InicioActualité et histoire des violences incestueuses : entre occultation et révélation

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Actualité et histoire des violences incestueuses : entre occultation et révélation

Incestuous violence, today and yesterday: between concealment and disclosure

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Publicado el miércoles 08 de enero de 2020 por Céline Guilleux

Resumen

Alors que depuis une trentaine d’années le silence qui pèse sur l’inceste a été mis en évidence dans de nombreuses études issues de champs disciplinaires variés (psychanalyse, histoire, anthropologie, gender studies), ce colloque centrera l’attention sur la divulgation de l’inceste et le moment crucial de son dévoilement, à des échelles (familles, réseaux institutionnels, médias), en des contextes (familial, judiciaire, administratif, médiatique, littéraire), suivant des modalités (révélation, dénonciation, témoignage, signalement, détection, récits, « affaires ») et avec des répercussions (indignation, indifférence, déni, scandale) variables. Qui dit ou montre quoi ? À partir de quand ? Qui entend quoi ? Qui en rend compte ? Quelles sont les modalités du dévoilement de l’inceste ? Comment est-il accueilli ? 

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Colloque international DERVI (Dire, Entendre, Restituer les Violences Incestueuses)

 4-6 février 2021, Paris

Argumentaire

Les sciences humaines et sociales, notamment l’anthropologie des XIXe et XXe siècles, ont posé l’inceste comme un interdit fondateur de toute société humaine (Durkheim ; Lévi-Strauss), incitant à le penser comme un invariant culturel dépouillé d’historicité. Dans les représentations communes, l’inceste est considéré comme impensable et innommable ; il est également assimilé à l’anomie monstrueuse et extraordinaire. Interdit et censé être inexistant (Dussy), indicible et donc imperméable à toute évaluation de sa réalité, l’inceste ne pouvait pas faire l’objet de débats publics, ni être appréhendé dans la trame ordinaire du quotidien. 

Aujourd’hui, et de façon croissante depuis une vingtaine d’années, ce paradigme incestueux semble voler en éclats. Dénoncées comme un « mal absolu », les violences sexuelles commises sur les enfants, dont l’inceste, sont omniprésentes dans l’espace public. Les campagnes de prévention organisées par les pouvoirs publics se succèdent, les affaires criminelles impliquant des violences incestueuses défraient la chronique judiciaire, les témoignages de victimes investissent les médias (presse, télévision, sites internet), ainsi que d’autres formes narratives (cinéma, littérature, BD), tandis que les sondages alertent sur la fréquence de l’inceste (IPSOS/AIVI, 2010). 

Organisé dans le cadre du programme de recherche ANR DERVI (« Dire, Entendre, Restituer les Violences Incestueuses ») par des anthropologues et des historiennes, ce colloque a pour objet l’étude de cette transformation, de ses enjeux épistémologiques et disciplinaires, ainsi que de ses multiples facteurs explicatifs. Il s’agira de comprendre, dans une perspective trans-disciplinaire et trans-périodes, la complexité du fait incestueux, qui peut s’appréhender comme une violence ordinaire réitérée dans un cadre familier, voire quotidien, malgré sa réprobation collective en apparence unanime.

Alors que depuis une trentaine d’années le silence qui pèse sur l’inceste a été mis en évidence dans de nombreuses études issues de champs disciplinaires variés (psychanalyse, histoire, anthropologie, gender studies), ce colloque centrera l’attention sur la divulgation de l’inceste et le moment crucial de son dévoilement, à des échelles (familles, réseaux institutionnels, médias), en des contextes (familial, judiciaire, administratif, médiatique, littéraire), suivant des modalités (révélation, dénonciation, témoignage, signalement, détection, récits, « affaires ») et avec des répercussions (indignation, indifférence, déni, scandale) variables. Qui dit ou montre quoi ? A partir de quand ? Qui entend quoi ? Qui en rend compte ? Quelles sont les modalités du dévoilement de l’inceste ? Comment est-il accueilli ? 

Les communications s’attacheront à décliner les différentes représentations et significations de l’inceste selon l’identité de ceux qui y sont confrontés, leur position dans la famille (père, mère, frère, sœur, cousins, oncle, tante, etc.), la situation et les places de chacun (agresseurs, victimes, proches, témoins, travailleurs sociaux, magistrats, membres de la famille d’accueil, etc.). Elles tiendront compte des conceptions mouvantes de l’enfance, de la sexualité, de la famille et de la parenté, d’hier et d’aujourd’hui, qui éclairent les variables de la criminalisation et de la judiciarisation de l’inceste suivant les contextes sociaux et historiques donnés.

Ce colloque favorisera les contributions qui s’écarteront des représentations courantes de l’inceste comme acte extraordinaire, pour en décrypter le caractère ordinaire, et le penseront comme un fait social engageant le fonctionnement d’une collectivité. Loin de l’isoler, les communications pourront interroger l’inceste dans le cadre plus large des autres violences commises sur les enfants, au sein duquel il est dissimulé ou identifié, que ce soit par les travailleurs sociaux, les juges ou les chercheurs. De même, elles penseront les violences incestueuses au sein d’une configuration qui dépasse le couple attendu fille victime/père agresseur, en intégrant, le cas échéant, le voisinage et divers agresseurs. 

De plus, ce colloque encouragera les propositions issues de différents champs disciplinaires (anthropologie, sociologie, histoire, droit, médecine, psychanalyse) et/ou émanant d’acteurs du monde professionnel (travailleurs sociaux, médecins, magistrats). Les communications proposeront une analyse diachronique ou synchronique des violences incestueuses, des études de cas ou des analyses plus vastes, selon des méthodes d’approches diverses (travail de terrain ethnographique, entretiens, études d’archives, expériences professionnelles, etc.). Elle pourront s’inscrire dans une périodisation étendue du Moyen Âge à nos jours, porter sur des échelles (locale, nationale, internationale) diverses, ainsi qu’envisager des analyses comparatistes.

Les communications intégreront l’un des quatre axes suivants : 

Les révélations de l’inceste en contexte contemporain (famille et proches, protection de l’enfance, tribunaux, associations, etc.) 

Les processus actuels de détection, de signalement, voire de prise en charge des situations incestueuses seront interrogées dans leur triple dimension sociale, médicale et judiciaire. A partir de quelles informations l’inceste est-il repéré et /ou signalé ? Pour qui, par qui (familiers, proches, voisins, médecins, assistants sociaux, etc.), sous quelle forme (rédactionnelle, descriptive, morale avec les signes de « bonne foi », etc.) et à partir de quels éléments ? Comment, chez les uns et chez les autres, se construit une conviction ? Comment les différents professionnels fondent-ils leur décision sur une situation ? Quelle différence posent-ils entre « risque » et « danger » ? Quelle est la part du doute dans leurs décisions ? Quels regards les différents personnels qui reçoivent les enfants portent-ils sur ces rapports, les faits incriminés et les parents ? Les normes sociales pesant sur les représentations du crime et des agresseurs, il faudra comprendre dans quelle mesure ces représentations des violences sexuelles contre les enfants et leur traitement sont tributaires du sexe, de l’âge, des liens de parenté, de la place dans la famille dans la société (emploi, catégorie sociale) de l’agresseur présumé.

Les violences incestueuses en contexte judiciaire du Moyen Âge à nos jours

Les spécificités de l’inceste, voire son inscription dans un continuum de violences (« crimes de mœurs », mauvais traitements à enfants, infanticide, « libertinage », etc.), seront étudiées en partant du processus d’identification du « crime » et de sa peine en contexte judiciaire. Les normes sociales et légales qui en déterminent, voire en empêchent la répression, se recouvrent-elles ? Les études pourront se concentrer sur le fait répressif, les éléments de criminalisation, de procédure et de répression : selon quels savoirs (juridiques, médicaux, etc.) le crime est-il qualifié, poursuivi et puni ? Quels sont les mots pour dire le crime hier et aujourd’hui, dans la littérature savante et selon les justiciables ? Dans les dossiers pénaux, qui dénonce-t-on et comment ? Qui agresse qui et comment ? Il s’agira aussi d’éclairer les évolutions, ainsi que leurs facteurs d’explication, légales, sociales, culturelles : quelles sont les représentations du fait incestueux suivant les périodes ? A quelles conceptions de la famille, de l’enfance, de la jeunesse et de la sexualité, mais aussi du rôle de la justice, notamment répressive, renvoient-elles ? Dans quels contextes le fait incestueux déborde-t-il les arcanes de la justice pour intéresser le débat public ? 

Les interprétations médicales et psychanalytiques de l’inceste et de la violence à enfants

Les communications proposeront des analyses sur le discours médical et psychanalytique produit sur les violences incestueuses depuis l’émergence de la médecine aliéniste jusqu’à nos jours (rapports d’expertise et théorie médicale, discours médical dans les médias et la littérature de témoignage, XVIIIe-XXIesiècles). Quelles conditions de possibilité ont présidé au repérage par le corps médical de l’inceste comme réalité (examen du linge, examen du corps) ? Quelles sont les modalités de désignation du fait et des gestes incestueux ? Quels sont les liens de parenté retenus pour identifier l’inceste ? Comment les protagonistes sont-ils désignés et évalués ? Comment explique-t-on l’inceste ? L’inceste a-t-il été pensé dans le cadre d’autres violences exercées contre les enfants ? De quelles manières et à quelles conditions les conséquences de l’inceste subi ont-elles été repérées, identifiées, prises en compte et théorisées par les médecins ? 

Les violences incestueuses et leur réception dans l’espace public

Comment l’opinion se saisit-elle de la parole des victimes d’inceste ? Selon quelles modalités, avec quels acteurs et médiateurs une accusation/révélation est-elle portée dans un espace de visibilité, de discussions et de débats contradictoires ? Quels systèmes d’émotions, d’interprétations, d’argumentations, révélateurs de normes et de valeurs – partagées ou conflictuelles –, les affaires judiciaires fortement médiatisées soulèvent-elles ? Quelles formes de publicité sont données aux témoignages des victimes d’inceste ? Quels sont les contextes historiques, socio-économiques (stratégies éditoriales) et personnels (à quel âge, dans quelles situations) de ces mises en récit, et quelles formes narratives déploient-elles ? Quelles inflexions peut-on repérer dans la médiatisation des violences incestueuses ? Quand le sujet surgit-il dans les médias, à quel rythme, selon quelles modalités d’énonciation, en faisant intervenir quels protagonistes (victimes, médecins, magistrats, experts, etc.), dans quelles rubriques/émissions afin de saisir l’intérêt qu’il suscite et la manière dont il est pris en charge par le discours social ?

Modalités de contributions

Les communications se dérouleront en français ou en anglais. Les propositions de 2 500 signes maximum (espaces compris) comprendront titre, résumé et principales références bibliographiques ainsi qu’une courte présentation de l’auteur (statut, discipline, rattachement institutionnel). Elles devront être envoyées par courriel à : dervi@listes.huma-num.fr 

avant le 15 février 2020. 

Les résultats de la sélection seront communiqués le 30 avril 2020.

Comité d’organisation

équipe DERVI (ANR, CEMS/EHESS-CNRS ; Pléiade/Paris 13) :

  • Anne-Claude Ambroise-Rendu (CHCSC/Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines),
  • Sylvaine Camelin (Paris-Nanterre),
  • Anne-Emmanuelle Demartini (Pléïade/Paris-13),
  • Julie Doyon (FNS-Fribourg/Paris-13),
  • Charlie Duperron (doctorant CEMS/EHESS-CNRS),
  • Fabienne Giuliani (Post-Doctorante CEMS/EHESS-CNRS),
  • Léonore Le Caisne (CEMS/EHESS-CNRS)

Comité scientifique

  • Walter Albardier (psychiatre, responsable du CRIAVS d’Ile-de-France)
  • Christine Bard (historienne, professeure d’histoire contemporaine à l’université d’Angers)
  • Pascal Bastien (historien, professeur d’histoire de l’Europe moderne à l’université du Québec à Montréal) 
  • Elisabeth Claverie (anthropologue, directrice de recherche émérite au CNRS)
  • Alain Corbin (historien, professeur émérite d’histoire contemporaine à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne)
  • Agnès Fine (anthropologue, directrice d’étude émérite à l’EHESS)
  • Vincent Gourdon (historien, chargé de recherche au CNRS)
  • Thomas Laqueur (historien, professeur émérite à l’université de Berkeley)
  • Véronique Le Goaziou (sociologue, chercheuse associée au LAMES-CNRS)
  • Jean-François Ruggiu (historien, professeur d’histoire moderne à l’université Paris IV, CNRS)
  • Denis Salas (magistrat, président de l’Association française pour l’histoire de la justice)
  • Sylvie Steinberg (historienne, directrice d’étude à l’EHESS)
  • Simon Teuscher (historien, professeur à l’université de Zurich)
  • George Vigarello (historien, directeur d’étude à l’EHESS)

February 4-6, 2021, Paris

Argument

The human and social sciences, particularly nineteenth and twentieth century anthropology, have established incest as a foundational taboo of all human societies (Durkheim; Lévi-Strauss). This led to us considering it as a cultural invariant, stripped of historicity. Judged in collective representations as unthinkable and unspeakable, it has also been assimilated to the monstrous, an extraordinary anomaly. Prohibited and thus considered to be nonexistent (Dussy), unspeakable and therefore impervious to any assessment of its reality, incest can be neither the subject of public debate nor understood in the ordinary fabric of everyday life.

Today (and increasingly over the past twenty years), this incestuous paradigm seems to have shattered: denounced as an “absolute evil,” sexual violence against children, including incest, is omnipresent in the public arena, with successive prevention campaigns organized by public authorities, criminal cases involving incest making headlines, victims’ testimonies being published in the media (press, television, websites) and other narrative forms (cinema, literature, comic books), while surveys are conducted on the prevalence of incest (IPSOS/AIVI, 2010).

The objective of this conference, organized as part of the research program ANR DERVI (Dire, Entendre, Restituer les Violences Incestueuses—Telling, Hearing and Reporting Incestuous Violence) by anthropologists and historians, is to study this transformation, its epistemological and disciplinary issues, as well as its multiple underlying factors. This involves understanding, from a transdisciplinary and trans-era perspective, the complexity of the incestuous act, which can be understood as ordinary violence repeated in a familiar, even everyday context, despite its apparently unanimous collective condemnation.

For the past thirty or so years, the silence surrounding incest has been underscored in

innumerable studies from various disciplinary fields (psychoanalysis, history, anthropology, gender studies), this conference will focus attention on the disclosure of incest and the key moment of its unveiling, at different scales (families, institutional networks, media), in contexts (family, judicial, administrative, media, literary), according to procedures (revelation, denunciation, testimony, reporting, detection, narratives, “business”), and with variable repercussions (indignation, indifference, denial, scandal). Who said or showed what? When did it begin? Who heard what? Who reported it? What are the modalities of revealing incest? How is it received?

Papers will focus on the representations and signification of incest according to the identity of those confronted with it, according to their position in the family (father, mother, brother, sister, cousins, aunt , uncle, etc.), according to the situation and place of each person involved: abusers, victims, relatives, witnesses, social workers, judges, foster family members, etc. They will take into account the changing conceptions of childhood, sexuality, family and kinship, of yesterday and today, which shed light on the variables of criminalization and judicialization of incest in the relevant social and historical contexts.

This conference will encourage contributions that shift away from the current representations of incest as an extraordinary act, that decipher its ordinary character and think of it as a societal fact that engages in with functioning of a community. Far from isolating it, the papers will question incest in the broader context of other violence committed against children, within which it is hidden or identified, whether by social workers, judges or researchers. Likewise, they will consider incestual violence within a configuration that goes beyond the expected victim-girl/father-abuser combination, integrating, where necessary, the surroundings and disparate assailants.

This conference will encourage proposals from various disciplinary fields (anthropology, sociology, history, law, medicine, psychoanalysis) and/or from stakeholders in professional contexts (social workers, doctors, judges). The papers will offer diachronic or synchronic analyses of incestual violence, case studies or broader evaluations, using the methods of various approaches (ethnographic fieldwork, interviews, archival studies, professional experiences, etc.).

They may form part of a periodization from the Middle Ages to the present day, encompassing different dimensions (local, national, international) as well as considering comparative analyses.

The papers will be organized around four axes :

Disclosing incest in a contemporary context (family; friends and relatives; child protection; courts; associations; etc.)

Current processes of detection, reporting and even management of incestuous situations will be examined in their threefold dimensions: societal, medical and judicial. From what information is incest identified and/or reported? For whom, by whom (family, relatives, neighbors, doctors, social workers, etc.), in what form (editorial, descriptive, moral with signs of “good faith,” etc.), and from which elements? How is a belief constructed in each arena? On what do different professionals base their decision regarding a situation? What is the difference between “risk” and “danger”? How much doubt is involved in their decisions? What views are held by the different staff who receive the children in these reports of the facts involved and the parents? Given that social norms influence representations of crime and of perpetrators, it is necessary to understand to what extent these representations of sexual violence against children and their treatment depend on the sex, age, kinship, and the place in the family and the society (employment, social category) of the alleged perpetrator.

Incestuous violence in the judicial context from the Middle Ages until today

The specificities of incest, even its inclusion in a continuum of violence (“moral crimes,” child abuse, infanticide, “libertinism,” etc.) will be examined from the starting point of the process of identifying the “crime” and its sentencing in a judicial context. Do the societal and legal norms that determine or even prevent its repression overlap? Studies may focus on the repressive act, the elements of criminalization, of procedure and of repression: according to what expertise (judicial, medical, etc.) is the crime defined, prosecuted and punished? What language is used to describe the crime, in earlier periods and today, in the scholarly literature, and according to those involved? In criminal cases who is denounced and how? Who attacks who and how? It will also highlight

developments as well as their explanatory factors, legal, social and cultural: what are the conceptions of the incestuous act according to different eras? To what changing conceptions of family, childhood, youth and sexuality, but also of the role of justice, including repression, do they refer? In which contexts does the incestuous act go beyond the workings of justice to interest public debate?

Medical and psychoanalytical interpretations of incest and child abuse

The papers will include analyses of medical and psychoanalytical discourse produced around incestuous violence, from the emergence of psychiatric medicine until today (expert reports and medical theory, medical discourse in the media and in testimonials, from the eighteenth to the twentieth centuries). What conditions of possibility have governed the medical profession’s identification of incest as a reality (examination of clothing, of the body)? What are the procedures for designating incestuous acts and actions? What are the familial relationships used to identify incest? How are the stakeholders identified and assessed? How do we explain incest? Has incest been considered in the context of other forms of violence against children? In what ways and under what conditions have the consequences of incest have been identified, taken into account and theorized by physicians?

Incestuous violence and its reception in the public arena

How does public opinion deal with what victims of incest say? In what ways and with which stakeholders and mediators is an accusation/revelation made in a visible space, and what are the discussions and contradictory debates? What emotional, interpretative, argumentative and revelatory norms and values systems—shared or conflicting—do high profile court cases raise? What forms of publicity are given to the testimonies of incest victims? What are the historical, socioeconomic (editorial strategies) and personal (at what age, in what situations) contexts of these narratives and what narrative forms do they demonstrate? When does the subject appear in the media and at what intervals? According to what modalities of expression and involving which protagonists (victims, doctors, magistrates, experts, etc.) and finally in which programs? All these questions will be asked in order to grasp the interest it arouses and the way in which it is handled by societal discourse.

Submission guidelines

Papers will be in French and English. Proposals of 2,500 characters maximum (including spaces) must include the title, abstract, and major bibliographic references as well as a short presentation of the author (position, field, institutional affiliation). They should be sent by email to: dervi@listes.huma-num.fr

before February 15, 2020.

Notification of selected papers: April 30, 2020

Organizing committee

DERVI Team (ANR, CEMS/EHESS-CNRS ; Pléiade/Paris 13) :

  • Anne-Claude Ambroise-Rendu (CHCSC/Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines),
  • Sylvaine Camelin (Paris-Nanterre),
  • Anne-Emmanuelle Demartini (Pléïade/Paris-13),
  • Julie Doyon (FNS- Fribourg/Paris-13),
  • Charlie Duperron (doctorant CEMS/EHESS-CNRS),
  • Fabienne Giuliani (Post- Doctorante CEMS/EHESS-CNRS),
  • Léonore Le Caisne (CEMS/EHESS-CNRS)

Scientific committee

  • Walter Albardier (psychiatrist, CRIAVS)
  • Christine Bard (historian, University of Angers)
  • Pascal Bastien (historian, Québec University in Montreal)
  • Elisabeth Claverie (anthropologist, CNRS)
  • Alain Corbin (historian, University of Paris I Panthéon-Sorbonne)
  • Agnès Fine (anthropologist, EHESS)
  • Vincent Gourdon (historian, CNRS)
  • Thomas Laqueur (historian, University of California)
  • Véronique Le Goaziou (sociologist, LAMES-CNRS)
  • Jean-François Ruggiu (historian, University of Paris IV, CNRS)
  • Denis Salas (magistrate, president of Association Française pour l’Histoire de la Justice)
  • Sylvie Steinberg (historian, EHESS)
  • Simon Teuscher (historian, University of Zurich)
  • George Vigarello (historian, EHESS)

Categorías

Lugares

  • EHESS, 54 boulevard Raspail
    Paris 06 Luxembourg, Francia (75006)

Fecha(s)

  • sábado 15 de febrero de 2020

Palabras claves

  • inceste, famille, silence, divulgation

Contactos

  • Charlie Duperron
    courriel : charlie [dot] duperron [at] ehess [dot] fr
  • Fabienne Giuliani
    courriel : fabienne [dot] giuliani [at] ehess [dot] fr

URLs de referencia

Fuente de la información

  • Fabienne Giuliani
    courriel : fabienne [dot] giuliani [at] ehess [dot] fr

Para citar este anuncio

« Actualité et histoire des violences incestueuses : entre occultation et révélation », Convocatoria de ponencias, Calenda, Publicado el miércoles 08 de enero de 2020, https://calenda.org/723533

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