VIH », Genre, Sexualité et Société, 15 :http://journals.openedition.org/gss/3763?lang=fr

Taraud Ch. (2009), La prostitution coloniale. Algérie, Tunisie, Maroc 1830-1962, Paris, Payot.

UNAIDS (2017), Ending AIDS. Progress Towards the 90-90-90 Targets, http://www.unaids.org/sites/default/files/media_asset/Global_AIDS_update_2017_en.pdf.

Comité scientifique

  • Oissila Saaidia (IRMC - Tunis)
  • Karima Dirèche (Université Aix en Provence, CJB)
  • Monia Lachheb (IRMC - Tunis)
  • Karine Lambert (Université de Nice)
  • Boutheina Ben Hassine (Université de Sousse)
  • Perrine Lachenal (Université de Marburg)
  • Irène Maffi (Université de Lausanne)
  • Imed Melliti (Université de Tunis)

Subjects

Places

  • Tunis, Tunisia

Date(s)

  • Saturday, June 30, 2018

Keywords

  • sexualité, santé, VIH, genre, migration,marginalité,droit

Information source

  • hayet naccache
    courriel : hayet [dot] naccache [at] irmcmaghreb [dot] org

To cite this announcement

« Marginal sexualities and HIV in the Maghreb », Call for papers, Calenda, Published on Wednesday, May 30, 2018, https://calenda.org/442448

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