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What artification does to the concept of art? Philosophical perspectives

Que fait l’artification au concept d’art ? Perspectives philosophiques

Nouvelle Revue d'Esthétique journal no.24 (2019)

Nouvelle Revue d'Esthétique, n°24 (2019)

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Published on Monday, April 29, 2019 by Céline Guilleux

Summary

La Nouvelle revue d’esthétique consacrera son n°24 (fin 2019) aux enjeux philosophiques du concept sociologique d’artification. Ce numéro de la NRE entend poser la question de savoir en quel(s) sens ces études sociologiques des phénomènes d’artification interpellent la compréhension philosophique tant du concept d’art que celle de la scène artistique d’aujourd’hui. Selon le premier de ces axes, on interrogera la portée des études sociologiques de l’artification sur le concept philosophique d’art. Selon le second axe, la réflexion philosophique pourra à son tour prendre appui sur l’artification ou la désartification d’objets ou d’activités particulières.

Announcement

Nouvelle revue d’esthétique n°24 – 2019

Argumentaire

La Nouvelle revue d’esthétique consacrera son n°24 (fin 2019) aux enjeux philosophiques du concept sociologique d’artification.

Sous le terme d’« artification », la sociologie de l’art entend étudier « le passage du non-art à l’art » (selon le recueil dirigé par N. Heinich et R. Shapiro en 2012)[1].

Partant du constat que loin que l’« art » désigne un ensemble bien défini et stable de disciplines et d’objets consacrés par des institutions, la sociologie entend mettre en lumière les processus sociaux, situés dans le temps et l’espace, qui sont à l’origine de « passages à l’art » de pratiques, d’objets, ainsi que de personnes acquérant par là le statut d’artistes. Selon les conclusions des travaux sociologiques sur cette question, le résultat conceptuel des processus étudiés est non seulement l’admission de nouvelles formes d’art mais « un déplacement durable de la frontière entre art et non-art », ces résultats s’inscrivant en faux contre toute conception « essentialiste » de l’art.

Ce numéro de la NRE entend poser la question de savoir en quel(s) sens ces études sociologiques des phénomènes d’artification interpellent la compréhension philosophique tant du concept d’art que celle de la scène artistique d’aujourd’hui. Il se propose de développer deux axes de réflexion.

Selon le premier de ces axes, on interrogera la portée des études sociologiques de l’artification sur le concept philosophique d’art.

À travers l’histoire du concept moderne d’art (« Art » ou plus classiquement « beaux-arts ») et de la discipline qu’est l’esthétique philosophique, la philosophie n’est-elle pas depuis longtemps déjà attentive à tenir en compte les variations et évolutions du concept d’art ? Même en l’absence du terme d’artification, les phénomènes d’artification (ou de désartification du reste) ont-ils échappé à la conceptualisation philosophique de l’art ?

La philosophie analytique de l’art, par exemple, n’a-t-elle pas au milieu du XXesiècle rejeté fermement et face à l’art se faisant toute approche essentialiste, notamment au profit d’approches dites « institutionnelles » ? Et d’autres options méthodologiques ont également mis en question le concept dit traditionnel (ou moderne) en prenant appui sur les phénomènes artistiques modernes et contemporains. Ainsi, pour ne prendre que ce seul exemple, de Lyotard et de sa « condition postmoderne » proclamant la « fin des grands récits », dont celui de l’art. D’autres approches encore, très à l’écoute de l’histoire des idées, ne se sont-elles pas, dans le champ artistique, montrées conscientes du caractère fluctuant et évolutif du concept d’art, et ce dès son apparente stabilisation au XVIIIesiècle ? Du reste les travaux des historiens d’art viennent à l’appui des mises en question philosophiques du concept d’art et de ses « frontières » supposées « établies » : que l’on songe à Hans Belting (L’histoire de l’art est-elle finie ? en 1983 et en 1990 Image et culte. Une histoire de l’art avant l’époque de l’art), ou à Edouard Pommier qui montre Comment l’art devient l’Art dans l’Italie de la Renaissance ? (2007). Le « système moderne des arts » « établi » au XVIIIesiècle quand naît aussi la critique d’art n’a pas non plus manqué d’être étudié par l’esthétique philosophique (Munro, Souriau et bien d’autres) et ces études manifestent toutes à leur manière le caractère évolutif du système et du concept d’art (cf. Giuseppe di Liberti, Le système des arts. Histoire et hypothèse, 2009).

Selon le second axe, la réflexion philosophique pourra à son tour prendre appui sur l’artification ou la désartification d’objets ou d’activités particulières. Car il va de soi que la re-catégorisation de certains types d’objets ou de pratiques en tant qu’art peut avoir pour corollaire la « désartification » (ou passage au « non-Art ») d’autres types d’œuvres ou de pratiques jusque-là comptées comme « artistiques ».

Par-delà les arts premiers, le hip-hop, la magie, le graffiti… et autres cas étudiés par la sociologie, et qui chacun pose la question de l’artification de manière spécifique, la philosophie pourrait en convoquer d’autres et leurs spécificités. À cet égard, on pourrait se demander si les exemples de désartification sont aussi rares que ne le suggèrent les études des sociologues. Et plus généralement quelles significations revêtent ces artifications réussies ou non, achevées ou non, mises en échec ou non, partielles ou complètes…. On pourra aussi interroger certaines conclusions des études sociologiques, quand elles s’expriment dans des termes qui semblent encore fort liés aux conceptions datant du XVIIIesiècle. Ainsi si l’on évoque parmi les effets de l’artification, l’ennoblissement de la pratique, son autonomisation, son individualisation, son authentification et son « esthétisation », voire si l’on évoque la beautécomme le fait N. Heinich dans ses conclusions au recueil mentionné plus haut. L’usage de ces repères ne va-t-il pas à contre-courant de l’art actuel dans la mesure où il cherche à s’intégrer à la vie quotidienne et refuse les barrières érigées autrefois autour de la sphère autonome de l’esthétique ?

Modalités de soumission

Les propositions doivent comprendre :

  • L’article (25000 signes espaces compris ; + ou – 20%)
  • le nom de l’auteur ou des auteurs
  • une présentation succincte de l’auteur ou des auteurs (100 mots maximum)
  • un résumé de 300 mots maximum

Elles seront envoyées au format Word à danielle.lories@uclouvain.be et chateaudominique@mac.com

Les propositions de contribution seront examinées et sélectionnées par le comité de rédaction de la NRE au terme d’une double lecture à l’aveugle.

Date limite d’envoi des propositions : 31 mai 2019.

Les réponses (au terme d’une double lecture en aveugle) seront communiquées aux auteurs au plus tard le 30 juin 2019.

Des illustrations sont possible, mais à condition d’être en nombre limité, d’une qualité permettant l’impression, et libres de droits.

Contact: chateaudominique@mac.com

[1]De l’artification. Enquête sur le passage à l’art, s. l. d. de Nathalie Heinich et Roberta Shapiro, Paris, EHESS, coll. « Cas de figure », 2012.

Date(s)

  • Friday, May 31, 2019

Attached files

Keywords

  • philosophie, esthétique, art, non-art, artification, concept, esthétisation, beau

Contact(s)

  • Laetitia Marcucci
    courriel : laetitia [dot] marcucci [at] univ-cotedazur [dot] fr

Information source

  • Laetitia Marcucci
    courriel : laetitia [dot] marcucci [at] univ-cotedazur [dot] fr

To cite this announcement

« What artification does to the concept of art? Philosophical perspectives », Call for papers, Calenda, Published on Monday, April 29, 2019, https://calenda.org/608846

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