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Calenda - The calendar for arts, humanities and social sciences

Statues, memories and representations during the decolonial era

Statuaires, mémoires et représentations au tournant décolonial

Estatuarias, memorias y representaciones en el giro decolonial

Nakan journal, no.1. A cultural studies journal

Numéro 1 de « Nakan », revue d'études culturelles

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Published on Tuesday, September 01, 2020 by Céline Guilleux

Summary

La revue Nak’an vise à impulser l’innovation dans le champ épistémologique des marges culturelles. Pour ce faire, le premier numéro s’intéressera aux statuaires, mémoires et représentations au tournant décolonial pour décoder l’actualité récente qui a vu la dégradation de statues représentant des figures esclavagistes ou coloniales un peu partout dans la Caraïbe, en Afrique, en Europe et aux États-Unis. Cette actualité s’inscrit dans un contexte de réflexion sur les marges suscité en particulier par le mouvement social Black Lives Matter. Quelles peuvent être les motivations profondes à l’origine de tels agissements ? La revue Nak’An propose une réflexion scientifique sur les statuaires et le discours colonial, le patrimoine, la mémoire, le mythe, etc.

Nakan aims to impulse innovation in the epistemological field of cultural margins. To this effect, the journal’s first issue will focus on the following theme: “Statuary, Memories, and Representations in the Decolonial Era”. The objective is to elucidate the recent events that saw the degradation of statues representing historical figures linked to slavery or colonialism in multiple parts of the Caribbean, Africa, Europe, and the United States. This topical issue fits in a context-based reflection on margins spurred by such social movements as Black Lives Matter, among others. What could be the core motivations leading to such actions? The journal invites scholars to a scientific investigation on statuaries and colonial discourse, heritage, memory, myth, and coterminous questions.

La revista Nakan pretende impulsar la innovación en el campo epistemológico de los márgenes culturales. Para ello, el primer número se centrará en las «estatuarias, memorias y representaciones en el giro decolonial» para descodificar la actualidad reciente que enfoca sobre la degradación de estatuas que representan a figuras esclavistas o coloniales en todo el Caribe, en África, Europa y los Estados Unidos. Esta actualidad se inscribe en un contexto de reflexión sobre los márgenes suscitados, entre otros, por el movimiento social Black Lives Matter. ¿Cuáles pueden ser las motivaciones profundas que originan tales acciones? La revista Nakan propone una reflexión científica sobre las estatuarias y el discurso colonial, el patrimonio, la memoria, el mito, etc.

Announcement

Argumentaire

Dans la Caraïbe, en Afrique, en Europe, aux États-Unis, et en d’autres points du globe, les statues de certains personnages historiquement liés à l’esclavage, ou à la colonisation, sont prises pour cibles, comme pour signifier une volonté collective de censure ou d’exclusion de symboles relayant l’apologie de crimes contre l’humanité. Destruction méthodique de deux statues de Victor Schœlcher en Martinique, dégradation artistique de celle de Léopold II en Belgique et de celle du Général Lee en Virginie, sans oublier le déboulonnage et la projection spectaculaire de la statue du négrier Edward Colston dans une rivière à Bristol : autant d’événements de l’actualité récente qui interrogent fortement la symbolique sculpturale du biopouvoir.

Les grands médias et réseaux sociaux transnationaux (par exemple, les mouvements #mustfall, #Blacklivesmatter) ont tôt fait de s’emparer du dossier, répercutant au passage l’écho d’une grande diversité de réactions, allant de l’approbation totale aux critiques les plus acerbes. Quelles peuvent être les motivations profondes à l’origine de tels agissements ? Faut-il voir en ces mouvements le renouvellement des luttes anticoloniales des décennies précédentes ? La résurgence ou la réappropriation de mémoires étouffées par une mémoire officielle, promue par les États et célébrée à l’occasion des commémorations publiques ? Que faire des symboles de domination occidentale tels que les statues, monuments ou enseignes glorifiant l’œuvre dite « civilisatrice » de colons ou d’abolitionnistes ? Que faire des héritages d’une histoire « glorieuse » pour les uns et « douloureuse » pour les autres ? 

Pour répondre à ces questions, parmi tant d’autres, nous proposons de structurer ce numéro inaugural de NaKaN, revue de Mélanges Caraïbes, association internationale de chercheurs et acteurs culturels des Amériques et du monde diasporique, autour de trois axes thématiques principaux et complémentaires :

Statuaire, discours et colonialités

La rémanence d’actes de contre-violence symbolique à l’égard des reliques du colonialisme et des statues de figures du colonialisme et de l’esclavagisme met sur le devant de la scène la question du rapport à la colonialité du savoir et du pouvoir (Quijano, 2012). L’histoire n’est pas, selon Ramón Grosfoguel, une science absolument neutre ou exempte de préjugés. Le sociologue portoricain livre dans ses réflexions sur la décolonisation épistémique des clés d’analyse pour saisir la portée symbolique et politique du mouvement transnational conduisant des individus d’âge ou d’ethnicité différents à attaquer frontalement la légitimité de tels symboles institutionnalisés (Grosfoguel 2002, 2007). De même que les pays occidentaux, le contexte hispanophone, de représentations historiques coloniales et d'un passé politique dictatorial, trouve un espace légitime à ce questionnement des statuaires dans les modes de vie, les mentalités, les politiques, les valeurs liés intrinsèquement à cet héritage historique dominant.

Mémoires et patrimonialisation

Sont également invoqués par cette mise en perspective : le poids des mémoires et héritages postcoloniaux (Stannard 1992 ; Blanchard & Bancel, dirs. 2006), le passif douloureux des relations interethniques dans un contexte socioéconomique précaire, exacerbé par les tensions identitaires et communautaires, la lancinante question des réparations, et en dernier lieu, celles de la représentation et de la reconstruction des identités culturelles subalternisées (Lefrançois & Kirchner-Blanchard 2018).

Questionner la légitimité des statuaires dans l’espace public revient à sonder la profondeur des représentations et de la mémoire collective partagée par un groupe. Dans cette perspective, les travaux de Halbwachs amènent à distinguer le souvenir, la version forte, et la version distribuée, interprétation d’une représentation du passé. En parallèle, Paul Ricœur nous renvoie à trois notions – la mémoire, l’histoire, l’oubli – en prenant l’éthique comme axe principal de sa réflexion. A partir de ces travaux, il convient d’étudier les représentations mémorielles à l’aune de leur évolution historique afin de comprendre les changements de paradigme. Quel est l'intérêt de l'histoire, de la mémoire, de l’ancien, dans un nouveau paradigme ? Quid de l’héroïsation de certaines figures dans la conscience nationale des peuples ?

Si le désir de justice transparaît comme l’une des pistes d’analyse les plus évidentes, d’autres facteurs sont à prendre en compte pour interpréter l’ampleur et l’orientation d’un phénomène dont le caractère statistique n’a rien de discret. Un discours sous-jacent visant la décolonisation des arts dans l’espace public et institutionnel remet profondément en question la validité du relativisme culturel (Verges & Dambury 2018) et écorne au passage la thèse d’une résilience assumée et valorisée chez les populations ont connu des traumatismes majeurs tels que l’esclavage (Charles-Nicolas & Bowser 2019). Les facteurs psychologiques et politiques se recoupent ainsi dans le champ interdisciplinaire de l’ethnique, de l’esthétique et de l’éthique pour créer une synergie d’un genre singulier. Dès lors, il devient urgent d’en saisir la dynamique fondamentale.

Héros et mythes

Si la statuaire s’identifie avec l'art de créer des œuvres sculpturales distinctives pour rendre hommage à certaines personnalités, elle ne se dissocie pas du champ croisé de l’esthétique, de l’éthique et du politique, car ces trois domaines se conjuguent pour redéfinir les critères du beau, du bien et du vrai en matière d’art et de bon goût. De ce point de vue, force est de constater la hiérarchisation qui s’opère souvent, dans les sociétés diasporiques de la Caraïbe et des Amériques, entre une statuaire désignée comme digne légataire d’une conscience nationale, fondée sur la place des héros dans les mythes et grands récits nationaux (Lyotard 1974, 1977, 1991), et une statuaire native émanant de la modernité des nouveaux mondes créoles.

L'ensemble de ces figures historiques, géoculturels, artistiques et génériques reflètent, en fin de compte, des idéologies, des représentations ou des imaginaires antagonistes. Dans la doxa occidentale (la vision des élites européennes, par exemple), elle fait partie de l’environnement public et est l’émanation, plus souvent que rarement, de choix politiques intentionnels. Elle se veut la représentation consensuelle et admise d’une lecture de l’Histoire - l’objectif originel étant de faire peuple, d’unir, d’homogénéiser et faire admettre, par le plus grand nombre, une certaine vision de l’histoire, d’ailleurs subjective.

Mais lorsque l’histoire d’un pays est traversée par des convulsions singulières, comme celles qui ont bousculé les sociétés postcoloniales caribéennes (esclavage, commerce des hommes ou colonisation) peut-on alors, de cette verticalité imposée de l’Histoire ailleurs, construire ici, un imaginaire collectif, dans toute sa « diversalité » ? En d’autres termes, ne risque- t-on pas, en occultant cette part sombre de l’histoire, d’obérer à la fois, la paix d’une nation, quelle qu’elle soit et la sérénité entre les diverses communautés qui la composent ? Pour preuve, les récents évènements sociaux et scandales sanitaires qui font resurgir les brisures d’un passé douloureux. Est-il possible, par conséquent, de conjuguer Histoire et Transhistoire – selon l’acception glissantienne (Glissant 1997 : 113) invoquant les concepts de « réseau » ou « d’archipel » – dans des communautés encore subalternisées, happées dans la spirale infernale de la domination des peuples, du colonialisme et de l’impérialisme ?

Consignes aux contributeurs

Pour entrer en résonance avec ce questionnement, les contributions pourront prendre la forme d’articles originaux, d’études de cas, d’analyses, de synthèses, d’entrevues ou de recensions dans ces champs disciplinaires connexes dont une liste non exhaustive suit :

  • cultural studies et culturologie
  • arts visuels et vivants
  • littératures nationales, diasporiques et comparées
  • philosophie : esthétique, ontologie, épistémologie
  • sciences humaines et sociales : histoire, sociologie, anthropologie, ethnologie, sciences politiques et une diversité de champs connexes.

Processus de sélection et calendrier

La sélection des propositions se fera en deux temps.

  • Du 1er septembre au 30 octobre 2020 : envoi des abstracts et notices biobibliographiques

Les propositions de contribution devront comporter un titre et un résumé d’environ 400 mots maximum dans la langue habituelle de l’auteur. Elles devront être assorties d’une brève notice biobibliographique, n’excédant pas 150 mots.

  • Du 1er novembre au 30 novembre 2020 : sélection des propositions.

Les propositions retenues feront l’objet d’un article de 35 000 signes maximum, espaces comprises. Une notification parviendra aux auteurs au 30 novembre 2020.

Les propositions d’articles, assorties d’une courte notice biobibliographique, sont à envoyer à nakanjournal@gmail.com. Pour toute information nécessaire, merci d’adresser un email à nakanjournal@gmail.com.

Comité de rédaction

  • Frédéric Lefrançois,
  • Malissa Conseil,
  • Gérald Désert,
  • Cheikh Nguirane

Comité scientifique

  • Dominique Berthet, Université des Antilles
  • Virginie de la Cruz, Université de Lorraine
  • Anny Dominique Curtius, Université d’Iowa
  • Christelle Lozère, Université des Antilles
  • Buata Malela, Centre Universitaire de Mayotte
  • Nestor Ponce, Université de Rennes 2

Calendrier

  • 30 octobre 2020 : envoi des propositions (abstracts et notices biobibliographiques)

  • 30 novembre 2020 : notification d’acceptation ou de refus des propositions aux auteurs
  • 30 mars 2021 : date limite de réception du texte intégral des articles
  • 30 mai 2021 : retour des expertises en double aveugle
  • 30 juin 2021 : Parution du numéro 1 de NaKaN

Argument

In the Caribbean, Africa, Europe, the United States, and various parts of the world, the statues of historical figures known for their connection to slavery or colonization have been targeted and toppled. The growing movement hints at a collective determination to censor or exclude symbols vindicating crimes against mankind. This is corroborated by the methodical destruction of two statues of French abolitionist  Victor Schœlcher in Martinique, the artistic degradation of a sculpture dedicated to Leopold II in Belgium and of a statue portraying General Lee in Virginia, and last, but not least, the toppling and spectacular projection of Edward Colston’s statue, a well-known British slave-trader, into a river in Bristol. Taken together, all these recent events seriously question the sculptural symbolism of bio-power.

Mainstream media outlets and transnational social movements (including #mustfall and #Blacklivesmatter movements) were quick to take up the issue, echoing incidentally a mix of reactions ranging from total approbation to the most scathing criticisms. What are the possible underlying motives behind such actions? Should these latest movements be seen as the rekindling of anticolonial struggles of previous decades? Could they be the resurgence or re-appropriation of memories stifled by the official memory which is promoted by States and is occasionally celebrated during public commemorations? What to do with symbols of Western domination such as statues, monuments, or signs glorifying the so-called “civilizing” mission of colonizers or abolitionists? And what about the legacies of a history perceived as glorious for some or painful for others?

To answer these questions, this inaugural issue of NaKaN – a journal of Cultural Studies promoted by Melanges Caraibes, an international association of researchers and cultural agents of the Americas and their diasporas– focuses, inter alia, on three complementary thematic axes:

Statuary, discourse, and coloniality

The persistence of acts of symbolic counter-violence against statues, relics, or other figures of colonialism or slavery brings to the forefront the issue of the relationship to the coloniality of knowledge and power (Quijano 2012). History is not, according to Ramon Grosfoguel (2002, 2007), a neutral or prejudice-free science. The Puerto-Rican sociologist’s perspectives on epistemic decolonization provide insightful clues to assess the symbolic and political impact of the transnational movement which involves people of different generations and ethnicities to openly challenge the legitimacy of such institutionalized symbols (Grosfoguel 2002, 2007).  As in Western countries, the Spanish-speaking context, with its colonial historical representations and dictatorial political past, finds a legitimate space for this questioning of statuary in lifestyles, mentalities, policies, and values intrinsically linked to this dominant historical heritage.

Memories and patrimonialization

The weight of postcolonial memories and legacies (Stannard 1992; Blanchard & Bancel, dirs. 2006), the painful liabilities of interethnic relations in a precarious socio-economic context, exacerbated by identity and community tensions, the haunting question of reparations, and lastly, those of the representation and reconstruction of subalternised cultural identities (Lefrançois & Kirchner-Blanchard 2018) are also invoked within this perspective.

Questioning the legitimacy of statuary in the public space amounts to probing the depth of the representations and collective memory shared by a group. In this perspective, Maurice Halbwachs' work leads us to distinguish between memory, the strong version, and the distributed version, an interpretation of a representation of the past. In conjunction, Paul Ricœur refers us to three notions - memory, history, oblivion - taking ethics as the main axis of his reflection. Building on the work of Ricœur, it is appropriate to study memory representations in the light of their historical evolution to understand paradigm shifts. What is the interest of history, of memory, of the old, in a new paradigm? What about the heroization of certain figures in the national consciousness of peoples?

While the desire for justice emerges as one of the most obvious avenues for analysis, other factors must be taken into account when interpreting the extent and direction of a phenomenon that is not at all discrete in its statistical nature. An underlying discourse aimed at the decolonization of the arts in the public and institutional space profoundly questions the validity of cultural relativism (Verges & Dambury 2018) and, in the process, debunks the thesis of an assumed and valued resilience among populations that have emerged from major traumas such as slavery (Charles-Nicolas & Bowser 2019). Psychological and political factors thus intersect in the interdisciplinary field of ethnicity, aesthetics, and ethics to create a synergy of a singular kind. It is therefore urgent to grasp its fundamental dynamics.

Heroes and myths

While statuary identifies with the art of creating distinctive sculptural works to pay homage to the memory of certain personalities, it is not dissociated from the crossroads of aesthetics, ethics, and politics, as these three fields combine to redefine the criteria of beauty, goodness, and truth in art and good taste. From this point of view, it must be noted that in the diasporic societies of Africa and the Americas there is often a hierarchy between statuary designated as a worthy legatee of national consciousness, based on the status of heroes in myths and great national narratives (Lyotard 1974, 1977, 1991), and native statuary emanating from the modernity of the new Creole worlds.

All in all, these historical, geocultural, artistic, and generic characteristics ultimately reflect antagonistic ideologies, representations, or imaginations. In the Western Doxa (the vision of European elites, for instance), it is part of the public environment and is the emanation, more often than not, of intentional political choices. It is intended as the consensual and accepted representation of a reading of history - the original objective being to aggregate a people, to unite, to homogenize, and to obtain the widest acknowledgment of a peculiar vision of history which, furthermore, turns out to be subjective.

But when the history of a country is marked by singular convulsions, such as those that have shaken Caribbean postcolonial societies, is it possible to envisage – from the verticality imposed by external history – to build, on the local level, a collective imaginary including all its diversalité? In other words, by concealing the dark part of history, do we not run the risk of obscuring both the peace of a nation, whatever it may be and the serenity between the various communities that make it up? The recent social events and health scandals evidence this, just as the recent social events and health scandals that are bringing back the shattered pieces of a painful past. Is it possible, therefore, to combine History and Trans-History – meant here in the Glissantian sense (Glissant 1997: 113) to invoke the concepts of "network" or "archipelago" – in communities still subalternised, caught up in the infernal spiral of the domination of peoples, colonialism and imperialism?

Submission guidelines

Contributions may take the form of original articles, case studies, analyses, syntheses, interviews, or reviews drawing upon transnational and multidisciplinary perspectives:

  • cultural studies and culturology
  • visual and performing arts
  • national, diasporic, and comparative literature
  • philosophy: aesthetics, ontology, epistemology
  • a comprehensive array of human and social sciences: history, sociology, anthropology, ethnology, political science, as well as other interconnected fields of knowledge.

Selection Process and Timeline

The selection of proposals will be done in two stages.

From 1 September to 30 October 2020: submission of abstracts and biobibliographic records

Proposals should include a title and an abstract of approximately 400 words (maximum) in the author's usual language. They should also include a short bio-bibliographic record, not exceeding 150 words.

From 1 November to 30 November 2020: selection of proposals.

The authors will be notified by 30 November 2020 of acceptance or refusal of their proposals. These will then be processed into articles limited to 35,000 characters, including spaces.

Proposals for articles, together with a short biobibliographic record, should be sent by 30 October 2020 to nakanjournal@gmail.com. For any information request please send an email to nakanjournal@gmail.com.

Editorial board

  • Frédéric Lefrançois,
  • Malissa Conseil,
  • Gérald Désert,
  • Cheikh Nguirane

Advisory board

  • Dominique Berthet, Université des Antilles
  • Virginie de la Cruz, Université de Lorraine
  • Anny Dominique Curtius, Université d’Iowa
  • Christelle Lozère, Université des Antilles
  • Buata Malela, Centre Universitaire de Mayotte
  • Nestor Ponce, Université de Rennes 2
  • Ibra Sene, College of Wooster, Ohio

Dates

  • 30 October 2020: deadline for submission of proposals (abstracts and biobibliographic records)

  • 30 November 2020: notification of acceptance or rejection of proposals to authors
  • 30 March 2021: deadline for receipt of the full text of articles
  • 30 May 2021: return of double-blind expertise
  • 30 June 2021: publication of NaKaN Issue No. 1

Suggested references

Achille, Etienne, Charles Forsdick et Lydie Moudileno, 2020, Postcolonial Realms of Memory : Sites and Symbols in Modern France, Liverpool: Liverpool University Press.

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Bernardino-Costa, Joaze, Nelson Madonado-Torres et Ramon Grosfoguel, 2018, Decolonialidade e pensamento afrodiaspórico, Belo Horizonte: Aútentica.

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Lyotard, Jean François, 1974, Économie libidinale, Paris: Éditions de minuit.

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Mignolo, Walter D., 2000, Local Histories/Global Designs: Coloniality, Subaltern Knowledges and Border Thinking, Princeton: Princeton University Press.

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Stannard, David E., 1992, American Holocaust: Columbus and the conquest of the New World,  Oxford: Oxford University Press.

Vergès, Françoise et Getty Dambury (dirs.), 2018, Décolonisons les arts ! Paris : L’Arche

Presentación

En el Caribe, en África, en Europa, en Estados Unidos, y en otros lugares del globo, las estatuas de algunas figuras históricamente vinculadas a la esclavitud, o a la colonización, son tomadas como blanco, demostrando así una voluntad colectiva de censura o de exclusión de símbolos difundidores de la apología de crímenes de lesa humanidad. Destrucción metódica de dos estatuas de Víctor Schoelcher en Martinica, degradación artística de la de Leopold II en Bélgica y la del general Lee en Virginia, sin olvidarse del desmontaje y el derribo espectacular de la estatua del negrero Colston arrancada y tirada al río en Bristol: cuantos acontecimientos de la actualidad reciente que cuestionan con fuerza la simbólica escultural del biopoder.

Los medios más conocidos y las redes sociales transnacionales (por ejemplo, los movimientos #mustfall, #Blacklivesmatter) pronto se apoderaron del expediente, reflejando en el acto el eco de una gran diversidad de reacciones, del consentimiento total a las críticas más mordaz. ¿Cuáles pueden ser las motivaciones profundas que originan tales acciones? ¿Habrá que ver en estos movimientos la renovación de las luchas anticoloniales de los decenios precedentes? ¿La resurgencia o la reapropiación de las memorias sofocadas por una memoria oficial, promovida por los Estados y celebrada con motivo de las conmemoraciones públicas? ¿Qué hacer de los símbolos de dominación occidental tales como las estatuas, edificios o anuncios que glorifican la obra llamada «civilizadora» de colonos o abolicionistas? ¿Qué hacer de las herencias de una historia «gloriosa» para unos y «dolorosa» para otros?

Para contestar estas preguntas, entre otras, proponemos estructurar este número inaugural de NaKan, revista de Mélanges Caraïbes, asociación internacional de investigadores y actores culturales de las Américas y del mundo diaspórico, alrededor de tres ejes temáticos principales y complementarios:

Estatuaria, discurso y colonialidad

 La remanencia de actos de contra-violencia simbólica para con las reliquias del colonialismo y de las estatuas de figuras del colonialismo y del esclavismo, proyecta la luz sobre la cuestión de la relación a la colonialidad del saber y del poder. La historia no es, según Ramón Grosfoguel, una ciencia absolutamente neutra o sin prejuicios. El sociólogo puertorriqueño nos somete en sus reflexiones sobre la descolonización epistémica, pistas de lectura para comprender el alcance simbólico y político del movimiento transnacional que motiva a individuos de edad o etnicidad distintos a que se enfrenten con la legitimidad de tales símbolos institucionalizados. Como en los países occidentales, el contexto hispanohablante, de representaciones históricas coloniales y de un pasado político dictatorial, encuentra un espacio legítimo a este cuestionamiento sobre las estatuarias en los modos de vida, las mentalidades, las políticas, los valores estrechamente vinculados a la herencia histórica dominante.

Memoria y patrimonialización

También se destacan esta puesta en perspectiva: el peso de las memorias y las herencias post coloniales, el pasivo doloroso de las relaciones interétnicas en un contexto socioeconómico precario, agravado por las tensiones identitarias y comunitarias, la pregunta punzante sobre las reparaciones, y en último lugar, las de la representación y de la reconstrucción de las identidades culturales subalternizadas. Cuestionar la legitimidad de las estatuarias en el espacio público equivale a volver a investigar las profundidades de las representaciones y de la memoria colectiva compartida por un grupo. En esta perspectiva, las investigaciones de Halbwachs llevan a distinguir el recuerdo, la versión fuerte, y la versión distribuida, interpretación de una representación del pasado. En paralelo, Paul Ricoeur nos remite a tres nociones  la memoria, la historia, el olvido tomando la ética como eje principal de su reflexión. A partir de sus investigaciones, hace falta estudiar las representaciones memoriales a la luz de su evolución histórica con el fin de comprender los cambios de paradigma. ¿Qué interés tiene la historia, la memoria, lo antiguo, en un nuevo paradigma? ¿Quid de la heroicización de algunas figuras en la conciencia nacional de los pueblos? Si el deseo de justicia transparece como una de las pistas de análisis más evidentes, otros facto-res deben tomarse en cuenta para interpretar la amplitud y la orientación de un fenómeno cuyo carácter estadístico no tiene nada discreto. Un discurso subyacente apuntando hacia la descolonización de las artes en el espacio público e institucional pone profundamente en tela de juicio la validez del relativismo cultural (Verges & Dambury 2018) y por cierto atenta contra la tesis de una resiliencia asumida y valorizada en poblaciones surgidas de traumas mayores como la esclavitud (Charles-Nicolas & Bowser 2019). Los factores psicológicos y políticos coinciden así en el campo interdisciplinario de lo étnico, estético y ético para crear una sinergia de un género singular. Por lo tanto, es urgente captar su dinámica fundamental.

 

Héroes y mitos

 

Si la estatuaria se identifica con el arte de crear obras escultóricas distintivas para rendir homenaje a algunas personalidades, no se distingue del ámbito cruzado de la estética, de la ética y de la política, ya que estos tres ámbitos se combinan para definir de nuevo los criterios de lo hermoso, de lo bueno y de lo verdadero en materia de arte y de buen gusto. Desde este punto de vista, hay que comprobar que la jerarquización que se opera muchas veces, en las sociedades diaspóricas de África y de las Américas, entre una estatuaria designada como digna heredera de una conciencia nacional, basada en el lugar que ocupan los héroes en los mitos y los grandes relatos nacionales, y una estatuaria nativa que dimana de la modernidad de los nuevos mundos criollos. El conjunto de estos rasgos históricos, geoculturales, artísticos y genéricos reflejan, en definitiva, unas ideologías, unas representaciones o unos imaginarios antagonistas. En la doxa occidental (la visión de las élites europeas, por ejemplo), forma parte del espacio público y es la emanación, las más de las veces, de las elecciones políticas intencionales. Quiere ser la representación consensual y admitida de una lectura de la Historia -el objetivo principal es hacer pueblo, unificar, homogeneizar y hacer admitir por la mayor parte de la gente, una faceta de la historia, además subjetiva. Pero cuando la historia de un país se ve marcada por convulsiones singulares como en las sociedades postcoloniales caribeñas (esclavitud, comercio de los hombres o colonización) ¿será posible pues, de esta verticalidad impuesta de la Historia desde fuera, construir aquí, un imaginario colectivo, en toda su «diversalidad»? En otros términos, ¿ se arriesgará, ocultando esta parte oscura de la historia, a perjudicar a la vez, la paz de una nación, cualquiera que sea y la serenidad entre las diversas comunidades que la componen? Como prueba de ello, los recientes acontecimientos sociales y escándalos sanitarios que hacen resurgir las fracturas de un pasado doloroso. ¿Será posible, por consiguiente, combinar Historia y Transhistoria ¾ según la acepción de Glissant en Tratado del Todo-Mundo invocando los conceptos de «red» o de «archipiélago» ¾ en las comunidades aún subalternizadas, atrapadas en el círculo infernal de la dominación de los pueblos, del colonialismo y del imperialismo?

Consignas para los contribuidores

Para compartir la resonancia de este cuestionamiento, las contribuciones podrán tomar la forma de artículos originales, estudios de casos, análisis, de síntesis, de entrevistas o de recensiones en los ámbitos disciplinarios cuya lista no exhaustiva sigue:

  • estudios culturales y culturología
  • artes visuales y vivas
  • literaturas nacionales, diaspóricas y comparadas
  • filosofía: estética, ontología, epistemología
  • ciencias humanas y sociales: historia, sociología, antropología, etnología
  • ciencias políticas y otras disciplinas relacionadas.

 Favor de enviar las propuestas de artículos, acompañadas de una breve reseña bio-bibliográfica a nakanjournal@gmail.com. Para obtener más informaciones se puede enviar un correo electrónico directamente a nakanjournal@gmail.com .

Proceso de selección y agenda

La selección de las propuestas se hará en dos momentos.

Del 5 de septiembre al 30 de octubre de 2020: envío de resúmenes y notas bio-bibliográficas

Las propuestas de contribución deberán tener un título y un resumen de casi 400 palabras no más en la lengua de preferencia del autor con una breve nota bio-bibliográfica que no supera las 150 palabras. Se aceptarán las propuestas con un límite de 35000 señas no más, espacios incluidos. Los autores recibirán una notificación para el 30 de agosto de 2020.

Calendario

  • 30 de octubre de 2020: Envío de las propuestas (resúmenes y notas bio-bibliográficas)
  • 30 de noviembre de 2020: notificación de los dictámenes
  • 30 de marzo de 2021: fecha límite de recepción del texto integral de los artículos
  • 30 de mayo de 2021: Devolución de las evaluaciones a doble ciego
  • 30 de junio de 2021: Publicación del número 1 de NaKaN

Bibliografia indicativa

Achille, Etienne, Charles Forsdick et Lydie Moudileno, 2020, Postcolonial Realms of Memory : Sites and Symbols in Modern France, Liverpool: Liverpool University Press.

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Bernardino-Costa, Joaze, Nelson Madonado-Torres et Ramon Grosfoguel, 2018, Decolonialidade e pensamento afrodiaspórico, Belo Horizonte: Aútentica.

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Boidin, Capucine et FátimaHurtado López, 2009, « La philosophie de la libération et le courant décolonial », Cahiers des Amériques latines [En ligne], n° 62 | 2009, mis en ligne le 31 janvier 2013. URL : http://journals.openedition.org/cal/1506

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Glissant, Edouard, 1997, Traité du tout-monde. Poétique IV., Paris: Gallimard.

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Vergès, Françoise et Getty Dambury (dirs.), 2018, Décolonisons les arts ! Paris : L’Arche

Places

  • Fort-de-France, Martinique (97200)

Date(s)

  • Friday, October 30, 2020

Keywords

  • statuaire, représentation, mémoire, culture, identité, études décoloniales, Amériques, mouvement transational, patrimoine, art public urbain, politique culturelle, ethnicité, esclavage, colonisation, anthropologie, statuaire, sculpture

Contact(s)

  • Frédéric Lefrançois
    courriel : nakanjournal [at] gmail [dot] com
  • Buata Malela
    courriel : buata [dot] malela [at] gmail [dot] com

Reference Urls

Information source

  • Frédéric Lefrançois
    courriel : nakanjournal [at] gmail [dot] com

To cite this announcement

« Statues, memories and representations during the decolonial era », Call for papers, Calenda, Published on Tuesday, September 01, 2020, https://calenda.org/797546

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