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Relations entre enjeux épistémologiques et éthiques en éducation

Éthique en éducation et en formation (numéro 9, Été 2020)

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Published on Thursday, November 28, 2019 by Céline Guilleux

Summary

L’école, en tant qu’institution, ne peut faire fi des enjeux épistémologiques et éthiques de l’éducation dans ses différents champs disciplinaires ou professionnels et dans sa dimension transversale. Seulement, la mise en relation des considérations éthiques et épistémologiques en éducation demeure peu explorée. Quels enjeux éthiques soulèvent les problématiques épistémologiques en éducation et en formation ? Inversement, quels sont les enjeux épistémologiques liés aux questions d’éthique en éducation et en formation. Telles sont les questions centrales faisant l’objet du présent numéro de la revue Éthique en éducation et en formation.

Announcement

Argumentaire

Les problématiques épistémologiques se déclinent de différentes manières et peuvent se rapporter de façon variée à des questionnements éthiques. Très largement, ces problématiques peuvent être reliées à la question plus générale du (des) rapport(s) au(x) savoir(s) tel que défini par Charlot, Bautier et Rochex (1992), c’est-à-dire en tant que «relation de sens, et donc de valeur, entre un individu (ou un groupe) et les processus ou produits de savoirs». Dans le cadre de ce numéro, nous prendrons plus spécifiquement appui sur le modèle de Schommer-Aikins (2004) afin d’opérationaliser cette déclinaison, donc à partir de travaux anglo-saxons portant sur les «croyances épistémologiques» (epistemological beliefs). Bien entendu, ce modèle n’est pas le seul sur lequel peuvent se structurer les contributions. Seulement, il semble suffisamment large et opératoire pour permettre d’accueillir une variété de propositions. Pour Schommer-Aikins (2004), les croyances épistémologiques (que nous appellerons désormais «rapports épistémologiques aux savoirs») peuvent s’articuler autour de deux axes principaux :

1) notre rapport à la nature des savoirs;

2) notre rapport à l’acte de connaitre.

En ce sens, nous pourrions dire que nos rapports épistémologiques aux savoirs, et les conceptions implicites ou explicites s’y rattachant, tendent à orienter les manières dont nous répondons à la question phare de l’épistémologie, empruntée à Fourez (2002) : Comment savons-nous ce que nous savons? Ce «nous» peut-être envisagé de deux manières différentes. En effet, il peut faire référence à notre conception des processus d’élaboration des savoirs à l’intérieur d’une communauté disciplinaire en particulier, conception qui peut varier selon la discipline envisagée et affecter le sens et la valeur (de vérité) qui lui sera attribuée (Hofer, 2000; Paulsen et Wells, 1998). Il peut également faire référence à la personne apprenante, entendue au sens de «sujet épistémique», qui doit s’approprier des savoirs institutionnalisés. Cette double portée du «nous» dans les rapports épistémologiques aux savoirs nous reconduit aux deux axes identifiés par Schommer-Aikins eu égard aux croyances épistémologiques. Ces axes ne fonctionnent évidemment pas dans des univers clos, puisque, comme le souligne notamment Therriault (2008), ces rapports s’appuient, directement ou indirectement, sur des postures épistémologiques plus générales. Ces rapports et postures épistémologiques, dans leur combinaison et par le fait qu’elles s’inscrivent dans un contexte social, peuvent avoir des incidences, notamment, sur la persévérance et la réussite scolaires (Manson et Boscolo, 2004; Schommer, 1993; Schommer-Aikins et Easter, 2006), sur le contrat didactique (Aypay, 2010; Brousseau, 1986; Chan et Elliott, 2004), voire sur le plus ou moins grand degré d’émancipation que permet l’institution scolaire. Au final cependant, la plupart des chercheurs s’intéressant aux rapports épistémologiques aux savoirs défendent l’idée de la mise en place de conditions permettant aux apprenants de s’engager à l’intérieur de processus de cognition épistémique, et ce, afin de permettre à l’école, «comme institution, [de remplir son] mandat épistémique dont la finalité ultime est de rendre libre» (Demers, Bachand et Leblanc, 2016). Ainsi, épistémologie et éthique en éducation apparaissent parfois explicitement liées.

Considérant ce qui précède, voici quelques exemples de réflexion en accord avec les orientations ciblées dans le cadre de ce numéro. Le rapport qu’entretient un élève face à l’école, lequel émerge parfois de la culture socioéconomique dans laquelle il se trouve, peut-il avoir une incidence sur la perception qu’il a de lui-même comme apprenant ainsi que sur la persévérance dont il fera preuve (Charlot, Bautier et Rochex, 1992)? De ce rapport sociologique au savoir découlent des enjeux éthiques de l’ordre de la réussite éducative de même que de la justice sociale et scolaire. De la même façon, les conceptions liées à l’acte d’apprendre — p. ex., capacité innée vs en développement, demandant du temps et de l’effort — peuvent-elles également jouer un rôle sur la persévérance et la réussite scolaires? En parallèle, les perceptions liées à la nature des savoirs enseignés — par exemple fixes vs en évolution, vrais et objectifs vs construits — peuvent-ils avoir des incidences sur la plus ou moins grande autonomie des élèves, leurs plus ou moins grandes capacités à penser ces savoirs et les propos tenus par les experts de manière critique (Kuhn, 1999), voire leur émancipation?

Les problématiques éthiques peuvent également être reliées de différentes manières à des enjeux épistémologiques. Nous pourrions nous demander, entre autres choses, quels sont les cadres épistémologiques sous-jacents aux différentes théories éthiques guidant, implicitement ou explicitement, notre agir ou encore ce qu’imposent, tant aux enseignants qu’aux élèves, les postures épistémologiques implicites dans les programmes de formation en éthique et quels enjeux s’en dégagent.

Les textes soumis pour ce numéro traiteront de relations entre différents enjeux épistémologiques et éthiques, notamment :

• Les enjeux éthiques liés aux rapports épistémologiques face aux disciplines enseignées et à leurs contenus

• Les enjeux éthiques liés au sujet épistémique et à l’acte d’apprendre

• Les enjeux éthiques liés aux conceptions de l’éducation, de l’apprenant, de l’enseignant, de l’école, etc.

• Les enjeux éthiques liés aux régimes de vérité(s), aux conceptions de la justice, de l’autonomie, etc.

• Les enjeux épistémologiques liés aux savoirs issus du domaine de l’éthique

• Les enjeux épistémologiques liés aux programmes de formation dans le domaine de l’éthique

Que la porte d’entrée des propositions soit celle de l’éthique ou de l’épistémologie, ce numéro vise d’abord et avant tout à mettre en place un effort d’articulation entre ces deux domaines. Quels enjeux éthiques soulèvent les problématiques épistémologiques en éducation; quels enjeux épistémologiques soulèvent les problématiques éthiques en éducation? Ce sera donc cette mise en dialogue de l’éthique et de l’épistémologie qui constituera la pierre d’assise de l’ensemble des contributions. Conséquemment, il n’est pas nécessaire d’être expert dans chacun de ces domaines pour déposer une proposition, l’objectif étant de dégager des réflexions/questionnements éthiques eu égard aux enjeux épistémologiques à l’école, ou inversement de mettre en exergue des réflexions/questionnements épistémologiques liés à des enjeux éthique en éducation

Directives aux auteurs

Les manuscrits doivent être accompagnés d'un résumé en français et en anglais d'au plus 150 mots et de cinq mots-clés. Un résumé en allemand peut être ajouté pour ceux qui le souhaitent. 

La date butoir pour soumettre un titre et un résumé provisoire est le 31 décembre 2019

et la date butoir pour le dépôt du texte complet (de 30,000 à 40,000 signes incluant les espaces mais excluant les références) est le 30 avril 2020.

Votre résumé et votre manuscrit devront être envoyés à l'adresse suivante:gree@uqam.ca.

L’auteur d’un manuscrit doit envoyer son texte en format Word (*.doc ou .docx) à gree@uqam.ca en deux versions : une version complète et une version anonyme où il a supprimé toutes les informations d'identification dans le texte et les propriétés de fichier et éliminé les informations identifiant le (ou les) auteur(s) des propriétés du fichier. 

Conformément aux usages, un manuscrit ne doit pas avoir été publié auparavant et ne doit pas être en même temps soumis pour publication dans une autre revue. 

Celui ou celle qui le soumet doit en être le premier auteur.

Mention de droit d'auteur : Le contenu de la Revue est protégé par la loi sur les droits d’auteurs. De plus, les auteurs doivent transférer les droits d’auteur de leur manuscrit à la Revue. 

Les manuscrits soumis qui ne respectent pas toutes les directives aux auteurs seront d'emblée refusés. Aussi, les auteurs doivent valider si leur manuscrit rencontre aussi toutes les consignes suivantes. 

  1. Les consignes générales de mise en page sont celle des Presses de l'Université pages 3 à 10 du document en ligne sur https://www.puq.ca/formulaires/normes-presentation-manuscrits_2018.pdf
  2. Indications à suivre pour l’insertion de graphiques, figures, diagrammes, tableaux, images, etc. : Ils doivent être insérés aux endroits appropriés dans le texte et se situer à l’intérieur des marges. Si ceux-ci ne sont pas suffisamment lisibles, il est possible qu'ils n'apparaissent pas dans le texte publié.
  3. Pour les notes, elles doivent figurer au bas des pages (et non en fin de document). La Revue privilégie la méthode de référence classique, c’est-à-dire par des notes de bas de page.
  4. La longueur d’un manuscrit est de 30 000 à 40 000 signes incluant les espaces mais excluant les références.
  5. La date de soumission doit être inscrite dans le coin supérieur droit de la première page du manuscrit. Si le manuscrit est une version révisée du document original, le mot « Révisé » ainsi que la date de la soumission de la version révisée doivent figurer dans le coin supérieur droit de la première page du document révisé

Évaluation

Tous les manuscrits de la Revue sont soumis à l’évaluation à l'aveugle par deux membres du comité de lecture externe.

Équipe de la revue

  • Directrice: Nancy Bouchard (Université du Québec à Montréal)
  • Rédactrice en chef : Marina Schwimmer (Université du Québec à Montréal)
  • Comité de rédaction : Marie-France Daniel (Université de Montréal), Samuel Heinzen (Haute École pédagogique de Fribourg), Marina Schwimmer et Nancy Bouchard
  • Directeur de production: Nicolas Haeck (Université du Québec à Montréal)
  • Révision linguistique et édition électronique: Nicolas Haeck et Julie Doyon (Université du Québec à Montréal)

Comité scientifique de lecture

  • Guy Bourgeault (Université de Montréal)
  • Paul Carr (Université du Québec en Outaouais)
  • André Duhamel (Université de Sherbrooke)
  • Gérard Figari (Université de Grenoble)
  • France Jutras (Université de Sherbrooke)
  • Stéphane Martineau (Université du Québec à Trois-Rivières)
  • Maryse Potvin (Université du Québec à Montréal)
  • Assumpta Ndengeyingoma (Université du Québec en Outaouais)
  • Lucille Roy Bureau (Université Laval)
  • Lise-Anne St-Vincent (Université du Québec à Trois-Rivières)
  • Michel Tozzi (Université Montpellier 3)
  • Nicole Tremblay (Université du Québec à Chicoutimi)
  • José-Luis Wolfs (Université Libre de Bruxelles)  
  • Olivier Michaud (Université du Québec à Rimouski)
  • Camille Roelens (Université de Lille)

D'autres arbitres s'ajoutent ponctuellement en fonction de l'expertise requise pour l'évaluation des textes.

Places

  • 3e étage, Pavillon Thérèse-Casgrain, W-3220, Secrétariat du W-3020 (casier GREE) - UQAM, Case postale 8888, succursale Centre-Ville
    Montreal, Canada (H3C 3P8)

Date(s)

  • Tuesday, December 31, 2019

Keywords

  • ethique, épistémologie, éducation, école

Contact(s)

  • Bouchard Nancy
    courriel : gree [at] uqam [dot] ca

Information source

  • Haeck Nicolas
    courriel : gree [at] uqam [dot] ca

To cite this announcement

« Relations entre enjeux épistémologiques et éthiques en éducation », Call for papers, Calenda, Published on Thursday, November 28, 2019, https://calenda.org/708313

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