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Déclin et survie des mobilités automobile ?

The Death and Life of Car Mobilities?

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Publié le mardi 23 octobre 2018 par Anastasia Giardinelli

Résumé

La fermeture des voies sur berge par la Ville de Paris en 2016 a agité les médias mais également les milieux professionnels et académiques ; certains y voyant la fin de l’automobile en ville. Est-ce le cas ? Ou aucontraire l’automobile serait-elle de retour en ville ? Près de soixante ans après la parution de Déclin et survie des grandes villes américaines (Jacobs, 1961) remettant en cause la planification urbaine centrée sur l’automobile, ce numéro de Flux s’intéresse à la place des mobilités automobiles dans les espaces métropolitains.

Annonce

Présentation

  • Sylvanie GODILLON (docteur en géographie-aménagement de l’Université Paris 1)
  • Gaële LESTEVEN (géographe et urbaniste. Chargée de recherche à l’École des Ponts ParisTech au Laboratoire ville, mobilité, transport (LVMT)

La fermeture des voies sur berge par la Ville de Paris en 2016 a agité les médias mais également les milieux professionnels et académiques ; certains y voyant la fin de l’automobile en ville. Est-ce le cas ? Ou aucontraire l’automobile serait-elle de retour en ville ? Près de soixante ans après la parution de Déclin et survie des grandes villes américaines (Jacobs, 1961) remettant en cause la planification urbaine centrée sur l ’automobile, ce numéro de Flux s’intéresse à la place des mobilités automobiles dans les espaces métropolitains.

Au cours du XXe siècle, le système automobile s’est constitué à travers une industrie, des services, des réseaux, une culture et un style de vie (Dupuy, 1999 ; Flonneau, 2008). Dès les années 1960, des critiques émergent face à la prédominance du mode automobile en ville (Jacobs, 1961 ; Buchanan, 1963), dénonçant ses effets négatifs : consommation de l’espace, congestion, pollution, accidents de la route. Les mobilités automobiles dans les espaces métropolitains soulèvent différents enjeux (Orfeuil, 2010). Par exemple, des territoires périurbains sont dépendants de l’automobile. Leurs habitants doivent utiliser la voiture pour accéder aux différents services (Motte-Baumvol, 2007).

Face à l’étalement urbain permis par un accroissement des vitesses automobiles, des courants de pensée, comme le New Urbanism en Amérique du Nord et la ville compacte en Europe, prônent un retour à une certaine densité urbaine, où la part de la voiture individuelle serait réduite au profit des transports collectifs et des modes actifs (Henderson, 2012). Si certains y voient la possibilité d’un avenir « post-automobile »(Dennis et Urry, 2012), d’autres soulignent l’existence de politiques contradictoires (Reignier et alii, 2009)où l’apaisement des centres-villes se couple d’une amélioration des infrastructures routières en périphérie. 

L’industrie automobile est pourvoyeuse d’innovations techniques et technologiques (électrification et automatisation du véhicule ; géolocalisation et applications numériques, etc.). Associées à un développement des pratiques collaboratives (autopartage, covoiturage), ces innovations participeraient à la promotion d’une mobilité urbaine plus durable et plus sûre. Cependant, ces objectifs ne sont pas toujours atteints. Malgré l’introduction de la notion de « peak car » (Goodwin, 2012), l’usage quotidien de la voiture individuelle tend à se maintenir dans de nombreuses métropoles européennes (Focas et Christidis, 2017) et participe à un renforcement des inégalités socio-spatiales.

Les mobilités automobiles sont-elles en déclin ou en survie ? Ce numéro cherche à éclairer les questionnements en lien avec les évolutions du système automobile, les externalités qui en résultent, les politiques publiques qui les traitent, les discours et les croyances qui en découlent. Ces problématiques s’inscrivent dans des contextes métropolitains où, dans les pays du Nord comme dans ceux du Sud, de plus en plus d’initiatives viennent du secteur privé, rendant plus complexe la gouvernance des mobilités automobiles, tant au niveau local que national ou supranational. 

Des contributions théoriques ou systémiques sont attendues, interrogeant ce qui constitue le systèmeautomobile aujourd’hui et questionnant sa part de résilience. Des travaux traitant des perspectives passéeset à venir sur la place de l’automobile dans les principes d’aménagement et de planification des territoireset des réseaux sont également bienvenus, tout comme des travaux portant sur les usages, les modes degouvernance ou encore les discours liés à l’évolution des mobilités automobiles.

Calendrier

  • 15 décembre 2018 : dépôt des propositions (un résumé de 4000 caractères maximum accompagnéd’une bibliographie et d’une courte biographie de l’auteur)
  • 15 janvier 2019 : retour aux auteurs, après validation en comité de rédaction de Flux (une invitation à soumettre un article complet ne préjuge pas de son acceptationfinale, soumise ensuite à double évaluation)
  • 15 mai 2019 : soumission du texte complet (50 000 signes espaces compris)

Les propositions sont à envoyer à :

  • sylvanie.godillon@gmail.com
  • gaele.lesteven@enpc.fr

Références

Buchanan C., 1963, Traffic in towns, Harmondsworth: Penguin Books.

Dennis K., Urry J., 2012, Post-Car Mobilities, in: Conley J., Mclaren A. T. (eds), Car Troubles: Critical Studiesof Automobility and Auto-mobility, Farnham: Ashgate Publishing, p. 235-251.

Dupuy G., 1999, La dépendance automobile. Symptômes, analyse, diagnostic, traitement, Paris : Éditions Anthropos.

Focas C., Christidis P., 2017, What drives car use in Europe?, European Commission, Joint Research Centre.

Goodwin P., 2012, Peak Travel, Peak Car and the Future of Mobility: Evidence, Unresolved Issues, Policy Implications, and a Research Agenda, Discussion Paper, OECD.

Henderson J., 2012, The Politics of Mobility: De-essentializing Automobility and Contesting Urban Space, in: Conley J., Mclaren A. T. (eds), Car Troubles: Critical Studies of Automobility and Auto-mobility, Farnham: Ashgate Publishing, p.147-164.

Flonneau M., 2008, Les cultures du volant XXe-XXIe siècles, Paris : Autrement.

Jacobs J., 1961, The Death and Life of Great American Cities, New York: Vintage.

Motte-Baumvol B., 2007, Les populations périurbaines face à l’automobile en grande couronne francilienne, Norois, vol. 4, n° 205, p. 53-66.

Orfeuil J.-P., 2008, Une approche laïque de la mobilité, Paris, Descartes & Cie.

Reigner H., Hernandez F., Brenac T., 2009, Circuler dans la ville sûre et durable : des politiques publiques contemporaines ambiguës, consensuelles et insoutenables, Métropoles [En ligne], 5 | 2009, mis en ligne le 06 avril 2009, consulté le 19 avril 2018.

Dates

  • samedi 15 décembre 2018

Contacts

  • Gaele Lesteven
    courriel : gaele [dot] lesteven [at] enpc [dot] fr
  • Sylvanie Godillon
    courriel : sylvanie [dot] godillon [at] gmail [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Aurélie Bur
    courriel : aurelie [dot] bur [at] enpc [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Déclin et survie des mobilités automobile ? », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 23 octobre 2018, https://calenda.org/488375

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