Calenda - The calendar for arts, humanities and social sciences

The utopia of globalised culture and the reality of local communication practices

Utopie d’une culture mondialisée et réalité des pratiques communicationnelles locales

Communication and digital technology in Francophone sub-Saharan Africa

Communication et numérique en Afrique Subsaharienne francophone

*  *  *

Published on Tuesday, July 16, 2019 by Céline Guilleux

Summary

L’imaginaire attaché à la communication numérique semble imposer une vision qui écrase les particularités culturelles. Face à ce constat, le colloque a pour objectif d’explorer conjointement l’hétérogénéité des usages, des productions et des questions posées par la rencontre entre une offre technologique globalisée, souvent occidentalo-centrée, et des cultures variées. La première édition portera sur l’Afrique subsaharienne francophone, territoire multiculturel dont les contextes géopolitiques contemporains posent des questions particulièrement vives pour la recherche en communication. Ces questions intéressent principalement la communauté des sciences de l’information et de la communication, mais l’apport de chercheurs venus d’horizons culturels et disciplinaires variés permettra d'aborder cette problématique très large que constitue la communication, notamment numérique, en zone sensible, selon différentes approches complémentaires.

The imaginary world surrounding digital communication seems to impose a vision that crushes cultural diversity. The Symposium aims to jointly explore the heterogeneity of uses, productions and issues raised by the meeting of globalised technology that is often Western-centred, with various cultures. The first edition will focus on Francophone sub-Saharan Africa, a multicultural territory where contemporary geopolitical contexts pose particularly vital issues for communications research. These issues are of interest mainly to the information and communication sciences community, but the contributions of researchers from various cultural and disciplinary horizons will make it possible to tackle this very broad problem of communication, especially digital, in sensitive areas, according to different complementary approaches.

Announcement

Argumentaire

Depuis près de trois décennies, les transformations des manières de communiquer et de s’informer occupent les chercheurs qui interrogent les productions et les usages liés à l’internet, l’informatique et la téléphonie mobile. Même si le rôle joué par les réseaux socionumériques dans le « Printemps arabe » a fait l’objet de nombreuses recherches, les travaux francophones qui s’intéressent à la communication combinée au développement des technologies numériques en Afrique restent rares (Kiyindou, Kouméalo & Capo Chichi 2015, Chéneau-Loquay 2012).

Entre les prédictions de McLuhan sur le fameux « village global », les discours alarmistes de Paul Virilio (1993) sur les conséquences d’une accélération universelle de la communication, l’imaginaire attaché à la communication numérique semble imposer une vision qui écrase les particularités culturelles. Les approches socio-économiques ne sont pas en reste. Ainsi, longtemps focalisées sur les problèmes de fracture entre les pays économiquement développés et les autres (Le Guel 2004), les débats qui ont fait suite au rapport de la Commission McBride (1980) pour « un nouvel ordre mondial de l’information et de la communication plus juste et plus efficace », souvent désigné par l’acronyme NOMIC, révèlent un arrière-plan idéologique très universaliste. 

À l’inverse de ces formes d'homogénéisation des mediascapes (Appadurai 1996) qui affectent non seulement les processus étudiés, mais aussi les manières d’en rendre compte, des chercheurs ont attiré notre attention depuis longtemps déjà sur l’inventivité du quotidien, des tactiques et du braconnage (de Certeau 2003). Ces travaux doivent être mis au service d’une meilleure intelligibilité des usages de technologies de la communication, pensées comme génériques et culturellement neutres par leurs promoteurs. Mais il faut alors éviter un double écueil : l’exaltation de la créativité individuelle au détriment de la prise en compte des environnements collectifs pluriels qui informent les pratiques ; la focalisation exclusive sur ces pratiques au détriment de l’observation croisée des imaginaires (tels qu’ils se construisent sur le long terme et s’animent dans des productions médiatiques diverses, s’opposent parfois violemment entre eux et avec ceux de l’observateur) ainsi que des conditions techniques, matérielles et économiques de ces pratiques.

Dans ce contexte, le colloque « Utopie d’une culture mondialisée et réalité des pratiques communicationnelles locales » a pour objectif d’explorer conjointement l’hétérogénéité des usages, des productions et des questions posées par la rencontre entre une offre technologique globalisée (Mattelart & alii 2015) souvent occidentalo-centrée et des cultures variées. La première édition portera sur l’Afrique Subsaharienne Francophone, territoire multiculturel, dont les contextes géopolitiques contemporains posent des questions particulièrement vives pour la recherche en communication.

Ces questions intéressent principalement la communauté des sciences de l’information et de la communication, mais l’apport de chercheurs venus d’horizons culturels et disciplinaires variés permettra d'aborder cette problématique très large que constitue la communication, notamment numérique, en zone sensible, selon différentes approches complémentaires.

Les propositions de communications pourront s’inscrire dans un ou plusieurs des axes suivants :

Rapports aux discours d’autorité.

Les réseaux socionumériques et les messages qui circulent sur les smartphones changent-ils la relation des citoyens à l’information (Traoré 2019) qu’elle soit journalistique (Frère 2016), politique, scientifique ou encore militante ? Comment se reconfigurent les discours depuis/avec les réseaux socionumériques et les prises de parole en ligne ? Qui sont les locuteurs les plus écoutés et suivis ? Comment se construisent l’autorité énonciative et la confiance ?

Dans cet axe, les propositions porteront sur la façon dont les usages et les productions attachés aux modes de communication numériques reconduisent et/ou amendent les formes classiques d’autorité énonciative (légitimités institutionnelles et politiques, autorités religieuses ou familiales, etc.). Les propositions pourront porter sur l’observation de pratiques, sur l’analyse sémiologique et discursive des contenus de la communication ou encore sur les formes d’énonciation du pouvoir et les modes de circulation des informations.

Industries culturelles et créatives : (re)composition des mediascapes

Qu’il s’agisse de cinéma (Nollywood), d’applications mobiles ou encore de musique, des tensions se dessinent entre des processus d’homogénéisation et d’hétérogénéisation (Appadurai 1996), c’est-à-dire entre, d’une part, des imaginaires (sociaux, politiques, culturels) et des modèles socio-économiques globalisés et, d’autre part, leurs déclinaisons ou leurs adaptations locales (Kiyindou 2013).

Dans cet axe, sont attendus des travaux qui s’intéressent aux biens culturels qui mobilisent des dispositifs numériques pour leur production, leur diffusion ou leur consultation. L’objectif consiste à comprendre les formes d’appropriation, de détournement, de métissage et de réinvestissement de ces dispositifs et de leurs contenus, aussi bien par leurs producteurs que par les usagers : quelles sont les stratégies de promotion d’une culture locale et/ou traditionnelle ? Quelles sont les stratégies politiques sous-jacentes aux productions culturelles et créatives contemporaines ? Quels sont les imaginaires étrangers ou globalisés perceptibles ?

Identités culturelles, lien social et appartenances en mobilité

Les dispositifs de communication numériques rendent possibles des formes d’interaction peu chères, immédiates et mobiles. Cela contribue-t-il à reconfigurer les formes plurielles d’appartenance et d’identité en contexte nomade, diasporique et/ou interculturel ?

Cet axe s’intéresse à l’articulation entre les mobilités, les pratiques de communication et les identités culturelles : comment la communication mobile accompagne-t-elle les migrations (Bensââd 2009) ? Dans des situations d’éloignement, temporaires ou durables, vécues individuellement ou au sein de collectifs, comment se construisent ou se perpétuent l’attachement au territoire, aux traditions, aux valeurs du lieu d’origine, le lien social avec la communauté dont on s’est éloigné (Scopsi 2009) ? Comment les écrans réactualisent-ils ou revitalisent-ils des formes culturelles ancestrales (Bondaz 2012) ?

Spécificités des langages, formes et formats

Comment la communication numérique trouve-t-elle sa place dans des espaces culturels où la diversité des langues et des formes d’expression alimente la diversité des identités culturelles, où la tradition orale est très vivante, où le rapport à la culture écrite reste parfois un privilège et un outil de pouvoir entre les mains des plus aisés ? Quels dispositifs, formes et formats sont privilégiés ? À l’inverse, certaines formes de communication sont-elles choquantes, interdites, censurées ? De nouveaux langages, de nouvelles formes / normes s’inventent-ils ?

Cet axe accueillera les travaux qui privilégient l’étude des dimensions matérielles et formelles des langages de la communication numérique (visuels, sonores, écrits ou oraux, iconiques, figuratifs, alphabétiques, etc.) dans leurs relations avec les dimensions culturelles, les valeurs des sociétés dans lesquelles ils sont mis en œuvre. Les approches sémio-pragmatiques, socio-techniques ou encore socio-discursives qui articulent l’analyse des messages avec les dispositifs et les contextes sociaux seront donc les bienvenues.

Enjeux épistémologiques et éthiques de l’enquête sur l’interculturalité

Les savoirs scientifiques sur la communication interculturelle peuvent répondre à des intérêts de connaissances techniques, pratiques ou encore émancipatoires, pour reprendre les catégories autrefois identifiées par Jürgen Habermas. Mais dans tous les cas, les contextes et les processus interculturels impliquent d’interroger les normes scientifiques et politiques, les cadres théoriques et sociaux, les opérations techniques et cognitives, qui contraignent à la fois l’objet observé et la posture de l’observateur (Averbeck-Lietz 2013). Finalement, la compréhension des processus de communication en situation multiculturelle ne peut faire l’économie d’une réflexion épistémologique et méthodologique renvoyant à la place du chercheur, à son implication et à ses objectifs par rapport à son enquête (Waisbord & Mellado 2014).

Dans cet axe se retrouveront les communications qui font le choix de réfléchir aux spécificités du travail de production de savoirs “experts” en situation interculturelle : approche critique des points de vue implicites adoptés par des travaux scientifiques, propositions méthodologiques situées interrogeant la nécessaire hétérogénéité des opérations de recueil de données (observation de pratiques, analyse de contenus etc.), étude des actions conduites par des ONG ou par tout autres types d’acteurs, etc.

Modalités de soumission et calendrier

Les propositions de communication en français ou en anglais ne dépasseront pas 5000 signes (espaces et bibliographie non compris).

  • 27 août 2019 : Dépôt des propositions de communication sur https://cmcl19.sciencesconf.org/

  • 10 septembre 2019 : réponse aux auteurs
  • 11 octobre 2019 : dépôt des résumés des communications pour publication des pré-actes en ligne
  • du 19 au 21 novembre 2019 : déroulement du colloque à Lyon.

Comité scientifique

(en cours de finalisation)

  • May Abdallah, Université Libanaise, Beyrouth, Liban
  • Christian Agbobli, UQAM, Montréal, Canada
  • Sofien Ammar, Université de la Manouba, Tunis, Tunisie
  • Abderrahmane Amsidder, Université Ibn Zohr, Agadir, Maroc (à confirmer)
  • Henri Assogba, Université Laval, Canada
  • Julien Atchoua, Université Félix Houphouët-Boigny, Abidjan, Côte d’Ivoire
  • Stefanie Averbeck-Lietz, Universität Bremen, Allemagne
  • Serge Théophile Balima, Université Joseph Ki-Zerbo, Ouagadougou, Burkina-Faso
  • Julien Bondaz, Université Lyon 2, France
  • Sarah Cordonnier, Université Lyon 2, France
  • Evariste Dakoure, Université Aube Nouvelle, Ouagadougou, Burkina-Faso
  • Marie Després-Lonnet, Université Lyon 2, France
  • Jean-Chrétien Ekambo, IFASIC, Kinshasa, République Démocratique du Congo
  • Ayda Fitouri, Université de la Manouba, Tunis, Tunisie (à confirmer)
  • Marie-Soleil Frère, Université Libre de Bruxelles, Belgique
  • Simon Gadras, Université Lyon 2, France
  • Firmin Gouba, Université Joseph Ki-Zerbo, Ouagadougou, Burkina-Faso
  • Amed Hidass, ISIC, Rabat, Maroc
  • Bernard Idelson, Université de la Réunion, France
  • Alain Kiyindou, Université Bordeaux-Montaigne, France
  • Clément Koama, Université Nazi Boni, Bobo-Dioulasso, Burkina-Faso
  • Tristan Mattelart, Université Paris 2 Panthéon-Assas, France
  • Aïssa Merah, Université Abderrahmane Mira, Bejaia, Algérie
  • Ephraim Okoro, Howard University, Washington, États-Unis (à confirmer)
  • Françoise Paquienseguy, Sciences Po Lyon, France
  • Fabio Pereira, Universade de Brasilia, Brésil
  • Claire Scopsi, Conservatoire National des Arts et Métiers, France
  • Annelise Touboul, Université Lyon 2, France

Bibliographie

Appadurai, Arjun. 1996. Modernity at Large: Cultural Dimensions of Globalization, Minneapolis, University of Minnesota Press

Averbeck-Lietz, Stefanie. 2013. “Pathways of intercultural communication research. How different research communities of communication scholars deal with the topic of intercultural communication”, Communications. The European Journal of Communication Research, vol. 38-3, p. 289-313.

Bensaâd, Ali. 2009. « Ancrages territoriaux, réseaux sociaux et initiatives des acteurs migrants : cas des constructions des itinéraires transsahariens ». Méditerranée. Revue géographique des pays méditerranéens / Journal of Mediterranean geography, no 113 (décembre): 127-38. https://doi.org/10.4000/mediterranee.3805.

Bondaz Julien. 2012. « Un fantôme sur iPhone. Apparition miraculeuse et imagerie mouride au temps du numérique », Communication & langages, n° 174, p. 3-17. https://www.cairn.info/revue-communication-et-langages1-2012-4-page-3.htm

Certeau, Michel de, Luce Giard, et Michel Certeau. 2010. Arts de faire. Nouvelle éd. L’invention du quotidien, Michel de Certeau; 1. Paris: Gallimard.

Chéneau-Loquay, Annie. 2012. « La téléphonie mobile dans les villes africaines. Une adaptation réussie au contexte local ». L’Espace géographique Tome 41 (1): 82-93.

Frère, Marie-Soleil. 2016. Journalismes d’Afrique. Info & com. Louvain-la-Neuve: De Boeck supérieur.

Gonzales, Charlotte, et Julien Dechanet. 2015. « L’essor du numérique en Afrique de l’Ouest. Entre opportunités économiques et cybermenaces », novembre, 68.

Kiyindou, Alain, Kouméalo Anaté, et Alain Capo chichi, éd. 2015. Quand l’Afrique réinvente la téléphonie mobile. Collection « Études africaines ». Paris: L’Harmattan.

Kiyindou, Alain. 2013. « De la diversité à la fracture créative : une autre approche de la fracture numérique ». Revue française des sciences de l’information et de la communication, no 2 (janvier). https://doi.org/10.4000/rfsic.288.

Guel, Fabrice Le. 2004. « Comment pourrait-on mesurer la double fracture numérique ? » Reseaux n° 127-128 (5): 55-82.

Mattelart, Tristan, Cédric Parizot, Julie Peghini, et Nadine Wanono. 2015. « Le numérique vu depuis les marges ». Journal des anthropologues. Association française des anthropologues, no 142-143 (octobre): 9-27.

Scopsi, Claire. 2009. « Les sites web diasporiques : un nouveau genre médiatique ? » tic&société, no Vol. 3, n° 1-2 (décembre). https://doi.org/10.4000/ticetsociete.640.

Tamokwe Piaptie, Georges Bertrand. 2013. « Les déterminants de l'accès et des usages d'internet en Afrique Subsaharienne. Analyse des données camerounaises et implications pour une politique de développement des TIC », Réseaux, n° 180, p. 95-121. https://www.cairn.info/revue-reseaux-2013-4-page-95.htm

Traoré, N’gna. 2019. « Vers une gouvernance par la mosquée ». Cahiers d'études africaines n° 233 (1): 47-73.

Virilio, Paul. 1993. L’art du moteur. Paris, Galilée.

Waisbord, Silvio, Claudia Mellado. 2014. “De-Westernizing communication studies : A reassessment”, Communication Theory, 24(4), p. 361-372.

Argument

For almost three decades, transformations in ways of communicating and getting information have occupied researchers who question the production and uses related to internet, computing and mobile telephones. Even if the role played by the digital social networks in the "Arab Spring" has been the subject of much research, Francophone papers on communication together with the development of digital technologies in Africa are still rare (Kiyindou, Kouméalo & Capo Chichi 2015, Chéneau-Loquay 2012).

Between the predictions of McLuhan on the renowned "global village" and the alarmist speeches of Paul Virilio (1993) on the consequences of the universal acceleration of communications, the imaginary world surrounding digital communication seems to impose a vision that crushes cultural diversity. Socio-economic approaches are not left out. Thus, for long focused on the problems of the divide between the economically developed countries and the others (Le Guel 2004), the discussions that followed the report of the McBride Commission (1980) "towards a new, more just and more efficient world information and communication order", often referred to by the acronym NWICO, reveal a very universalist ideological background.

In contrast to these forms of homogenisation of the mediascapes (Appadurai 1996), which affect not only the processes studied, but also the ways of accounting for them, researchers have for long drawn our attention to the inventiveness of everyday life, tactics and poaching (de Certeau 2003). This work must be put to the service of a better comprehension of the uses of communication technologies, usually thought of by their promoters as generic and culturally neutral. However, we must avoid a double pitfall: the exaltation of individual creativity at the expense of the plural collective environments that inform practices; the exclusive focus on these practices to the detriment of peer observation of the constructs (since they are built on the long term and come alive in various media productions, they sometimes clash violently with one another and with those of the observer) and the technical, material and economic conditions of these practices.

In this context, the Symposium entitled "The utopia of globalised culture and the reality of local communication practices" aims to jointly explore the heterogeneity of uses, productions and issues raised by the meeting of globalised technology (Mattelart & alii 2015) that is often Western-centred, with various cultures. The first edition will focus on Francophone sub-Saharan Africa, a multicultural territory where contemporary geopolitical contexts pose particularly vital issues for communications research.

These issues are of interest mainly to the information and communication sciences community, but the contributions of researchers from various cultural and disciplinary horizons will make it possible to tackle this very broad problem of communication, especially digital, in sensitive areas, according to different complementary approaches.

Proposals for papers may fall into one or more of the following areas:

1.  Relationships with authoritative discourse

Do digital social networks and the messages circulating on smartphones change the relationship of citizens to information (Traoré 2019), whether it be journalistic (Frère 2016), political, scientific or militant? How are discourses reconfigured from/with digital social networks and online views? Who are the most popular and influential speakers? How are enunciative authority and trust built?

In this area of research, proposals should focus on the ways in which the uses and the productions of digital modes of communication renew and/or amend the classic forms of enunciative authority (institutional and political legitimacy, religious or family authorities, etc.). Proposals could include the observation of practices, the semiological and discursive analysis of the contents of communication, or forms of the articulation of power and the modes of circulation of information.

2.  Cultural and creative industries: (re) composition of mediascapes

Whether it is the cinema (Nollywood), mobile applications or even music, tensions arise between homogenisation and heterogenisation processes (Appadurai 1996), that is to say, between the imaginary (social, political, cultural) and globalised socio-economic models on one hand and their local variations — or adaptations on the other hand (Kiyindou 2013).

In this area of research, papers focusing on cultural heritage that mobilises digital devices for their production, distribution or consultation are expected. The objective is to understand the forms of appropriation, diversion, blending and reinvestment of these devices and their contents, both by their producers and their users: what are the strategies for promoting local and/or traditional culture? What are the political strategies underlying contemporary cultural and creative productions? What are the visible foreign or globalised constructs?

3.  Cultural identities, social relationships and belonging in mobility

Digital communication devices enable inexpensive, immediate and mobile forms of interaction. Does this help to reconfigure plural forms of belonging and identity in nomadic, diaspora and/or intercultural contexts?

This area of research focuses on the link between mobility, communication practices and cultural identities: how does mobile communication accompany migration (Bensââd 2009)? In distant locations, temporary or lasting, experienced individually or within communities, how are attachment to territory, to traditions, to values of the place of origin and to social bonds with the community built when one is far away (Scopsi 2009)? How do screens react to or revitalise ancestral cultural forms (Bondaz 2012)?

4.  Characteristics of languages, forms and formats

How does digital communication find its place in cultural areas where the diversity of languages and forms of expression foster the diversity of cultural identities, where the oral tradition is very much alive and where the relation to written culture sometimes remains a privilege and a tool of power in the hands of the better-off? What devices, shapes and formats are favoured? Conversely, are some forms of communication shocking, forbidden or censored? Are new languages, new forms/norms being invented?

This area of research will host papers that emphasise the study of the material and formal dimensions of digital communication languages (visual, audio, written or oral, iconic, figurative,

alphabetic, etc.) in their relationships with the cultural dimensions and values of the societies in which they are disseminated. Semio-pragmatic, socio-technical or socio-discursive approaches that articulate the analysis of messages with social devices and contexts will therefore be welcome.

5.  Epistemological and ethical issues of intercultural inquiry

Scientific knowledge about intercultural communication can meet the interests of technical, practical or emancipatory knowledge, to use the categories previously identified by Jürgen Habermas. However, in all cases, intercultural contexts and processes involve questioning scientific and political norms, theoretical and social frameworks, technical and cognitive operations, which constrain both the subject of observation and the position of the observer (Averbeck-Lietz 2013). Lastly, the understanding of communication processes in multicultural situations cannot be done without an epistemological and methodological reflection on the place, the involvement and the objectives of the researcher in relation to the investigation (Waisbord & Mellado 2014).

In this line of research will be found the communications which choose to reflect on the specific aspects of the work of producing "expert" knowledge in intercultural situations: critical approaches to implicit points of view adopted by scientific works, methodological proposals questioning the necessary heterogeneity of the operations of data collection (observation of practices, analysis of contents, etc.), studies of the actions led by NGOs or by any other type of actors, etc.

Submission procedures and schedule

Proposals for papers in French or English should not exceed 5000 characters (excluding spaces and the bibliography).

August 27, 2019: submission of proposals at https://cmcl19.sciencesconf.org/

September 6, 2019: replies to authors

October 11, 2019: submission of abstracts of papers for publication of the proceedings online

from 19 to 21 November 2019: the Symposium will be held in Lyon.

Scientific Commitee

  • May Abdallah, Université Libanaise, Beyrouth, Lebanon Christian Agbobli, UQAM, Montréal, Canada
  • Sofien Ammar, Université de la Manouba, Tunis, Tunisia
  • Abderrahmane Amsidder, Université Ibn Zohr, Agadir, Marocco (to be confirmed later) Henri Assogba, Université Laval, Canada
  • Julien Atchoua, Université Félix Houphouët-Boigny, Abidjan, Ivory Coast Stefanie Averbeck-Lietz, Universität Bremen, Allemagne
  • Serge Théophile Balima, Université Joseph Ki-Zerbo, Ouagadougou, Burkina-Faso Julien Bondaz, Université Lyon 2, France
  • Sarah Cordonnier, Université Lyon 2, France
  • Evariste Dakoure, Université Aube Nouvelle, Ouagadougou, Burkina-Faso Marie Després-Lonnet, Université Lyon 2, France
  • Jean-Chrétien Ekambo, IFASIC, Kinshasa, Démocratic Républic of the Congo Ayda Fitouri, Université de la Manouba, Tunis, Tunisie (to be confirmed later) Marie-Soleil Frère, Université Libre de Bruxelles, Belgium
  • Simon Gadras, Université Lyon 2, France
  • Firmin Gouba, Université Joseph Ki-Zerbo, Ouagadougou, Burkina-Faso Amed Hidass, ISIC, Rabat, Marocco
  • Bernard Idelson, Université de la Réunion, France Alain Kiyindou, Université Bordeaux-Montaigne, France
  • Clément Koama, Université Nazi Boni, Bobo-Dioulasso, Burkina-Faso Tristan Mattelart, Université Paris 2 Panthéon-Assas, France
  • Aïssa Merah, Université Abderrahmane Mira, Bejaia, Algeria
  • Ephraim Okoro, Howard University, Washington, USA (to be confirmed later) Françoise Paquienseguy, Sciences Po Lyon, France
  • Fabio Pereira, Universade de Brasilia, Brasil
  • Claire Scopsi, Conservatoire National des Arts et Métiers, France Annelise Touboul, Université Lyon 2, France

Bibliography

Appadurai, Arjun. 1996. Modernity at Large: Cultural Dimensions of Globalization, Minneapolis, University of Minnesota Press

Averbeck-Lietz, Stefanie. 2013. “Pathways of intercultural communication research. How different research communities of communication scholars deal with the topic of intercultural communication”, Communications. The European Journal of Communication Research, vol. 38-3, p. 289-313.

Bensaâd, Ali. 2009. « Ancrages territoriaux, réseaux sociaux et initiatives des acteurs migrants : cas des constructions des itinéraires transsahariens ». Méditerranée. Revue géographique des pays méditerranéens / Journal of Mediterranean geography, no   113 (décembre): 127-38. https://doi.org/10.4000/mediterranee.3805.

Bondaz Julien. 2012. « Un fantôme sur iPhone. Apparition miraculeuse et imagerie mouride au temps du numérique », Communication & langages, n° 174, p. 3-17. https://www.cairn.info/revue-communication-et-langages1-2012-4-page-3.htm

Certeau, Michel de, Luce Giard, et Michel Certeau. 2010. Arts de faire. Nouvelle éd. L’invention du quotidien, Michel de Certeau; 1. Paris: Gallimard.

Chéneau-Loquay, Annie. 2012. « La téléphonie mobile dans les villes africaines. Une adaptation réussie au contexte local ». L’Espace géographique Tome 41 (1): 82-93.

Frère, Marie-Soleil. 2016. Journalismes d’Afrique. Info & com. Louvain-la-Neuve: De Boeck supérieur.

Gonzales, Charlotte, et Julien Dechanet. 2015. « L’essor du numérique en Afrique de l’Ouest.

Entre opportunités économiques et cybermenaces », novembre, 68.

Kiyindou, Alain, Kouméalo Anaté, et Alain Capo chichi, éd. 2015. Quand l’Afrique réinvente la téléphonie mobile. Collection « Études africaines ». Paris: L’Harmattan.

Kiyindou, Alain. 2013. « De la diversité à la fracture créative : une autre approche de la fracture numérique ». Revue française des sciences de l’information et de la communication, no   2 (janvier). https://doi.org/10.4000/rfsic.288.

Guel, Fabrice Le. 2004. « Comment pourrait-on mesurer la double fracture numérique ? » Reseaux

n° 127-128 (5): 55-82.

Mattelart, Tristan, Cédric Parizot, Julie Peghini, et Nadine Wanono. 2015. « Le numérique vu depuis les marges ». Journal des anthropologues. Association française des anthropologues, no   142-143 (octobre): 9-27.

Scopsi, Claire. 2009. « Les sites web diasporiques : un nouveau genre médiatique ? » tic&société, no   Vol. 3, n° 1-2 (décembre). https://doi.org/10.4000/ticetsociete.640.

Tamokwe Piaptie, Georges Bertrand. 2013. « Les déterminants de l'accès et des usages d'internet en Afrique Subsaharienne. Analyse des données camerounaises et implications pour une politique de développement des TIC », Réseaux, n° 180, p. 95-121. https://www.cairn.info/revue-reseaux-2013-4-page-95.htm

Traoré, N’gna. 2019. « Vers une gouvernance par la mosquée ». Cahiers d'études africaines n° 233 (1): 47-73.

Virilio, Paul. 1993. L’art du moteur. Paris, Galilée.

Waisbord, Silvio, Claudia Mellado. 2014. “De-Westernizing communication studies : A reassessment”, Communication Theory, 24(4), p. 361-372.

Places

  • Lyon, France (69)

Date(s)

  • Tuesday, August 27, 2019

Keywords

  • utopie, communication, mondialisation

Reference Urls

Information source

  • Sarah Cordonnier
    courriel : sarah [dot] cordonnier [at] univ-lyon2 [dot] fr

To cite this announcement

« The utopia of globalised culture and the reality of local communication practices », Call for papers, Calenda, Published on Tuesday, July 16, 2019, https://calenda.org/651854

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