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Politique de Fontenelle

De la pensée de l'histoire à l'empire de la mode

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Publié le mercredi 24 mai 2006 par Dan Dana

Résumé

Colloque international pour la célébration du 350e anniversaire de la naissance et du 250e anniversaire de la mort de Fontenelle organisé par le Centre d'Etude et de Recherche Editer/Interpréter.

Annonce

Colloque international pour la célébration du 350e anniversaire de la naissance et du 250e anniversaire de la mort de Fontenelle organisé par le

Centre d'Etude et de Recherche Editer/Interpréter

Université de Rouen, jeudi 25-samedi 27 octobre 2007

COMITE SCIENTIFIQUE : F. BESSIRE, M. BLAY, J. DAGEN, J.-CH. DARMON, C. GUYON-LECOCQ, PH. HOURCADE, CH. MARTIN, C. POULOUIN

APPEL A COMMUNICATION

La cohérence et l'unité de l'oeuvre de Fontenelle tiennent à sa conviction de contribuer au déverrouillage de l'histoire, d'entrer dans une ère nouvelle, marquée par une façon nouvelle de penser et de raisonner. A ses yeux, le processus général de rationalisation et de sécularisation qui, depuis les années 1650, a sapé l'hégémonie de la théologie et sérieusement contesté la croyance au surnaturel, impose de reconsidérer la culture toute entière à l'aune des nouvelles procédures intellectuelles. C'est notamment le cas pour l'histoire et la politique : l'histoire, parce que, le sens du mouvement rapide, quoique insensible, qui emporte tout et change continuellement la face de la terre ne pouvant plus être imputé à une quelconque providence, il faut en repenser les fondements; la politique, parce qu'elle a désormais élargi son champ et se prête à la mesure.
Les axes principaux de ce colloque seront déterminés par cette réévaluation de l'histoire et de la politique dans un contexte violemment perturbé par les effets de la réflexion spinoziste, de la politique religieuse de Louis XIV et l'émergence de l'économie comme savoir. Nous pourrions donc ordonner l'enquête selon les axes suivants :

1. La conception de l'histoire et de la politique : comment situer Fontenelle entre Bayle et Montesquieu, Boulainvilliers et Voltaire ? Quel rôle a-t-il joué dans l'émergence des « lumières radicales » ? Quels liens Fontenelle a-t-il entretenu avec le club de l'Entresol ? Jusqu'où porte-t-il l'idéal républicain qui s'exprime dans l'Histoire des Ajaoïens ?

2. L'engagement académique : on sait la responsabilité de Fontenelle dans la promotion de l'Académie des sciences sur la base d'une rhétorique qu'il a si bien su associer aux codes de la sociabilité mondaine, mais l'on a peu mis en lumière la portée politique du renouvellement de l'Académie des sciences, mené en grand secret, et dont Fontenelle fut un agent déterminant. Dans l'esprit de Fontenelle, l'Académie des sciences devait offrir une tribune d'où combattre l'erreur et la superstition : le modèle mathématiques pouvait devenir un instrument efficace pour l'ensemble des sciences, en faveur d'une politique de développement économique et de diffusion des lumières.
Dans un domaine plus proprement politique, il conviendrait de mesurer l'efficacité du groupe animé par Fontenelle, aux côtés de la marquise de Lambert, dans la politique académique, celle de l'Académie française notamment à la fin du règne de Louis XIV et sous la Régence. Faut-il voir dans l'hôtel de Nevers l'épicentre d'un « parti intellectuel libéral » préparant activement l'arrivée au pouvoir du Régent, le soutenant ensuite activement ? Comment faut-il interpréter les relations personnelles de Fontenelle avec le Régent, avec Dubois et Fleury auxquels il prêta parfois sa plume, et d'une façon générale, avec les élites dirigeantes, mondaines et intellectuelles ?

3. La position de Fontenelle face aux événements des années 1670-1740 et au sein des contestations : nul n'ignore que Fontenelle désapprouve, comme Boisguilbert, la révocation de l'Edit de Nantes, mais quel fut exactement son rôle comme censeur, dans les années 1707, à Rouen, au moment où Pontchartrain applique les ordres de répression sur les imprimeurs rouennais et stigmatise le peu de zèle de Boisguilbert, alors lieutenant de police ? De nombreux indices montrent, d'autre part, qu'il partage le point de vue de Boisguilbert et de Vauban lorsqu'ils suggèrent au roi une politique qui saurait profiter du savoir des économistes et développer la prospérité du royaume en imposant les réformes nécessaires, une réforme fiscale en particulier. Quelle fut, sur cette base, l'implication de Fontenelle dans la contestation économique, politique et philosophique qui nourrit alors la circulation des livres clandestins ?

4. La portée politique d'une stratégie qui propose d'accroître le pouvoir de la raison sur les hommes grâce à l'instrument culturel : de quelle façon l'opéra, par exemple, intervient-il comme instrument de séduction et de diffusion d'une représentation moderne de l'univers ? Comment l'enrôlement des femmes dans le « parti de la philosophie » et la mise à la mode des sciences sont-ils susceptibles d'intervenir pour orienter l'évolution des moeurs, des usages et des goûts ? Comment, enfin, plaisir et badinage sont mis au service d'une conception audacieuse des progrès de l'esprit humain.

Les propositions de communication sont à envoyer à Claudine Poulouin avant septembre 2006. Merci d'indiquer le titre (même provisoire), de présenter votre projet en quelques lignes et d'indiquer vos adresses électronique et professionnelle.

Pour tout renseignement : Claudine Poulouin, 23 rue de Maltot, 14000, Caen
cl.poulouin@wanadoo.fr

Responsable : CEREDI-Université de Rouen
Adresse : Claudine Poulouin ou François Bessire Faculté des Lettres 76821 Mont-Saint-Aignan Cedex.

Lieux

  • Rouen, France

Dates

  • jeudi 31 août 2006

Contacts

  • Claudine Poulouin
    courriel : cl [dot] poulouin [at] wanadoo [dot] fr

Source de l'information

  • François Bessire
    courriel : francois [dot] bessire [at] univ-rouen [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Politique de Fontenelle », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 24 mai 2006, http://calenda.org/191619