HomeKurukan Fuga et les religions du Mandé

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Published on Friday, March 18, 2022

Abstract

Proclamée en 1236, la charte de Kurukan Fuga est considérée comme la constitution de la société Mandé. L’un des soucis de ses promoteurs – le roi Soundiata Kéita en tête – était de se démarquer certes de la gestion archaïque et anarchique du royaume Sosso, mais aussi de doter le nouvel empire Manding d’un outil capable de gérer de façon efficiente et efficace les rapports entre le pouvoir politique incarné par le Fama ou roi et le reste de la population. Parmi les difficultés apparues aux promoteurs de la charte de Kurukan Fuga subsistait, cependant, l’épineuse question de la gestion des religions dans le Mandé. À côté de la Bamanaya, il a fallu également faire face à la présence de l’islam introduit dans la société Mandé depuis le XIe siècle ou même auparavant (J. Ki-Zerbo, 1978). Religion monothéiste, l’islam imposait ses principes et ses valeurs à travers l’enseignement des karamogo ou marabouts, au sens noble du terme.

Announcement

 San Pedro, du 17 au 19 novembre 2022 – (Présentiel et visio-conférence.)

Argumentaire

Proclamée en 1236, la Charte de Kurukan Fuga est considérée comme la constitution de la société Mandé. L’un des soucis de ses promoteurs – le roi Soundiata Kéita en tête – était de se démarquer certes de la gestion archaïque et anarchique du royaume Sosso, mais aussi de doter le nouvel empire Manding d’un outil capable de gérer de façon efficiente et efficace les rapports entre le pouvoir politique incarné par le Fama ou roi et le reste de la population.

Bien plus, il s’agissait de réglementer les relations entre les populations elles-mêmes, voire de régenter la vie en société. Cette volonté d’organisation et de coexistence pacifique à travers la Charte de Kurukan Fuga était l’occasion de rassembler le peuple Mandé autour d’un idéal commun et ce, en dépit des divergences claniques et religieuses.

Parmi les difficultés apparues aux promoteurs de la Charte de Kurukan Fuga subsistait, cependant, l’épineuse question de la gestion des religions dans le Mandé. À côté de la Bamanaya, il a fallu également faire face à la présence de l’Islam introduit dans la société Mandé depuis le XIème siècle ou même auparavant (J. Ki-Zerbo, 1978). Religion monothéiste, l’Islam imposait ses principes et ses valeurs à travers l’enseignement des karamogo ou marabouts, au sens noble du terme.

La mention de la classe des marabouts (Mori Kanda) dans la Charte de Kurukan Fuga signifiait-elle pour autant que la société Mandé avait rompu le lien avec la Bamanaya ? Peut-on alors dire que la Charte de Kurukan Fuga envers les religions annonçait les prémisses et/ou les prémices d’une laïcité à l’africaine ? Quelle était la position de Soundiata Kéita vis-à-vis de l’Islam quand on sait qu’il portait le titre de Simbo ou maître chasseur ? De quelle religion était les Nyamakala ou classes de métiers dont le rôle essentiel était de conseiller les chefs et de défendre par le verbe, les règles établies et l’ordre sur l’ensemble du territoire ? De quelle religion se réclamaient les Mansa ou les tribus princières ? Est-ce qu’il ne serait pas légitime de trouver en la Charte de Kurukan Fuga les outils pour freiner l’expansion du djihadisme qui continue de faire de nombreuses victimes dans les sociétés africaines et même au-delà ?

Sans doute ! Mais il est bon indiquer qu’une autre religion importée, le Christianisme, bien que non évoquée par la Charte de Kurukan Fuga, n’est pas en reste dans le Mandé.

Ce colloque se pose donc ces questions et tentera d’y apporter, si possible, des éléments de réponse. Il vise à contribuer de manière significative au renouvellement et à l’enrichissement des valeurs de vivre-ensemble, de tolérance, de fraternité, de laïcité (H. Adama et D. Koné, 2019), promues par la Charte de Kurukan Fuga dans ses rapports avec les religions de la société Africaine en général et Mandé en particulier.

Axes d’intervention

(Liste non exhaustive)

Ce colloque se veut pluridisciplinaire et souhaite recevoir toute contribution d’ordre anthropologique, économique, historique, littéraire, philosophique, politique, sociologique, etc. Ainsi, il pourrait abonder dans le sens des axes indicatifs suivants :

  • La Charte de Kurukan Fuga, prémices de la laïcité africaine
  • La place de la Bamanaya dans la société Mandé
  • La place de l’Islam dans la société Mandé
  • Bamananya et/ou religions importées : un syncrétisme … ?
  • Soundiata Kéita, souverain bamaman, animiste ou musulman ?
  • Kurukan Fuga et le Djihadisme ?
  • Pouvoir politique et Bamanaya, amitié de circonstance ou mariage sincère ?

Langues de communication

Les langues utilisées durant cette rencontre scientifique sont : le bambara (dioulakan), le français, l’anglais, l’arabe.

Format des résumés attendus

Vous voudriez bien :

  • indiquer le nom, le prénom, l’institution de rattachement et le ou les courriels (e-mail) ;
  • écrire un résumé de 3000 à 4000 signes, espaces compris ;
  • présenter la problématique en rapport avec le titre annoncé ainsi que l’ancrage scientifique et conceptuel dans lequel vous vous situez ;
  • présenter le corpus (dans le cas d’une étude empirique : terrain d’études ; corpus linguistique, littéraire, étude de cas, etc.) et la méthodologie adoptée (collecte et analyse) ou les principales idées directrices et leur articulation (dans le cas d’une contribution de fond) ;
  • conclure sur les principales étapes de la contribution ;
  • mettre après le résumé, une liste de 5 mots clés au maximum ;
  • clore par une courte bibliographie indicative.

NB : Les propositions de communication sont à envoyer à l’adresse suivante ; kurukanfuga2020@gmail.com

Calendrier indicatif

  • Date butoir d’envoi des résumés ; le 31 mars 2022

  • Notification aux auteurs : 1er mai 2022
  • Envoi de la proposition de communication : 1 er juillet 2022
  • Lieu et dates de la tenue du colloque : San Pedro, les 17, 18 et 19 novembre 2022.

Direction du colloque

  • Prof. Méké MÉITÉ, Titulaire de la Chaire UNESCO pour la Culture de la Paix, Président de l’université de San Pedro (Côte d’Ivoire).

Comité scientifique

  • Konaté Yacouba, Université Félix Houphouët-Boigny, Abidjan ;
  • Coulibaly Adama, Université Félix Houphouët- Boigny, Abidjan ;
  • Kouakou Jean-Marie, Université Félix Houphouët- Boigny, Abidjan ;
  • Alain Joseph Sissao, INSS/CNRST, INSS/CNRST, Ouagadougou, Burkina Faso ;
  • Diane Alioune, Université Cheick Anta Diop, Dakar ;
  • N’Diaye Lamine, Université Cheick Anta Diop, Dakar ;
  • Bamba Assoumane, Université Alassane Ouattara, Bouaké ;
  • Dr Sidibé Fodé Moussa, Université des Lettres de Bamako ;
  • Dr Cissé Choukna, Université Félix Houphouët-Boigny, Abidjan 
  • Dr Sawadogo Mathias, Université Félix Houphouët-Boigny, Abidjan ;
  • Dr Paré Moussa, Université Félix Houphouët-Boigny, Abidjan ;
  • Dr Koné Drissa, Université Félix Houphouët-Boigny, Abidjan ;

Porteurs du projet

  • Dr Coulibaly Arouna, Université Félix Houphouët-Boigny, Abidjan ;
  • Dr Traoré Yaya, Université Félix Houphouët-Boigny, Abidjan ;
  • Dr Tié Tra Bi Raoul, Université Félix Houphouët-Boigny, Abidjan ; 
  • Dr Traoré Soumaila, Université de San Pedro, San Pedro ;
  • Dr Chérif Sékou, Université de San Pedro, San Pedro ;
  • Dr Sidibé Ousmane, Université de San Pedro, San Pedro.

Bibliographie indicative

ADAMA Hamadou et KONE Drissa, 2019, L’Islam et le vivre-ensemble en Afrique subsaharienne, Paris, L’Harmattan, 280 p.

ATELIER, 1998, La Charte de Kurukan Fuga. Consulté le 15 janvier 2021. http://www.afrik.com/IMG/doc/LA_CHARTE_DE_KURUKAN_FUGA.doc

BAKAYOKO Bourahima, 2007, Origines et évolution des mutilations génitales féminines et des relations de genre, dans la société Malinké d’Odienné. De la Bamanaya à l’Islamisation, Thèse unique, Histoire, Abidjan, Université de Cocody, 478 p.

BAUDEROT Jean, 2009, « L’évolution de la laïcité en France : entre deux religions civiles », Diversité urbaine, vol 9, n°1, pp. 9-25

CELHTO, 2008, La Charte de Kurukan Fuga. Aux sources d’une pensée politique en Afrique, Conakry, SAEC et Paris, L’Harmattan.

CHERIF Alhassane, 2014, La Parenté à plaisanterie (Le Sanakouya), Paris, L’Harmattan

CISSE Chikouna, 2016, « La diaspora marchande des jula en Afrique de l’ouest. Connecteurs d’espaces, passeurs de civilisations », Revue du CAMES. Sciences Humaines, vol. 1, n°6, pp.153-162

DIAKITE Mamadou, 2009, « Analyse du discours, tradition orale et histoire : et si la charte de Kurukan Fuga n’avait jamais existé avant 1998 ? », Revue électronique internationale de sciences du langage Sudlangues, n°11, pp. 107-130

DIOP Cheikh Anta, 1948, « Quand pourra-t-on parler d’une renaissance africaine ? », Le Musée Vivant, n° spécial 36-37, Paris, pp. 57-65  

KI-ZERBO Joseph, 1978, Histoire de l 'Afrique noire : d 'hier à demain, Paris, Hatier, 731 p KODJO Niamkey Georges, 2006, Le Royaume de Kong (Côte d'ivoire), des origines à la fin du XIXè siècle, Paris, L'Harmattan, 377 p.

KONE Drissa, 2015, « Les Dioulabougous en Côte d’Ivoire méridionale : espace d’expression ethnique et religieuse », MOUCKAGA Hugues, DIANZINGA Scholastique et OWAYE Jean-François, (eds.), Ethnies, Nations et développement en Afrique : quelle gouvernance ? Paris, L’Harmattan, pp. 357-370.

KOUYATE Siriman, 2006, La Charte de Kurukan-Fuga. Constitution de l’empire du Mali, Conakry, La Source.

LE ROUX Nicolas, 2014, Les Guerres de religions 1559-1629, Paris, Belin, 607 p

MEITE Méké (sous la direction) Colloque Sanangouya

MEITE Méké (sous la direction) Le peuple mandéka

Paris, l’Harmattan

MEMEL-FOTÉ Harris, 1962, « Rapport sur la civilisation animiste », Colloque sur les religions africaines (Abidjan, avril 1961), Paris, Présence Africaine, 240 p

MIRAN Marie, 2015, Guerres mystiques en Côte d’Ivoire. Religion, patriotisme, violence (2002-2013), Paris, Karthala, 372 p.

MONTEIL Vincent, 1980, L’Islam noir. Une religion à la conquête de l’Afrique, Paris, Seuil, 468 p.

NIANE Djibril Tamsir, 2009, « La charte de Kurukan Fuga. Aux sources d’une pensée politique en Afrique », Leçon inaugurale, Université Gaston Berger de Saint-Louis, 2009, [en ligne] http://caremali.com/docs/prof_djibril.pdf.

ROUSSEAU Jean-Jacques, 2011, Du contrat social, Paris, Nouvelle édition Flammarion, 256p.

SCHATZBERG Michael, 2000, « La sorcellerie comme mode de causalité politique », Politique Africaine, n°79, pp. 33-47

TALL Emmanuelle, 1995, « De la démocratie et des cultes voduns au Bénin », Cahiers d’Etudes Africaines, vol XXXV-1, pp. 195-208

TRIAUD Jean Louis, 1974, « Un cas de passage collectif à l’islam en Basse Côte d’Ivoire : le village d’Ahua au début du siècle », Cahiers d’Etudes Africaines, n°54, pp. 317-337

Places

  • BP V 1800
    San-Pédro, Côte d'Ivoire

Event attendance modalities

Hybrid event (on site and online)


Date(s)

  • Thursday, March 31, 2022

Keywords

  • Kurukan Fuga, religion, mandé, culture, Afrique

Contact(s)

  • SOUMAILA TRAORÉ
    courriel : soumaila [dot] traore [at] usp [dot] edu [dot] ci

Reference Urls

Information source

  • SOUMAILA TRAORÉ
    courriel : soumaila [dot] traore [at] usp [dot] edu [dot] ci

License

CC0-1.0 This announcement is licensed under the terms of Creative Commons CC0 1.0 Universal.

To cite this announcement

« Kurukan Fuga et les religions du Mandé », Call for papers, Calenda, Published on Friday, March 18, 2022, https://doi.org/10.58079/18h8

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