Página inicialLa guerre de siège en 1870-1871

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La guerre de siège en 1870-1871

The siege war in 1870-1871

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Publicado quarta, 08 de janeiro de 2020 por Céline Guilleux

Resumo

La guerre de siège fait partie intégrante de la guerre de 1870/1871. Si la pratique militaire du siège semble d'emblée connue, il faut pourtant porter un regard nouveau sur celle-ci en raison des progrès importants réalisés dans l'armemement depuis les années 1840. Par ailleurs, le siège d'une ville ne constitue nullement un isolat, à la fois en termes tactiques et stratégiques comme aussi humains. Par conséquent, il s'agit d'interroger l'impact du siège lors de ce conflit franco-allemande sur l'art de la guerre, sur les pratiques des uns et des autres, et sur la perception des contemporains, tant chez les militaires que chez les civils, cela dans une perspective temporelle ouverte dans le temps.

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18 - 19 septembre 2020, Sedan

Argumentaire

La guerre franco-prussienne ne doit pas être regardée avec le regard misérabiliste, pathétique et moraliste d’un Émile Zola dans la Débâcle. Guerre perdue pour les armées françaises, qu’elles soient impériales jusqu’au 4 septembre 1870 et républicaines jusqu’en février 1871, elle constitue un conflit d’une singulière modernité pour l’historien. Elle arrive dans un cycle d’industrialisation très rapide pour les deux Nations qui s’affrontent.

Le conflit révèle son caractère novateur au plan militaire avant même les premiers engagements, par un rôle considérablement accru des moyens logistiques, et notamment de l’utilisation des voies ferrées dans le registre stratégique et la concentration et le déplacement des troupes. En termes opérationnels, la première phase de la guerre est, de fait, marquée par une guerre de mouvement qui tourne au désavantage évident des troupes impériales françaises. Les défaites s’enchaînent où la nouvelle puissance de feu des armes individuelles et collectives exprime bien les ravages monstrueux dans une troupe ennemie.

Ces dimensions ont été bien perçues dès l’époque et l’historiographie les a singulièrement réévaluées. Pourtant, il est une approche qui n’a pas encore été mise en lumière à l’aune de méthodes historiques rajeunies.

À côté des combats ouverts de la guerre de 1870, une forme somme toute très classique d’affrontement se développe aussi, avec toutes les apparences d’une tradition multiséculaire dans l’art militaire : les combats de siège. Strasbourg, Metz, Bitche, Belfort, Sedan, Paris, constituent parmi les sièges militaires les plus emblématiques de la guerre de 1870-1871. D’autres, moins connus, doivent être redécouverts : Phalsbourg, Sélestat, Toul, Péronne, Montmédy, entre autres. Si Sedan débouche sur la chute du régime impérial, la résistance du colonel Denfert-Rochereau à Belfort contribue à permettre de sauver une parcelle du territoire français de l’annexion allemande. Le siège de Metz débouche sur la honte pour l’armée française et le maréchal Bazaine. Le siège de Paris est suivi de l’effroyable guerre civile de la Commune, si importante dans les mémoires des républicains modérés comme dans celle des républicains radicaux. Le siège de Strasbourg mérite d’être suivi dans un certain nombre de nouveautés opérationnelles rendues possibles par la puissance inédite des pièces d’artillerie. Ici, les populations civiles font l’objet de bombardements systématiques et terroristes, destinés clairement à les faire « craquer ». On sait combien Denfert-Rochereau, à Belfort, doit lutter, pour poursuivre la résistance de la garnison, contre des autorités civiles affolées.

Le colloque se donne donc pour objectif scientifique de considérer à nouveaux frais les sièges de la guerre de 1870-1871, de les interroger sur des plans différents et tous complémentaires. Que signifient-ils en termes d’art de la guerre en fonction des progrès considérables réalisés dans l’armement depuis les années 1840 ? Comment sont-ils perçus par rapport aux combats en rase-campagne ? Gêne pour l’offensive ? Temps perdu pour l’assaillant ? Espoir de voir arriver des renforts ou simple retard d’échéance pour les défenseurs ?

Stratégiquement, il faut renouveler notre vision des regards des défenseurs comme des assaillants. Comment sont perçus par les uns et les autres ces combats de siège ? Décident-ils réellement du sort de la campagne militaire ? Comment le commandement gère-t-il ces sièges, aussi bien dans la position de l’assaillant que dans celle du défenseur ?

Dans tous les cas de figures, la population militaire n’est pas la seule concernée et doit partager l’espace investi par les populations civiles qui demeurent dans la ville. La cohabitation n’est pas toujours facile à gérer, surtout lorsque les pénuries s’installent et virent à la famine. Quelles sont les attitudes des autorités civiles, comment participent-elles à la gestion de la crise majeure que constitue un encerclement ? Ce dernier est-il totalement étanche ou, au contraire, poreux ?

Le cas des blessés, tant civils que militaires, est généralement dramatique. Manquant de tout, de médicaments, de personnels soignants, de linge propre, ils sont souvent la proie d’une mortalité importante, rappelant en cela « l’ancien régime » de la mortalité militaire où l’on mourrait plus des suites de ses blessures et de maladie à l’exemple de la meurtrière variole de 1870/71 - que tué net sur le champ de bataille. Comment gérer dès lors ces morts qui s’accumulent dans un espace urbain plus ou moins confiné ?

On pourra également interroger l’attitude des autorités civiles et militaires dans les espaces où l’on s’attend à l’arrivée des troupes allemandes, sur la Seine, la Loire et à l’ouest du théâtre d’opérations. Dans quelle mesure la perspective d’un siège est-elle envisagée, préparée ? Quelles dispositions sont-elles imaginées et organisées pour parer à cette éventualité ?

Enfin, on s’intéressera à la mémoire des sièges, tant française qu’allemande, à la patrimonialisation des sites concernés et aux commémorations, dès la période 1871-1914, et jusqu’à nos jours.

Sans négliger aucune piste de l’histoire sociale, militaire, économique et des représentations, en s’appuyant sur des approches résolument comparatives, le colloque se donne comme ambition de répondre à ces questions.

Modalités de contributions

Appel à communications à faire parvenir

avant le 15 février 2020

à Stéphane Tison, Laurent Jalabert, Jean-Noël Grandhomme :

  • Stephane.Tison@univ-lemans.fr
  • jean-noel.grandhomme@univ-lorraine.fr
  • laurent.jalabert@univ-lorraine.fr

Le conseil scientifique donnera sa réponse aux propositions début avril 2020.

Conseil scientifique 

  • Éric Anceau (maître de conférences, Université Paris-Sorbonne),
  • Jean Bourcart (Chef du bureau Terre, Service historique de la Défense),
  • Gabriele Clemens (Professor Dr., Université de Sarrebruck),
  • François Cochet (Professeur émérite, Université de Lorraine),
  • Jean-Noël Grandhomme (Professeur, Université de Lorraine),
  • Laurent Jalabert (maître de conférences, Université de Lorraine),
  • Mareike König (Directrice du département Digital Humanities, Institut Historique allemand / Deutsches Historisches Institut Paris).,
  • Stéphane Tison (maître de conférences, Université du Mans),

Categorias

Locais

  • Château de Sedan
    Sedan, França (08200)

Datas

  • sábado, 15 de fevereiro de 2020

Palavras-chave

  • guerre, siège

Contactos

  • Laurent JALABERT
    courriel : laurent [dot] jalabert [at] univ-lorraine [dot] fr

Fonte da informação

  • Laurent JALABERT
    courriel : laurent [dot] jalabert [at] univ-lorraine [dot] fr

Para citar este anúncio

« La guerre de siège en 1870-1871 », Chamada de trabalhos, Calenda, Publicado quarta, 08 de janeiro de 2020, https://calenda.org/723500

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