AccueilSociologie des intellectuel⸱les et de l'expertise : savoirs et pouvoirs

Sociologie des intellectuel⸱les et de l'expertise : savoirs et pouvoirs

Congrès de l'Association française de sociologie

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Publié le mardi 12 février 2019 par Céline Guilleux

Résumé

Dans le cadre du VIIIe congrès de l'Association française de sociologie, le réseau thématique 27 « Sociologie des intellectuel-le-s et de l'expertise : Savoirs et pouvoirs » fait un appel à des communications portant sur les professions intellectuelles, les formes d'engagement de leurs membres (critique sociale, expertise, prophétisme, etc.), l'expertise et ses usages, la sociologie historique des idées politiques et des savoirs, la circulation et la réception des savoirs, les intellectuel-le-s et les expert-es, les modèles et techniques d'enquête propres à la sociologie des intellectuel-le-s. Seront particulièremnt appréciées des communications sur : le rôle des intellectuel-le-s et des expert-e-s dans la production de systèmes de classements, la mobilisation d'outils quantitatifs par des intellectuel-le-s et des expert-e-s, les classements et les luttes de classement autour des biens symboliques.

Annonce

Argumentaire

Dans le cadre du 8e Congrès de l'Association Française de Sociologie (Aix-en-Provence, 27 août-30 août 2019), le Réseau Thématique 27 (Sociologie des intellectuel-le-s et de l'expertise: savoirs et pouvoirs) organise des :

  • Sessions blanches, ayant vocation à accueillir des communications s'inscrivant dans  les axes du réseau : professions intellectuelles, engagement de leurs membres, intellectuel-le-s et expert-e-s, l'expertise et ses usages, sociologie historique des idées politques et des savoirs, circulation et réception des savoirs, modèles et techniques d'enquête propres à la sociologie des intellectuel-le-s et des expert-e-s, etc.
  • Sessions thématiques (ST)

ST 1 : Le rôle des intellectuel-le-s et des expert-e-s dans la production de systèmes de classement.

Le rôle des intellectuel-le-s et des expert-e-s dans la production de sytèmes de classement pourra être abordée selon deux angles distincts.

On pourra tout d'abord s'intéresser à la production des classifications spécifiques aux champs de production intellectuelle et culturelle. Les communications pourront notamment traiter de la définition et de l'usage de catégories éditoriales et de bibliothèques (collections, manuels, classements, politiques d'achats...) ainsi que des genres littéraires, artistiques et scientifiques. Il s'agira d'interroger notamment la contribution d'intellectuel-le-s et d'expert-e-s à la hiérachisation des genres culturels, des connaissances et des disciplines, mais aussi à la légitimation des savoir; la question de la définition de ceux qui font autorité sera particulièrement intéressante à interroger à l'aune de la diversification des modalités de diffusion des informations, "infox" et savoirs. Il conviendra de s'interroger sur les rôle des intellectuel-le-s et des expert-e-s en la matière.

S'agissant des opérations et types de classements, pourront être envisagées, à la fois, les classifications professionnelles (Dewey, etc.), scientifiques, disciplinaires et scolaires, qui opèrent par genre mais aussi par domaine, type (scientifique/artistique..., française/générale/comparée...), thème ou période. La contribution des intellectuel-le-s et des expert-e-s à la constitution de hiérarchies de valeurs (prix, listes, dispositifs de consécration, etc.) pourra également faire l'objet d'interventions ciblant par exemple les mécanismes de légitmatin, les processus de classement, déclassement, reclassement, leurs logiques et leurs effets. Ces processus pourront être également abordés à artir de l'étude de trajectoires, engagements, pratiques, activités, oeuvres, diffusion et réception de travaux... L'imposition de classements pourra être abordée en interrogeant notamment la question des rapports de force entre les disciplines, les frontières académiques, de la position des acteurs et de la porosité entre les champs (notamment médiatique, culturel, politique).

Les communications porront également cibler la contribution des intellectuel-le-s et des expert-e-s à la production et la codification de classifications structurant le monde social ou certains champs (politique, religieux...). On pourra notamment s'intéresser à la manière dont les discours scientifiques et les productions culturelles contribuent à façonner les représentations du monde social et ses hiérarchies (en termes de classes sociales, CSP, genre etc.). On pourra de même étudier le rôle joué par les intellectuel-le-s et les expert-e-s dans la production et la légitimation de catégories au moyen desquelles les oppositoins et enjeux politiques sont perçus (oppositions entre régimes, nations, forces politiques...). Dans la lignée d'Andrew Abbott, des communications pourront également porter sur la manière dont des savoirs théoriques peuvent baliser le domaine d'intervention de certaines professions et le monopole dont elles disposent.

ST 2: Savoirs et pouvoirs chiffrés

Techniques de production de connaissances sur le monde social et instruments de gouvernement, les outils de quantification ont joué un rôle central dans la construction des Etats modernes: ils ont accompagné et façonné les successives redéfinitions des contours de la puissance publique. Les chiffres, avec les logiques de classement (des individus, populations...) qu'ils introduisent, ont été et sont toujours partie prenante de la pensée d'Etat et, par là, des luttes politiques et savantes autour de la définition du monde social.

Cette session, en se focalisant sur l'élaboration des outils de quantification, la définition de leur valeur sociale et politique et leurs usages, entend interroger la contribution des intellectuel-le-s et des expert-e-s à la construction symbolique du monde social.

Les communications pourront examiner comment le recours à la quantification contribue à façonner des formes d'expertise et d'engagemnt intellectuel. Comment la prégnance croissante des chiffres, a-t-elle abouti à reéfinir le rôle des intellectuel-le-s et des expert-e-s? Peut-on associer des formes d'interventions (et aussi certains profils) avec certains modes de quantification du monde social? De quelles institutions émanent ces classements, et quelle est la contribution collective ou individuelle, des expert-e-s et des intellectuel-le-s à leur reconnaissance?

Ce sont aussi les rivalités entre scieces et types de savoirs qu'il conviendra d'analyser. Si l'emploi de données et de méthodes statistiques a, historiquement, fondé la légitimité de nombreux expert-e-s et intellectuel-le-s , voire de plusieurs sciences, il peut aussi être envisagé comme un obstacle à la diffusion et à la légitimation de certains savoirs. En outre, le coût d'entrée pour la matîrise et l'interprétation des statistiques a pu contribuer à la hiérarchisation entre expert-e-s et non  expert-e-s, savant-e-s et profanes, ainsi qu'entre disciplines scientifiques. Comment, dès lors, les luttes pour le monopole de l'interprétation des classements et des données statistiques se reflètent-elles dans le champ scientifique, les configurations disciplinaires et les hiérarchies qui les structurent?

Enfin, alors que les chiffres ont longtemps été considérés comme vrais, neutres et incontestables, ils font désormais l'objet de critiques de plus en plus fortes. Couramment pensée comme contribuant à l'universel, et à ce titre atout dans les prétentions à la scientificité, la quantification est pourtant aujourd'hui contestée au nom de l'universel. Les pratiques de résistance à la quantification seront examinées lors de la session.

Session commune inter-RT: Classements et luttes de classement autour des biens symbolique (session co-organisées par les RT 27 et 14, "Sociologie des arts et de la culture").

La session commune aux RT 14 et 27 prend pour objet moins les effets des classemnts des biens symboliques que les manières dont ces classements, tout en faisant l'objet de luttes entre différents acteurs ou groupes d'acteurs, sont élaborés.

Si certaines de ces catégories sont, dans une certaine mesure, transnationales et/ou transhistoriques, elles ne recouvrent pas forcément les mêms types de biens symboliques. Les communications pourront interroger les conditions sociales de construction, de transformation, de légitimation ou de déligitimation des différents systèmes de classements des biens symboliques. Sui labellise et comment se stabilise un mode de classement? Dans quel espace d'activité (mais aussi géographique, professionnel, linguistique...), les catégories de classement sont-elles opératoires? Quels critères sont le plus souvent retenus pour classer les oeuvres ou les types d'objets culturels? Un même critère a-t-il la même valeur dans les classements de différents biens symboliques (par exemple la langue et la nationalité d'un-e auteur-e en littérature par rapport à ces mêmes critères en musique)? Dans quelle mesure, certains systèmes de classement sont-ils associés, ou entrent-ils en concurrence? Sous quelles conditions une catégorie de classement devient-elle opératoire dans un autre espace que son espace d'émergence? Les instances propres à un espace spécifique légitiment-elles en priorité le mode de classement dans cet espace (catégories indigènes) ou des instances extérieures peuvent-elles prendre part à leur élaboration (catégories exogènes)? En d'autres termes, dans quelle mesure les modalités de classement des biens symboliques sont-ils révélateurs de l'autonomie ou de l'hétéronomie de l'espace spécifique de ces biens?

Ces questions pourront être abordées en ce qui concernent différents objets culturels ou différentes modalités de leur diffusion. On peut notamment interroger les espaces de validité des "canons" artistiques et les remises en cause régulière dont ceux-i font l'objet. S'il arrive que des classifications scolaires, professionnelles, éditoriales, patrimoniales ou muséales se chevauchent partiellement, il arrive également qu'elles opèrent un découpage radicalement différent de certains objets. On pourra, par exemple, se demander comment les modalités de consommation des objets culturels transforment les modes de classement des biens symboliques et l'étendue de leur rôle dans les "choix" de consommation - c'est le cas par exemple des classements générés "automatiquement" par les choix de consommateurs et de consommatrices: hits, top 50 et divers classements et mise en ordre de l'offre opérée par les algorithmes des plateformes de diffusion en ligne.

Modalités de soumission des propositions

Les propositions comprendront un titre et ne pas dépasseront 1500 signes (espaces compris). Elles doivent préciser clairement le travail d'enquête et les sources sur lesquels s'appuiera la présentation. Elles doivent également mentionner la session à laquelle elles sont destinées (session blanche, ST 1 ou 2, session commune RT 14 et 27).

Les propositions doivent être déposées sur le site de l'AFS: http://afs-socio-fr/

d'ici le vendredi 15 février 2019.

Pour toute précision ou en cas de probème pour dépoer une communication, merci de nous à l'adresse socio.intellectuels@gmail.com en joignant la proposition dans un format compatible avec word et ses équivalents.

Lieux

  • Faculté des Lettres, Arts et Sciences Humaines - 29 avenue Robert Shuman
    Aix-en-Provence, France (13090)

Dates

  • vendredi 15 février 2019

Mots-clés

  • savoir, pouvoir, classement, profession intellectuelle, expertise, intellectuel, expert, bien symbolique, chiffre, quantification

Contacts

  • Corinne Delmas
    courriel : corinne [dot] delmas [at] univ-nantes [dot] fr

Source de l'information

  • Corinne Delmas
    courriel : corinne [dot] delmas [at] univ-nantes [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Sociologie des intellectuel⸱les et de l'expertise : savoirs et pouvoirs », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 12 février 2019, https://calenda.org/571790

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