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Désœuvrer

Un-work

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Publicado quinta, 07 de outubro de 2021 por Céline Guilleux

Resumo

Ce colloque international a pour objectif de renouveler les discours sur l’oisiveté en art, prenant pour objet toutes les formes artistiques du désœuvrement (volontaire mais aussi, parfois, subi) du milieu des années 1940 à nos jours, interrogeant également le refus de faire œuvre et les stratégies anti-productivistes.

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Présentation

Aux dires d’André Breton, Saint-Pol-Roux faisait poser à l’entrée de son manoir un écritoire indiquant « Le poète travaille » lorsqu’il allait se coucher. Depuis, le capitalisme est parti à l’assaut du sommeil (Jonathan Crary) et digère jusqu’à l’improductivité. Car si le monde de l’art contemporain est hanté par des figures tutélaires enclines à l’oisiveté, ce sont désormais les médias et les « communicant·e·s » qui font de l’apologie du temps suspendu un leitmotiv. Celui-ci devient un argument de vente tout autant qu’une manière de se laver des accusations de frénésie capitaliste et de participation aux crises écologiques, sociales et financières. Au-delà de l’effet de mode, la mise à l’arrêt soudaine de la plupart des activités pendant le confinement d’ampleur mondiale a permis d’interroger dans des proportions nouvelles un modèle de société fondé sur l’accumulation, ouvrant des champs de réflexion et de création jusque-là marginaux et peu explorés.

Les artistes s’interrogent et nous interrogent : faire ou ne pas faire ? Produire ou ne pas produire ? Créer ou ne pas créer ? Faire, produire et créer, mais moins ? Depuis les années 1950, des poètes, peintres, sculpteurs·rices, performeur·euses, cinéastes et chorégraphes ont choisi de désoeuvrer, au sens actif et transitif du verbe. Ces artistes ont pris le parti de faire œuvre tout en faisant moins, en ne faisant pas, ou en faisant autre chose, privilégiant le voyage, la fête, l’ennui… Ils et elles ont inventé des gestes et des opérations capables de déjouer toute attente vis-à-vis de leur statut d’artiste.

Mais quelle est la singularité du désoeuvrement après 1945 ? Car le sujet n’est pas nouveau : Duchamp l’anartiste élevait de la poussière avec Man Ray et le XIXe siècle semble hanté de figures oisives (des « Barbus » de l’atelier de David qui venaient y jouer de la lyre au lieu d’y peindre à l’Oblomov de Gontcharov). Penser cette question depuis les années 1945 implique de prendre en compte les circonstances politiques, économiques et sociales, en particulier la place du travail dans la société du temps. À l’évidence, désoeuvrer en 1950 n’est pas désoeuvrer en 2020, ni en 1850. C’est une histoire du productivisme (y compris du productivisme artistique) qui pourrait se dessiner en creux, accompagnant les évolutions de l’idée de « travail » artistique.

Programme

Mercredi 13 octobre

École normale supérieure (salle des Actes) et en ligne

  • 9h00 – 9h30 Accueil des participantes et participants 
  • 9h30 – 9h45 Ouverture du colloque 
  • 9h45 – 10h Introduction par Morgan Labar, Armance Léger et Killian Rauline

L’artiste en (non) travailleur : stratégies du refus dans les années 1960 – 1980

  • 10h – 10h30 “A bunch of freaks and their stuff” : Paul Thek, The Artist’s Co-op, et un document de désœuvrement, par James Horton (ENS, France)
  • 10h30 – 11h Refuser en dormant : stratégies de résistance au travail dans l’art contemporain des années 1970 et 1980, par Camille Richert (Sciences Po Paris, France)

11h – 11h15 Pause

  • 11h15 – 11h45 Keith Arnatt – Not Doing (As) Art, par Christian Berger (université de Mainz, Allemagne).
  • 11h45 – 12h15 “Years Without Art” L’appel de Gustav Metzger à révolutionner le monde de l’art, par Emmanuelle Raingeval (université de Picardie Jules Verne, France)

12h15 – 14h15 Pause déjeuner

  • 14h15 – 15h15 Valse à trois temps : Pierre Buraglio (artiste) en conversation avec Armance Léger (ENS, France) et Killian Rauline (École du Louvre/ENS, France)
  • 15h 15 – 15h 45 « À quoi me sert encore de vouloir être artiste ? », par Ségolène Thuillart (artiste, France)

15h45 – 16h Pause

Sabotages et détournements dans les années 1960 – 1980

Modération : Éric de Chassey (INHA) 

  • 16h – 16h 30 The “Klapheck computer” : Deregulated Machines and Surrealist Sabotage in the 1960s, par Abigail Susik (Willamette University, États-Unis)
  • 16h30 – 17h Désœuvrement with or without Aesthetics : The Case of Ugo La Pietra, Maureen Winter (Northwestern University, États-Unis) et Igor Fardin (École polytechnique de Turin, Italie)
  • 17h – 17h30 Work and Un-work in the Art of KwieKulik Duo and Other Avant-Garde Artists of the 1970s in the Context of People’s Republic of Poland, par Wiktoria Szczupacka (Institut des arts de l’académie polonaise des sciences, Pologne)

17h30 – 17h45 Pause

  • 17h45 Projection du film Anomalies Construites de Julien Prévieux (2011, 7min) et conclusion de la journée

Jeudi 14 octobre

École du Louvre (amphithéâtre Dürer) et en ligne

  • 9h – 9h15 Accueil des participantes et participants 
  • 9h15 – 9h30 Introduction par Morgan Labar, Armance Léger et Killian Rauline

De l’abattement à la « dépression réussie »

Modération : François-René Martin (Beaux-Arts de Paris / École du Louvre, France)

  • 9h30 – 10h « L’impossibilité matérielle de se réaliser » : l’emprisonnement du sculpteur André Lasserre (1902-1981), par Lorena Ehrbar (université de Lausanne, Suisse)
  • 10h – 10h30 Existe-t-il une architecture du désœuvrement ? par Thomas Richard (architecte indépendant, université Jean Moulin Lyon III, France)

10h30 – 10h45 Pause  

Gestes et pratiques du désœuvrement au cinéma

Modération : Jonathan Pouthier (MNAM-CCI, centre Georges Pompidou)

  • 10h45 – 11h15 Puissance-de-ne-pas et désœuvrement monastique, d’Agamben à Rossellini, par Olivier Cheval (Paris 8 Vincennes – Saint Denis, France) 
  • 11h15 – 11h45 Prospectographies. Écriture du projet et modernité dans le cinéma italien : Antonio Pietrangeli, Pier Paolo Pasolini, Dario Fo, Tullio Pinelli, par Esther Hallé-Saito (ENS de Lyon, France) 
  • 11h45 – 12h15 Le travail de décantation ou la technicité du temps d’arrêt en montage, par Pedro Branco (Brunel University, Royaume-Uni / université de Brasilia, Brésil) 

12h15 – 14h15 Pause déjeuner

Paresse, repos et résistances

Modération : Sophie Cras (université Paris I) 

  • 14h15 – 14h45 The Right to Rest, par Salomé Burstein (Royal Institute of Arts, Stockholm, Suède) et Nat Skoczylas (artiste, Pologne), avec la complicité du Werker Collective 
  • 14h45 – 15h15 « Ceci n’est pas un objet d’art. » Marcel Broodthaers et la stratégie de la nonchalance, par Margaux Van Uytvanck (université libre de Bruxelles, Belgique)

15h15 – 15h30 Pause

  • 15h30 – 16h00 Unworking Bodies, par Sofia Caesar (LUCA School of Arts, Belgique) et Steyn Bergs (université libre d’Amsterdam / université d’Utrecht, Pays-Bas)
  • 16h00 – 16h30 Staying at Home. Curating, Care and the Governmentality of Un/Work from a PostCovid Perspective, par Nanne Buurman (Kunsthochschule Kassel, Allemagne) 

16h30 – 17h Pause

Perspectives décroissantes

Modération : Guitemie Maldonado (Beaux-Arts de Paris / École du Louvre)

  • 17h – 17h30 Le désouvrage architectural comme pierre de lance d’un renouveau de l’architecteauteur, par Philippine Moncomble (ENSA Marseille, France)
  • 17h30 – 18h Des œuvres en régime décroissant, par Claire Gauzente (université de Nantes, France), Benoit Pascaud (École des Beaux-Arts de Nantes, France), Thomasine Zoler (université d’Angers, France) 

Conclusion de la journée 

Vendredi 15 octobre

Beaux-Arts de Paris (amphithéâtre d’honneur) et en ligne

9h00 – 9h15 Introduction par Morgan Labar, Armance Léger et Killian Rauline

Le « loisir fécond » : oisiveté et production

Modération : Pascale Riou (université Grenoble Alpes)

  • 9h15 – 9h45 De l’oisiveté à la chronodiversité, par Javier Bassas Vila (université de Barcelone, Espagne), Raquel Friera (artiste, Espagne)
  • 9h45 – 10h15 Otium et construction de soi. Le désœuvrement à l’épreuve du loisir fécond, par Jean-Miguel Pire (EPHE, France)
  • 10h15 – 10h45 La Fédération nationale des artistes peintres amateurs (1950) : portrait de l’amateur en travailleur, par Hadrien Viraben (Le Mans Université, France)

10h45 – 11h      Pause

  • 11h – 11h30 Écrire intransitivement : la peinture de Roland Barthes, par Ruiqi Wang (université de Paris, France)
  • 11h30 – 12h Managing Surplus : Allan Kaprow and the Leisure Crisis, par Ellen C. Feiss (université de Berkeley, États-Unis)

12h – 12h15 Pause

  • 12h15 – 13h 1971 – 1976, le temps de l’oxygénation, par Bernar Venet (artiste) en conversation avec Denys Riout (historien de l’art)

Conclusion du colloque

Organisateurs

Morgan Labar (École normale supérieure / École supérieure d’art d’Avignon)

Armance Léger (École normale supérieure)

Killian Rauline (École normale supérieure / École du Louvre). 

Informations pratiques

Pour assister au colloque sur place, inscription obligatoire en ligne.

Pour assister au colloque en ligne, informations.

Le pass sanitaire sera demandé à l’entrée de chaque établissement.

Événement associé au colloque

Soirée du vendredi 15 octobre 19h30

projection du film L’enfant secret de Philippe Garrel (1979, 95min), présentée par Thibault Grasshoff (université d’Aix-Marseille)

École normale supérieure (salle Dussane)

 

Locais

  • Ecole nationale supérieure des Beaux Arts, 14 Rue Bonaparte
    Paris, França (75006)

Formato do evento

Evento híbrido (online e no local)


Datas

  • quarta, 13 de outubro de 2021
  • quinta, 14 de outubro de 2021
  • sexta, 15 de outubro de 2021

Palavras-chave

  • désoeuvrement, paresse, oisiveté, non-travail, refus, repos, œuvre, processus créatif, productivisme, dépression, art contemporain, confinement

Contactos

  • Armance Léger
    courriel : desoeuvrer [at] gmail [dot] com

Urls de referência

Fonte da informação

  • Armance Léger
    courriel : desoeuvrer [at] gmail [dot] com

Para citar este anúncio

« Désœuvrer », Colóquio, Calenda, Publicado quinta, 07 de outubro de 2021, https://calenda.org/918439

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