AccueilL'œuvre et les institutions

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Publié le mardi 06 novembre 2018 par Céline Guilleux

Résumé

Cette journée d’étude souhaite interroger les rapports des œuvres aux institutions. Inscrite dans un réseau institutionnel (politique, économique, social, culturel), une œuvre d’art peut faire l’objet de contrôle, de censure, de surveillance, mais aussi de valorisation et d’appropriation. Ces transformations peuvent avoir lieu à différents moments : en amont de la production artistique – lorsque les contraintes sont anticipées, pendant son exécution – si sa forme le permet, ou au cours de sa diffusion. S’il s’agit d’une pratique artistique contrôlée ou surveillée pendant une longue période, par un régime politique donné, il se peut que la pratique elle-même se transforme. Les processus de sélection et de légitimation qui découlent de cette action institutionnelle contribuent in fine à donner forme à « l’œuvre même », et à plus grande échelle à dessiner des formes esthétiques hégémoniques.

Annonce

Argumentaire

Les phénomènes artistiques ont suscité l’intérêt de chercheur·se·s de différents champs disciplinaires, « de la philosophie à la sociologie, de la poétique à l’esthétique ou encore à l’histoire » (Aron, Viala, 2006). Ce champ de recherche ne cesse d’approfondir les liens entre l’art et la vie sociale, entre créations individuelles et faits collectifs, mobilisant des approches socio-historique et sémiologique (Lahire, 2016 ; Martin 2016). La figure de l’artiste bohème libre de toute entrave persiste pourtant, et le mythe de l’autonomie de l’art reste largement répandu.

Cette journée d’étude souhaite ainsi interroger les rapports des œuvres aux institutions. Inscrite dans un réseau institutionnel (politique, économique, social, culturel), une œuvre d’art peut faire l’objet de contrôle, de censure, de surveillance, mais aussi de valorisation et d’appropriation. Ces transformations peuvent avoir lieu à différents moments : en amont de la production artistique – lorsque les contraintes sont anticipées, pendant son exécution – si sa forme le permet, ou au cours de sa diffusion. S’il s’agit d’une pratique artistique contrôlée ou surveillée pendant une longue période, par un régime politique donné, il se peut que la pratique elle-même se transforme. Les processus de sélection et de légitimation qui découlent de cette action institutionnelle contribuent in fine à donner forme à « l’œuvre même », et à plus grande échelle à dessiner des formes esthétiques hégémoniques.

L’analyse des relations entre l’œuvre et les institutions oblige ainsi à croiser des méthodologies disciplinaires diverses tirées aussi bien de l’histoire, de la sociologie, que de l’esthétique et la sémiologie. Le corpus théorique attaché à ces problématiques est vaste et demande pour chaque objet à être actualisé. Cette journée d’étude propose de réunir des travaux de jeunes chercheur·se·s engagé·e·s dans un travail d’actualisation de ces problématiques, afin de partager des questionnements méthodologiques et transdisciplinaires.

Journée d’étude pluridisciplinaire ouverte à tous et à toutes, organisée dans le cadre du séminaire d’Histoire Culturelle d’HisTeMé (2018-2019)

Programme

Salle des Actes, MRSH.

  • 9h30 – Accueil
  • 9h45 – Introduction - Léa Goret et Emmanuelle Thiébot

Session 1 : L’œuvre à l’épreuve des institutions étatiques

  • 10h – « Vers un cinéma d’État dans la France de l’après-guerre ? Le cas du projet du Printemps de la liberté de Jean Grémillon (1947-1948) » Lucile Marault Université Bordeaux-Montaigne
  • 10h35 –  « Les traductions de Louis Aragon et André Breton mises en examen : étude des dossiers de censure à la fin du franquisme (1964-1975) » Marian Panchon Hidalgo Université Toulouse - Jean Jaurès / Université de Salamanque (Espagne).

Session 2 : Stratégies de contournement et compromis avec les institutions

  • 11h25 – « Art du détournement et la censure artistique iranienne » Yassaman Khajehi Université Clermont Auvergne
  • 12h – « Jouer avec l’USIA – Quand l’artiste instrumentalise la propagande » Thomas Horeau Université Paris VIII – EA 1573 : Scènes du monde, création, savoirs critiques.

Session 3 : S’émanciper des institutions ?

  • 14h30 – « Ponge et l’aventure Action » Pauline Flepp Université Paris IV Sorbonne
  • 15h05 – « Le Rap algérien, d’une révolution culturelle à une autre » Luc Chauvin Institut Universitaire Européen
  • 15h40 – « Contraintes et dépendances dans le cinéma indépendant chinois (XXIe siècle) » Flora Lichaa Centre d’études sur la Chine moderne et contemporaine – EHESS-CNRS
  • 16h15 – Conclusion de la journée et discussions

Lieux

  • Salle des Actes, MRSH - Esplanade de la Paix - Campus 1
    Caen, France (14)

Dates

  • vendredi 09 novembre 2018

Mots-clés

  • œuvre d'art, institution, censure, contrôle, surveillance, légitimation, détournement

Contacts

  • Léa Goret
    courriel : je [dot] oeuvre [dot] institutions [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Léa Goret
    courriel : je [dot] oeuvre [dot] institutions [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« L'œuvre et les institutions », Journée d'étude, Calenda, Publié le mardi 06 novembre 2018, https://calenda.org/513471

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