HomeWelcoming young children: institutions, models, networks, ideologies and practices (1880-1960)

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Welcoming young children: institutions, models, networks, ideologies and practices (1880-1960)

Accueillir le jeune enfant : institutions, modèles, réseaux, idéologies, pratiques (1880-1960)

Recherches et éducation journals, special issue

Revue "Recherches et éducation", numero spécial

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Published on Thursday, May 27, 2021 by João Fernandes

Summary

Cet appel à contribution vise à combler un vide historiographique sur la scolarisation des 3-6 ans en France (métropole et Empire), en invitant les contributeur.trice.s à s’intéresser aux années de mise en place de cette nouvelle institution, dont la rupture avec la salle d’asile peut être discutée et complexifiée, mais aussi à la période qui court de 1921 à 1977 durant laquelle peu de textes officiels ont porté sur la maternelle (Luc, 1982). Pour cela, une attention pourrait être accordée aux acteurs et actrices de terrain, en réalisant une histoire par le bas : institutrices, personnels des écoles normales, corps d’inspection qui méritent d’être davantage étudiés (Huguet et Luc, 2002).

Announcement

Coordination scientifique

Numéro spécial dirigé par :

  • Bérengère Kolly, MCF Sciences de l’éducation, Université Paris Est Créteil, Laboratoire Lettres, Idées, Savoirs (EA 4395)
  • Patricia Legris, MCF Histoire, Université Rennes-2, TEMPORA (UR 7468) 

Argumentaire

Les recherches historiques portant sur les structures d’accueil en France de la seconde petite enfance - à savoir les enfants de 3 à 6 ans (Luc, 1989), ont permis de mieux cerner les origines et fondements des salles d’asile (Chalmel, 1996/2005). Institutions à dimension charitable, ces établissements ont fait progressivement l’objet d’attention croissante et d’un intérêt véritable de la part des élites sociales, économiques et politiques pour lesquelles le bambin était un être scolarisable et éducable (Luc, 1997). A cette fin, une pédagogie spécifique a été inventée et un personnel éducatif et d’encadrement leur fut assigné (Dajez, 1994). Les soins apportés au jeune enfant visaient certes à lui inculquer des rudiments de savoirs mais aussi à l’encadrer et surveiller les normes d’hygiène de la société contemporaine. L’arrivée au pouvoir des Républicains est reconnue pour la législation et les mesures prises dans le domaine de l’éducation. Cependant, l’attention des historien.ne.s est davantage centrée sur le monde du primaire que sur celui du préscolaire (Luc, 1999). Ceci est d’autant plus regrettable que plusieurs représentations de l’enfant, de ses compétences et de ce que devrait être une structure d’accueil pour cette tranche d’âge existent dès le début du nouveau régime. Même si l’attention a été portée sur de grandes figures incarnant le préscolaire, telle que Marie Pape-Carpantier (Cosnier, 1993 ; B. Klein, 2007) ou Pauline Kergomard (Plaisance 1996, Vincent-Nkoulou, 2007), il existe peu de travaux portant sur les actrices de terrain ou sur les pouvoirs municipaux à qui revient la charge de construire et d’entretenir des lieux d’accueil pour la seconde enfance (Thivend, 1999).

Cet appel invite à se pencher sur ces structures d’accueil encore méconnues et qui n’ont pas véritablement retenu l’attention des pouvoirs politiques centraux jusqu’aux années 1960, ni celles de beaucoup d’historien.ne.s. Pensées très largement par des hommes mais confiées exclusivement aux femmes, les écoles maternelles, dont le choix de l’adjectif est significatif de la conception du care, tout comme les jardinières d’enfants sont des lieux de transition entre la famille et l’École, des espaces de socialisation et d’apprentissages importants parfois traversés par les mêmes enjeux que le monde primaire, comme ce fut le cas lors de la Grande Guerre où les petits sont enrôlés dans l’effort de guerre ou par l’imposition progressive et houleuse selon les territoires d’un personnel laïque.

Cet appel à contribution vise à combler un vide historiographique sur la scolarisation des 3-6 ans en France (métropole et Empire), en invitant les contributeur.trice.s à s’intéresser aux années de mise en place de cette nouvelle institution, dont la rupture avec la salle d’asile peut être discutée et complexifiée, mais aussi à la période qui court de 1921 à 1977 durant laquelle peu de textes officiels ont porté sur la maternelle (Luc, 1982). Pour cela, une attention pourrait être accordée aux acteurs et actrices de terrain, en réalisant une histoire par le bas : institutrices, personnels des écoles normales, corps d’inspection qui méritent d’être davantage étudiés (Huguet et Luc, 2002). En effet, ces enseignants, femmes pour la plupart, ont appliqué les normes officielles en les interprétant, en les faisant évoluer du fait des conditions de travail diverses, des contraintes et représentations multiples. Une attention particulière pourrait également être portée aux réceptions, circulations et transferts des idées et des pratiques pédagogiques (Hofstetter et Droux, 2015 ; Matasci, 2015), en cherchant notamment à saisir dans ce cadre comment se comprend une maternelle française se voulant spécifique. Un intérêt sera porté, conjointement, aux analyses de contre-modèles ou de modèles parallèles, pédagogies différentes en direction de ce public particulier (Go, 2016 ; Go et Riondet, 2020) ou de temporalités politiques autres (Dupeyron, 2020).

Axes proposés

  1. La construction du modèle et des finalités

Ce premier axe porte sur les débuts de la Troisième République jusqu’à 1921, date du décret qui institutionnalise clairement l’école maternelle comme école spécifique à la seconde petite enfance. Il s’agirait de revenir sur ces années présentées par les autorités comme le moment d’une construction quasi linéaire de l’école maternelle française inspirée par Pauline Kergomard, pour montrer que coexistent durant ces premières années plusieurs types d’établissements incarnant chacun des représentations de l’enfant, du lien avec la famille et le primaire, de la pédagogie : la salle d’asile rejetée et critiquée mais dont le matériel et le mobilier se retrouvent dans un nombre non négligeable de salles de classe jusque dans l’Entre-deux-guerres ; les jardinières d’enfants et la pédagogie Froebel qui est touchée par les enjeux politiques avec l’Allemagne (Fontaine et Goubet, 2016), les classes et sections enfantines qui accordent moins de spécificité à cette tranche d’âge que l’école maternelle. Revenir sur les choix et les traductions, hybridations entre modèles faits durant cette période permettrait de cerner les diverses représentations de la seconde petite enfance, de sa scolarisation, du rôle de l’adulte.

  1. La cristallisation et l’institutionnalisation : réseaux, acteurs, actrices,

Dès les années 1920, une représentation de l’école maternelle se structure davantage et se diffuse par plusieurs canaux (revues, formations, manuels). Elle est aussi affinée et défendue par des personnes comme les inspectrices et inspecteurs, les éditeurs ou les associations de spécialistes telle que l’AGIEM (Kolly, 2017). Questionner les circulations et les réseaux d’acteurs et actrices qui contribuent à faire connaître l’école maternelle à la française permet de reconstituer les réseaux d’acteur.rice.s et les espaces d’échanges de représentations de la seconde petite enfance. L’école maternelle, présentée comme un témoignage de l’excellence scolaire à la française, devient l’objet d’attentions et d’enjeux idéologiques par les collectivités locales, notamment les banlieues rouges (Bellanger, 2017) ou les municipalités conservatrices qui défendent la famille. L’école maternelle comme « vitrine » dès le Congrès de la Petite enfance en 1931 devient dès lors un modèle exportable, y compris à l’international.

  1. Interprétations et inventions de l’école maternelle : de nouvelles pratiques et représentations

Cependant, d’autres représentations de ce que doit être la scolarisation de la seconde enfance existent. Elles amènent à des hybridations, des contestations voire des inventions des pratiques pédagogiques, tant au sein de la nébuleuse de l’Éducation nouvelle que dans des pratiques relatives à des pratiques pédagogiques spécifiques, comme celles des Freinet, en particulier celles d’Élise Freinet (Go et Riondet, 2021), mais également les pratiques montessoriennes (Gilsoul, 2014). L’étude des classes de maternelle de l’enseignement privé serait également appréciée. Comment ces différents modèles circulent-ils, sont-ils appropriés, mixés, voire contestés ?

Modalités pratiques d'envoi de propositions

Les propositions de contributions, qui devront nécessairement adopter une approche historique, s’organiseront de la manière suivante : un texte de de 3000 signes avec titre, le(s) axe (s) dans le(s)quel(s) s’inscrit la proposition, une présentation des hypothèses et des sources mobilisées, une rapide bibliographie (2 à 5 références) et une courte biographie.

Date limite d’envoi des propositions : 15 juin 2021

Réponse donnée aux auteurs : 30 juin 2021

Les propositions acceptées donneront lieu à des articles de 35000 signes espaces compris, à remettre au plus tard le 2 novembre 2021. Ils suivront ensuite le processus habituel d’expertise en double aveugle, pour une publication en 2022.

Mots clés : jeune enfant, maternelle, institutions, pédagogie, inégalités

Bibliographie indicative

BELLANGER Emmanuel, Ivry Banlieue rouge. Capitale du communisme français – XXe siècle, Grâne, Créaphis éditions, 2017.

BESSE, Jean-Marie, Ovide Decroly, psychologue et éducateur, Toulouse, Privat, 1982.

BOUVE, C. (2010). L’utopie des crèches françaises au XIXe siècle : un pari sur l’enfant pauvre. Essai socio-historique. Peter Lang.

CHALINE, Nadine, CHOLVY, Gérard (dir.), L’enseignement catholique en France au XIXe et XXe siècles, Paris, Cerf, 1995.

CHALMEL, L. (1996, 2000, 2005). La petite école dans l’école. Origine piétiste-morave de l’école maternelle française. Berne, Paris, Peter Lang


COSNIER Colette, Marie Pape-Carpantier. De l’école maternelle à l’école de filles, Paris, L’Harmattan, 1993

DAJEZ, F. (1994). Les origines de l’école maternelle. Presses Universitaires de France.

DROUX J., HOFSTETTER, R. (dir.), Globalisation des mondes de l’éducation. Circulations, connexions, réfactions, XIXe-XXe siècles, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2015.

DUPEYRON, J.-F. (2020). À l’école de la Commune de Paris. L’histoire d’une autre école. Dijon : Éditions Raison et Passions.

FONTAINE, A. et GOUBET, A. (2016). « Transferts culturels et réceptions de la pédagogie allemande dans l’espace francophone (XVIIIe-XXe siècles) », Revue germanique internationale [En ligne], 23 | 2016, URL : http://rgi.revues.org/1574.

GILSOUL, M. (2014). « Maria Montessori et la France. Genèse d’une histoire ». History of Education & Children’s Literature, IX, 2, 2014, p. 379-398.

GO, H. (2016). Élise Freinet, une pédagogue de l’art enfantin. Carrefours de l'éducation, 1(1), 223-240. https://doi.org/10.3917/cdle.041.0223

GO, H. et RIONDET, X. (2020). À côté de Freinet, volumes 1 et 2. PUN – Editions Universitaires de Lorraine.

HUGUET Françoise, LUC Jean-Noël, « Des salles d’asile aux écoles maternelles (1837-1939) », in Jean-Pierre RIOUX (dir.), Deux cents ans d’inspection générale (1802-2000), Paris, Fayard, 2002.

KLEIN Bernard, Marie Pape-Carpantier : le combat d’une femme pédagogue pour l’éducation de la petite enfance, Thèse de Sciences de l’éducation, Université de Rouen, 2007

KOLLY, B. (2017). Une politique de l’enfance : l’AGIEM. In M. Fabre, H.L. Go & E. Prairat (Ed.), Éthique et politiques éducatives (p. 105-121). Presses Universitaires de Nancy – Éditions Universitaires de Lorraine.

LUC Jean-Noël, « Je suis petit mais important : La scolarisation des jeunes enfants en France du début du XIXe siècle à nos jours », Carrefours de l'éducation, vol. 30, n° 2, 2010, p. 9-22.

LUC Jean-Noël, L’école maternelle en Europe XIXe-XXe siècles Histoire de l’éducation, n° 82, 1999

LUC Jean-Noël, L’invention du jeune enfant au XIXe siècle : de la salle d’asile à l’école maternelle, Paris, Belin, 1997.

LUC Jean-Noël, La petite enfance à l’école XIXe -XXe siècles : textes officiels relatifs aux salles d’asile, aux écoles maternelles, aux classes et sections enfantines, 1829-1981, Paris, INRP/Economica, 1982.

MATASCI, D. (2015). L’école républicaine et l’étranger. Une histoire internationale des réformes scolaires en France, 1870- 1914. Lyon : ENS Éditions.

PLAISANCE Eric, Pauline Kergomard et l’école maternelle, Paris, PUF, 1996.

THIVEND Marianne. L’école maternelle entre la municipalité et les familles, Lyon, 1879-1914. In : Histoire de l'éducation. n° 82, 1999. L'École maternelle en Europe. XIXe-XXe siècles, sous la direction de Jean-Noël Luc. pp. 159-188.

VIAL, J. (1989) L’école maternelle. PUF.

VINCENT-NKOULOU Micheline, « La fabrication des figures de deux pédagogues en histoire de l'éducation : Jean-Frédéric Oberlin et Pauline Kergomard », Carrefours de l'éducation, vol. 24, no. 2, 2007, pp. 115-129.

Date(s)

  • Tuesday, June 15, 2021

Keywords

  • jeune enfant, maternelle, institutions, pédagogie, inégalités

Contact(s)

  • Bérengère Kolly
    courriel : berengere [dot] kolly [at] u-pec [dot] fr

Information source

  • Bérengère Kolly
    courriel : berengere [dot] kolly [at] u-pec [dot] fr

To cite this announcement

« Welcoming young children: institutions, models, networks, ideologies and practices (1880-1960) », Call for papers, Calenda, Published on Thursday, May 27, 2021, https://calenda.org/871494

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