AccueilÉcoles, territoires et numérique

Écoles, territoires et numérique

Quelles collaborations ? Quels apprentissages ?

*  *  *

Publié le mercredi 05 décembre 2018 par Céline Guilleux

Résumé

Ce colloque international francophone se fixe pour objectif de travailler les questions des enjeux, apports et limites de la mise en réseaux des écoles, plus particulièrement dans le cas des écoles dites éloignées ou rurales, dans un contexte d’évolutions technologiques, structurelles et politiques. Le colloque sera l’occasion de partager les analyses d’expérimentations menées dans divers contextes et pays, en donnant également une place importante aux praticiens qui pourront témoigner de leurs expériences.

Annonce

Organisé par le laboratoire ACTé de l'Université Clermont Auvergne (France) du 16 au 18 octobre 2019

Argumentaire

La mise en réseaux des écoles, plus particulièrement des écoles rurales, est un phénomène ancien, mais renouvelé par le développement d’Internet, les politiques d’équipement et de regroupement, comme les réseaux ruraux d’éducation en France, et les discours qui tendent à valoriser l’apprentissage collaboratif.

Les différents rapports produits par l’Inspection Générale dans les années 1990 reprennent selon l’analyse qu’en font Champollion, Alpe et Legardez (2014) les mêmes antiennes : « les élèves du milieu rural sont défavorisés par le manque d’ouverture, par l’environnement socioculturel, par l’isolement, par la petite taille des écoles, des collèges, des classes … » (p. 68). Les auteurs déplorent que ces affirmations aient pu résister aux résultats d’enquêtes mettant en avant les bons résultats des élèves ruraux.

L’utilisation des réseaux techniques est souvent perçue dans ce contexte comme un moyen au service d’une stratégie de rupture de l’isolement des écoles et collèges des milieux ruraux. C’est ainsi que les années 1980, en France, ont vu naitre des dizaines de réseaux télématiques pédagogiques. Les Réseaux Buissonniers sont un de ces premiers réseaux numériques connectant des écoles primaires en zone rurale. Il a concerné plus d’une centaine d’établissements de communes rurales dans l'académie de Grenoble (Godinet, 1996). Ces réseaux sont perçus comme un moyen de maintenir ouvertes des écoles dans le milieu rural, par l’enrichissement des situations d’apprentissage qu’ils sont supposés pouvoir produire. Ils contribueraient au développement professionnel des enseignants, à l’ouverture de l’école sur le local et les familles, à élargir l’environnement de l’école, concourrait à mettre en place des conditions favorables pour un apprentissage collaboratif, et ce par la constitution de communautés éducatives.

Le projet Écoles Éloignées en Réseau (EER), porté entre autres par Thérèse Laferrière de l’université Laval et le Centre facilitant la recherche et l’innovation dans les organisations, à l’aide des technologies de l’information et de la communication (Cefrio) a essaimé au-delà du Québec, on en retrouve des adaptations en Catalogne (Laferrière et Allaire, 2010) ou dans l’académie de Clermont-Ferrand. Le rapport final du Cefrio (2011) dans le cas du Québec pointe les effets positifs du travail en réseau tant pour l’élève et l’enseignant, que pour la classe, l’école, la commission scolaire entre autres.

Le colloque « Écoles, territoires et numérique : quelles collaborations ? quels apprentissages ? » se fixe pour objectif de travailler les questions des enjeux, apports et limites de la mise en réseaux des écoles, plus particulièrement dans le cas des écoles dites éloignées ou rurales, dans un contexte d’évolutions technologiques, structurelles et politiques. Le colloque sera l’occasion de partager les analyses d’expérimentations menées dans divers contextes et pays, en donnant également une place importante aux praticiens qui pourront témoigner de leurs expériences.

Les communications s’inscriront prioritairement dans une des thématiques suivantes : la collaboration (ou la coopération) telle qu’elle peut être mise en œuvre ou non par les écoles en réseaux sur différents territoires ; au-delà de la collaboration, l’articulation supposée entre l’existence des réseaux et celle de communautés qui en découleraient ; les situations instrumentées d’apprentissage et d’enseignement dans les écoles en réseaux. Ces thématiques ne sont pas limitatives et d’autres questions pourront être traitées durant ce colloque.

Axe 1 : Collaboration(s) dans les écoles en réseaux

Qu’est-ce qui fait naitre la collaboration (ou non) dans ces écoles en réseaux ? De quelles collaborations est-il question : collaboration entre enseignants ? entre écoles ? avec des acteurs du territoire ? entre élèves ? entre classes ? avec les familles ? Quels sont les enjeux et les objets de cette collaboration ?

De quelle manière la collaboration se traduit-elle dans les réseaux ? Comment se pérennise-t-elle ou non ? Quels sont les facteurs la facilitant, l’intensifiant, la renforçant ou l’empêchant ? Quels en sont les effets attendus ? mesurés ? Dans quelle mesure cette collaboration s’appuie-t-elle sur le territoire ?

On s’interrogera aussi pour savoir si la mise en réseau des écoles s’accompagne toujours du développement de collaboration(s), l’un des objectifs annoncés de cette mise en réseau. Comment analyser les distances pouvant exister entre ce qui peut apparaitre comme une injonction à collaborer et les pratiques ?

Quelles articulations entre les formes d’organisation au sein des écoles et des circonscriptions, la formation initiale et continue et les pratiques pédagogiques mises en œuvre par les enseignants ?  Quels types de collaborations pour quels apprentissages sont finalement mis en place ?

Axe 2 : Des réseaux aux communautés ?

Différents réseaux coexistent au sein de l’école primaire, qu’ils soient institutionnels ou affinitaires (Regroupements Pédagogiques Intercommunaux, Réseaux Ruraux d’Éducation, mouvement Freinet, etc.). Comment s’articulent-ils ? Comment sont-ils soutenus par les réseaux techniques et de quelle manière ? Comment les communautés éducatives s’approprient-elles ces réseaux ? Comment les communautés éducatives se saisissent-elles du numérique à des fins collaboratives ?

Dans quelle mesure la collaboration au sein de réseaux amène-telle la constitution de communautés ? Si oui, quelle est leur nature ? leur objet ? Des travaux de recherche distinguent par exemple l’existence de communautés de pratique, de communauté de pratique en réseau, de communauté d'apprentissage professionnelle, de communauté d’élaboration de connaissances, de communauté virtuelle. Que recouvre la diversité de dénomination de ces communautés ? Qu’est-ce qui les distinguent ?

Comment ces communautés éducatives se forment-elles ? comment se consolident-elles ? Quelles tensions peuvent émerger en leur sein ? Comment celles-ci sont-elles résolues ou non par ces communautés ?

Axe 3 : Les situations d’enseignement et d’apprentissage dans les écoles en réseau

Comment les échanges à distance favorisent-ils ou non la co-construction didactique entre les enseignants ? A quelles conditions ? Quels apports des échanges perçoivent-ils ? Comment les enseignants évaluent-ils les apprentissages ? Comment prennent-ils en compte les échanges à distance avec d’autres classes dans leurs scénarii pédagogiques ? En quoi et comment les pratiques pédagogiques mises en œuvre par les enseignants contribuent-elles à leur développement professionnel ?

En quoi les compétences des apprenants, impliqués dans un dispositif de collaboration numérique avec leurs pairs distants, sont-elles stimulées, dynamisées et davantage enclines à se développer ? Tous les élèves apprennent-ils de ces échanges ? Comment les élèves eux-mêmes sont-ils amenés à développer une culture de la collaboration ?

Quelles analyses peut-on faire des situations d’apprentissages collaboratifs instrumentés proposées au sein des écoles en réseaux ? Quel(s) rôle(s) et quelle place sont attribués au territoire dans ces situations ?

Modalités de communication

Sont acceptées les propositions de communication rendant compte de recherches finalisées ou en cours, ainsi que les propositions relatives à des compte-rendu d’expériences de formation ou d’enseignement.

Concernant les recherches finalisées ou en cours, les auteurs peuvent soumettre trois types de communication, en langue française : des communications longues (max. 25 000 caractères incluant les espaces), des communications courtes (max. 10 000 caractères incluant les espaces), des communications affichées (max. 5 000 caractères, incluant les espaces).

Chaque proposition sera examinée par au moins deux évaluateurs, qui estimeront sa pertinence, sa validité scientifique, son originalité et la clarté de sa présentation.

Concernant les témoignages des praticiens, les auteurs soumettront un résumé du témoignage qu’ils souhaitent apporter mentionnant le contexte, la ou les actions mises en œuvre, un bilan. Les auteurs préciseront la forme sous laquelle ils souhaitent apporter ce témoignage (individuelle ou collective, vidéo ou autre support, etc.).

Calendrier

  • 11 mars 2019

Date limite de dépôt des propositions (7500 signes maximum, format Word) sur le site du colloque https://ecole-reseaux.sciencesconf.org. Chaque proposition sera examinée par au moins deux évaluateurs du Comité scientifique, qui évalueront sa pertinence, sa validité scientifique, son originalité et la clarté de sa présentation.

  • 11 avril 2019

Date de notification d’acceptation ou de refus. La notification d’acceptation sera envoyée, accompagnée des spécifications techniques pour la publication. Celles-ci seront à respecter impérativement en vue de la publication des actes. Des demandes de modifications des textes pourront être formulées aux auteurs.

  • 3 juin 2019

Date limite de réception des versions complètes. Les auteurs retenus adresseront les communications sous forme d’un texte complet. Le texte de la communication devra être déposé sur le site du colloque https://ecole-reseaux.sciencesconf.org sous sa forme définitive (format Word, 25 000 signes maximum).

  • 8 juillet 2019

Retour aux auteurs pour d’éventuelles modifications.

  • 30 août 2019

Date limite de réception des versions définitives.

18 septembre 2019

Date limite d’inscription au colloque pour au moins l’un des auteurs. L’acceptation d’une communication implique que l’un, au moins, des auteurs soit présent au colloque pour assurer sa présentation.

Comité scientifique

  • Allaire Stéphane (UQAC, Canada) ;
  • Baron Georges-Louis (Univ. Paris 5, France) ;
  • Barthes Angela (Univ. Aix-Marseille, France) ;
  • Bernard François Xavier (Univ. Paris 5) ;
  • Betrancourt Mireille (Univ. Genève, Suisse) ;
  • Béziat Jacques (Univ. Caen, France) ;
  • Blanchard Christine (UCA, France) ;
  • Bruillard Eric (Univ. Paris 5, France) ;
  • Champollion Pierre (Univ. Grenoble Alpes, France) ;
  • Depover Christian (Univ. Mons, Belgique) ;
  • Djeumeni Tchamabe Marcelline (ENS Yaoundé, Cameroun) ;
  • Emery Bruneau Judith (UQO, Canada) ;
  • Foucher Anne-Laure (UCA, France) ;
  • Grandbastien Monique (Univ. Lorraine, France) ;
  • Guillaume Serres (UCA, France) ;
  • Hamel Christine (Université Laval, Canada) ;
  • Henry Julie (Univ. Namur, Belgique) ;
  • Ladage Caroline (Univ. Aix Marseille, France) ;
  • Marcel Jean-François (Univ. Toulouse 2, France) ;
  • Moussay Sylvie (UCA, France) ;
  • Netto Stéphanie (ESPE Poitiers, France) ;
  • Njimbere Claver (ENS, Burundi) ;
  • Quanquin véronique (UCA, France) ;
  • Ratompomalala Harinosy (ENS Antananarivo, Madagascar) ;
  • Rieutort Laurent (UCA, France) ;
  • Rinaudo Jean-Luc (Normandie Univ., France) ;
  • Serres Guillaume (UCA, France) ;
  • Sève Pierre (UCA, France) ;
  • Simar Carine (UCA, France) ;
  • Sirois Geneviève (UQAT, Canada)

Références bibliographiques

Alpe, Y. Barthes, A. Champollion P. (2016). Ecoles rurales et réussite scolaire, collection Éclairer, Edition Canopé, Chasseneuil, 119 p.

Barthes, A. Champollion, P. et Alpe, Y. (dir.). (2017). Permanences et évolutions de la relation complexes entre éducations et territoires, Série Education, ISTE Edition Ltd, Londres, 346 p

Bernard, F.-X. (2018). Les apprentissages collectifs instrumentés. Modélisation des situations, analyse des interactions. L’Harmattan.

Champollion, P., Alpe, Y. & Legardez, A. (2014). « Dix ans de recherche sur le système éducatif en zones rurales et montagnardes : qu’avons-nous appris ? » in A. Barthes, P.  Champollion, (coord). L’enseignement scolaire en milieu rural et montagnard. Tome 6 : Approches socio-spatiales. Besançon : Presses Universitaires de Franche-Comté.

Cefrio. (2011). L’école éloignée en réseau, un modèle. Rapport synthèse. Québec : Bibliothèque et Archives nationales du Québec. http://www.cefrio.qc.ca/

Corriveau, L., Letor, C., & Bagnoud, D. P. (2010). Travailler ensemble dans les établissements scolaires et de formation: Processus, stratégies, paradoxes. De Boeck Supérieur.

Derrien, C. (2014). L’École en réseaux. Sciences de la société, (91), 62‑83.

Dupriez, V. (2010). Le travail collectif des enseignants : au-delà du mythe. Travail et formation en éducation, n° 7.

Jean, Y. (2007). Géographies de l’école rurale : acteurs, réseaux, territoires. Paris: Ophrys Géographie.

Laferrière, T. (2005). Les communautés d’apprenants en réseau au bénéfice de l’éducation. Encounters on Education vol. 6, p. 5 à 21.

Laferrière, T. (2017). Les défis de l’innovation selon la théorie de l’activité: le cas de l’école (éloignée) en réseau. Canadian Journal of Education, 40(2).

Laferrière, T., & Allaire, S. (2010). Développement professionnel d’enseignantes et d’enseignants : les passeurs de frontière qui façonnent l’École éloignée en réseau. Éducation & Formation, 293, 1‑20.

Leclerc, M., & Labelle, J. (2013). Au cœur de la réussite scolaire : communauté d’apprentissage professionnelle et autres types de communautés. Éducation et francophonie, 41(2), 1‑9.

Letor, C. (2010). Moments de coopération entre enseignants : entre logiques institutionnelle, organisationnelles et professionnelles. Travail et formation en éducation, (7).

Marcel, J.-F., & Piot, T. (2014). Le travail collectif des enseignants en question(s). Questions Vives. Recherches en éducation, (n° 21).

Portelance, L., Borges, C., & Pharand, J. (Éd.). (2011). La collaboration dans le milieu de l’éducation. Dimensions pratiques et perspectives théoriques. Québec:Québec: PUQ.

Thomazet, S., & Mérini, C. (2014). Le travail collectif, outil d’une école inclusive ? Questions Vives. Recherches en éducation, (21).

Catégories

Lieux

  • Clermont-Ferrand, France (63)

Dates

  • lundi 11 mars 2019

Mots-clés

  • enseignement primaire, réseau, coopération, collaboration, communauté, apprentissage, numérique

Contacts

  • Béatrice Drot-Delange
    courriel : beatrice [dot] drot-delange [at] uca [dot] fr

Source de l'information

  • Béatrice Drot-Delange
    courriel : beatrice [dot] drot-delange [at] uca [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Écoles, territoires et numérique », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 05 décembre 2018, https://calenda.org/513821

Archiver cette annonce

  • Google Agenda
  • iCal