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“The idea of the perfect girl”

« De l’idée de la fille parfaite »

Jesuits as promoters of women’s holiness from the origins of Christianity to the present day

Les jésuites comme promoteurs de la sainteté des femmes des origines du christianisme à nos jours

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Published on Monday, February 15, 2021 by João Fernandes

Summary

En raison de leur implication dans la littérature hagiographique comme auteurs des Vies ou comme promoteurs des Causes, les jésuites constituent une porte d’entrée privilégiée pour questionner la sainteté féminine depuis les débuts du christianisme. Dans quels but ont-ils encouragé des cultes, parfois déjà millénaires ? Comment ont-ils orienté leurs efforts pour porter leurs dirigées sur les autels ? Quel rôle ont-ils joué comme promoteurs ? Quels contours ont-ils tracé pour une sainteté féminine, et quelles ont été les répercussions de cette configuration des rapports de genre ? Les communications pourront envisager la vision de la sainteté féminine chez les jésuites dans une perspective large. Et cela du point de vue chronologique – les saintes depuis les débuts du christianisme – mais aussi géographique : partout où la Compagnie s’est montrée active.

Because of their involvement in hagiographical literature as authors of Lives or as promoters of Causes, the Jesuits have been a privileged gateway for questioning female holiness since the beginnings of Christianity. To what end did they encourage cults, some of them already thousands of years old? How did they direct their efforts to bring their dirigées to the altars? What role did they play as promoters? What contours have they traced for female holiness, and what have been the repercussions of this configuration of gender relations? The papers will consider the vision of feminine holiness among the Jesuits, from a chronological point of view – saints since the beginnings of Christianity – but also from a geographical point of view: wherever the Society has been active.

Announcement

Argumentaire

La littérature hagiographique, souvent en tension avec l’écriture de l’histoire, s’est fait une place dans les sources de l’historien. Outre son intérêt en tant que récit témoignant de la vie et de la spiritualité des saints, elle rend lisibles les enjeux entourant l’origine des cultes, leur diffusion, l’évolution des dévotions, et, à partir de l’institutionnalisation des processus de béatification et de canonisation, les priorités et intérêts des promoteurs des Causes, mais aussi les objectifs des institutions romaines.

Qu’elle soit antérieure aux premières canonisations ou inscrite dans une politique ecclésiastique plus large d’établissement de normes religieuses, la sainteté des femmes s’appuie sur diverses figures, refaçonnées au cours des siècles, comme la sainte martyre des catacombes, la sainte reine dépositaire de la royauté de sa dynastie, la fondatrice d’abbaye au haut Moyen Âge, la veuve faisant le choix du couvent, la mystique à l’époque moderne, souffrante et malade pour expier les maux du monde, ou encore la fondatrice aux XIXe et XXe siècles, dans le sillage de l’essor des congrégations féminines. Pour les femmes, la voie la plus directe vers la sainteté est celle du modèle monastique – ce sont les religieuses qui sont canonisées. Les modèles hagiographiques ont évolué au fil du temps : l’émergence de saintes impliquées dans des œuvres caritatives ou éducatives en contexte industriel, après la suppression des ordres religieux, en constitue un exemple. Durant son pontificat, Jean-Paul II béatifie et canonise des femmes enseignant à d’autres le rôle d’épouse et de mère, en soutien à son discours sur la nature intrinsèque des femmes.

Les recherches sur la sainteté féminine se sont essentiellement articulées autour des récits hagiographiques, des (auto)biographies, des écrits spirituels, inédits ou non. Ces textes tendent à montrer la sainteté des femmes à chaque étape de leurs vies (davantage encore si elles ont été épouses ou mères) et à écarter toute accusation de fausse sainteté. Les études de genre ont apporté de nouveaux questionnements à ce champ consacré à la sainteté des femmes, notamment du point de vue des rapports de pouvoir, des représentations, des masculinités et des féminités incarnées. À partir de l’époque moderne, l’analyse du regard posé sur ces biographies spirituelles durant le processus de canonisation, ainsi que de leur mise en discussion, permet également d’appréhender les normes de genre défendues par les institutions romaines.

En raison de leur implication dans la littérature hagiographique comme auteurs des Vies ou comme promoteurs des Causes, les jésuites constituent une porte d’entrée privilégiée pour questionner la sainteté féminine depuis les débuts du christianisme – on pense à André Triquet et Aldegonde, Claude Chauchetière et Kateri Tekakwitha, Nazario Pérez et Cándida María de Jesús, etc. Malgré l’injonction de leurs Constitutions à ne pas se charger de la cura monialium, les jésuites s’inscrivent dans la promotion de figures saintes féminines ainsi que dans une longue pratique de fondation de congrégations féminines et de direction de femmes pieuses, religieuses, voire mystiques. Cette implication reste constante au fil des siècles. Dans quels but ont-ils encouragé des cultes, parfois déjà millénaires ? Comment ont-ils orienté leurs efforts pour porter leurs dirigées sur les autels ? Quel rôle ont-ils joué comme promoteurs ? Quels contours ont-ils tracé pour une sainteté féminine, et quelles ont été les répercussions de cette configuration des rapports de genre ? 

Les communications pourront envisager la vision de la sainteté féminine chez les jésuites dans une perspective large. Et cela du point de vue chronologique – les saintes depuis les débuts du christianisme – mais aussi géographique : partout où la Compagnie s’est montrée active.

Axes thématiques

Axes pour les propositions de communications :

  • Quelles sont les motivations des jésuites dans la promotion de ces saintes, « anciennes » ou « nouvelles » ? Pourquoi continuer à investir les Vies de figures passées ? Peut-on saisir une stratégie plus large de l’ordre ou d’une province ?
  • Quelle place les jésuites font-ils aux femmes portées sur les autels par la ferveur populaire ? Quelles modifications et transformations opèrent-ils sur l’image de ces saintes anciennes ? Lesquelles rendent-ils accessibles et visibles ? Pour quelles saintes suscitent-ils des dévotions ? Cette vision de la sainteté médiévale est-elle la même que leur vision de la sainteté moderne et contemporaine ?
  • L’élaboration et la construction d’une sainteté féminine par les jésuites : quel rôle jouent-ils pour confirmer les visions et les intuitions religieuses des femmes de toutes époques ? Comment articulent-ils l’idée de la perfection religieuse à leur pratique de direction spirituelle, puis d’hagiographes ? Quelle place occupe le genre dans cette construction ?
  • Dans le cadre des Causes de béatification et de canonisation des femmes :
    • Quelle est la teneur des dépositions des jésuites appelés comme témoins ? De quelles Causes acceptent-ils de se charger ?
    • Quel rôle jouent-ils au sein de la Congrégation des Rites et de la Congrégation pour la Cause des Saints ? Participent-ils au montage financier des Causes ? La Compagnie de Jésus en tant qu’ordre intervient-elle à un quelconque moment dans ces Causes ?
    • Quelles sont les normes de genre défendues par les uns et les autres ?
    • Comment les jésuites interprètent-ils les écrits éventuels des femmes proposées à la sainteté ? Comment les (ré)concilient-ils avec l’orthodoxie ?
    • Que devient l’activité d’écriture des jésuites après la canonisation ? Les Vies continuent-elles de s’écrire pour consolider une image, ou au contraire, la nuancer ?
  • Les Vies écrites par les jésuites :
    • Qui sont les femmes dont les jésuites soutiennent le culte ou les Causes ? Sont-elles des dévotes, des nobles, des beatas, des fondatrices, des religieuses ? À quelles époques ont-elles vécu ? Peut-on observer une géographie particulière dans le choix des candidates à la sainteté ?
    • Quels sont les aspects mis en avant, les lissages, les ajouts, les transformations effectuées d’une Vie à l’autre afin de tenir un discours convaincant sur, par exemple, la virginité et l’obéissance ?
    • Comment les jésuites abordent-ils la question du genre ? Doivent-ils le neutraliser, masculiniser une figure pour montrer son exceptionnalité, la féminiser afin de la conformer à un modèle particulier ? En d’autres termes, comment déterminer ce qui constitue la représentation adéquate du genre ?
    • Quel rôle se donnent les jésuites confesseurs dans les Vies qu’ils écrivent ?
    • Quelles sources, quels travaux, quels écrits théologiques sont utilisés par les jésuites dans leur travail d’écriture hagiographique ?
    • D’un point de vue diachronique, quelles différences peuvent être observées dans les Vies de saintes médiévales, modernes ou contemporaines ? Constate-t-on des évolutions lorsqu’une même « sainteté » est abordée à plusieurs époques différentes ? Comment évoluent les Causes plus anciennes, transformées à de nombreuses reprises ? Comment les jésuites s’emparent-ils des dévotions existantes ?
  • Comment se négocie la relation entre jésuites et congrégations féminines, dans le cadre d’une Cause de fondatrice, notamment dans la situation antérieure à 1983, où les femmes ne pouvaient devenir ni postulateur, ni vice-postulateur, ni acteur ?
  • La manière dont les modèles de sainteté féminine s’adaptent au cadre spécifique de la mission : dans le contexte colonial des missions, où les traditions de la Contre-Réforme sont suivies avec plus de souplesse, comment les jésuites redonnent-ils des motifs traditionnels à ces vies éloignées des règles romaines ?
  • Quel est l’usage des images ? Quelles sont les représentations produites et diffusées dans le cadre des publications hagiographiques ? Quelle place la sainteté féminine tient-elle au sein des édifices cultuels de la Compagnie ?
  • La manière dont les saintes ou les candidates à la sainteté sont mobilisées dans les Vies des jésuites qui les ont soutenues : quels enjeux entourent leurs apparitions dans ces Vies ? Quelle influence sur les configurations de genre défendues par ces jésuites auprès de leur ordre ou de l’Église ?

Modalités pratiques

La date de réception des propositions est fixée

au 15 mars 2021.

Les propositions de communication, d’environ 250 mots, accompagnées d’une courte présentation biographique, doivent être envoyées à sarah.barthelemy@usaintlouis.be, philippe.desmette@usaintlouis.be et pierre-antoine.fabre@ehess.fr. Les réponses seront envoyées fin mars 2021. Les jeunes chercheurs sont encouragés à envoyer une proposition.

Comité d'organisation et de sélection de propositions

  • Sarah Barthélemy (Université Saint-Louis – Bruxelles)
  • Philippe Desmette (Université Saint-Louis – Bruxelles)
  • Pierre-Antoine Fabre (École des Hautes Études en Sciences Sociales)

Lieux du colloque

4 février 2022 : Bruxelles (Université Saint-Louis – Bruxelles)

4 mars 2022 : Paris (École des Hautes Études en Sciences Sociales)

Argument

Hagiographical literature, often in tension with the writing of history, has made its way into the historian’s sources. In addition to its interest as a narrative that bears witness to the lives and spirituality of the saints, it reveals the issues surrounding the origin of the cults, their diffusion, the evolution of devotions, and, from the moment the processes of beatification and canonisation were institutionalized, the priorities and interests of the promoters of the Causes, but also the objectives of Roman institutions.

Whether it pre-dated the first canonisations or formed part of a wider ecclesiastical policy of establishing religious norms, the holiness of women was based on various figures, reshaped over the centuries, such as the holy martyr of the catacombs, the holy queen guaranteeing the royalty of her dynasty, the abbey foundress in the High Middle Ages, the widow choosing the convent, the mystic in early modern times, suffering and ill to atone for the evils of the world, or the foundress in the 19th and 20th centuries, in the wake of the rise of women’s congregations. For women, the most direct path to holiness was the monastic model - the nuns were the ones being canonised. The hagiographic models have evolved over time, as shown by this example of the emergence of saints involved in charitable or educational works in an industrial context, after the suppression of religious orders. During his pontificate, John Paul II beatified and canonised women teaching other women the role of wife and mother, in support of his discourse on the intrinsic nature of women. 

Research on female holiness has mainly been based on hagiographical accounts, (auto)biographies and spiritual writings, published or unpublished. These texts tend to show the holiness of women at every stage of their lives (even more so if they have been wives or mothers) and to rule out any accusations of false holiness. Gender studies have brought new questions to this field devoted to women’s holiness, particularly from the point of view of power relations, representations, embodied masculinities and femininities. For the early modern era onwards, the analysis of how these spiritual biographies were viewed and discussed during the canonisation process helps to understand the gender norms defended by Roman institutions.

Because of their involvement in hagiographical literature as authors of Lives or as promoters of Causes, the Jesuits have been a privileged gateway for questioning female holiness since the beginnings of Christianity – André Triquet and Aldergonde, Claude Chauchetière and Kateri Tekakwitha, Nazario Pérez and Cándida María de Jesús come to mind. In spite of the injunction in their Constitutions not to take on the cura monialium, the Jesuits were committed to the promotion of holy female figures, and to a long practice of founding women’s congregations and leading pious, religious and mystical women. This involvement remained constant over the centuries. To what end did they encourage cults, some of them already thousands of years old? How did they direct their efforts to bring their dirigées to the altars? What role did they play as promoters? What contours have they traced for female holiness, and what have been the repercussions of this configuration of gender relations?

The papers will consider the vision of feminine holiness among the Jesuits, from a chronological point of view – saints since the beginnings of Christianity – but also from a geographical point of view: wherever the Society has been active.

Main themes

Topic may include, but are not limited to:

  • What were the motivations of the Jesuits in the promotion of these saints, “old” or “new”? Why did they continue to work on the Lives of past figures? Is there broader strategy of the Order or of a province?
  • What place did the Jesuits give to the women who became saints through popular fervour? What changes and transformations did they make to the image of these ancient saints? Which ones did they make accessible and visible? For which saints did they arouse devotion? Is their vision of medieval holiness the same as their vision of early modern and contemporary holiness?
  • The elaboration and construction of female holiness by the Jesuits: what role did they play in confirming the religious visions and intuitions of women of all times? How did they articulate the idea of religious perfection to their practice of spiritual direction and then hagiography? What was the place of gender in this construction?
  • Within the framework of the Causes of beatification and canonization of women:
    • What was the content of the depositions of the Jesuits called as witnesses? What Causes did they agree to take up?
    • What role did they play within the Congregation of Rites and the Congregation for the Causes of Saints? Did they participate in the financial arrangements for the Causes? Did the Society of Jesus as an order intervene at any time in these Causes?
    • What were the gender norms defended in such Causes?
    • How did the Jesuits interpret the writings of women proposed for sainthood? How did they reconcile them with orthodoxy?
    • What happened to the writing activity of the Jesuits after the canonization? Did the Lives continue to be written in order to consolidate an image or, on the contrary, to nuance it?
  • The Lives written by the Jesuits:
    • Who were the women whose cult or Causes the Jesuits supported? Were they devotees, nobles, beatas, foundresses, nuns? What times did they live in? Is it possible to observe a particular geography in the choice of candidates for sainthood?
    • What were the aspects highlighted, the smoothing, the additions, the transformations made from one Life to another in order to make a convincing discourse on, for example, virginity and obedience?
    • How did the Jesuits approach the question of gender? Did they neutralise it, masculinise a figure to show its exceptionality, feminise a figure in order to conform it to a particular model? In other words, how did they determine what constitutes adequate gender representation?
    • What role did Jesuit confessors play in the Lives they wrote?
    • What sources, works, theological writings were used by the Jesuits in their hagiographic writings?
    • From a diachronic point of view, what differences can be observed in the Lives of medieval, modern or contemporary saints? Are there any changes when the same “holiness” is approached in several different periods? How did the older Causes, transformed many times, evolve? How did the Jesuits take over existing devotions?
  • How was the relationship between Jesuits and women’s congregations negotiated in the context of a Cause (for their foundresses), especially in the situation before 1983, when women could not become postulators, vice-postulators or actors?
  • The way in which models of female sanctity were adapted to the specific context of the mission: in the colonial context of the missions, where the traditions of the Counter-Reformation were followed more flexibly, how did the Jesuits restore traditional motives to these lives far removed from Roman rules?
  • How were images used? What were the representations produced and disseminated in the context of hagiographic publications? What place did female holiness hold within the Society’s cult buildings?
  • The way in which saints or candidates for sainthood were mobilised in the Lives of the Jesuits who supported them: what were the issues surrounding their apparitions in these Lives? With what influence on the gender configurations defended by these Jesuits, to their order or the Church?

Submission guidelines

Paper proposals up to 250 words and a brief biographical note should be sent

by 15 March 2021

to sarah.barthelemy@usaintlouis.be, philippe.desmette@usaintlouis.be et pierre-antoine.fabre@ehess.fr. Answers will be sent at the end of March 2021. Young researchers are encouraged to send a proposal.

Organizing and evaluation committee

  • Sarah Barthélemy (Université Saint-Louis – Bruxelles)
  • Philippe Desmette (Université Saint-Louis – Bruxelles)
  • Pierre-Antoine Fabre (École des Hautes Études en Sciences Sociales)

Colloquium locations

4 février 2022 : Bruxelles (Université Saint-Louis – Bruxelles)

4 mars 2022 : Paris (École des Hautes Études en Sciences Sociales)

Places

  • 43, Boulevard du Jardin Botanique
    Brussels, Belgium (1000)
  • 14, cours des humanités
    Aubervilliers, France (93322 CEDEX)

Date(s)

  • Monday, March 15, 2021

Keywords

  • Hagiographie, sainteté féminine, saintes, Compagnie de Jésus, jésuites, Causes, Society of Jesus, Jesuits, female saints, holiness, hagiography

Contact(s)

  • Sarah Barthélemy
    courriel : sarah [dot] barthelemy [at] usaintlouis [dot] be

Information source

  • Sarah Barthélemy
    courriel : sarah [dot] barthelemy [at] usaintlouis [dot] be

To cite this announcement

« “The idea of the perfect girl” », Call for papers, Calenda, Published on Monday, February 15, 2021, https://calenda.org/843336

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