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Autochtonie et nouveaux migrant·e·s

Panel 3.18 – Entre anciens et nouveaux « autres » : politiques interculturelles en tension

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Publié le jeudi 06 décembre 2018 par Céline Guilleux

Résumé

Les politiques de reconnaissance de la « diversité culturelle » se déclinent de manière différente dans les contextes nationaux marqués par la présence de peuples autochtones et par celle de personnes migrantes. Cependant, que cela soit en Amérique latine, en Amérique du nord, en Océanie ou encore dans les territoires français d’outre-mer, par exemple, ces deux groupes sont désignés comme des « autres » dont l’intégration constitue un enjeu central pour la cohésion nationale tant culturelle que territoriale. Dans les deux cas, les représentations reproduisent des rapports de type colonial. Ce panel vise à décloisonner ces deux champs de recherche et d’action sociale que sont l’autochtonie et la migration en créant un espace de dialogue permettant de dépasser certaines limites intrinsèques à ces deux champs en termes d’essentialisation et de réification.

Annonce

XVIIe Congrès international de l'’ARIC, Genève, 7-21 juin 2019

Argumentaire

Les politiques de reconnaissance de la « diversité culturelle » se déclinent de manière différente dans les contextes nationaux marqués par la présence de peuples autochtones et par celle de personnes migrantes. Cependant, que cela soit en Amérique latine, en Amérique du nord, en Océanie ou encore dans les territoires français d’outre-mer, par exemple, ces deux groupes sont désignés comme des « autres » dont l’intégration constitue un enjeu central pour la cohésion nationale tant culturelle que territoriale. Les processus de reconnaissance initiés par la Convention 169 de l’OIT ont fait des autochtones des symboles d’opposition au changement, dont la présence est alternativement, voire simultanément, perçue comme un frein à la modernisation et comme trace d’un patrimoine culturel à sauvegarder. Par opposition, les migrant.e.s sont construit.e.s comme une altérité externe, vectrice de changements indésirables et effrayants, qui menacent l’intégrité et les valeurs nationales. Dans les deux cas, les représentations reproduisent des rapports de type colonial.Ce panel vise à décloisonner ces deux champs de recherche et d’action sociale que sont l’autochtonie et la migration en créant un espace de dialogue permettant de dépasser certaines limites intrinsèques à ces deux champs en termes d’essentialisation et de réification.

Les communications sont invitées à traiter de l’une ou l’autre des questions suivantes :

  • Quelles sont les différences et les similitudes des politiques, des pratiques, des représentations et des rhétoriques déployées à l’égard de ces deux groupes par les groupes dominant.e.s? Cette question mène à aborder, d’une part, la constitution des imaginaires nationaux et la manière dont les nouvelles migrations font bouger les identifications et les appartenances. D’autre part, elle mobilise la dimension juridique : autochtones et migrant.e.s sont soumis.e.s à des régimes légaux distincts, générant des statuts, des droits et des devoirs spécifiques, alors même que dans la réalité les frontières entre ces deux catégories de population peuvent s’avérer floues et mouvantes (par exemple lorsque les migrant.e.s sont aussi reconnu.e.s comme autochtones, ou que les autochtones migrent, de manière volontaire ou forcée).
  • Y a-t-il indifférence, concurrence ou solidarité entre ces deux groupes ? En considérant les stratégies des migrant.e.s et des autochtones, cet axe de questionnement s’intéresse aux enjeux liés à la répartition des ressources étatiques ou internationales. Les processus socio-historiques et politiques qui voient émerger ces deux catégories de population sont souvent privilégiés pour montrer les spécificités de chacune d’entre elles, mais il convient de considérer que des dynamiques locales ou régionales peuvent générer différentes tactiques conjointes.
  • Quelles sont les caractéristiques de la prise en charge de ces deux altérités ? Ces dernières sont certes cloisonnées en termes de recherches et de droits, mais pas dans les actions publiques. Ainsi, les professionnel.le.s de l’action sociale peuvent-ils/elles devenir des spécialistes d’une population, ou au contraire les porteurs et porteuses d’une vision plus large. En questionnant l’implémentation des politiques publiques, il s’agira d’appréhender les dynamiques institutionnelles et leurs effets, et de questionner la tension entre la volonté de reconnaissance de la diversité et la dimension souvent paternaliste des politiques interculturelles.Orientation bibliographique

Modalités de soumission

a) Une communication est présentée par un.e ou plusieurs auteur∙e∙s. Elle comprend 15-20 minutes de présentation et 5-10 minutes de discussion. Les communications doivent s’inscrire explicitement dans ce panel et être envoyées directement à la coordinatrice du panel (voir ci-dessous). Chaque proposition comprendra : un titre, avec l’indication du panel de soumission et son numéro (3.18),

b) 4-5 mots clés,

c) une présentation de la problématique et du lien explicite au panel avec indications sur les données empiriques (méthode d’analyse, résultats) et 3 à 4 références bibliographique (500 mots max.),

d) une brève présentation des auteur∙e∙s.

Délai de soumission : 11 janvier 2019.

Notification d’acceptation / rejet: mi-février 2019

MERCI d’envoyer vos propositions de communication à anne.lavanchy@hesge.ch avec copie à anahy.gajardo@unine.ch

Organisation du XVIIe Congrès de l’ARICHaute école de travail social (HETS Genève)28, rue Prévost-MartinCP 80CH-1211 Genève 4aric2019@hes-so.chhttp://aric2019.hes-so.ch

Organisation

Orientation bibliographique

  • Bosa, Bastien, Angela Santamaria et Eric Wittersheim (eds.). 2008. 2008, Luchas indigenas, trayectorias poscoloniales. Bogota : Universidad del Rosario.
  • Gagné, Natacha et Marie Salaün. 2010. “La souveraineté comme affaire d’État à la souveraineté comme droits à s'autodéterminer: une présentation”. In Visages de la souveraineté en Océanie, Dir. par Gagné, N. and Salaün, M. Paris: L' Harmattan, Cahiers du Pacifique Sud Contemporain séries 6, p. 11–40.
  • Gajardo, Anahy, Anne Lavanchy et Fred Dervin. 2011. “«United Colors Of… Interculturel»? Usages, pièges et perspectives d’un terme plurivoque” in Anthropologie de l’interulturalité, Dir. par Gajardo A, Dervin F., Lavanchy A., Paris: L’Harmattan, p. 7-43
  • Meisch, Lynn A. 2002. Andean Entrepreneurs Otavalo Merchants and Musicians in the Global Arena. Austin: University of Texas Press. https://utpress.utexas.edu/books/meiand.Monsutti, Alessandro. 2018. “Mobility as a Political Act.” Ethnic and Racial Studies 41 (3): 448–55. https://doi.org/10.1080/01419870.2018.1388421.
  • Wittersheim, Eric. 2014, « Noir c’est noir. L’africanisation du Pacifique en question », in Laurent Dousset, Barbara Glowczewski et Marie Salaün, eds, Les sciences humaines et sociales dans le Pacifique Sud, Marseille : Credo Publications : 377-400.

Catégories

Lieux

  • Genève, Confédération Suisse

Dates

  • vendredi 11 janvier 2019

Mots-clés

  • migrant, autochtonie

Source de l'information

  • Anne Lavanchy
    courriel : anne [dot] lavanchy [at] hesge [dot] ch

Pour citer cette annonce

« Autochtonie et nouveaux migrant·e·s », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 06 décembre 2018, https://calenda.org/516535

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