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Selection: from the education system to the labour market

Sélections, du système éducatif au marché du travail

26th "longitudal" series, Céreq. Call for papers

XXVIe journées du longitudinal — Céreq

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Published on Tuesday, November 19, 2019 by Céline Guilleux

Summary

Les enjeux de ces XXVIe journées du longitudinal sont d’examiner les formes de la sélection, ainsi que leur évolution et leurs articulations, d’interroger l'expérience de celles et de ceux qui sont sélectionnés et de celles et de ceux qui sélectionnent et de distinguer les ressemblances et les dissemblances entre les deux univers scolaire et professionnel.

Announcement

Argumentaire

Faire passer un entretien d'embauche, évaluer le dossier d'un.e candidat.e sur Parcoursup, classer les copies à l'issue d'un examen, recruter un.e apprenti.e : de l’enseignement secondaire à l'entrée sur le marché du travail, les opérations de sélection sont nombreuses, qu'elles soient formelles ou informelles, explicites ou implicites. Elles continuent ensuite sur le marché du travail pour accéder à un emploi, à un stage ou à une formation. Les enjeux de ces journées sont d’examiner les formes de la sélection, ainsi que leur évolution et leurs articulations, d’interroger l'expérience de celles et de ceux qui sont sélectionnés et de celles et de ceux qui sélectionnent et de distinguer les ressemblances et les dissemblances entre les deux univers scolaire et professionnel.

L’approche longitudinale requise pour ces journées permet d’analyser les sélections successives au fil des parcours, dans le système éducatif puis vers et sur le marché du travail. Cette approche est aussi essentielle pour examiner les déterminants qui conduisent à accéder ou non à telle ou telle position dans le système éducatif (niveau, filière, spécialité, etc.), ou sur le marché du travail (qualification, secteur, etc.). Elle peut s’appuyer sur des méthodes quantitatives, via des enquêtes nationales ou locales, ou qualitatives, par des entretiens biographiques et/ou des interrogations répétées, par exemple.

L’évolution des modes de sélection se situe d’abord dans le contexte de la seconde explosion scolaire, qui a permis aux femmes d’être désormais plus diplômées que les hommes (Couppié et Épiphane, 2019), et a ouvert, a priori, la possibilité à des jeunes de toute condition sociale d'accéder à des niveaux d'éducation de plus en plus élevés. Toutefois, la part des filières sélectives dans l’enseignement supérieur a augmenté au cours des dernières décennies2, et la sélection est de plus en plus considérée comme un gage de la qualité des formations (Chauvel et Moulin, 2014). Se pose dès lors la question des effets de ces évolutions sur les modes de sélection mis en œuvre. Par exemple, la hiérarchie interne aux niveaux entre les filières ou les spécialités de formation s’est-elle renforcée ? Les processus de sélection associés, mobilisant de nouveaux critères ou repondérant les anciens critères, concourent-ils à un renforcement de la démocratisation ségrégative (Merle, 2012) ? Que se passe-t-il alors pour les perdants de ces sélections, dans l’enseignement secondaire comme dans l’enseignement supérieur ?

Le lien entre ces processus internes au système éducatif et la sélection lors de l’accès au marché du travail interroge également. En France, par exemple, l’hypothèse adéquationniste est de moins en moins vérifiée : les correspondances entre diplôme et emploi en niveau (adéquation verticale) et domaine de spécialité (adéquation horizontale) sont moins fréquentes, comme le montrent de nombreuses études du CEREQ. Cela signifie-t-il que les modes de sélection des deux univers de l’éducation et de l’emploi sont de plus en plus divergents et autonomes ?

On peut en douter, car la professionnalisation des formations et l’introduction de la logique de compétences contribuent de plus en plus à renforcer les liens entre système éducatif et marché du travail. La compréhension des processus de sélection dans le système éducatif et de leurs incidences en termes d’inégalités de parcours peut ainsi difficilement faire l’économie d’une interrogation de l’introduction des catégories du marché du travail dans les politiques éducatives. Dans quelle mesure cela contribue-t-il à transformer les dispositifs de sélection dans le cadre scolaire ? On peut aussi se demander si l’inscription des difficultés relatives à l’accès à l’emploi dans les politiques éducatives3 ne risque pas de déplacer certaines des inégalités opérées sur le marché du travail en amont, dans le système éducatif. À titre d’exemple, dans le domaine de l’apprentissage, les modes de sélection actuels reposent désormais moins sur les performances scolaires que sur les dispositions culturelles et sociales des candidat.e.s (Kergoat, 2010). Plus généralement, il peut être intéressant de confronter la définition de la sélection « juste » à l’œuvre dans les systèmes éducatifs et dans la formation (Ropé et Tanguy, 1994), notamment en regard de la manière dont sont articulés les contenus et les parcours de formation avec le marché du travail.

On peut également se demander si les dispositifs de professionnalisation ont eu un impact significatif sur les inégalités d’allocation aux emplois et les modes de recrutement. Par exemple, les réseaux sociaux, personnels ou professionnels, sont depuis longtemps parmi les premiers modes de recrutement (Marchal et Rieucau, 2010). Les dispositifs de professionnalisation dans le système éducatif ont-ils fait évoluer leur rôle ? Par exemple, celui des réseaux professionnels, par la sélection opérée pour les stages qui fait intervenir tant la représentation de l’établissement que les ressources et les caractéristiques sociales des élèves (Farvaque, 2010) ? Il convient aussi de s’interroger sur la sélection qui s’opère sur le marché du travail au-delà de la primo-insertion, notamment dans le cadre des dispositifs supposés aider à l’insertion des jeunes en difficultés (Zaffran et Vollet, 2018). Là encore, les modes d’orientation et de sélection des jeunes invitent à s’interroger sur la manière dont se réduisent ou s’amplifient les inégalités.

Trois axes de réflexion sont proposés :

  • Axe 1. « Les dispositifs publics de sélection et leurs effets »
  • Axe 2. « Formes et figures de la sélection » au prisme des parcours sociaux
  • Axe 3. « Les processus de sélection : le point de vue des acteurs »

Les thématiques repérées ci-dessus ne sont pas exhaustives. Toute communication qui mettra en avant d’autres formes de sélection dans le système éducatif et/ou vers le marché du travail en mobilisant une approche longitudinale qualitative ou quantitative sera bienvenue. Les comparaisons internationales seront également particulièrement appréciées. Une ou plusieurs sessions parallèles pourront aussi être organisée(s) sur l’évolution des modes de sélection sur le seul marché du travail, notamment leur lien à la formation tout au long de la vie.

Les travaux présentés pourront relever de différents champs scientifiques et notamment de la sociologie, de la démographie, de l’économie, de la psychologie, des sciences de l’éducation, de la géographie, de l’histoire et des sciences politiques.

Modalités de soumission

Les propositions de communication sont à adresser avant le 13 décembre 2019

sous forme d’un texte de 5000 signes maximum.

La proposition devra mentionner l’axe choisi parmi ceux proposés, la problématique et la méthodologie retenues, le matériau exploité, les résultats attendus, et une courte bibliographie de référence. Le texte de la proposition sera précédé du titre de la communication, du nom de l’auteur.e (ou des noms, si plusieurs auteur.e.s) ainsi que les coordonnées (prénom, nom, appartenance, adresse postale, téléphone, e-mail).

Les propositions sont à envoyer sous format électronique à : jdl2020@cereq.fr

Le comité scientifique communiquera les décisions aux auteurs avant le 23 janvier 2020. Les textes définitifs des communications devront parvenir au CS au plus tard le 11 mai 2020 (45 000 signes maximum). Les conditions et formats de la publication dans les actes (collection Céreq Echange) seront communiqués lors de la notification de décision.

Une sélection de textes sera proposée à la revue Formation Emploi pour un numéro spécial.

Comité scientifique

  • Marianne Blanchard* (CERTOP, UT2J),
  • Gérard Boudesseul* (ESO, Université de Caen),
  • Valérie Capdevielle* (LPS DT, UT2J)
  • Thomas Couppié (CEREQ),
  • Sandrine Croity-Belz (LPS DT, UT2J),
  • Dominique Épiphane (CEREQ),
  • Jean-François Giret* (IREDU, Université de Bourgogne),
  • Prisca Kergoat* (CERTOP, UT2J-CNRS),
  • Sabrina Labbé (UFTS UT2J),
  • Philippe Lemistre (CERTOP, CEREQ),
  • Christelle Manifet* (CERTOP, UT2J),
  • Boris Ménard (SIES-MESRI, CERTOP),
  • Benjamin Saccomanno* (CERTOP, UT2J)
  • Catherine Soldano* (CERTOP, UT2J),
  • Patrick Werquin (CNAM).

*Chercheur.e associé.e Céreq, dans les centres associés de Toulouse, Dijon ou Caen.

Ces 26es Journées du longitudinal sont organisées par le CERTOP (UMR UT2J CNRS), Centre associé du Céreq, avec la participation des laboratoires EFTS (UMR UT2J ENSFEA) et LPS-DT (EA UT2J).

Places

  • 5 allée Antonio Machado - Université Toulouse - Jean Jaurès
    Toulouse, France (31)

Date(s)

  • Friday, December 13, 2019

Keywords

  • sélection, système éducatif, marché du travail, évaluation, éducation, formation, travail, emploi

Reference Urls

Information source

  • Anne Razous
    courriel : anne [dot] razous [at] univ-tlse2 [dot] fr

To cite this announcement

« Selection: from the education system to the labour market », Call for papers, Calenda, Published on Tuesday, November 19, 2019, https://calenda.org/703496

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