HomeViolences administratives envers les étranger·es en France

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Published on Tuesday, June 11, 2019 by Anastasia Giardinelli

Summary

Les travaux du laboratoire Junior Mouvances analysent les processus de représentation et de catégorisation des migrations, et des personnes concernées, ainsi que leurs effets sociaux. Cette journée porte sur les « violences administratives envers les étranger·es », que nous définissons très largement comme « des formes de violences symboliques et/ou physiques, qui s'exercent contre des individus étranger·es en raison de leur situation administrative, mais aussi en fonction d'autres discriminations (raciales, sociales, de genre, de handicap), généralement de la part des administrations d'État elles-mêmes ». Nous étudions spécifiquement le cas français, même si des études comparées sont les bienvenues. Dans le souci de donner une visibilité et des espaces de communications de leurs recherches à des étudiant·es, doctorant·es, et jeunes chercheur·ses, nous leur réservons cet appel à communication. 

Announcement

Présentation

Le laboratoire junior Mouvances de l’ENS de Lyon réunit des masterant.e.s et doctorant.e.s en sciences humaines et sociales qui étudient les phénomènes migratoires contemporains et passés. Nos travaux analysent les processus de représentation et de catégorisation des migrations, et des personnes concernées, ainsi que leurs effets sociaux. Ils prennent en compte les contextes spatio-temporels ainsi que les champs -juridiques, administratifs, artistiques, ou encore médiatiques-d'énonciation des discours, et se concrétisent dans la réalisation d'un "dictionnaire situé des migrations". 

Nous organisons samedi 28 septembre une journée d’étude sur la thématique de la « violence administrative » vécue et imposée aux migrants. Cette journée d’étude veut mettre en synergie les travaux en cours de jeunes chercheurs (en masters et doctorat) et ceux de chercheurs plus renommés, et nous tenons à donner à cette manifestation une dimension militante, dans le souci d’éviter une position en surplomb du savoir universitaire par rapport au vécu des acteurs.

Argumentaire

Nous avons ici défini les violences administratives comme "des formes de violences symboliques et/ou physiques, qui s'exercent contre des individus étranger.es en raison de leur situation administrative, mais aussi en fonction d'autres discriminations (raciales, sociales, de genre, de handicap), généralement de la part des administrations d'Etat elles-mêmes."

Ces violences se manifestent à travers les nombreux obstacles s'opposant à la régularité du parcours administratif : demande d’un visa au consulat, d’un titre de séjour ou d’une protection internationale, renouvellements, cours de langue à l’OFII, accès à l’emploi ou au système de santé, etc.

Elles sont renforcées par des interactions dégradées entre les agent.es administratif.ves et les administré.es. En effet, la fermeture des voies de régularisation, croissante depuis les années 1980, et plus encore depuis 2003 avec les lois Sarkozy, prend la forme d’une politique du chiffre, de l’expédition des procédures, d’organisation de l’attente, de l’enfermement, d’expulsions/déportations. Cette répression croissante est facilité par l’opacité des prises de décisions, un fort pouvoir discrétionnaire des agent.es administratifs dans l’interprétation de la loi, et de nombreux illégalismes.

Ces violences jalonnent le parcours migratoire des personnes arrivant en France, depuis le pays de départ, sur la route, aux frontières, et souvent longtemps après l’arrivée. Elles ont des effets psychologiques et/ou physiques différenciés, plus ou moins forts, plus ou moins durables, sur les individus dont l’une des manifestations les plus documentées est le stress post-traumatique. Elles peuvent aussi être ressenties et subies par les aidant·e·s (associations, particuliers, services publics) ou les agent.e.s des administrations  elle·eux aussi confronté·e·s à la précarisation du droit à  l'installation et au séjour. 

Objectiver cette notion, alors même que le ressenti de la violence est si subjectivement différencié, nous apparaît une nécessité afin de mieux pouvoir identifier et combattre ces violences. Cette journée, ne séparant pas réflexion et action, se voudra donc un moment d'échange entre toutes les personnes liées à ces questions, afin de faire dialoguer recherches universitaires, témoignages et initiatives concrètes.   

Déroulé de la journée d'étude        

La journée d'étude se déroulera en quatre moments de tables rondes  : 

1) Une première historicisant le rapport d'administrations aux étranger.es. 

2) Une seconde portant sur les violences policières, des contrôles aux frontières jusqu'à l'expulsion-déportation

3) Une troisième concernant la demande des titres de séjour et des protections internationales, en particulier à travers l'analyse des effets psychologiques de la violence administrative.

4) Une quatrième axée sur les difficultés de l'apprentissage de l'écriture et de la langue française Ces tables rondes seront centrées sur le cas de la France, bien que des comparaisons soient les bienvenues. 

Elle se terminera par une projection cinématographique. 

Appels à communications 

Dans le souci de donner une visibilité et des espaces de communications de leurs recherches à des étudiant.es, doctorant.es, et jeunes chercheur.ses, nous leur réservons cet appel à communication. 

Il concerne:   

  • Une communication de 20 minutes sur la construction historique du rapport des administrations aux étranger.es   
  • Une communication de 20 minutes sur les violences policières, des contrôles aux frontières jusqu'à l'expulsion-déportation   
  • Un film ou un ensemble de courts métrages, à projeter le soir, de fiction ou documentaire, présenté par le ou les créateur.ice(s)         

Les propositions de communication devront faire 3 pages, police times new roman taille 12 au maximum. Elles devront être envoyées pour le 1er juillet 2019 au plus tard. Elles devront inscrire explicitement la communication dans le thème de la table ronde. Elles seront évaluées par l'ensemble des membres du laboratoire junior Mouvances.

Comité scientifique

  • Camille Mayer ; doctorante en études théâtrales, université Paris 8, EA 1573 “Scènes dumonde, création, savoirs critiques” , laboratoire membre du laboratoire Junior Mouvances ENSL
  • Raphaëlle Segond ; ENS de Lyon, Master 2 sciences sociales, agrégée de géographie, membre du laboratoire Junior Mouvances ENSL
  • Clémence Large ; ENS de Lyon, Master 2 Féadep Lettres Modernes, membre dulaboratoire junior Mouvances ENSL
  • Coline Rousteau ; ENS de Lyon, Master 2 Etudes du cinéma-Sosthène Touitou ; ENS de Lyon, Master 2 sociologie ;
  • Hamad Gamal ; Lyon 2, licence 2 sociologie

Places

  • Amphitéâtre Mérieux D2 - 46 allée d'Italie
    Lyon, France (69007)

Date(s)

  • Monday, July 01, 2019

Keywords

  • violences administratives, migrations, catégorisations, étrangers

Contact(s)

  • Raphaëlle SEGOND
    courriel : mouvances [at] ens-lyon [dot] fr

Information source

  • Raphaëlle SEGOND
    courriel : mouvances [at] ens-lyon [dot] fr

To cite this announcement

« Violences administratives envers les étranger·es en France », Call for papers, Calenda, Published on Tuesday, June 11, 2019, https://calenda.org/632895

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