InicioResponsibility for Global Structural Injustices: A Focus on Poverty, Climate Change and Migrations

InicioResponsibility for Global Structural Injustices: A Focus on Poverty, Climate Change and Migrations

*  *  *

Publicado el lunes 31 de mayo de 2021 por Céline Guilleux

Resumen

Ce colloque propose d’examiner comment le concept d’injustice structurelle développé par Iris Marion Young dans son ouvrage Responsibility for Justice peut éclairer les conceptions morales et politiques de la responsabilité, ainsi que les principes normatifs d’attribution de la responsabilité (capacité, contribution, bénéfice, etc.), dans trois domaines spécifiques : la lutte contre la pauvreté, la protection de l’environnement et la prise en charge des réfugiés. Il s’agira, d’une part, de tenter de comprendre la nature des responsabilités transnationales dans ces trois champs ; et, d’autre part, de se demander si elles peuvent entrer en dialogue, ou si elles sont vouées à demeurer irrémédiablement conflictuelles.

Anuncio

Argumentaire

Depuis les travaux séminaux de Peter Singer, la philosophie normative s’est efforcée de penser les obligations morales des individus au-delà de leurs appartenances nationales particulières. Or, au contact de problèmes globaux de plus en plus complexes, les théoriciens ont récemment été appelés à une reconceptualisation de la responsabilité. Face à un système économique global de plus en plus interdépendant, marqué par des inégalités grandissantes au sein des pays et entre eux, par le manque de coopération dans la lutte contre le réchauffement climatique, et par l’intensification de flux migratoires internationaux pour des raisons environnementales et économiques entraînant une augmentation du nombre de réfugiés, les théories traditionnelles de la responsabilité (liability models of responsibility) semblent insuffisantes, voire inopérantes.

Dans son ouvrage Responsibility for Justice, Young développe le concept d’injustices structurelles. Selon elle, celles-ci résultent d’actions d’agents qui respectent néanmoins les règles institutionnelles et les pratiques communément admises. En présence d’injustice structurelle, il n’est pas possible d’établir un lien de causalité entre un acteur précis et un tort commis. Dans ces cas, les actions de chaque individu prises isolément ne contribuent pas directement aux injustices que d’autres subissent, mais y concourent plutôt de façon indirecte, collective ou cumulative, en produisant des contraintes structurelles pour certains, et des opportunités pour d’autres. Young a appliqué son modèle de connexion sociale pour traiter des injustices structurelles dans le cadre des relations internationales de travail, avec son analyse des ateliers de fortune (sweatshops). Dans quelle mesure son modèle peut-il nous aider à répondre aux questions générales d’identification et de détermination de responsabilités ?

Le modèle de la connexion sociale d'Iris Marion Young a suscité de nombreux débats sur le problème de l'attribution des responsabilités dans des contextes d'injustice structurelle. Les théoriciens font face en particulier à deux types de défis corrélatifs : d’un côté, ceux liés à la tâche d’identifier les agents responsables, et de l’autre, ceux qui concernent la détermination le contenu des responsabilités et de la part qui revient à chaque agent.

S’agissant de la première question, elle revient à se demander quels agents devraient avoir la responsabilité de réparer les préjudices et les injustices au niveau mondial. Si les États sont généralement considérés comme les principaux agents de la justice, leurs efforts peuvent néanmoins être limités, non coordonnés et même nuisibles ; dès lors, comment ces responsabilités devraient-elles être réparties entre les États et les acteurs non étatiques ? Pour répondre à ces interrogations, il faut donc identifier 1) quels agents devraient s'attaquer aux injustices mondiales, 2) qui sont ces agents (privés ou publics, individuels ou collectifs, locaux, régionaux, nationaux ou transnationaux, etc.), et 3) quels sont les critères d'une répartition juste et efficace des responsabilités pour remédier aux injustices mondiales.

Le deuxième type de défis mentionné, consistant à déterminer le contenu des responsabilités des agents pertinents, soulève également une série de problèmes propres à la particularisation :

  • Le problème de la faisibilité: L’attribution et la prise en charge de telles responsabilités présuppose-t-elle un état des choses qui pourrait être satisfait ? En effet, verser dans un certain utopisme et attribuer des objectifs irréalistes ou inatteignables à certains agents peut avoir des répercussions délétères aux niveaux conceptuel (inefficacité) et pratique (épuisement des agents et des ressources). Quelles contraintes irrévocables doivent guider la distribution des responsabilité afin d’être réalistes ?
  • Le problème de l’excès : concernant les responsabilités individuelles, ne court-on pas le risque de définir des exigences illimitées ? Peut-on demander des choses impossibles, ou fonder des obligations que nul.le n’est en mesure d’assumer ?
  • Le problème de l’indétermination et de la surdétermination : les critères d’identification des agents responsables ne doivent-ils pas être suffisamment précis pour ne pas laisser d’incertitude quant à leurs obligations ? Autrement dit, dans quelle mesure l’absence de mandat clairement défini est-elle un problème ? Inversement, les critères de détermination peuvent donner lieu à des situations dans lesquelles plusieurs agents sont habilités à assumer une même responsabilité (problème du recoupement). Dans ce cas, y a-t-il de manières de hiérarchiser l’attribution des responsabilités ? Selon quels critères ?
  • Le problème de l’application des obligations : comment faire en sorte que les agents responsables prennent acte de leurs responsabilités, et assument les obligations qui en découlent ? Cette application exige-t-elle l’existence d’institutions ou d’organisations chargées de punir les réfractaires ? Suppose-t-elle le dépassement de problèmes d’action collective et de motivation individuelle ?

Ce colloque examine comment le concept d'injustice structurelle peut éclairer les conceptions morales et politiques de la responsabilité, ainsi que les principes normatifs d'attribution de la responsabilité (capacité, contribution, bénéfice, etc.), dans trois domaines spécifiques : la lutte contre la pauvreté, la protection de l'environnement et la prise en charge des réfugiés. Plusieurs discussions récentes concernant la justice distributive mondiale, la justice climatique et l'éthique des migrations se sont concentrées sur les questions qui découlent de l'attribution de la responsabilité dans le cadre des injustices structurelles globales. Pourtant, ces discussions sont souvent déconnectées. Nous pensons que les chercheurs qui travaillent sur ces sujets ont tout à gagner à se réunir pour partager leurs vues. Il s’agira, d’une part, de tenter de comprendre la nature des responsabilités transnationales dans ces trois champs ; et, d’autre part, de se demander si elles peuvent entrer en dialogue, ou si elles sont vouées à demeurer irrémédiablement conflictuelles.

Comité d'organisation

  • Juliette Monvoisin (Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
  • Pedro Lippmann (Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
  • Corentin Lelong (Lyon 3/U.de Montréal)
  • François Boucher (KU Leuven)

Programme

June 10

14.00 -14.10 (local Paris time) Welcome and Introduction

14.10- 16.10 Global Structural Injustice, Migration, and Responsibility

  • Christine Straehle (Hamburg) : Migration, Climate Change, and Voluntariness: On the Specific Harm that Persists Even in Cases of Relocation
  • François Boucher (KU Leuven) : Structural Injustice, Collective Responsibility and the Allocation of Duties to Protect Refugees
  • Juliette Monvoisin (Paris 1 Panthéon Sorbonne) : Michael Walzer, States’ Obligations to Admit Refugees as a Form of Compensation, and Global Structural Injustices

Break

16.40- 18.00 Poverty, Social Exclusion and Responsibility for Structural Injustices

  • Isabelle Aubert (Paris 1 Panthéon Sorbonne) : Exclusion sociale et responsabilité. Réflexions à partir d’Iris Young.
  • Pedro Lippmann (Paris 1 Panthéon Sorbonne) : Taking Up Responsibility Against Poverty:  Political Responsibilities and Participatory Policies in Poverty Reduction

June 11

14.00-16.00 Structural Injustice and Responsibility: Conceptual Groundwork

  • Simon Caney (Warwick) : Self-Emancipation and Structural Injustice
  • Maeve McKeown (Cambridge) : A New Typology of Structural Injustice
  • Marie Garrau (Paris 1 Panthéon Sorbonne) : Reconnaître nos responsabilités

Break

16.30-18.00 Global Structural Injustice and Environmental Responsibility

  • Catherine Larrère (Paris 1 Panthéon Sorbonne) : Que signifie « global » dans la responsabilité globale de la crise environnementale ?
  • Corentin Lelong (Lyon 3/U. de Montréal) : Climate Change, Territorial Losses, and Responsibility

Modalités de participation

En ligne

Fecha(s)

  • jueves 10 de junio de 2021
  • viernes 11 de junio de 2021

Palabras claves

  • injustice structurelle, justice globale, pauvreté, changement climatique, migration

Contactos

  • Juliette Monvoisin
    courriel : conference [dot] responsibility2021 [at] gmail [dot] com

Fuente de la información

  • Juliette Monvoisin
    courriel : conference [dot] responsibility2021 [at] gmail [dot] com

Para citar este anuncio

« Responsibility for Global Structural Injustices: A Focus on Poverty, Climate Change and Migrations », Coloquio, Calenda, Publicado el lunes 31 de mayo de 2021, https://calenda.org/881015

Archivar este anuncio

  • Google Agenda
  • iCal
Buscar en OpenEdition Search

Se le redirigirá a OpenEdition Search