HomeLes oublié(e)s et les invisibles dans le contexte franco-allemand* aux XIXe et XXe siècles. Causes, objectifs et stratégies

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Les oublié(e)s et les invisibles dans le contexte franco-allemand* aux XIXe et XXe siècles. Causes, objectifs et stratégies

Die Vergessenen und die Unsichtbaren im deutsch-französischen* Kontext des 19. und 20. Jahrhunderts. Hintergründe, Intentionen und Strategien.

* Relations entre la France et les pays germanophones

* Beziehungen zwischen Frankreich und den deutschsprachigen Ländern

*  *  *

Published on Wednesday, December 08, 2021 by Lucie Choupaut

Summary

Ce colloque, qui se tiendra à l’université catholique de l’Ouest les 23 et 24 juin 2022, a pour objectif de contribuer à (re)mettre en lumière des invisibles et des oublié·e·s de l’histoire franco-allemande des XIXe et XXe siècles, en précisant leur rôle social, politique et/ou culturel. Il propose de ne pas s’arrêter à la description des différentes trajectoires des un·e·s et des autres, mais de s’interroger sur les causes, les objectifs et les stratégies de leur oubli et/ou de leur invisibilité.

Announcement

Argumentaire

Le colloque « Les oublié(e)s et les invisibles dans le contexte franco-allemand aux XIXe et XXe siècles. Causes, objectifs et stratégies » s’inscrit dans la continuité d’un premier colloque intitulé « Les oublié(e)s et les invisibles de l’histoire (civilisation, littérature, arts…) » qui s’est tenu en 2021  et donnera lieu à la publication d’un ouvrage collectif en 2022 dans le n°49 du CIRHILLa (Cahiers Interdisciplinaires de la Recherche en Histoire, Lettres, Langues et Arts) de l’Université catholique de l’Ouest, aux éditions L’Harmattan.

Cette deuxième édition est dédiée aux relations franco-allemandes. Lorsque l’on évoque ces dernières ou même le « couple » franco-allemand, on pense souvent spontanément au contrat de l’Elysée conclu entre Konrad Adenauer et Charles de Gaulle en 1963. Cependant, des relations entre la France, les États allemands, puis l’Allemagne, et les autres pays germaniques - plus ou moins tumultueuses selon les différentes époques - ont existé bien avant, non seulement déterminées par des guerres, mais aussi par de multiples transferts culturels dans les deux sens (Espagne/Middell). Si ces relations sont marquées par des personnages célèbres comme Heinrich Heine en France et Germaine de Staël en Allemagne, il existe une multitude de personnes invisibles ou oubliées aujourd’hui qui ont également été des acteurs de leur époque. Notons par exemple qu’en 1866, plus de 200 000 germanophones vivaient en France (Levy) ; par ailleurs un grand nombre de Françaises séjournèrent en Allemagne entre 1940 et 1945 (Fauroux).

Ce colloque a pour objectif de contribuer à (re)mettre en lumière des invisibles et des oublié(e)s de l’histoire franco-allemande des XIXe et XXe siècles, en précisant leur rôle social, politique et/ou culturel. Il propose de ne pas s’arrêter à la description des différentes trajectoires des un(e)s et des autres, mais de s’interroger sur les causes, les objectifs et les stratégies de leur oubli et/ou de leur invisibilité. Ces deux concepts peuvent revêtir de multiples formes ; ils touchent des personnages, des événements, des œuvres d’art, ainsi que des faits qui, même marquants, peuvent s’effacer ou être effacés, devenant ainsi des invisibles, voire des oublié(e)s. Tzvetan Todorov souligne que l’oubli s’oppose à la conservation, la mémoire étant une interaction des deux.

Il existe aussi une relation de dépendance et parfois de complémentarité entre le concept de l’oubli et celui de l’invisibilité. En effet, ce dernier peut représenter une étape précédant l’oubli, dans une démarche volontaire ou non, parfois même inconsciente, selon les cas : la censure, la dissimulation, l’effacement, l’érosion ont pour but de faire des invisibles, puis, de ces derniers, des oublié(e)s. L’invisibilité, comme le rappelle Jean-Noël Tardy en citant l’histoire des sens de Lucien Febvre, implique le sens de la vue : quelque chose ou quelqu’un peut être évoqué mais jamais montré, en particulier dans les arts visuels, la peinture, la photographie ou le cinéma. Une ambiguïté en découle fréquemment : que peut-on dire, écrire mais jamais montrer ? Il peut être question de tabous, visuels en particulier. Par ailleurs, il y a aussi des degrés dans l’invisibilité : est-elle totale ou y a-t-il encore des ombres, des réminiscences ? Par exemple, un monument commémoratif peut être (dé)placé dans un lieu obscur, peu fréquenté. La notion d’invisibilité sous-entend aussi une interaction entre un objet et sa perception : cette dernière évolue fortement en fonction des personnes et des groupes sociaux ; il pourrait être question dans ce cas de non-vu autant que d’invisibilité. À l’opposé, le visible, voire le « sur-visible » efface partiellement ou éclipse définitivement des personnages, des pans de l’histoire. Les guerres de mémoires, qui génèrent mémoires fortes et faibles (Traverso), en constituent un exemple typique. Enfin, s’agit-il de concepts forcément négatifs ? Être invisible, oublié peut convenir à l’individu concerné. Des personnes ont travaillé à leur propre invisibilité, voire à leur oubli. Quant au récepteur, est-il toujours condamnable s’il ne veut / ne peut pas voir ou ne pas se souvenir ? Ainsi Aleida Assmann, parmi les sept formes d’oubli qu’elle analyse, retient aussi les oublis « constructif » et « thérapeutique ».

Ce colloque, focalisé sur le contexte franco-allemand des XIXe et XXe siècles, souhaite explorer les champs de la littérature, de la philologie, de l’histoire et de l’histoire de l’art, de la civilisation et des sciences politiques. Il a comme ambition de préciser, de nuancer et d’approfondir la question des relations franco-allemandes et, plus largement, celle des relations de la France avec les mondes germaniques.

Modalités de soumission

Les contributions peuvent être proposées en français ou en allemand. Une publication est prévue.

Merci d’envoyer votre proposition (max. 3000 signes) avant le 15 février 2022, accompagnée d’une courte biographie scientifique à bpirastru@uco.fr et andrea.micke-serin@uco.fr.   

Comité d’organisation

  • Dr. Andrea Micke-Serin (Université catholique de l’Ouest, Angers)
  • Dr. Brigitte Pirastru (Université catholique de l’Ouest et Université d’Angers)

Comité scientifique

  • Dr. Christin Hansen (Universität Paderborn)
  • Dr. Andrea Micke-Serin (Université catholique de l’Ouest, Angers)
  • Dr. Brigitte Pirastru (Université catholique de l’Ouest et Université d’Angers)
  • Prof. Dr. Gwénola Sebaux (Université catholique de l’Ouest, Angers)

Bibliographie

Assmann Aleida, Formen des Vergessens, Göttingen : Wallstein, 2016.

Dussert Eric, Une forêt cachée. 156 Portraits d’écrivains oubliés, Paris : La Table Ronde, 2013.

Espagne Michel, Frankreichfreunde. Mittler des deutsch-französischen Kulturtransfers (1750 - 1850), Leipzig : Leipziger Universitätsverlag, 1996.

Espagne Michel / MIDDELL, Mathias (Hg): Von der Elbe bis an die Seine. Kulturtransfer zwischen Sachsen und Frankreich im 18. und 19. Jahrhundert, Leipzig : Leipziger Universitätsverlag, 1999 (2. Erweiterte Auflage der Ersterscheinung von 1993 = Band 2 der Deutsch-Französischen Kulturbibliothek).

Fauroux Camille, Produire la guerre, produire le genre. Des Françaises au travail dans l’Allemagne nationale-socialiste (1940-1945), Paris : Editions de l’EHESS, 2020.

Ferro Marc, Les tabous de l’Histoire, Paris : NiL Editions, 2002.

König Mareike (Hg.), Deutsche Handwerker, Arbeiter und Dienstmädchen in Paris. Eine vergessene Migration im 19. Jahrhundert, München : Oldenbourg, 2003 (Pariser Historische

Studien, 66). Le Naour Jean-Yves, Les Oubliés de l’Histoire, Paris : Flammarion, 2017.

Levy Paul, La langue allemande en France. Pénétration et diffusion des origines à nos jours, t2 : De 1830 à nos jours, Lyon : IAC 1952 (Bibliothèque de la Société des Etudes germaniques VIII).

Rieff David, Eloge de l’oubli. La mémoire collective et ses pièges, Premier Parallèle, 2018.

Tardy Jean-Noël, « Visibilité-invisibilité. Voir, faire voir, dissimuler » in : Hypothèses 2006. Travaux de l'Ecole doctorale d'histoire de l'université Paris 1, Paris : Publication de la Sorbonne, 2007, p. 17-24.

Todorov, Tzvetan, Les abus de la mémoire (1995), Paris : arléa, 2009.

Traverso, Enzo, Le Passé, Modes d’emploi, Paris : Editions La Fabrique, 2005.

Yerushalmi Yosef H., Loraux Nicole, Mommsen Hans, Milner Jean-Claude, Vattimo Gianni, Usages de l’oubli. Contributions au colloque de Royaumont, Paris : Editions du Seuil, 1988.

Places

  • 3 place André Leroy
    Angers, France (49)

Event format

Hybrid event (on site and online)


Date(s)

  • Tuesday, February 15, 2022

Keywords

  • oubli, invisibilité, relation franco-allemande, transfert culturel, guerre, mémoire, tabou, monde germanique, Vergessen, Unsichtbarkeit, deutsch-französische Beziehungen, Kulturstranfers, Erinnerungskriege, Tabu, deutsch-französische Sphären

Contact(s)

  • Brigitte Pirastru
    courriel : bpirastru [at] uco [dot] fr

Information source

  • Brigitte Pirastru
    courriel : bpirastru [at] uco [dot] fr

To cite this announcement

« Les oublié(e)s et les invisibles dans le contexte franco-allemand* aux XIXe et XXe siècles. Causes, objectifs et stratégies », Call for papers, Calenda, Published on Wednesday, December 08, 2021, https://calenda.org/944999

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