HomeLes mouvements sociaux dans le monde d’aujourd’hui

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Published on Friday, November 05, 2021 by Céline Guilleux

Summary

L’émergence des nouveaux mouvements sociaux met fin à un compromis historique entre la sphère économique et la sphère sociale tel que le symbolisait l’État-providence. Ils se placent en dehors du système politique et organisent de nouvelles formes de protestation (sit-in, occupation de locaux, grèves de la faim), mettant en avant leur caractère ludique ou expressive (gay pride). Pratiquement, la question de l’appropriation et de la réappropriation de l’espace apparait comme une question centrale. Effectivement, ces mouvements se disent promoteurs de changement social, que ce changement soit par la réforme ou par la révolution. Une ambiguïté persiste cependant : aujourd’hui les nouveaux mouvements sociaux sont-ils tous véritablement en lutte pour faire évoluer la société ? Il se pourrait tout aussi bien s’agir de groupes de pression, soucieux de préserver une position sociale acquise, d’améliorer une représentation sociale ?

Announcement

Argumentaire

Le département de Sociologie organise un colloque international qui aura lieu les 6, 7 et 8 mai 2022 à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de Sfax- Tunisie.

Depuis maintenant plus d’un demi-siècle de nouveaux mouvements sociaux continuent de marquer profondément le monde d’aujourd’hui. Ces nouveaux mouvements sociaux qui ont fait leur première apparition au cours des années 1960 ne semblent pas avoir pourtant pour principe la transformation des rapports économiques.[1]

Ces nouveaux mouvements sociaux agissent au nom d’idéologies foncièrement nouvelles telles que l’écologie, le féminisme, le pacifisme, la défense des droits de l’homme, le régionalisme, etc.[2]

Ce changement de l’action collective s’expliquerait en partie par les mutations socio-économiques qui ont caractérisé les pays industriels avancés.[3] Ainsi, les nouveaux publics contestataires sont majoritairement issus de la classe moyenne, leurs revendications reposent davantage sur la question identitaire, leur participation – dégagée des structures traditionnelles – est plus sporadique et circonstanciée, et ils privilégient apparemment des modes d’action innovants et originaux.[4]

Parallèlement, certains groupes luttent pour se voir reconnaître certains droits tels que les homosexuels ou les femmes, etc. Ils sont fondés sur l’autonomie, la liberté et la responsabilité individuelle, l’égalité des droits, la solidarité ou la participation collective. Ils s’opposent à la logique impersonnelle du profit et de la concurrence, ainsi qu’à l’ordre établi.[5]

Pour Touraine, la société d’aujourd’hui, n'est pas un système ordonné ou une structure organisée en paliers avec une base économique et une série d'instances de moins en moins matérielles (sociale, politique, culturelle); elle n'est pas un drame non plus, ni une intention, ni une situation, ni une chose, mais le résultat de l'action sociale, le produit des relations sociales. Elle est une hiérarchie de systèmes d'action, un réseau de mouvements sociaux, de luttes politiques et de créations culturelles. La société agit sur elle-même et produit la culture à travers une suite de conflits. C'est un système d'acteurs défini par l'action culturelle et par les orientations culturelles opérant à trois niveaux : celui de l'historicité (le système d'action historique et des rapports de classe), celui des décisions et des institutions politiques, et celui du fonctionnement organisationnel. L'historicité, qui est un des concepts clés de Touraine, c'est l'action créatrice par laquelle la société se transforme elle-même à travers la lutte et le conflit. Elle est l'autoproduction des pratiques et de l'action sociales et culturelles d'une société donnée[6]

Touraine est maintenant reconnu comme l'un des plus importants chercheurs et théoriciens des mouvements sociaux. Il devient une référence incontournable à ce sujet. Pour lui, les mouvements sociaux ne sont pas les simples supports de revendications matérielles ressemblant tous à des groupes de pression. Il faut prendre en compte aussi les contenus idéologiques, les dimensions de solidarités et d’hostilité à l’égard de l’adversaire, c’est-à-dire réintroduire une certaine dimension subjective. Tout mouvement doit donc s’analyser à partir de trois questions : qui est l’acteur de classe ? quel est son adversaire de classe ? quel est l’enjeu de la lutte ?[7]

Pour lui, le mouvement social est constitué de trois éléments : la défense de l'identité et des intérêts propres, la lutte contre un adversaire, et la vision commune que partagent le mouvement et son adversaire. En termes néo-hégéliens, on pourrait donc dire qu'un mouvement social est caractérisé par son identité, son opposition, et sa totalité. Un mouvement social, par conséquent, c'est une action collective voulue et organisée à travers laquelle un acteur de classe conscient de son identité et de ses intérêts propres lutte avec un adversaire identifié et ciblé pour la direction sociale de l'historicité, dans une situation historique bien concrète.[8]

Ces mouvements continuent aussi d’entretenir en parallèle une grande méfiance envers les partis politiques, les syndicats et les formes institutionnalisées de revendication politique. Ces nouvelles luttes sont caractérisées par leur éclatement : chaque groupe défend un projet unique, plus de projets globaux tels que ceux défendus par les partis politiques.[9]

Décidemment, manifestement, ce n’est pas seulement une nouvelle société, une nouvelle ère, c’est “la fin des grands récits” pour répéter une idée chère au philosophe Français Jean-François Lyotard amplement développée dans son livre La Condition postmoderne : rapport sur le savoir (1979). Cette idée témoigne de toute évidence du passage de la modernité à “la postmodernité”.[10]

Dans ce livre Lyotard tout en faisant la prophétie de l’avènement d’une nouvelle ère procède à une critique virulente de la modernité conçue par les Lumières comme un long chemin vers l’émancipation individuelle et collective. Ainsi, dans cette même logique, la politique et les arts sont appréciés conformément à leur contribution au progrès.

Sachant que la modernité qui a pris naissance avec les philosophes des Lumières considère que "l'homme est la mesure de toute chose" (humanisme). Elle rejette systématiquement l'autorité et la tradition pour les remplacer par la raison et la science. Dieu et la religion sont détrônés.  L'esprit moderne présuppose la connaissance comme accessible à l'esprit humain. Elle est considérée certaine, objective et bonne et doit nécessairement conduire au progrès. L'homme moderne a une foi absolue dans ses capacités rationnelles. Par l'observation, l'expérience et la réflexion, chacun peut découvrir la vérité. L'école est ainsi un lieu de rupture avec le milieu d'origine pour atteindre le progrès. L'éducation doit libérer l'individu de la vision étroite et irrationnelle que lui imposent ses passions, sa famille et la société pour l'ouvrir à la connaissance rationnelle.

La modernité s'est traduite certes, par un accroissement des connaissances dans tous les domaines. La mondialisation et le développement des médias ont accentué encore ce phénomène. Mais, la raison ne semble pas à même d’unifier la connaissance. On parle plutôt de coexistence de connaissances hétérogènes, de parcellisation du savoir (fragmentation, éclatement). Le rêve du progrès continu a été par ailleurs durement ébranlé par deux guerres mondiales, par l'holocauste, par le développement du nationalisme, par la crainte de la destruction nucléaire, par la dégradation de l'environnement. La technologie mise en œuvre s’avère donc déshumanisante. La raison est désormais perçue comme un instrument de puissance et de domination qui étouffe le sujet, ses sentiments, son imagination, son intuition...

Progressivement, l'optimisme de la modernité va céder la place au désenchantement et à la désillusion. La postmodernité va se présenter à la fois comme un rejet et comme un dépassement de la modernité.  La postmodernité c’est plutôt donc le constat de l’éclatement de ce récit.

À l’âge postmoderne, chaque domaine de compétence est séparé des autres et possède un critère qui lui est propre. Il n’y a aucune raison que le “vrai” du discours scientifique soit compatible avec le “juste” visé par la politique ou le “beau” de la pratique artistique.[11]

L’émergence des nouveaux mouvements sociaux met également fin à un compromis historique entre la sphère économique et la sphère sociale tel que le symbolisait l’Etat-providence. De la fin des années 40 au début des années 60, un consensus régnait sur l’alliance d’un fonctionnement libéral de l’économie et d’une protection sociale des salariés dans le but d’assurer à la fois la croissance économique et l’augmentation du pouvoir d’achat. Par conséquent, l’impératif de croissance économique justifiait une certaine division des tâches entre d’un côté, les partis politiques, qui s’occupaient de la conquête du pouvoir et de l’autre, les syndicats, qui se souciaient de défendre les intérêts sociaux.[12]

Ces nouveaux mouvements sociaux font éclater cette division des tâches en se plaçant en dehors du système politique. Ils organisent de nouvelles formes de protestation (sit-in, occupation de locaux, grèves de la faim), mettant en avant leur caractère ludique ou expressive (gay pride). Ils contestent la centralisation et la représentativité qui est le propre des sociétés démocratiques occidentales et privilégient des procédures participatives (assemblée générale, contrôle des dirigeants).[13]

Dans la suite logique de ces mouvements et depuis 2010 jusqu’à nos jours, des manifestations réclamant plus de démocratie s’étendent pour cette fois-ci pour gagner le monde entier ou presque. Ces manifestations ont envahi, les rues et les quartiers du monde arabo-musulman, ainsi que ceux des États-Unis, de la Russie, du Sud de l’Europe et de bien d’autres régions du monde. Fortement ancrés tant dans leur contexte local que national, ces mouvements sont porteurs d’espoir pour la nouvelle génération. [14]

Pratiquement, dans tous ces cas, cités, la question de l'appropriation / réappropriation de l'espace apparait comme une question centrale. Effectivement, ces mouvements se disent promoteurs de changement social, que ce changement soit par la réforme ou par la révolution.

Par ailleurs, progressivement, le « numérique » s’impose partout dans le monde comme une ressource politique majeure. Mobilisé dans une grande variété de situations, il est devenu à la fois un élément incontournable dans la boîte à outils des acteurs de terrain, un passage obligé sur le plan des discours sur la « transformation » de la démocratie, et plus largement le numérique transforme les médias, les institutions et les organisations classiques des mondes politiques, comme les oppositions et les prises de parole alternatives.[15]

Une ambiguïté persiste cependant : aujourd’hui les nouveaux mouvements sociaux sont-ils tous véritablement en lutte pour faire évoluer la société ? Il se pourrait tout aussi bien s'agir de groupes de pression, soucieux de préserver une position sociale acquise, d'améliorer une représentation sociale ?

Nous vous proposons à l'occasion de ce colloque de réfléchir à ces changements à travers sept axes principaux :

  • Axe 1 : Epistémologie des mouvements sociaux (Epistémologie du Sud)
  • Axe 2 : Les mouvements sociaux : une crise du travail et du lien social
  • Axe 3 : Les mouvements sociaux à l’ère de l’information
  • Axe 4 : le discours sur le corps dans les mouvements sociaux
  • (Mouvements sociaux et signifiants du corps et du discours)
  • Axe 5 : L’émergence des nouveaux mouvements sociaux économiques
  • Axe 6 : Religion, Politique et Mouvements sociaux
  • Axe 7 : Pour une nouvelle conception du développement

Modalités de contribution

La communication ne doit pas dépasser 20 minutes. Les propositions (titre de la communication et résumé d’une vingtaine de lignes) doivent parvenir à Monsieur Rabah Nabl. Email : rabahnebli@yahoo.fr

avant le 30 décembre 2021.

Adresse : Faculté des Lettres et Sciences Humaines, Boîte Postale 553-3000-Sfax-Tunisie

Comité scientifique

  • Rabah Nabli,
  • Béchir Larbi,
  • Moncef Guebsi,
  • Ali Elloumi,
  • Zouhair Ben Jannet,
  • Moncef Mehouachi,
  • Hafedh Abderrahim,
  • Chokri Memni Ridha Abdmouleh 

Bibliographie

Céfaï, Daniel, Lafaye, Claudette, « Lieux et moments d'une mobilisation collective - Le cas d'une association de quartier », in. Daniel Céfaï et Danny Trom, Les formes de l'action collective Mobilisations dans des arènes publiques, Paris, Editions de l’EHESS, 2001, pp. 195-228

Cohen, Valérie Dunezat Xavier, Quand des chômeurs se mobilisent, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2018

Combes, Hélène, et al. « Observer les mobilisations. Retour sur les ficelles du métier de sociologue des mouvements sociaux », Politix, vol. 93, no. 1, 2011, pp. 7-27.

Cusicanqui, Silvia Rivera, « Décoloniser la sociologie et la société », Journal des anthropologues, n°110-111, 2007, pp. 249-265

Falquet, Jules, Imbrication. Femmes, race et classe dans les mouvements sociaux, Vulaines-sur-Seine, Croquant, 2020

Fillieule, Olivier, Péchu, Cécile, Lutter ensemble. Les théories de l'action collective, Paris, L'Harmattan, 1993

Hall, Stuart, Identités et cultures 2. Politiques des différences. Dir. Maxime Cervulle. Paris, Ed. Amsterdam, 2013

Heidegger Martin Être et Temps EAN : 9782070707393   587 pages Éditeur : GALLIMARD (01/01/1986)

Le Roulley, Simon, Uhel, Matthieu (dir.), Chercheur.e. s Critiques En Terrains Critiques, Lormont, Bord de l’eau, 2020

Lyotard Jean-François, La condition postmoderne. Rapport sur le savoir Edition de Minuit1979

Masclet, Camille. « Le féminisme en héritage ? Enfants de militantes de la deuxième vague », Politix, vol.  109, no. 1, 2015, pp. 45-68.

Naudier, Delphine, Simonet, Maud (dir.), Des sociologues sans qualité, Paris, La Découverte, 2011

Pagis, Julie, Mai 68, un pavé dans leur histoire. Événements et socialisation politique, Paris, Presses de Sciences Po, 2014

Pregnolato, Anthony. « L’espace des mobilisations contre les violences des forces de l’ordre en France depuis les années 1990 », Mouvements, vol. 92, no. 4, 2017, pp. 38-47.

Pudal Bernard, Prendre parti. Pour une sociologie historique du PCF, Paris, Presses de la FNSP, 1989.

Ripoll, Fabrice. « Espaces et stratégies de résistance : répertoires d'action collective dans la France contemporaine », Espaces et sociétés, vol. 134, no. 3, 2008, pp. 83-97.

Rosanvallon, Pierre « La Crise de l'Etat-providence » Paris, Seuil,1981, 183 p

Sawicki, Frédéric et Siméant, Johanna, « Décloisonner la sociologie de l’engagement militant. Note critique sur quelques tendances récentes des travaux français », Sociologie du travail, vol. 5, n°1, 2009, pp. 97-125

Sommier Isabelle, La violence politique et son deuil. L'après 68 en France et en Italie, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 1998

Sommier, Isabelle. « Les états affectifs ou la dimension affectuelle des mouvements sociaux », in. Éric Agrikoliansky (dir.), Penser les mouvements sociaux. Conflits sociaux et contestations dans les sociétés contemporaines. La Découverte, 2010, pp. 185-202.

Tilly, Charles, Tarrow, Sydney, Politiques du Conflit, Paris, Presses de Sciences Po, 2015

Traïni, Christophe. « Des sentiments aux émotions (et vice-versa). Comment devient-on militant de la cause animale ? », Revue française de science politique, vol. vol. 60, no. 2, 2010, pp. 335-358.

Touraine, Alain, Sociologie de l'action, Paris, Éditions du Seuil (édition numérique : Les classiques des sciences sociales), 1965, 507 p

Touraine, Alain, Production de la société, Seuil, 1973 ;

 Touraine, Pour la sociologie, Seuil, 1974

Touraine, Alain. 1969. La société post-industrielle. Paris : Denoël.

Touraine, Alain. 1973. Production de la société. Paris : Seuil.

Touraine, Alain. 1973. Vie et mort du Chili populaire. Paris : Seuil.

Touraine, Alain. 1977. Un désir d’histoire. Paris : Stock.

Touraine, Alain. 1978. La voix et le regard. Paris : Seuil.

Touraine, Alain. 1980. L’après socialisme. Paris : Grasset.

Touraine, Alain. 1984. Le retour de l’acteur. Paris : Fayard.

Touraine, Alain. 1988. La parole et le sang. Paris : Odile Jacob.

Touraine, Alain. 1992. Critique de la modernité. Paris : Fayard.

Touraine, Alain. 1997. Pourrons-nous vivre ensemble ? Egaux et différents.

Paris : Fayard.

Alain Touraine (2005), Un nouveau paradigme. Pour comprendre le monde d’aujourd’hui, Fayard

Touraine, Alain. 2006. Le monde des femmes. Paris : Fayard.

Touraine, Alain. 2013. La fin des sociétés. Paris : Seuil.

Touraine, Alain. 2015. Nous, sujets humains. Paris : Seuil

Notes

[1] Dans Production de la société (1973), Alain Touraine insiste sur “l’historicité” des mouvements sociaux. Selon lui, toute société est caractérisée par un système d’action historique, c’est-à-dire un mode de production particulier. Or à chaque type de société correspond un mouvement social particulier : dans la société industrielle : le mouvement ouvrier s’articule sur l’opposition capital/travail ; dans la société postindustrielle : le pouvoir appartient aux détenteurs du savoir et de l’information qui gèrent les appareils de production et d’information dominants. Il qualifie aussi cette société de “société programmée”. La lutte s’y fait entre ces appareils et les usagers.

[2] L’examen de la perspective des "nouveaux mouvements sociaux " nous conduit à porter une attention plus particulière aux travaux d’Alain Touraine, à l’origine de la diffusion du terme de " nouveau mouvement social ", ainsi qu’à ceux d’Alberto Melucci. L’émergence de "nouveaux mouvements sociaux est liée selon ces auteurs à des changements profonds observables dans la société. Alors qu’ils contrôlaient dans la société industrielle les ressources productives, les "nouveaux mouvements sociaux " contrôlent également dans les sociétés "avancées" ou "post-industrielles", la sphère des services, de la consommation, des relations sociales

[3] Alain Touraine (2005), Un nouveau paradigme. Pour comprendre le monde d’aujourd’hui, Fayard

[4] Dans Le retour de L’acteur (Paris, Fayard, 1984), même s'il affirme que la classe ouvrière conserve encore une certaine importance dans la réalisation du changement social, à côté des nouveaux mouvements sociaux, il est clair pour Touraine qu'elle ne fait plus le poids, même si aucun autre mouvement social n'est encore arrivé à la remplacer.

[5] Dans « La voix et le regard » ouvrage dans lequel il développe un cadre conceptuel pour l’analyse des "mouvements sociaux", A. Touraine s’oppose précisément au marxisme qui sous-tend une conception des "mouvements sociaux " comme manifestation des contradictions objectives d’un système de domination26et les définit plutôt comme conduites socialement conflictuelles culturellement orientées

[6] Vaillancourt, J.-G. (1991). Mouvement ouvrier et nouveaux mouvements sociaux : l’approche d’Alain Touraine. Cahiers de recherche sociologique, (17),213–222. https://doi.org/10.7202/1002152ar

[7] Touraine Alain. Les mouvements sociaux : objet particulier ou problème central de l'analyse sociologique ? In : Revue française de sociologie, 1984, 25-1. pp. 3-19

[8] Philippe Starck Un nouveau mouvement social, Érès | « VST - Vie sociale et traitements » 2005/1 no 85 | pages 84 à 93

[9] Parallèlement, certains groupes luttent pour se voir reconnaître certains droits tels que les homosexuels ou les femmes, etc. Ils sont fondés sur l’autonomie, la liberté et la responsabilité individuelle, l’égalité des droits, la solidarité ou la participation collective. Ils s’opposent à la logique impersonnelle du profit et de la concurrence, ainsi qu’à l’ordre établi. C’est peut-être pourquoi ils observent également une méfiance envers les partis politiques, les syndicats et les formes institutionnalisées de revendication politique.

[10] Martin Heidegger pense que cette conception de voir l‘Homme comme étant cet « Être suprême » ayant le droit et le devoir de tout faire était la cause du chaos où vit l‘humanité. Il ajoute que l‘humanisme ne pense pas l‘essence de l‘être humain mais le considère comme « un animal pensant » « un animal rationnel ». Le post-humanisme propose de penser l‘Homme dans sa relation avec l‘Etre et par là, le faire sortir de son état Absolu destructeur, à un état Universel édificateur. Être et Temps EAN : 9782070707393   587 pages Éditeur : GALLIMARD (01/01/1986)

[11] Un post humanisme voit le jour et propose d‘autres voies à l‘Homme. Désormais, un nouvel humanisme s‘inscrivant dans la continuité des idées post humanistes- prend le dessus et incite l‘Homme à échapper à l‘hégémonie aliénatrice de la raison et de la science pour aspirer à un nouveau monde de partage et de paix, qui promeut une éthique de pluralité, de communion, de diversité et de tolérance. Le nouvel humanisme est ainsi une doctrine commune visant l‘amélioration de la condition humaine et l‘humanisation du monde dans son intégralité. Il n‘est plus donc question d‘un humanisme imposé par la civilisation occidentale et qui souhaite exercer sur l‘autre une action « bienfaitrice » d‘uniformisation, selon un modèle supposé être supérieur. Le nouvel humanisme, en effet, se pense universel, tant son essence obéit à une dynamique de l‘extension qui n‘aura de cesse qu‘une fois le monde extérieur transformé. La cité idéale ne sera complète que lorsqu‘elle réunira tous les hommes sous sa loi, dans la perfection. C‘est ainsi que toutes les frontières et barrières seront bannies sous le règne du nouvel humanisme, offrant à l‘Homme l‘opportunité de retrouver enfin sa pleine entité et de devenir le miroir de l‘autre. D‘où l‘osmose rêvée qui fera en sorte que les langues, les pays, les religions, les races se fondent pour ne former qu‘un Tout uni dans un univers meilleur.

[12] Selon Pierre Rosanvallon « La Crise de l'Etat-providence » 1981, pendant presque un siècle, la construction de l'Etat-providence a constitué l'horizon naturel du progrès social dans les pays industriels. Cet Etat-providence est aujourd'hui mal en point. Il est d'abord devenu trop coûteux. Si elles continuaient à croître au rythme actuel, les dépenses de santé absorberaient dans trente ans la quasi-totalité des ressources des ménages ! Pour faire face à la hausse des dépenses sociales, les prélèvements obligatoires ont crû très rapidement, menaçant du même coup la compétitivité des entreprises et le dynamisme de l'économie. Mais l'Etat-providence est surtout devenu une machinerie de plus en plus opaque et bureaucratique.

[13] Dans La Révolution silencieuse (1977), Ronald Inglehart souligne que les sociétés occidentales sont marquées par des revendications de plus en plus qualitatives de la part de leur population

[14] Larbi Chouikha ; Éric Gobe « La force de la désobéissance : retour sur la chute du régime de Ben Ali » in « Protestations sociales, Révolutions sociales, Transformations du politique dans la Méditerranée Arabe Sous la direction de Sarah Ben Néfisssa, Blandine Destremau.Armand Colin Revue Tiers Monde, Hors-série, 240 p. ISBN 978-2-200-92674-8. ISSN 1293-8882.

[15] Manuel Castells. Ni dieu ni maître : les réseaux. 2012. ⟨halshs-00677225⟩

Subjects

Places

  • Sfax, Tunisia

Event format

Full on-site event


Date(s)

  • Thursday, December 30, 2021

Keywords

  • mouvement social, modernité, postmodernité, société industrielle, société postindustrielle, classe sociale, acteur social, historicité, information, économie libérale, économie sociale et solidaire

Contact(s)

  • Rabah Nabli
    courriel : rabahnebli [at] yahoo [dot] fr

Information source

  • Rabah Nabli
    courriel : rabahnebli [at] yahoo [dot] fr

To cite this announcement

« Les mouvements sociaux dans le monde d’aujourd’hui », Call for papers, Calenda, Published on Friday, November 05, 2021, https://calenda.org/929017

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