HomeAu commencement était l’enfance

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Published on Wednesday, March 24, 2021Wednesday, March 24, 2021 by Céline Guilleux

Summary

La catégorie de l’enfance et le statut ontologique de l’enfant renvoient à des réalités complexes et plurielles. Ces différentes déterminations permettent notamment d'interroger le paradigme de la distinction nature-culture au sein des sciences humaines et sociales. Si la caractérisation de l’infans se transforme en fonction des époques et des sociétés, l’évocation récurrente du principe de croissance ou d’évolution pour désigner ces catégories renvoie à des analogies de seuils aux manifestations variées (ex : rites de passage, stades de développement). Or, de telles analogies impliquent des modes de représentation et d’identification particuliers, qui sont à la fois conditionnés et conditionnant dans le processus de fabrication de l’enfance ou du statut ontologique de l’enfant. En somme, interroger ces processus contribue à introduire de nouvelles perspectives de recherche sur la fabrique de l’humain et des humanités.

Announcement

Présentation

La catégorie de l’enfance et le statut ontologique de l’enfant renvoient à des réalités complexes et plurielles. Ces différentes déterminations permettent notamment d'interroger le paradigme de la distinction nature-culture au sein des sciences humaines et sociales. Si la caractérisation de l’infans se transforme en fonction des époques et des sociétés, l’évocation récurrente du principe de croissance ou d’évolution pour désigner ces catégories renvoie à des analogies de seuils aux manifestations variées (ex : rites de passage, stades de développement). Or, de telles analogies impliquent des modes de représentation et d’identification particuliers, qui sont à la fois conditionnés et conditionnant dans le processus de fabrication de l’enfance ou du statut ontologique de l’enfant. En somme, interroger ces processus contribue à introduire de nouvelles perspectives de recherche sur la fabrique de l’humain et des humanités.

Modalités de participation

Compte tenu du contexte sanitaire, le séminaire se déroulera en visioconférence

Programme

  • 9h30 Paul Luciani Doctorant en anthropologie à l’Institut d’ethnologie méditerranéenne, européenne et comparative (IDEMEC), Aix-Marseille Université, Les enfants appartiennent-ils à la nature ?

Enfants sauvages et ontogenèse des primates non-humains A la suite des sciences naturelles, les sciences sociales s’attellent aujourd’hui à déconstruire l’opposition tranchée entre nature et culture. Dans ce cadre, on aura tôt fait de considérer que la question posée – celle de l’appartenance des enfants à la nature – est une formulation fort ethnocentrée, car, dans la plupart des sociétés, l’enfant est bien plutôt considéré comme l’émanation d’une sur-nature. L’anthropologie a ainsi documenté les pratiques qui consistaient à extirper le nourrisson de sa condition première pour l’humaniser et le fixer dans ce monde, puis à socialiser l’enfant pour lui permettre d’intégrer sa culture d’appartenance. Mais s’est-elle interrogée sur le chemin parcouru subjectivement par l’infans au cours de ce processus ? S’est-elle demandé ce qui faisait la particularité de l’ontogenèse humaine ? Sommes-nous, en un mot, programmés pour devenir des êtres culturels ? Deux cas nous permettront d’aborder ces questions : celui des enfants sauvages, dont l’insertion dans la culture a connu une défaillance, et celui des jeunes primates non-humains, dont les primatologues se demandent dans quelle mesure ils diffèrent des enfants humains.

  • 10h30 Natacha Collomb Anthropologue, chargée de recherche au CNRS - Centre Norbert Elias, Extrême précocité ou innéité des compétences émotionnelles, sociales et cognitives : quelle entrée des bébés dans l’humanité ?

En matière de « sciences » du bébé, celles qui parlent le plus distinctement, la psychologie du développement, les sciences cognitives et les neurosciences, s’accordent sur un point : les « compétences » des bébés ont été très longtemps sous-évaluées. Les progrès des techniques d’observation, d’exploration et d’expérimentation mais aussi d’enregistrement, de notation et de mesure semblent permettre d’identifier des compétences en de nombreux domaines : sensorialité, langage, mathématiques, conscience de soi (et donc d’autrui), sociabilité, … décrites parfois comme innées ou présentes dès la vie intrautérine ou dès la naissance, parfois comme émergeant au cours des premiers mois de la vie. L’usage de notions telle celle de « compétence » et surtout celui de catégories telles celles d’« arithmétique » et de « syntaxe » propulsent le bébé du côté d’une humanité intrinsèquement et d’emblée sociale et savante. On peut se demander quel idéal d’individu ces représentations scientifiques, et les représentations naïves qu’elles produisent, contribuent à dessiner.

  • 11h30 Christina Toren Anthropologue, professeure émérite à l’Université Saint Andrews Personhood and sociality in Fiji, Ethnographic analyses of how children’s ideas of the peopled world are constituted intersubjectively over time can be truly enlightening.

Investigation of this ontogenetic process can reveal how people’s ideas come to have a purchase on the world, such that they are taken for granted as given in the nature of things. By the same token, this form of analysis of transformation and continuity in children’s ideas is able to show how the constituting process works. This paper briefly reviews some of my previous work with children in Sawaieke (Fiji) to discuss their ideas of the person and sociality, as these are evinced in their drawings and writings on subjects as various as hierarchy, gender, kinship, the household, death, chiefship. The paper includes some observations on why it makes analytical sense for anthropoloigsts to adopt a unified model of human being that allows them to render analytical the categories used by the people with whom they work.

12h30 Pause déjeuner

  • 14h Clarice Cohn et José Valdir Jesus de Santana Anthropologue, professeure à l’Universidade federal de São Carlos (UFScar) Anthropologue, professeur à l’Universidade Estadual do Sudoeste da Bahia (UESB) Tornar-se forte na cultura e experimentar a alteridade: dois projetos de escolarização em diferentes povos indígenas no Brasil, os Tupinambá de Olivença e os Xikrin do Bacajá | Devenir fort dans la culture et faire l'expérience de l'altérité : deux projets de scolarisation dans différents peuples indigènes du Brésil, les Tupinambá d'Olivença et les Xikrin de Bacajá

Vivendo em regiões diferentes do país e com histórias diversas de relações com nãoindígenas e com a escola, essa apresentação busca delinear como os projetos indígenas para a escola diferenciada podem ser variados. A partir de pesquisas etnográficas conduzidas pelos autores, demonstraremos a ênfase que os Tupinambá de Olivença, um povo do Nordeste brasileiro, dão à vivência da cultura indígena na escola, importante locus da retomada dos territórios, enquanto os Xikrin do Bacajá, povo indígena da Amazônia, investem na escola como um meio a partir do qual suas crianças podem aprender não só os conhecimentos, mas também os modos de ser e de se relacionar com a alteridade, por muito tempo personificados por professores e gestores não-indígenas. Pretendemos, com isso, apontar tanto para a importância da pesquisa etnográfica para melhor compreender as realidades das escolas indígenas, como para aquela dos projetos indígenas para com a escola, de acordo com suas noções de infância, suas realidades atuais e seus projetos de futuro.

Vivant dans différentes régions du pays et ayant des histoires diverses de relations avec les nonindigènes et avec l'école, cette présentation cherche à exposer comment les projets indigènes de scolarisation différenciée peuvent être variés.Devenir fort dans la culture et faire l'expérience de l'altérité : deux projets de scolarisation dans différents peuples indigènes du Brésil, les Tupinambá d'Olivença et les Xikrin de Bacajá. Sur la base des recherches ethnographiques menées par les auteurs, nous démontrerons l'importance que les Tupinambá de Olivença, un peuple du Nordeste brésilien, accordent à l'expérience de la culture indigène à l'école, un lieu important de reconquête de leurs territoires, tandis que les Xikrin de Bacajá, un peuple indigène de l'Amazonie, investissent dans l'école comme un moyen par lequel leurs enfants peuvent apprendre non seulement les connaissances, mais aussi les manières d'être et de se rapporter à l'altérité, pour longtemps personnifiée par des enseignants et des administrateurs non indigènes. Avec cela, nous entendons souligner l'importance de la recherche ethnographique pour mieux comprendre les réalités des écoles indigènes comme aussi celle des projets indigènes envers l'école, selon leurs notions de l'enfance, leurs réalités actuelles et leurs projets d'avenir.

  • 15h Elodie Razy Anthropologue, Professeure à l’université de Liège, membre du Laboratoire d’anthropologie sociale et culturelle (LASC-IRSS) L’enfance du Mali au Mexique en passant par la Belgique.

Nature et enfants en miroir. Dans ma communication, je propose d’explorer l’enfance à partir de divers exemples ethnographiques (Mali, Mexique, Belgique). Je suivrai plusieurs fils conducteurs complémentaires afin de poser quelques jalons indispensables à la réflexion. Cette entrée en matière me permettra d’aborder ensuite la fertilité d’une approche croisant enfance et nature à partir du cas belge.

  • 16h Discussion

Places

  • Aix-en-Provence, France (13)

Date(s)

  • Friday, March 26, 2021Friday, March 26, 2021

Contact(s)

  • Vincenzo Scamardella
    courriel : vincenzoscamardella91 [at] gmail [dot] com

Information source

  • Vincenzo Scamardella
    courriel : vincenzoscamardella91 [at] gmail [dot] com

To cite this announcement

« Au commencement était l’enfance », Study days, Calenda, Published on Wednesday, March 24, 2021Wednesday, March 24, 2021, https://calenda.org/858829

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