AccueilPaix, temps et territoires à l'ère des dynamiques contemporaines

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Publié le lundi 11 février 2019 par Céline Guilleux

Résumé

La paix constitue un idéal social et politique qui traduit, non seulement, une absence de perturbation, d'agitation ou de conflit mais aussi un état de sécurité. Elle est la ressource qui fait le plus défaut dans ce monde « d’inimitié ». Nous sommes donc des « mendiants de la paix », à en croire le Chef de l’État camerounais. Car, les projets Aaronien et Kantien de paix perpétuelle pensés semblent être tombés en désuétude depuis la période post-guerre froide. Les guerres d’intervention sous fond de démocratisation et de lutte contre le terrorisme, le génocide Rwandais et bien d’autres conflits inscrivent comme le reconnaît le professeur Bertrand Badie, la guerre comme fondement de notre modernité. La paix est donc en ce moment la chose du monde la moins partagée. Alors qu’elle est pour la plupart des États au monde, une condition sine qua non de la survie de l’humanité et de tout développement durable.

Annonce

Quatrième journée d'études annuelle du département des études politiques et juridiques

CNE/MINRESI, 19 septembre 2019

Argumentaire

La paix constitue un idéal social et politique qui traduit, non seulement, une absence de perturbation, d'agitation ou de conflit mais aussi un état de sécurité. Elle est la ressource qui fait le plus défaut dans ce monde « d’inimitié ». Nous sommes donc des « mendiants de la paix »[1], à en croire le Chef de l’État camerounais. Car, les projets Aaronien[2] et Kantien[3] de paix perpétuelle pensés semblent être tombés en désuétude depuis la période post-guerre froide. Les guerres d’intervention sous fond de démocratisation et de lutte contre le terrorisme, le génocide Rwandais et bien d’autres conflits inscrivent comme le reconnaît le Professeur Bertrand Badie, la guerre comme fondement de notre modernité. La paix est donc en ce moment la chose du monde la moins partagée. Alors qu’elle est pour la plupart des États au monde, une condition sine qua non de la survie de l’humanité et de tout développement durable[4].  Quel est le rapport de la paix au temps et à l’espace ? Est-ce que la paix est perçue ou construite de la même façon selon les espaces ? L’effet de l’espace sur la paix ? Quid des considérations idéologiques, culturelles rattachées à ces espaces ? La gestion des conflits : les conflits dans un espace déterminé, ou engendré par la lutte pour un espace déterminé, la temporalité particulière de cet espace ; les raisons du conflit selon les espaces et les temporalités, etc…Au-delà du questionnement sur la manière dont la signification de la paix peut varier ou varie dans le temps et dans l’espace, avec la pression temporelle qui se fait ressentir dans plusieurs domaines et la logique de recherche de continuités spatiales, il y a aujourd’hui un sérieux enjeu de maîtrise du temps et de l’espace. Une approche qui serait sans doute utile à la préservation des rationalités qui sous-tendent l’idéal de paix. Plus la mondialisation économique gagne du terrain, plus le local retrouve son sens ; plus l’urgence s’impose, plus la maîtrise du temps long devient nécessaire ; plus la fragmentation et le zapping triomphent, plus on recherche la continuité et la permanence. (Luc Gwiazdzinski, p. 84).

Le temps a toujours suscité l’angoisse chez l’homme en tant que substratum de l’ensemble des considérations liées à l’existence même. Le temps est pluriel, il affecte tout. Le temps est polysémique, il change ; aussi sous un autre angle, il faut dire que les temps changent. Il existe diverses temporalités insinuées par l’observation des réalités ou des phénomènes juridiques, sociaux, économique, économiques etc. Notre époque est en train de vivre une mutation radicale de son rapport au temps (Aubert, 2010) qui s’inscrit dans une vision « Hypermoderne », une « nouvelle régulation qui met au centre l’individu » (Lipovetsky, 2004) (Cité par Luc Gwiazdzinski). Le temps, est l’objet privilégié de l’historien, son instrument de travail à travers la chronologie. Il est l’indicateur des transformations qui affectent le monde vivant, humain, animal et minéralogique, etc. Perçu à diverses échelles, le temps peut être séquencé selon une vision duale. Le « temps long » comme l’appréhende Braudel est un temps minéralogique et le « temps court » qu’il qualifie de temps propice à la rédaction de l’histoire de souffle court est également important dans l’appréhension des changements à l’échelle planétaire. Il s’agit ainsi de concevoir le temps dans son acception la plus complexe en associant à la fois les temps long et court. Se poser la question du temps est opportun au regard de l’accentuation des pressions temporelles qui affecte tous les aspects de la vie de l’homme. L’état d’anxiété contemporaine sur le temps à l’aune de la succession complexe des mouvements d’accélération (changement, progrès, …) et de décélération (adaptation, …) qui justifient la sensibilité au temps s’impose au regard de l’évidente multiplicité des perspectives des changements globaux  (économiques, sociaux, politiques, etc.) et la variabilité des perceptions des logiques temporelles. Selon Luc Gwiazdzinski, « le temps est une clé d’entrée essentielle pour la compréhension et la gestion des sociétés, ainsi qu’un enjeu collectif majeur pour les hommes et les territoires à un moment particulier de l’évolution de nos sociétés, (…). C’est sans doute dans le rapport entre le temps et l’espace, supports inséparables de notre vie sociale, que nous pouvons trouver des clés de lecture et de compréhension du monde ».

L’espace est aussi le territoire plus ou moins, matériel ou immatériel, étendu dans le cadre duquel un ensemble ou sous-ensemble de règles sont destinées à s’appliquer[5]. La délimitation des espaces (terrestre, maritime ou aérien) a toujours été un enjeu du droit international faisant l’objet des rivalités et de contentieux entre États. Cicatrice laissée par l’histoire, la frontière intéresse le juriste. Mais bon, pas seulement le juriste. Le territoire se transforme et se recompose en permanence entre continuité (succession d’État, etc.) et fragmentation (la fin des territoires, territoire polychromiques, les territoires ouverts à la mondialisation avec l’expansion des NTIC à l’heure où la considération de la proximité s’amplifie et se diversifie ; le local s’affirme, l’actualité des conflits territoriaux surtout dans le contexte africain : l’obsession du territoire[6] constitue un défi majeur pour la consolidation de la paix). Il se pose la nécessité de maîtriser le territoire tant la profondeur des territoires semble nous échapper, ce qui complique la lecture du rapport au temps et perturbe les rationalités de l’idéal de paix. Les différentes transformations du monde à travers l’influence du processus de mondialisation affectent les territoires. Ces mutations protéiformes ne peuvent plus simplement être lues dans le sens restreint du territoire mais des territoires dans une perspective élargie mais également des spatialités en contact. Ce qui dans le contexte actuel impose un changement d’échelles dans l’analyse et l’imbrication de ces trois notions. L’intérêt étant de mettre en musique les interactions, positives et négatives, entre la Paix qui évolue dans le temps et se situe dans un territoire lui-même dynamique et portant en lui les gènes pacifiques et conflictuels.

La paix, le temps et le territoire ont été, sont et seront toujours l’objet de débat d’idées dans plusieurs champs disciplinaires (Histoire, géographie, géopolitique, droit, etc.). Articuler dans un projet de réflexion scientifique trois notions centrales de la modernité relève tout d’abord d’un souci de créer entre elles une cohérence et ensuite de rendre plus lisible les mutations contemporaines sous le prisme de la paix, du temps, et des territoires. L’enchevêtrement de ces trois prédicats pose au premier abord une difficulté d’esprit s’agissant de leur point d’interconnexion. Il s’agit davantage de diagnostiquer l’articulation du temps et du territoire dans la compréhension de la paix à l’aune des dynamiques contemporaines fortes d’aménagement, de transformation et de recomposition continue du temps et des espaces. Aussi comment cette valeur participe-t-elle à la (re) construction et/ou à la redéfinition des temporalités et des espaces ? Comment se pense la paix dans les territoires depuis le début du XXIe siècle ? Y a-t-il pendant la période X  plus de guerres ou plus de paix que pendant la période Y ? Y a-t-il davantage de paix ou non dans telle région du monde comparée à telle autre région ? Au-delà de la démarche qui consiste à aménager le temps afin d’exercer un effet sur l’occupation de l’espace ou encore l’aménagement du territoire afin de répondre aux préoccupations du temps, il serait aussi question de déterminer comment la dynamique du temps et de l’espace influe sur la prévention, la promotion, et la consolidation du paradigme de la paix ?

Axes de réflexion

  • La paix, fondement d’un développement durable
  • Les mécanismes de promotion de la paix
  • La problématique de la Paix et de la sécurité au Cameroun
  • La territorialité et la souveraineté des États
  • Les menaces à la paix (intérieures et extérieures)
  • L’émergence de menaces hybrides de la paix (internet, mondialisation, de nouvelles vulnérabilités et des possibilités d’opérations de déstabilisation, etc.)
  • Les institutions internationales et la réalisation de la paix
  • Culture de la paix, prévention, et gestion des conflits
  • La paix comme facteur de sécurisation du processus électoral
  • La paix par la justice (justice humaine, justice socioéconomique, etc.)
  • La mort des territoires à l’ère de la mondialisation
  • L’État face aux menaces internationales

Échéancier

  • Conditions de soumission des propositions: les propositions de communication de 300 mots maximum doivent être soumises, en français ou en anglais, aux adresses suivantes

au plus tard le 30 mars 2019 :

  • nkcarole@ymail.com,
  • crysbikoi@yahoo.fr,
  • daoudasaki@yahoo.fr

Notifications aux auteurs de l’acceptation ou du rejet: 30 avril 2019.

  • Réception des textes complets et des power points: 20 Août  2019
  • Date de la journée d’étude: jeudi 19 septembre 2019
  • Lieu : Salle de conférences du Centre National d’Éducation/ Ministère de la Recherche Scientifique et de l’Innovation (Yaoundé-Cameroun).

Chaque proposition finale devra comporter un résumé de 200 mots au maximum ; police : Times New Roman ; interligne : 1 ; Taille : 12, assorti de 5 mots clés et, suivi du nom, prénom, affiliation institutionnelle et grade de l’auteur.

Comité d'organisation 

  • Carole Valérie NOUAZI KEMKENG, D., Chargé de recherche, Chef du Département des Études Politiques et Juridiques (DEPJ) CNE/MINRESI
  • Abdou NJIKAM NJIFOTIE, Chargé de recherche, CNE/MINRESI
  • Erick SOURNA LOUMTOUANG, Chargé de recherche, CNE/MINRESI
  • MAHINI Bertrand Michel, Attaché de recherche, CNE/MINRESI
  • TCHINDA Giscard, Attaché de recherche, CNE/MINRESI

Comité scientifique 

  • MPORTEH Stephen AMBE, Professeur, Chef du Centre National d’Éducation, MINRESI
  • Pierre MBOUOMBOUO, D., Maître de recherche, DES, CNE, MINRESI
  • Henri YAMBENE BOMONO, D., Maître de recherche, ARC, CNE, MINRESI
  • Nadine MACHIKOU NGAMENI, Professeur, Science politique, Université de Yaoundé II
  • Bernard-Raymond GUIMDO DONGMO, Professeur, Droit public, Université de Yaoundé II
  • Jean Claude TCHEUWA, Professeur, Droit public, Université de Yaoundé II
  • Patrick E. ABANE ONGOLO, Maître de conférences, Droit public, Université de Yaoundé II

Comité de lecture

  • Marc Stéphane MGBA NDJIE, D., Chargé de recherche, CNE/MINRESI
  • Serges Frédéric MBOUMEGNE DZESSEU, D., Chargé de recherche, CNE/MINRESI
  • Albert JIOTSA, Ph.D., Chargé de recherche, CNE, MINRESI
  • Gaston BESSALA, Ph.D., Chargé de recherche, CNE, MINRESI
  • Timothée TOMO NDJOBO, Ph.D., Chargé de recherche, CNE,  MINRESI
  • Protais NKENGUE, Ph.D, Chargé de Recherche, CNE,  MINRESI
  • Jean-Marc COUESSU’, Ph.D., Université de Yaoundé II
  • Firmin NGOUNMEDJE, D., Chargé de Cours, Université de Yaoundé II
  • Martine BIKOE, D., Chargé de Cours, Université de Ngaoundéré
  • Timothée FOMEGANG,D., Chargé de Cours, Université de Yaoundé II
  • Martial JEUGUE DOUNGUE, D., Chargé de recherche, CNE, MINRESI
  • Carole Valérie NOUAZI KEMKENG, D., Chargé de recherche, CNE, MINRESI

Références bibliographiques

  • Elias N., Du temps, Fayard, 1996, 226 p
  • Lipovetsky g., Les Temps hypermodernes, grasset, 2004, 125 p
  • Aaron, Paix et guerre entre les nations, Paris, Calmann Levy ? 1962.
  • Kant, Immanuel (1724-1804). Essai philosophique sur la paix perpétuelle.
  • ANTHEAUME & Frédéric GIRAUT, Éditeurs scientifiques, IRD Éditions, Paris, 2005, pp. 47-78.
  • CARRILLO SALCEDO, Droit international et souveraineté des États, RCADI, vol. 257, 1996.
  • Yves PETIT, Droit international du maintien de la paix, Paris, LGDJ, 2000, 213 p.
  • Patrick DAILLIER et Alain PELLET, Droit international public, Paris, LGDJ, 7ème édition, 2002, 1510 p.
  • Emmanuel DECAUX, Droit international public, Paris, Dalloz, 4ème édition, 2004, 358 p.
  • Territoires, enjeux économiques et sociaux : quel engagement partagé des acteurs ? 6e Université d’été « Emploi, compétences et territoires », (Dir.) Stéphane Michun, échanges du CEREG, RELIEF 41 / février 2013.
  • Luc Gwiazdzinski, « Temps et territoires : les pistes de l’hyperchronie », Revue d’études et de prospective, Documentation française, DATAR, 2012, pp.75-97)
  • Aubert N., « La société hypermoderne, ruptures et contradictions », Revue du Changement social, n° 15, juin 2010, 131 p.
  • Achille MBEMBÉ, « À la lisière du monde. Frontières, territorialité et souveraineté en Afrique », in Le territoire est mort. Vive les territoires! Une (re)fabrication au nom du développement, Benoît

Notes

[1] Extrait de la déclaration de S.E.M. Paul Biya, Président de la République du Cameroun lors de la 72ème session de l’Assemblée Générale des Nations Unies, New York, 13 septembre - 24 décembre 2017, p. 2.

[2] R. Aaron, Paix et guerre entre les nations, Paris, Calmann Levy, 1962.

[3] E. Kant, Vers la paix perpétuelle, collection Mille et Une Nuits, n°327, traduction de Karin Rizet. Paris, 2001.

[4] Extrait de la déclaration de S.E.M. Paul Biya, op.cit.

[5] Rappr. R. Drago, La géographie et le droit, Mélanges Alice Saunier-Séité, éd. Société de géographie, 1997, p. 97 s. cité par F. Terré, Introduction générale au droit, Paris, Dalloz, 10ème édition, 2015, p.418.

[6] G. SCELLE, « Obsession du territoire. Essai d’étude réaliste du droit international », in Symboloe Verzigl, présentées au Professeur J, -H. –W. Verzijl à l’occasion de son LXXe anniversaire, La Hague, 1958, pp.347-361 ; D. STOREY, Territory : the claiming of space, Harlow, Prentice Hall, 2001. M. FOUCHER, L'obsession des frontières, Paris, Perrin, 2007, 249 p. 

Catégories

Lieux

  • Minstère de la Recherche Scientifique - Centre National d'Education,
    Yaoundé, Cameroun (237)

Dates

  • samedi 30 mars 2019

Mots-clés

  • paix, temps, territoire, dynamique

Contacts

  • Erick Sourna Loumtouang
    courriel : ericksourna [at] yahoo [dot] com

Source de l'information

  • Erick Sourna Loumtouang
    courriel : ericksourna [at] yahoo [dot] com

Pour citer cette annonce

« Paix, temps et territoires à l'ère des dynamiques contemporaines », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 11 février 2019, https://calenda.org/557239

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