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Mobilités, différenciations et inégalités

groupe de recherche "Mobilités spatiales et fluidités sociales"

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Publié le jeudi 02 décembre 2004 par Inès Secondat de Montesquieu

Résumé

Annonce

Appel à Communication

Colloque "Mobilités, différenciations et inégalités"

21-22 Avril 2005 - Lyon/Vaulx-en-Velin

Le groupe de recherche "Mobilités spatiales et fluidités sociales"
fonctionne depuis maintenant 4 an. Animé par Bertrand Montulet (FUSL,
Bruxelles) et Vincent Kaufman (EPFL, Lausanne), il regroupe des
chercheurs sociologues, géographes ou économistes qui tentent de
renouveler leurs approches des mobilités. Le groupe organise chaque
année un colloque largement ouvert à d'autres intervenants.

Organisé cette année par le Laboratoire d'Economie des Transports, ce
colloque sur le thème "Mobilités, différenciations et inégalités" se
déroulera les 21 et 22 avril 2005 à Lyon/Vaulx-en-Velin.

Orientation du groupe de travail

Le groupe « Mobilités Spatiales et Fluidités Sociales » tend à intégrer à sa réflexion toutes les formes de mobilité (déplacements des personnes inscrits dans des rythmes quotidiens ou plus exceptionnels, mobilité résidentielle, ou encore mobilité sociale, professionnelle ou culturelle pourvu qu’elle se décline sur une dimension spatiale). Mais il s’agit aussi de considérer les mobilités à partir d’une conception élargie, à l’image de ce que propose le concept de « motilité », défini comme la manière dont un individu ou un groupe parvient ou non à faire sien le champ des possibles en matière de mobilité en vue d’accomplir un certain nombre de projets d’activités spatialement localisées.

Thématique du colloque

Nos sociétés valorisent fortement la mobilité. A la croissance des échanges, qui est l’une des composantes historiques du développement du capitalisme, se combine très rapidement une dimension idéologique qui fait de la circulation une liberté essentielle, voire un mode de construction des individus. Dans le cadre d’un monde globalisé, il faut être connecté, ouvert sur le monde, faire preuve de souplesse et d’adaptabilité, créer et innover : les exigences du monde contemporain, sont en partie fondées sur cette valorisation du mobile opposé à l’immobile. Pour dominante qu’elle soit, la forte valeur sociale attribuée à la mobilité ne va pas sans tensions : replis identitaires ou aspirations à « l’authenticité », contraintes liées au développement des mobilités (réchauffement climatique, épuisement des ressources), risques d’exclusion, de dégradation de la situation des personnes ayant peu de facilités à se déplacer… La mesure dans laquelle la valorisation de la mobilité crée de nouvelles formes d'inégalités sociales construites autour de la capacité à être mobile est devenue une interrogation forte.

Le colloque 2005 du groupe « Mobilités Spatiales et Fluidités Sociales » sera une occasion de s’interroger sur les relations que l’on peut établir entre les différentes acceptions de la mobilité et les phénomènes de différenciations et d’inégalités sociales.

Après une longue période où, prenant acte d’une très large diffusion de l’automobile, la question des inégalités de mobilité était passée au second plan, on assiste à un renouvellement de l’intérêt porté à la manière dont les pratiques de déplacement des individus reflètent les différences sociales tout en contribuant en retour à alimenter la dynamique des inégalités. Ce regain d’intérêt s’observe pour différentes thématiques dont ce colloque voudrait en donner une image significative :

  • La réapparition des problématiques d’inégalité en matière de mobilité renvoie d’abord aux critères de catégorisation classique. On constate ainsi que les relations entre revenu et mobilité ont été réinvesties ces dernières années. De la même manière, la question des inégalités de genres, approchée du point de vue de la mobilité connaît un regain d’intérêt, tout comme la mobilité des minorités, ou encore les inégalités culturelles ou de position sociale en matière de mobilité (la mobilité comme capital).

  • Ces redécouvertes ne sont pas sans lien avec l’émergence des problématiques temporelles. Celles-ci font se croiser les schémas temporels (rythmes, ressources et contraintes) des individus et les rythmes sociaux. C’est un nouveau champ de différenciation sociale, voire d’inégalités (femmes, minorités, ), qui est ainsi mis à jour.

  • La tarification de l’usage des réseaux ou, plus radicalement, de l’accès à certains espaces – les péages urbains – fait naître des interrogations plus spécifiquement économiques, tant en termes de mesure des inégalités (niveaux de « consommation de transport » et de pression sur les budgets monétaires), qu’en ce qui concerne l’équité sociale et la définition de politiques redistributives en matière de gestion des mobilités.

  • La réapparition des questionnements sur l’accessibilité spatiale. Si le constat de l’inégale répartition territoriale des aménités n’est pas nouveau (zones peu denses, quartiers défavorisés), en revanche, les outils d’analyse de l’accès aux aménités (services et opportunités disponibles) progressent, notamment le traitement spatialisé des données et ouvrent la voie à des analyses fines des liens entre dimensions géographiques et caractéristiques sociales. Ils permettent ainsi de reformuler les questions de ségrégations socio-spatiales.

  • Les inégalités face au transport doivent être analysées également sous l’angle des nuisances, produites ou subies. La question des « inégalités écologiques » en matière d’exposition ou de contribution aux nuisances est une question émergente. Elle mobilise à son tour les champs disciplinaires déjà suggérés (sociologie, économie, sciences politiques, géographie, aménagement) en ajoutant ceux qui portent sur l’évaluation environnementale.

  • Ces différentes approches renvoient aussi pour partie à la signification, du point de vue du juriste, de la notion de « droit au transport », affirmée par exemple dans la loi française. Que signifie, et comment évolue cette notion alors que de plus en plus, se côtoient des offres de transport aux performances très différentes ? Mais plus largement, on peut s’interroger sur la pertinence d’un questionnement en termes de « droit à la mobilité » et en termes de « droits des mobiles ».

Ces différents thèmes sont autant d’appels à un dialogue entre disciplines, dont le colloque veut être l’un des moments privilégiés

Les résumés d’une à deux pages doivent être envoyés sous forme électronique avant le 03 janvier 2005 à l’adresse suivante :

msfs2005@entpe.fr

Acceptation des propositions : 31 janvier 2005

Toutes les informations sur le colloque sont disponibles sur le site :

http://msfs2005.entpe.fr

Catégories

Lieux

  • Lyon, France

Dates

  • lundi 31 janvier 2005

Contacts

  • Olivier Klein
    courriel : msfs2005 [at] entpe [dot] fr

Source de l'information

  • Olivier Klein
    courriel : msfs2005 [at] entpe [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Mobilités, différenciations et inégalités », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 02 décembre 2004, http://calenda.org/189692