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Les arts coloniaux

The colonial arts - the movement of artists and artefacts between France and its colonies

Circulation d’artistes et d’artefacts entre la France et ses colonies

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Publié le mardi 04 septembre 2018 par Céline Guilleux

Résumé

À l’occasion de l’exposition Peintures des lointains. La collection du musée du quai Branly-Jacques Chirac (30 janvier 2018 – 6 janvier 2019), le musée du quai Branly-Jacques Chirac s’associe avec le Palais de la porte Dorée pour organiser, en partenariat avec le centre François-Georges Pariset – Université Bordeaux-Montaigne, un colloque sur la notion d’ « arts coloniaux ». Ce colloque pluridisciplinaire, au croisement de l’histoire de l’art, de la sociologie des institutions et des études postcoloniales, se propose d’interroger la circulation des artistes et des artefacts entre la France et les territoires de son Empire, comme support pour une réflexion sur la relation coloniale.

Annonce

Présentation

L’objectif est de mieux cerner la production artistique et artisanale en situation coloniale et cela dans une acceptation large, qu’il s’agisse d’artefacts produits par des artistes issus des populations colonisées ou par des artistes originaires de métropole. Pour ce faire, plusieurs axes ont été retenus, afin d’interroger les catégories d’artefacts et les paradigmes qui sous-tendent leur production, leurs auteurs et leur statut, leurs promoteurs et leurs modes de diffusion, ainsi que les phénomènes de domination et d’appropriation qui ont pu s’exercer dans le domaine artistique et culturel. Tous ces aspects sont envisagés sous l’angle des réseaux de circulation de personnes, d’artefacts et de concepts, dans une pluralité de mouvements qui ne répondent pas à un schéma univoque.

Programme

Mercredi 10 octobre 2018

Auditorium

Etablissement public du Palais de la porte Dorée 9h00 Accueil

  • 9h15 – 9h45 Introduction par Benjamin Stora, président du comité scientifique, Palais de la Porte Dorée (à confimer)
  • Introduction du colloque par le comité scientifique

Définir et imposer des modèles : formes et déclinaisons

L’histoire coloniale débute par une phase expansionniste à laquelle succède l’assimilation des territoires conquis, ce qu’Ashis Nandy nomme la « seconde colonisation » (L’Ennemi intime, 1983-2007), celle des esprits ; or il rappelle aussi que les esprits des colonisés qui ont été transformés à leur tour... Le colonisateur assoit son emprise sur ses nouvelles possessions par une série de mesures destinées à renforcer son pouvoir et à transformer les sociétés sous son ascendant selon un argument civilisateur. Ainsi se produisent dans les sociétés colonisées une série de bouleversements dans les domaines religieux, politique, économique, social, culturel. Identifier les formes de continuités comme de mutations dans le champ de la création artistique amène à questionner les modèles qui les guident, particulièrement en termes de circulation des images. Afin de saisir quelques aspects du recours aux images par le colonisateur pour tenter d’imposer son hégémonie, il sera ici question des acteurs tout comme des lieux d’élaboration de nouvelles formes d’artefacts à l’époque coloniale dans le domaine de l’art et de l’artisanat, mais aussi des supports qui permettent l’extension de ces modèles à plus vaste échelle, voire leur assimilation dans la société colonisatrice.

Modérateur : Dominique Jarrassé

  • 9h45 – 10h15 Gwenaël Ben Aissa, Citadelles & Mazenod, Objets africains et collections missionnaires, échanges matériels et immatériels
  • 10h15– 10h45 Sophie Leclercq, Réseau Canopé et Sciences Po, Éduquer et séduire. Les arts coloniaux dans les images scolaires des colonies des années 1880 aux années 1940

10h45 – 11h00 pause-café

  • 11h00– 11h30 Mathilde Allard, ACHAC, Dessins d’écoliers des colonies françaises conservés au musée du quai Branly-Jacques Chirac
  • 11h30– 12h 00 Chloé Soliot, Ecole du Louvre, L’Ecole des Beaux-Arts de l’Indochine : Projet artistique et reconnaissance de l’établissement de Victor Tardieu (1925-1937)
  • 12h – 12h30 discussion avec le public

12h30 – 14h30 pause

Construction de la figure de l’ « artiste indigène »

Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, puis de la première moitié du XXe siècle, la circulation des productions matérielles des sociétés colonisées par la France s’intensifie à l’échelle internationale. La présence de ces artefacts se renforce notamment dans les expositions universelles et coloniales organisées par les principaux empires, qui ne se contentent pas d’exposer mais composent aussi le discours sur ces productions pour une large part présentées comme anonymes et évaluées à l’aune du modèle artistique occidental. Le dessein colonialiste, se déploie dès lors sur deux plans, une politique active qui vise la « stimulation » ou la « rénovation » des arts dits « indigènes » ou encore leur « encouragement », et la mise en place de structures imposant de nouveaux modèles. Emergent alors des artistes qui mêlent à l’expression de leur propre culture la référence à des techniques et à une esthétique exogènes. Il convient de revenir ici sur les lieux et modes de construction en métropole et dans les colonies de cette figure de l’ « artiste indigène » ainsi que sur ses multiples incarnations.

Modérateur : Sarah Ligner, musée du quai Branly –Jacques Chirac

  • 14h30 – 15h00 Alexandre Girard-Muscagorry, Institut national du patrimoine, Y a-t-il un art à Madagascar ? » : circulation et réception de la création malgache en France durant la période coloniale
  • 15h00 – 15h30 Giulia Golla Tunno, Université Bordeaux Montaigne/IMT Scuola Alti Studi Lucca, Un ordre colonial des arts : la place de l’« artiste indigène » au Musée de la France d’Outre-Mer

15h30 -15h45 pause-café

  • 15h45 – 16h15 Christelle Lozère, Université des Antilles, 1943, La création de l’école des arts appliqués de Fort-de-France. Les graines de la rébellion esthétique.
  • 16h15 – 16h45 discussion avec le public

17h – 18h30 Cocktail

Jeudi 11 octobre 2018

Salle de cinéma

musée du quai Branly-Jacques Chirac 9h15 Accueil

  • 9h30 Mot de bienvenue par Stéphane Martin, président du musée du quai Branly- Jacques Chirac

Structuration et propagation des artefacts et discours à l’échelle de l’empire

Les modes de promotion des arts coloniaux relèvent non seulement d’enjeux artistiques, mais aussi économiques et politiques. De multiples initiatives résultant d’une volonté de l’Etat ou d’acteurs privés voient le jour pour exposer et diffuser les arts coloniaux en métropole et dans les possessions françaises outre-mer : sociétés d’artistes et leurs salons, foires, expositions et autres manifestations. Quelle est leur finalité et quel est leur impact auprès du public ? Quelles images de la France et de ses colonies s’élaborent à travers ces manifestations ? Plusieurs cas d’étude précis interrogent les fondements d’un système colonial de l’art qui crée des institutions spécifiques de propagande pour diffuser productions et représentations.

Modérateur : Hélène Bocard, Palais de la Porte Dorée

  • 9h40 – 10h10 Marion Lagrange, centre de recherches François-Georges Pariset (EA 538) Construire « un lien d’intellectualité » : l’exposition artistique de l’Afrique française (1928-1939)
  • 10h10 – 10h40 Laurent Houssais, université Bordeaux Montaigne, Centre F.-G. Pariset (EA 538) Empire et prospérité : la promotion des arts coloniaux aux Salons de la France d’Outre- Mer

10h40 – 10h55 pause

  • 11h – 11h30 Isidore Pascal Ndjock Nyobe, université de Douala, Cameroun, Graver et dessiner les colonies pendant l’entre-deux-guerres: l’image du Cameroun dans l’œuvre de Suzanne Truitard et de Christian Couillaud
  • 11h30 – 12h30 Discussion avec le public

12h30 – 14h30 Pause

Formes de domination et d’appropriation

Des formes multiples de pouvoir sous-tendent la circulation des artistes et des artefacts entre la France et ses colonies. La construction d’une conscience coloniale, accompagnée des formes d’appropriation des arts "indigènes", a engendré une relation coloniale qui, dans le cadre spécifique des arts et des représentations qu’il diffuse, a longtemps tendu à justifier la domination. Sa remise en cause a provoqué des dénis dont les disciplines et les musées qui ont en charge ces domaines et les collections d’artefacts qui ont été produits, demeurent marqués.

Modérateur : Frédéric Keck

  • 14h30 – 15h Carlo A. Célius, CNRS, Situation coloniale et hégémonie des beaux-arts
  • 15h – 15h30 Daniel Foliard, Paris Ouest Nanterre/ UMR Sirice - Université Paris 1 Panthéon- Sorbonne, Fondre ou conserver ? Collecte et premières circulations métropolitaines du trésor de Ségou (1890-début du XXème siècle)
  • 15h30 – 16h Emilie Goudal, Centre Norbert Elias (CNRS/EHESS), Partage d’un « butin de guerre » ? Retours et répartition de la collection du musée des Beaux-arts d’Alger (1962-1969)
  • 16h – 16h30 Florence Hudowicz, musée Fabre, musée des beaux-arts de Montpellier, Des regards sur les œuvres produites en Algérie à l’époque coloniale
  • 16h30 – 17h discussion avec le public

17h – 17h15 pause

17h15 – 18h30 Table-ronde « Perspectives de la recherche »

Interrogation sur les sources disponibles pour le chercheur dans le domaine des arts coloniaux, cette table-ronde est l’occasion de revenir sur des travaux pionniers et de mettre en exergue certains fonds patrimoniaux qui permettent d’envisager de nouveaux sujets de recherche.

Modérateur : Laurent Houssais, université de Bordeaux Montaigne

Clothilde Roullier et Pascal Riviale, Archives nationales Xavier-Philippe Guiochon, Centre national des arts plastiques

19h – 21h En clôture du colloque :

  • Projection-débat en présence des réalisateurs.
  • Projection du film (docu-fiction) Eugène Delacroix. D’Orient et d’Occident, réalisé par Arnaud Xainte écrit avec Jean-Frédéric Thibault, produit par Illégitime Défense et diffusé sur Arte en avril 2018.

Lieux

  • Musée du quai Branly - Jacques Chirac - 218 rue de l'Université
    Paris, France (75007)

Dates

  • mercredi 10 octobre 2018
  • jeudi 11 octobre 2018

Mots-clés

  • art, colonial, orientalisme, colonie, beaux-arts

Contacts

  • Anna Gianotti Laban
    courriel : anna [dot] laban [at] quaibranly [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Anna Gianotti Laban
    courriel : anna [dot] laban [at] quaibranly [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les arts coloniaux », Colloque, Calenda, Publié le mardi 04 septembre 2018, https://calenda.org/460623

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