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The temporalities of democracy

Les temporalités de la démocratie

Temporalités journal no.*35, 2022/1

Revue « Temporalités » n° 35, 2022/1

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Published on Wednesday, May 12, 2021 by Céline Guilleux

Summary

Cet appel à article porte sur une thématique qui n’a pas encore été abordée centralement dans la revue Temporalités et qui l’est de manière dispersée en sociologie politique autour de problématiques distinctes que l’on se propose ici de rapprocher (par exemple dans l’ouvrage récent de Renaud Payre et Guillaume Marel, Temporalité(s) politique(s), De Boeck, 2018). Partant d’une conception large de la notion de démocratie comme se rapportant à un ensemble d’activités spécifiquement dédiées au gouvernement de la société, deux dimensions doivent être soulignées. D’une part, ces activités se déploient dans des institutions particulières, soit des organes de l’État (parlement, gouvernement, tribunaux), sans lesquels il n’y a ni calendrier officiel ni temps public, où s’exerce un pouvoir de décision susceptible d’orienter l’action publique menée dans l’ensemble de la société. D’autre part, elles s’inscrivent dans une compétition réglée, dont l’enjeu est précisément la conquête des pouvoirs d’État que détiennent ces autorités politiques.

Announcement

Coordination

Dossier coordonné par Hervé Rayner (UNIL, Université de Lausanne), Bernard Voutat (UNIL, Université de Lausanne ) et Laurent Willemez (UVSQ, Université Paris-Saclay)

Argumentaire

Analyser les temporalités de la démocratie implique dès lors de considérer la dimension temporelle propre aux activités politiques, d’en reconnaître l’autonomie relative et les spécificités, d’analyser les relations de pouvoir qu’elle structure, mais aussi d’identifier les multiples temporalités concurrentielles qui travaillent cet espace, celles des institutions, des acteurs, des pratiques et des enjeux, relativement aux usages différenciés du temps qui s’y manifestent. Cette problématique impose également de rapporter ces temporalités particulières au fait qu’elles sont elles-mêmes tributaires d’autres formes de temporalités, celles qui sont liées aux univers sociaux extérieurs à l’espace politique stricto sensu avec lesquels celui-ci interagit. Selon des configurations variables, les décalages temporels entre les espaces politiques démocratiques et les autres secteurs de la société (judiciaire, médiatique, économique, militaire, religieux, scientifique, sanitaire, etc.) constituent dès lors un enjeu de leurs relations. Ce phénomène de désynchronisation s’observe aussi bien dans la façon dont se construit l’agenda politique comme produit de la politisation des problèmes publics que dans la formulation de politiques publiques relativement aux contraintes temporelles pesant sur leur mise en œuvre.

C’est dans cette perspective générale que ce dossier de Temporalités est conçu, qui porte à s’interroger sur les activités politiques en démocratie sous l’angle de leurs dimensions temporelles. Plusieurs chantiers sont ainsi proposés, à différents niveaux d’analyse et à l’intention des chercheurs et des chercheuses de toutes les disciplines des sciences sociales.

Les temporalités institutionnelles

À un premier niveau, les propositions de contribution pourront considérer la façon dont les institutions de démocratie libérale font l’objet d’une codification censée encadrer leur fonctionnement dans le temps de façon à en réduire l’imprévisibilité. Qu’il s’agisse de réglementer la durée des mandats électifs ou leur cumul dans le temps, de prévoir (ou non) leur synchronisation (par exemple à travers le quinquennat et l’élection subséquente de l’Assemblée nationale en France ou au contraire en instituant les midterms aux États-Unis), de répondre à l’instabilité des régimes fondés sur des coalitions politiques (via les techniques propres au parlementarisme dit rationalisé), de limiter les incertitudes propres aux procédures d’adoption des actes étatiques (consultations préalables, fixation de l’ordre du jour des assemblées, organisation des processus délibératifs, durée des sessions et des temps de parole, procédures de navette, clause d’urgence, anticipation des procédures judiciaires, etc.) ou encore de fixer les procédures référendaires ou les initiatives populaires, ou plus largement d’encadrer les formes de démocratie directe ou participative (conventions citoyennes, forums, jurys), ces règles du jeu politique issues de rapports de force politiques sont particulièrement révélatrices des enjeux, croyances et intérêts que constitue la maîtrise des temporalités concurrentes de l’action politique, l’élection et l’exercice du mandat, la délibération et la décision.

Les temporalités individuelles

À ce deuxième niveau se pose la question du rapport des acteurs du champ politique aux temporalités de leur action. Il s’agira ici d’envisager la façon dont les facteurs structurant les carrières politiques (cursus honorum, modalités d’entrée dans le métier, cumul des mandats électifs par occupation simultanée ou successive, professionnalisation, stratégies de reconversion, dimension genrée des disponibilités biographiques) affectent non seulement le profil des hommes et des femmes politiques, mais aussi leurs attitudes, attentes et comportements, leurs investissements différenciés dans les rôles disponibles aussi bien que leurs raisons d’agir. D’une manière générale, les articles pourront considérer la manière dont la précarité (certes variable) des carrières politiques renforce ou inhibe les ambitions et contribue à la sélectivité plus ou moins marquée des trajectoires biographiques. Les articles pourront revenir sur la manière dont les propriétés des carrières politiques favorisent ou au contraire réduisent les engagements (successifs ou simultanés) hors du champ politique, une question qui doit donc être envisagée dans la durée et qui permet d’interroger les manières légitimes de faire de la politique, aussi bien que les contraintes pesant sur cette activité.

Les temporalités en pratique

À ce troisième niveau, il s’agira d’envisager le rapport pratique des individus, notamment des élus, aux temporalités de l’action politique elle-même, en analysant ce que ce que ces acteurs politiques font de leur temps, ainsi que les modalités par lesquelles ils maîtrisent peu ou prou les contraintes temporelles inhérentes au métier politique. On pourrait poursuivre l’étude des agendas, qui permet d’objectiver des systèmes de relations et donc d’injonction afin de rendre compte des tensions auxquelles est soumis le personnel politique : manifester une présence continue dans l’actualité par une présence régulière dans une pluralité d’univers sociaux, répondre aux urgences de la quotidienneté politique, mettre en cohérence une prise de position ponctuelle avec un programme politique à plus long terme. On pourrait également s’intéresser à la façon dont les partis s’ajustent aux rythmes temporels de la vie politique dictés par les échéances électorales et l’organisation dans le temps des campagnes politiques. On pourrait en outre questionner la capacité des régimes démocratiques à prendre en charge des enjeux de (très) longue durée, comme le développement durable, la gestion des déchets nucléaires, l’aménagement du territoire, etc. Enfin, si le temps constitue une contrainte pour l’action, il doit également être envisagé à travers ses usages comme une ressource, la capacité à déterminer l’agenda politique, à domestiquer le temps des procédures ou à orienter les rythmes de la vie politique (accélérer, ralentir, interrompre, reporter ou amorcer une séquence) permettant d’exercer un pouvoir sur ses adversaires en agissant sur leur temps.

Autonomie / hétéronomie des temporalités de la démocratie

Si les trois niveaux d’analyse évoqués plus haut insistent sur les temporalités propres aux activités spécifiquement politiques, celles-ci ne sauraient être étudiées de façon isolée, sans considération de ce qu’elles doivent à de plus longues chaînes d’interdépendance. Question transversale, elle peut par exemple être appréhendée à travers l’emprise des médias sur la vie politique, un phénomène certes bien connu, mais qui mériterait d’être approfondi par des propositions d’articles, tant il est vrai que le travail journalistique, les sondages et plus récemment les réseaux sociaux affectent spécifiquement les rythmes temporels des enjeux politiques (de l’urgence à leur disparition) et donc des acteurs individuels ou collectifs censés les prendre en charge. Plus largement, ces rythmes sont également dictés par d’autres acteurs qui pourraient donner lieu à des contributions, mouvements sociaux et groupes d’intérêts extérieurs au champ politique, dont l’action, elle-même tributaire de temporalités propres, comporte toujours un enjeu de pouvoir lié au timing de l’agenda politique. Enfin, si la désynchronisation relative de l’espace politique par rapport aux autres univers sociaux constitue un bon indicateur du fonctionnement routinier des régimes démocratiques, l’étude des conjonctures de crise (guerre, coup d’État, crise sociale, révolution, scandale, krach boursier, épidémie, catastrophe environnementale) transformant cette marche ordinaire via la synchronisation des temporalités sectorielles, est de nature à mettre en évidence les enjeux proprement politiques des temporalités ordinaires de la vie politique.

Envoi des projets d’articles

Les auteurs devront envoyer leur proposition d’article aux coordinateurs du numéro Hervé Rayner (herve.rayner@unil.ch), Bernard Voutat (bernard.voutat@unil.ch) et Laurent Willemez (laurent.willemez@uvsq.fr), avec copie au secrétariat de rédaction de la revue (temporalites[at]revues.org).

Cette proposition, composée d’un titre et d’un résumé d’une page en français ou en anglais du projet d’article (5 000 signes maximum), ainsi que du nom, des coordonnées et de l’affiliation institutionnelle de l’auteur ou autrice, est attendue

d’ici le 30 septembre 2021.

Nous invitons les auteurs à consulter nos consignes, nos procédures ainsi que la composition de nos comités.

Calendrier récapitulatif et échéances

  • Réception des propositions (résumés de 5 000 signes maximum) : 30 septembre 2021

  • Réponse des coordinateurs : 29 octobre 2021
  • Réception des articles (50 000 signes maximum) : 31 janvier 2022
  • Retour des expertises des évaluateurs : 31 mars 2022
  • Version révisée : 30 avril 2022 Sortie du numéro : juin 2022

Évaluation

La revue Temporalités est une revue à comité de lecture (le comité de rédaction) dont les choix scientifiques sont établis chaque année par un comité d’orientation scientifique (le comité scientifique).

Les textes publiés par la revue sont de trois types :

  1. Textes s’insérant dans des dossiers et répondant à un appel à communication sur une question précise

  2. Articles scientifiques hors dossier (varia). Cette rubrique fait l’objet d’un appel à articles permanent sur la base de son projet éditorial.

  3. Notes de lecture dont le choix est confié à un chargé des comptes rendus de lecture au sein d’un des deux comités.

La procédure de sélection des articles se déroule en quatre temps :

  1. Suite à un appel à communications public diffusé largement, les coordinateurs d’un numéro, mandatés par les comités, sélectionnent les propositions d’articles reçues sur la base d’un résumé (5000 signes maximum).

  2. À réception, les articles (50,000 signes maximum) sont lus par la totalité des membres du comité de rédaction et sont confiés de façon anonyme à deux experts (l’un au sein du comité, l’autre extérieur - referees) chargés de rendre un rapport écrit et argumenté. Quatre cas de figure sont possible : A/ accepté en l’état ; B/ accepté sous réserve de modifications mineures ; C/accepté sous réserves de remaniements substantiels ; D/ refusé. (cf. fiche d’expertise en annexe) ci-dessous.

  3. Dans les cas B et C, les rapports rendus anonymes sont transmis aux auteurs, invités à soumettre une deuxième version.

  4. Les articles sont relus une dernière fois par les coordinateurs du numéro et discutés au sein du comité qui peut décider d’une nouvelle expertise.

Date(s)

  • Thursday, September 30, 2021

Keywords

  • démocratie, institution, temporalités, politique, biographie

Contact(s)

  • François Théron
    courriel : francois [dot] theron [at] uvsq [dot] fr

Information source

  • François Théron
    courriel : francois [dot] theron [at] uvsq [dot] fr

To cite this announcement

« The temporalities of democracy », Call for papers, Calenda, Published on Wednesday, May 12, 2021, https://calenda.org/873363

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