AccueilLe retour de la « Rust Belt » à l’heure des populismes : lieux, enjeux, stratégies

Le retour de la « Rust Belt » à l’heure des populismes : lieux, enjeux, stratégies

The return of the Rust Belt in the age of populisms: places, issues and strategies

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Publié le mardi 02 octobre 2018 par Céline Guilleux

Résumé

Ce projet de colloque, organisé à l'université de Paris-Est Créteil les 20-21 juin 2019, prévoit d'interroger l'objet géographique « Rust Belt » (ceinture de la rouille) sous différents éclairages thématiques, méthodologiques et disciplinaires. Il a pour ambition d’entreprendre un état des lieux de la Rust Belt, dans un contexte fortement marqué par les échéances électorales, entre les élections de mi-mandat de novembre 2018 et les différentes élections, notamment présidentielle, de 2020. 

Annonce

Université de Paris-Est Créteil, 20-21 juin 2019

Argumentaire

Ce projet de colloque prévoit d'interroger l'objet géographique « Rust Belt » (ceinture de la rouille) sous différents éclairages thématiques, méthodologiques et disciplinaires. La Rust Belt désigne de manière assez imprécise la région désindustrialisée située autour des Grands Lacs du Nord des Etats-Unis, recouvrant tout ou partie du Wisconsin, du Michigan, de l’Illinois, de l’Indiana, de l’Ohio, de la Virginie occidentale, de la Pennsylvanie, ainsi que certains comtés du nord-ouest de l’Etat de New York).

Du fait de son passé minier et industriel, cette région a longtemps constitué un bastion démocrate qui semblait définitivement hors de portée des républicains, au moins au niveau présidentiel. Son déclin démographique se traduisant par un poids moindre dans le collège électoral, les Etats composant la Rust Belt ne semblaient plus représenter un enjeu électoral majeur. Pourtant, les travaux de Jefferson Cowie ont montré comment la classe ouvrière s’est éloignée de la coalition rooseveltienne, de même que les travaux de Thomas Frank ont interrogé le paradoxe apparent du vote des « pauvres » contre leurs intérêts économiques immédiats (et donc en faveur des candidats républicains). Justin Gest, dans un terrain comparatif transatlantique [The New Minority, OUP, 2016] a également montré comment le sentiment d’abandon a pu nourrir un populisme traduit par le vote Trump d’un côté (mais aussi dans une certaine mesure le vote Sanders) et le Brexit au Royaume-Uni.

Ainsi, aux Etats-Unis, la campagne présidentielle de 2016 a nettement contribué à replacer la Rust Belt au cœur de l’attention médiatique et politique. La région a permis à Donald Trump de basculer en tête au sein du collège électoral.

Stanley Greenberg, qui avait mis en évidence les « Reagan Democrats » dans les années 1980, a ainsi pu interroger les « Trump Democrats » de 2016, des électeurs qui ont ou auraient pu voter démocrate mais qui ont plébiscité Donald Trump. D’autres enquêtes ont également montré dans quelle mesure une partie de l’électorat du Midwest (Indiana) et de la Rust Belt pouvait, le même jour, voter pour un candidat démocrate au niveau local et pour Donald Trump à la présidence.

Plus récemment, en mars 2018, la victoire du « Blue Dog Democrat » Conor Lamb dans une circonscription de Pennsylvanie largement emportée par Trump en novembre 2016 a relancé le débat autour de la capacité de démocrates à reconquérir ce qui semblait être devenu « Trump Country ».

Si tous les populismes ne s’ancrent pas uniquement sur des terrains en situation de désindustrialisation comparables à la Rust Belt américaine, la réciproque se vérifie : les « Rust Belts » sont des terreaux fertiles pour l’essor des mouvements populistes, de gauche comme de droite.

C’est dans ce contexte de poussée populiste aux Etats-Unis et en Europe que la Rust Belt (re)devient un objet décisif dans le paysage culturel et politique aux Etats-Unis. Mais c’est également une région en mutation, partiellement en renouveau, qui échappe aux clichés trop manichéens de la région totalement en décrépitude, laissée pour morte par les politiques et les médias au profit de la Sun Belt, de la Californie à la Floride en passant par le Texas et la Virginie.

Ce colloque, prévu pour juin 2019, a pour ambition d’entreprendre un état des lieux de la Rust Belt, dans un contexte fortement marqué par les échéances électorales, entre les élections de mi-mandat de novembre 2018 et les différentes élections, notamment présidentielle, de 2020.

Les organisateurs souhaitent solliciter des communications regroupées autour des pôles suivants :

  • Impact électoral de la résurgence et transformations des villes (centres urbains ; gentrification, transports, innovation technologique et industrielle). Par impact électoral, on entend à la fois le niveau fédéral (présidence, Congrès) et local (Chambre et Sénat de l'Etat), notamment en cas de votes distincts (« Trump Democrats »).
  • Transformation (diversification démographique, sociale et politique) des différents cercles des banlieues résidentielles (suburbs, exurbs).
  • Les défis économiques et sanitaires (mortalité précoce, crise des opioïdes) auxquels sont confrontées les zones rurales et les petites villes.
  • L'impact de deux ans de politique de Trump sur la frontière entre Canada et Etats-Unis, dans le cadre de l'ALENA. Les liens transfrontaliers avec les provinces et les métropoles canadiennes.
  • Les évolutions politiques locales, notamment les campagnes anti-syndicats et les « right-to-work laws ».
  • Les batailles autour du découpage des circonscriptions (gerrymandering) et la fabrication d’équilibres et déséquilibres de la représentation de la population locale, notamment suite à l’invalidation de la carte des circonscriptions de Pennsylvanie par la Cour suprême de l’Etat.
  • Les ressources énergétiques (charbon, pétrole de schiste) et les enjeux climatiques ; impact sur l'emploi et impact électoral.
  • Les perceptions et représentations de la Rust Belt dans le cinéma et les séries depuis l'an 2000.
  • Comparaisons avec les régions voisines : Midwest plus rural qu'industriel, Appalaches ; comparaisons, le cas échéant, avec les « Rust Belts » européennes (bassins miniers britanniques, de Lorraine et des Hauts de France, de la Ruhr…)

Modalités de soumission

Les propositions de communication, d’environ 300 mots sont à envoyer à fdechantal@univ-paris-diderot.fr, lauric.henneton@uvsq.fr, guillaume.poiret@u-pec.fr

avant le 15 octobre 2018,

avec une brève présentation bio-bibliographique.

Comité d’organisation 

  • Guillaume Poiret (UPEC),
  • François Vergniolle de Chantal (Université Paris Diderot),
  • Lauric Henneton (UVSQ)

Comité scientifique

  • Frédérick Gagnon (Chaire Raoul Dandurand, Université du Québec à Montréal, Canada)
  • Justin Gest (George Mason University, Etats-Unis)
  • Lauric Henneton (Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines)
  • Denis Lacorne (CERI, Sciences Po)
  • Renaud Le Goix (Université Paris Diderot) 
  • Michael McQuarrie (London School of Economics, UK)
  • Guillaume Poiret (Université Paris-Est-Créteil)
  • François Vergniolle de Chantal (Université Paris Diderot)

Lieux

  • 61, avenue du Général de Gaulle
    Créteil, France (94)

Dates

  • lundi 15 octobre 2018

Mots-clés

  • Rust Belt, déclin, renouveau, populisme

Contacts

  • Lauric Henneton
    courriel : lauric [dot] henneton [at] uvsq [dot] fr

Source de l'information

  • Lauric Henneton
    courriel : lauric [dot] henneton [at] uvsq [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Le retour de la « Rust Belt » à l’heure des populismes : lieux, enjeux, stratégies », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 02 octobre 2018, https://calenda.org/481312

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