AccueilLe cinématographe pour l'industrie et dans les entreprises (1890-1970) : histoire, acteurs, usages et configurations

Le cinématographe pour l'industrie et dans les entreprises (1890-1970) : histoire, acteurs, usages et configurations

Filmmakers in industry and businesses (1890-1970): history, actors, uses and configuration

Revue Cahiers d’histoire du Cnam

Revue Cahiers d’histoire du Cnam journal

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Publié le mercredi 18 juillet 2018 par Anastasia Giardinelli

Résumé

Ce numéro des Cahiers d’histoire du Cnam vise à explorer les manières dont l’industrie et les entreprises ont pu se servir du cinématographe, ainsi que les organisations et productions auxquelles ces usages ont donné lieu.

Annonce

Coordonné par Robert Nardone (HT2S, Cnam) et Catherine Radtka (UTBM)

Argumentaire

Née dans les laboratoires scientifiques, la captation photographique du mouvement fournit un instrument auquel ont recours, dans le dernier tiers du XIXe siècle, aussi bien un astronome comme Jules Janssen, un physiologiste comme Etienne-Jules Marey ou encore un médecin comme Eugène Louis Doyen (Mannoni 1994, 1997, 1999 ; Meunier 2017 ; Lefebvre 2004 ; Berthoz 2003). Si la dynamique des inventions techniques qui se succèdent au tournant du XXe siècle s’explique alors notamment par les besoins des scientifiques et les articulations qui s’établissent entre recherche et industrie (Hamery 2013), c’est le perfectionnement apporté par les industriels Auguste et Louis Lumière qui transforme l’outil, aussi bien dans ses usages que dans sa portée : les caméras sont alors produites industriellement en série, le film produit est projetable et reproductible, et le cinéma devient autant un art qu’une industrie.

La naissance officielle du cinématographe est ainsi inaugurée par la diffusion de « La sortie de l’usine Lumière à Lyon », et c’est dans les locaux de La Société d’encouragement à l’industrie nationale qu'a lieu la première projection publique pour illustrer une conférence de Louis Lumière sur l’industrie photographique (Sadoul 1948, Rittaud-Hutinet, 1985) le 22 mars 1895. L’invention entre alors dans la sphère économique : tandis que les nombreuses projections précédentes destinées à un public de scientifiques, d’universitaires et d’industriels étaient gratuites celle du 28 décembre 1895 dans le Salon indien du Grand café est payante. Les relations qui s’établissent alors entre le secteur industriel, les entreprises et le cinéma sont plurielles.

Parallèlement au développement d’une « industrie du cinéma », organisée autour d’une part de la production des outils cinématographiques et d’autre part de la réalisation et diffusion des films, émergent aussi des usages industriels et plus largement des usages entrepreneuriaux du cinéma : réflexion sur les gestes ou l’organisation du travail (Hediger 2006), formation du personnel (Kouloumdjian et Armellino 1987), promotion de l’industrie ou de ses produits, voire des entreprises d'un territoire particulier (Michel 2016 ; Zimmermann 2006, 2008), rapports internes à l’entreprise (Hatzfeld, Michel & Rot 2006) sont servis ou donnent lieu à une production cinématographique particulière mais plurielle, allant de films commerciaux ou de propagande industrielle aux films pensés comme des outils d'investigation, en passant par les films d’entreprise (Heller 1999).

Alors que ces usages entrepreneuriaux se mettent en place de manières différenciées selon les contextes nationaux, le Cnam joue en France un rôle d’interface entre les acteurs –industriels, entrepreneurs, scientifiques – et l’industrie cinématographique. Ce rôle et cet intérêt du Cnam pour le cinéma sont si manifestes que des accords sont passés avec la firme Pathé dès 1919, et que Louis Lumière rejoint le Conseil d'administration du Cnam en 1925, alors que Léon Gaumont participe au Conseil de perfectionnement et contribue matériellement à l'enrichissement des collections de l'établissement.

Ce numéro des Cahiers d’histoire du Cnam vise à regrouper des contributions portant sur les usages industriels et entrepreneuriaux du cinéma depuis les choix stratégiques d'élargissement d'activité effectués par des firmes comme la Société de plaques et papiers photographiques d’Antoine Lumière et fils, ou l'industrialisation de l'enregistrement du son par la société Pathé frères dans les années 1890 ou de matériel optique et photographique de la société L. Gaumont et Cie en 1895, jusqu’aux transformations qu’entraîne la généralisation de la télévision puis de la vidéo dans les années 1970. Il cherche ainsi à explorer les manières dont l’industrie et les entreprises ont pu se servir du cinématographe, ainsi que les organisations et productions auxquelles ces usages ont donné lieu.

Nous souhaitons mettre en avant des contributions qui viseraient à répondre à ces questions (liste non exhaustive) pour la période concernée, à savoir entre les années 1890 et 1970 :

  • Comment l'invention du cinématographe est-elle intégrée dans des stratégies de développement de certaines firmes industrielles et par certaines entreprises commerciales ou de service ?
  • Comment les firmes industrielles et les entreprises s'organisent-elles pour développer une activité cinéma ? Quelles conséquences un tel choix entraîne-t-il ?
  • Comment le cinéma participe-t-il à la production de connaissances sur le travail au sein des entreprises industrielles ?
  • Comment le cinéma participe-t-il à la reconfiguration de l'organisation du travail dans les firmes industrielles et dans d'autres types d'entreprises ?
  • Comment l'innovation technique du cinématographe a-t-elle influé les pratiques managériales, les prises de décision et l’innovation au sein du secteur industriel et de l’entreprise?
  • Quels circuits de production et de distribution s'organisent autour des films d'entreprise ou des usages entrepreneuriaux du cinéma ?
  • Quelle place tiennent les commandes des industriels dans l'activité des professionnels du cinéma ? Peut-on à cet égard esquisser des éléments de comparaison internationale ou des évolutions temporelles ?
  • Comment les contraintes techniques (y compris dans leurs dimensions financières) interviennent-elles dans les usages que peuvent faire les entreprises du cinéma ? En particulier, le coût et le savoir-faire associés à l'emploi d'un matériel sophistiqué imposent-ils des partenariats avec les professionnels du cinéma ? Ces contraintes ont-elles pu être contournées par certaines entreprises ? Avec quelles conséquences ?
  • Quels sont les effets ou les contraintes liés aux circulations internationales des films industriels ?
  • Quelle est la place du cinéma dans la formation des ingénieurs et des techniciens dans les entreprises ? à partir de quand et dans quels types de formations cet outil est-il privilégié ?
  • Quelles relations entretiennent certains secteurs professionnels ou certaines entreprises avec l'image que donne d'eux le cinéma, y compris le cinéma de fiction ?

Soumission des propositions

Envoyer à l’adresse : chcnam.cinema@gmail.com

pour le 22 octobre 2018 une proposition d’article sous la forme :

  • titre et résumé – 3000 signes – précisant la méthodologie et les sources mobilisées
  • courte biographie de l’auteur. Les contributions académiques seront prioritaires, mais la revue publie également des témoignages de professionnels.

Les auteurs sont informés des propositions retenues courant novembre 2018.

Les articles complets sont à renvoyer pour le 15 janvier 2019.

Deux formats sont acceptés :

  • article long : 45 000 à 75 000 signes (prioritaires dans la procédure de sélection)
  • article court : 25 000 à 45 000 signes (état de l’art, situation bibliographique - par exemple)

La publication du dossier est prévue pour l'automne 2019.

Numéro spécial bilingue

Comité de rédaction

  • Andrée Bergeron
  • Marco Bertilorenzi
  • Jean-Claude Bouly
  • Serge Chambaud
  • Lise Cloître
  • Renaud d’Enfert
  • Claudine Fontanon
  • Virginie Fonteneau
  • Clotilde Ferroud
  • Hélène Gispert
  • Irina Gouzévitch
  • André Grelon
  • Cédric Neumann
  • Loïc Petitgirard
  • Catherine Radtka
  • Laurent Rollet
  • Ferrucio Ricciardi
  • Jean-Claude Ruano-Borbalan
  • Henri Zimnovitch

Un comité de lecture ad hoc est constitué à chaque numéro en faisant appel à des évaluateurs spécialistes des thématiques du dossier en cours ou des articles de Varia.

Dates

  • dimanche 22 juillet 2018

Mots-clés

  • cinéma, industrie, entreprises

Contacts

  • Robert Nardone Catherine Radtka
    courriel : chcnam [dot] cinema [at] gmail [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Camille Paloque-Bergès
    courriel : camille [dot] paloque-berges [at] lecnam [dot] net

Pour citer cette annonce

« Le cinématographe pour l'industrie et dans les entreprises (1890-1970) : histoire, acteurs, usages et configurations », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 18 juillet 2018, https://calenda.org/460924

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