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Patrimoine culturel immatériel et musées

Immaterial cultural heritage and museums

Vers un « tiers-lieu » dans le secteur du patrimoine ?

Towards a "third place" in the heritage sector?

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Publicado el lunes 13 de septiembre de 2021 por Céline Guilleux

Resumen

Où, quand et comment les musées et le patrimoine culturel immatériel (PCI) se rencontrent-ils ? L’institution muséale s’est fondée en Europe sur un « régime d’objet » et des valeurs d’authenticité qui semblent antinomiques avec le PCI. Ce dernier est par définition en constante évolution. Or par leurs collections, certains musées inscrivent pleinement leurs missions et préoccupations dans ce champ et agissent comme des acteurs de la sauvegarde. Les points de convergence sont en effet nombreux entre fonctions et dispositifs muséaux, d’une part, pratiques et mesures de sauvegarde du patrimoine vivant, d’autre part. Les musées peuvent ainsi jouer un rôle essentiel dans l’éducation au PCI et dans sa transmission en dédiant un espace à ses détenteurs. Ils peuvent aussi accompagner efficacement la mise en œuvre de méthodologies d’inventaires avec les communautés en vue de la sauvegarde du PCI.

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8e colloque international de l’ethnopôle

Présentation

Où, quand et comment les musées et le patrimoine culturel immatériel (PCI) se rencontrent-ils ? L’institution muséale et plus généralement patrimoniale s’est fondée en Europe sur un « régime d’objet » ainsi que des valeurs d’authenticité qui semblent antinomiques avec le PCI. En effet par définition, selon l’article 2 de la Convention adoptée en 2003 par la Conférence générale de l’Unesco, les pratiques, représentations, expressions, connaissances et savoir-faire constitutifs du PCI – ainsi que les artefacts et espaces qui leurs sont associés - sont en constante évolution et recréés par les communautés, groupes et individus en fonction de leurs besoins et des enjeux du présent. Or par leurs collections notamment ethnologiques, ainsi que leur lien fondateur au territoire et à ses habitants, dont ils valorisent les expressions culturelles, certains musées en particulier, les écomusées et musées de société ou de civilisation, inscrivent pleinement leurs missions et préoccupations dans ce champ aujourd’hui désigné par la locution « PCI ».

Le cadre international de référence pose explicitement ce lien. En 2007, le Conseil international des musées (ICOM) intègre le PCI dans la définition du musée, à la suite de sa Conférence générale de 2004 consacrée à la thématique « musées et patrimoine immatériel » et sous l’influence de ses comités asiatiques. Dans le cadre de la Convention de 2003, les musées sont identifiés par les Directives opérationnelles (§109 et §118) parmi les acteurs de la sauvegarde notamment pour la collecte, la documentation et la conservation des données sur le PCI, pour la sensibilisation ainsi que la diffusion des Listes instaurées par la Convention. Ils sont largement cités dans les rapports périodiques soumis par les États parties concernant la mise en œuvre de cet instrument sur leur territoire, certains étant directement associés à une pratique inscrite sur ces listes internationales. En raison de l’exemplarité de leurs programmes en faveur du PCI, quelques-uns ont même fait l’objet d’une sélection pour le Registre des bonnes pratiques de sauvegarde. Aux côtés des praticiens, les musées font ainsi partie des « communautés patrimoniales » introduites en 2005 par la Convention-cadre du Conseil de l’Europe sur la valeur du patrimoine culturel pour la société, dite Convention de Faro, composées d’un réseau d’acteurs qui peuvent être à la fois des groupes d’individus et des organisations. En France, la loi relative à la liberté de la création, à l’architecture et au patrimoine (LCAP) adoptée en 2016, inscrit le PCI dans le Code du patrimoine qui régit notamment le secteur des musées. En 2018, l’enquête de la direction générale des Patrimoines du ministère de la Culture sur le PCI et les musées met en lumière les potentialités ouvertes par ces collaborations fructueuses, mais aussi les insuffisances, par exemple en termes de formation.

De fait, les points de convergence sont nombreux et divers entre fonctions et dispositifs muséaux d’une part, pratiques et mesures de sauvegarde du patrimoine vivant d’autre part. Outre la valorisation, notamment au travers d’expositions ou d’événements, les musées peuvent en particulier jouer un rôle essentiel dans l’éducation au PCI et dans la transmission de ce dernier en dédiant un espace à ses détenteurs, qui peut être qualifié comme un « tiers-lieu ». De même par leurs connaissances et leurs savoir-faire techniques, les praticiens peuvent contribuer à l’identification de certaines collections voire être sollicités pour la conservation et la restauration de celles-ci. Bien que les normes et systèmes de documentation des objets soient opposés aux principes participatifs du PCI, les musées peuvent aussi accompagner efficacement la mise en œuvre de méthodologies d’inventaires avec les communautés en vue de la sauvegarde. Car au-delà des questions muséographiques et scénographiques ou de médiation, c’est le partage des expertises et la remise en cause des hiérarchies qui sont en jeu dans le paradigme du PCI, et son intégration aux outils de gouvernance. Le PCI par sa valeur opérative peut ainsi contribuer à la reconnaissance des cultures populaires et à la décolonisation des approches du patrimoine, permettant aux musées de s’engager activement dans le dialogue des identités et dans les débats qui traversent les sociétés contemporaines, notamment sur l’évolution des héritages dans leurs dimensions sociales, économiques, environnementales et politiques.

Entre 2017 et 2020, le projet européen « Intangible Cultural Heritage and Museums Project » (IMP), dont le CFPCI a été l’opérateur français, a exploré et interrogé les multiples modalités d’intégration du PCI aux politiques des musées en Europe. Chercheurs et professionnels de plusieurs régions françaises et pays prolongeront la réflexion sur les opportunités de collaborations entre les musées et les communautés en vue de sauvegarder le patrimoine vivant, sur les espaces ainsi ouverts et leurs enjeux, notamment éthiques, en Europe, en Afrique et en Amérique.

Programme

(sous réserve de modification)

Dans le cadre des mesures de limitation de la propagation de la Covid-19, certaines communications pourraient être données à distances.

Jeudi 14 octobre

9h30 : Accueil

10h : Ouverture

  • Alexandra Lemercier, Adjointe à la culture,
  • Cédric Taurisson, Directeur de la Maison des Cultures du Monde-CFPCI,
  • Valérie Perlès, Chargée de mission ethnologie et PCI, délégation à l’inspection, la recherche et l’innovation (DIRI), direction générale des Patrimoines et de l’Architecture, ministère de la Culture

10h30-12h30 : PCI et muséification

  • Valérie Perlès, « “Quand le public ramène sa science” : créer les conditions du partage de l’expertise »
  • Pénélope Patrix, Chercheuse postdoctorale (sous contrat), Centro de Estudos Comparatistas, Faculté des Lettres de l’Université de Lisbonne (CEC-FLUL) « Le musée, dernière demeure ou nouveau domaine du PCI ? L’exemple du Musée du Fado (Lisbonne, Portugal) »
  • Manuela Valentino, Conservatrice des patrimoines Unesco, pôle muséal de la Ville de Mons (Wallonie), « Valorisation culturelle et scientifique d’un patrimoine immatériel, problématiques muséologiques et tiers lieu : de la création du Musée du Doudou (Ducasse rituelle de Mons) à la Maison des patrimoines Unesco (Mons, Belgique) »

Pause

14h-15h45 : Musées et communautés du PCI

  • Djamilatou Diallo, Doctorante au sein du CHCSC (EA 2448) à l’Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, Paris-Saclay, « Le musée-école de Pusol (Valence), un projet communautaire de valorisation et transmission du PCI inscrit au Registre des bonnes pratiques de l’Unesco »
  • Paul Terral, Animateur musical, Directeur de l’association Phare Ouest et du festival Les Bordées de Cancale, « Transmettre les chants de tradition maritime avec l’association Phare Ouest à Cancale en lien avec le projet d’extension du musée »

Pause

16h-17h30 : PCI, collections, enjeux éthiques

  • Michelle L. Stefano, Chercheuse à l’American Folklife Center, Library of Congress (Washington), « Museums, Archives, and ICH: Ethical Considerations »
  • Pape Massène Sène, Chercheur, Ancien Conservateur du Musée Théodore Monod de l’IFAN, Enseignant à l’Institut Supérieur des Arts et Cultures, Université Cheikh Anta Diop de Dakar, « De la restitution des objets et biens culturels à l’Afrique, le PCI dans le processus d’identification et de réappropriation »

Vendredi 15 octobre

9h00 : Accueil

9h15-10h30 : Musées, société, gouvernance

  • Bénédicte Rolland-Villemot, Conservatrice en chef du patrimoine, service des musées de France, direction générale des patrimoines et de l’architecture, ministère de la Culture, « Le PCI, quels outils pour quels musées ? »
  • Mathilde Esquer, Directrice du Musée d’Ossau (Arudy), « Le PCI au cœur d’un projet scientifique et culturel renouvelé »

Pause

10h45-12h00 : Musées, communautés, outre-mer

  • Abdoul-Karime Ben Saïd, Attaché de Conservation, Directeur du Musée de Mayotte (MuMA) et Achoura Boinaïdi, Chargée des enquêtes-collectes au MuMa, « Debaa des femmes, mawlida shenge entre pratiques vivantes, démarche de connaissance et de sauvegarde par le musée de Mayotte (MuMA) » [en distanciel]
  • Valentina Vapnarsky, Directrice de recherche au CNRS, Directrice du Centre Enseignement et Recherche en Ethnologie Amérindienne du LESC et Fabienne de Pierrebourg, Responsable de collection Amériques, musée du quai Branly-Jacques Chirac, « “Réveiller les objets et savoir endormis”, entre villages amérindiens et musées européens. Retours d’expérience du projet SAWA (Savoirs autochtones wayana-apalaï (Guyane) – Une nouvelle approche de la restitution et ses implications sur les formes de transmission) »

12h00-12h30 : Présentation de clôture

  • Jorijn Neyrinck, Directrice de Werkplaats immaterieel erfgoed (Workshop intangible heritage (BE)), « Une coopération transnationale en Europe : partager et développer les expériences autour du PCI et des musées (ICH & Museums Project - IMP) »

Informations pratiques

L’accès à l’auditorium Mozart est conditionné à la présentation d’un pass sanitaire.

Entrée libre sur inscription.

Un lien de connexion sera envoyé par courriel en amont du colloque aux participants en distanciel.

Soutien

Avec le soutien de la direction générale des Patrimoines et de l’Architecture du ministère de la Culture et de la Ville de Vitré, en collaboration avec le réseau européen « Intangible Cultural Heritage & Museums Project (IMP) » et les Universités Rennes 2 et de Bretagne Occidentale

Lugares

  • auditorium Mozart - Centre culturel Jacques Duhamel, 2, rue de Strasbourg
    Vitré, Francia (35)

Fecha(s)

  • jueves 14 de octubre de 2021
  • viernes 15 de octubre de 2021

Palabras claves

  • patrimoine, patrimoine culturel immatériel, musée, communauté, peuple autochtone

Contactos

  • Lily Martinet
    courriel : mission [dot] pci [at] maisondesculturesdumonde [dot] org

Fuente de la información

  • Lily Martinet
    courriel : mission [dot] pci [at] maisondesculturesdumonde [dot] org

Para citar este anuncio

« Patrimoine culturel immatériel et musées », Coloquio, Calenda, Publicado el lunes 13 de septiembre de 2021, https://calenda.org/908050

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