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Intuition et intelligence dans les arts

Intuition and intelligence in the arts

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Publié le lundi 29 octobre 2018 par Céline Guilleux

Résumé

L'œuvre d’art, quelle qu’elle soit, toile ou sculpture, roman, poésie, film, théâtre, performance est-elle la résultante d’une intelligence humaine, incarnée par un individu arborant un statut d’artiste ? Est-elle le produit de l’inspiration du travail des muses qui feraient de l’artiste, tout secteur confondu, un architecte illuminé ou un passeur de forces occultes qui président à la création ? - Cette question relève, sans doute, d’une approche naïve de la création artistique, mais elle a fait du chemin dans les esprits, et ce depuis l’antiquité-. Comment, dans sa diversité, la création artistique où travailleraient intelligence et intuition, s’accommode-t-elle des algorithmes et autres équations où la logique n’est pas absente ? Plus encore, comme c’est aujourd’hui la mode, l’œuvre d’art serait-elle en passe de devenir l’aboutissement d’une intelligence artificielle s’exprimant par le numérique ?

Annonce

Sousse, du 01 au 03 mars 2019

Colloque organisé par L’unité de recherche UR 13ES57 de l’Institut Supérieur des Beaux-arts de Sousse avec l’appui de ses partenaires *[1]

Argumentaire

L‘œuvre d’art, quelle qu’elle soit, toile ou sculpture, roman, poésie, film, théâtre, performance est-elle la résultante d’une intelligence humaine, incarnée par un individu arborant un statut d’artiste ? Est-elle  le produit de l’inspiration du travail des muses qui feraient de l’artiste, tout secteur confondu, un architecte  illuminé ou un passeur de forces occultes qui président à la création ? - Cette question relève, sans doute, d’une approche naïve de la création artistique, mais elle a fait du chemin dans les esprits, et ce depuis l’antiquité-. Comment, dans sa diversité,  la création artistique où travailleraient intelligence et intuition, s’accommode-t-elle des algorithmes et autres équations où la logique n’est pas absente ? Plus encore, comme c’est aujourd’hui la mode, l’œuvre d’art serait-elle en passe de devenir l’aboutissement d’une intelligence artificielle s’exprimant par le numérique ?

Toute réponse unilatérale, cela va de soi, serait hâtive, expéditive et au final traitée à l’esbroufe. L’interrogation et l’invitation au débat autour de ces questions pourrait, sans doute, éclairer bien de lanternes. Il y aurait même urgence, par les temps qui courent où presque Monsieur tout le monde, selon la fameuse théorie d’Yves Michaud développée dans son ouvrage : L’Art à l’état gazeux pourrait prétendre au génie artistique ! Dans la terminologie artistique, des termes comme l’intelligence, l’intuition se révèlent confondants. Les choses se compliquent davantage avec l’arrivée en sus, sur le Net, cette autre forme d’intelligence, dite intelligence artificielle (IA).

Le débat sur la question de l’intelligence et sa normalisation est vieux déjà d’une quarantaine d’années, sinon plus. Howard Gardner, (Professeur de psychologie à l’Université de Harvard) a publié dans les années 80 un ouvrage provocateur : Frames of Mind : the Theory of Multiple Intelligence où il met en cause le consensus de « l’intelligence intellectuelle » et déblaie, à son insu, le terrain à l’intelligence artificielle, inaugurée comme on le sait par John Mc McCarthy dont l’objectif, via des programmes informatiques, est de « parvenir à transmettre à une machine des fonctions propres au vivant: rationalité, raisonnement, mémoire et perception. » , objectif largement atteint, en matière d’art, en 2016 par Microsoft qui est arrivé à entraîner, sous le titre confondant de « The Next Rembrandt » une machine à peindre comme le fameux peintre hollandais, avec, à la réception, l’émotion en sus.

Mais si l’intelligence, cette faculté humaine qui a ses prouesses et ses failles, est devenue machinale, qu’en-est-il réellement de l’intuition ? Se démarque-t-elle de l’intelligence, dite intellectuelle, voire de l’intelligence artificielle dans la pratique même du fait artistique ? Dans un roman, qui conçoit et conduit le programme narratif d’un héros ? Lugio Pirandello a déjà jeté, pendant les années soixante, la première pierre dans l’étang et depuis la création littéraire n’arrête pas de réfléchir sur ses propres ondes et se mordre la queue. Dans l’exécution d’une toile, qui dicte à l’artiste le geste à communiquer au pinceau… ou au curseur ? Derrière une caméra, quelle faculté intervient dans le choix d’un cadrage, d’un mouvement ? Au théâtre, qui dicte au comédien le geste, le ton, le palier vocal dont a besoin le personnage pour s’exprimer et que l’auteur dramatique n’a d’autres ressorts qu’à les confier aux mots, au verbe. On pourrait ainsi multiplier les exemples pour statuer sur les facultés humaines qui interviennent ainsi dans le « faire artistique ».  Les neurosciences sont fermes sur cette question : « ni magie ni don, l’intuition [affirment-ils] est une forme d’intelligence présente en chacun de nous. Elle se cultive, se travaille et s’aiguise au quotidien. »[2] réduisant en sorte l’intuition au travail des neurones. Ils oublient ainsi qu’il n’ya pas que les terminaisons nerveuses, toujours à stimuler sans doute, qui font l’Anthropos (disons l’homme) dont la force d’intuition ne se ressource pas forcément et exclusivement dans l’intelligence. Il y aurait lieu peut-être, d’interroger aussi « le travail » de la culture et ses modes d’acquisition, du champ de la connaissance et des modes de sa perception ainsi que le travail de la mémoire et ses modes de fonctionnement.

Dans la suite logique de ces considérations, l’intelligence artificielle qui gagne du terrain et séduit plus d’un, apportant commodités, confort et nouveaux loisirs, n’est pas un phénomène innocent. L’IA est en train de modifier non seulement le comportement humain, mais aussi le cortex cérébral de l’homme, peut-être de manière irréversible. L’homme confronté à ses multiples accessoires, pourrait-il retrouver tous ses réflexes en cas de crash informatique et de la culture numérique ? Le clavier de l’ordinateur et la touche digitale, de plus en plus prisés par les artistes, ne sont-ils pas en train de renvoyer l’activité scripturale à l’âge monolithique, et par conséquent d’enterrer à jamais certains outils et certains gestes artistiques ?

Cet appel à participation sur la question de l’intelligence et de l’intuition propose les pistes suivantes :

  • La notion de don et de génie en matière d’art : un leurre, une réalité ?
  • La création artistique : un produit exclusif de l’intelligence ?
  • L’œuvre d’art : un pur produit de la praxis ou la résultante d’une équation de l’intuition et de l’intelligence ?
  • L’inspiration : un mythe, un adjuvant, un ersatz ?
  • Intelligence, intuition et poïétique : quelles interférences ?
  • L’intelligence artificielle et créations artistiques : possibilités et limites.
  • Intuition et improvisation dans l’acte de création artistique.
  • Intelligence dans l’art : outil et finalités.
  • L’œuvre d’art intelligente.
  • La part de l’esthétique dans l’œuvre d’art intelligente ?
  • Le designer, artiste intuitif ou visionnaire intelligent ?

Modalités de soumission

Les résumés des propositions de participation (300 mots au plus) doivent être envoyés,

au plus tard, le 31 décembre 2018,

avec CV sommaire (pas plus d’une demi-page) obligatoire aux adresses électroniques suivantes :

  • jeptavcolloque@gmail.com
  • zaiene_sedki@yahoo.fr
  • hafedhdjedidi@yahoo.fr

Comité scientifique

  • Hafedh Djedidi : Pr. de l’Enseignement supérieur: études théâtrales et arts du spectacle, Univ. de Sousse.
  • Olfa Youssef : Pr. de l’Enseignement supérieur en civilisation arabo musulmane et religions comparées. Univ. de Sousse.
  • Faten Chouba Skhiri, Pr. De l’Enseignement supérieur en arts plastiques, Univ. de Sousse.
  • Guy Freixe, Pr. des universités, Université de Franche Comté (France).
  • Adel Ben Youssef : Pr. De l’Enseignement supérieur en histoire contemporaine, Univ. de Sousse.
  • Amos Fergombe : Pr des Universités, Université de Valenciennes, France.
  • Boutheina Ben Hassine : Maître de conférences en histoire médiévale, Univ. de Sousse.
  • Ali Aoun : Maître assistant en langue, lettres et civilisation françaises, Univ. de Tunis Al Manar.

Dates clés

  • 30 décembre 2018 : dernier délai pour envoyer des propositions de communication (intitulé et résumé (300 mots/Format WORD) + CV sommaire).
  • 10 janvier 2019 : dépouillement et sélection des communications par le comité scientifique.
  • 20 février 2019 : dernier délai pour envoyer le texte complet de la communication.

Frais de participation

Frais de participation pour les intervenants étrangers (hébergement + restauration + kit du colloque + pause-café + souscription à la publication des Actes du colloque au cas où la communication serait retenue par le comité de lecture): 250 Euros

Frais de participation pour les Tunisiens (kit du colloque + pause-café + souscription à la publication des Actes du colloque au cas où la communication serait retenue par le comité de lecture): 150 DT

Comité d’organisation

  • Hafedh Djedidi : Président
  • Sadok Zayene : Coordinateur général
  • Olfa Bouassida : Coordinatrice responsable des inscriptions
  •  

[1] -* l’Association RADHEDH Méditerranéen pour les Arts,  la Délégation Culturelle de Sousse et l’IFT (relais culturel de Sousse)

[2] -http://www.psychologies.com/Moi/Se-connaitre/Personnalite/Articles-et-Dossiers/Developper-son-intelligence-intuitive

Lieux

  • Salle Avicenne - Hotel Tej Marhaba-Avenue Taïeb M'hiri
    Sousse, Tunisie (4001)

Dates

  • lundi 31 décembre 2018

Mots-clés

  • intuition, intelligence, poïétique, intelligence artificielle, création

Contacts

  • Sadok Zayenne
    courriel : zaiene_sedki [at] yahoo [dot] fr

Source de l'information

  • Sadok Zayene
    courriel : zaiene_sedki [at] yahoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Intuition et intelligence dans les arts », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 29 octobre 2018, https://calenda.org/493243

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