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L'action sociale dans tous ses états

4ème rencontre des jeunes chercheurs en sociologie, ethnologie et philosophie à Metz

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Publié le dimanche 30 décembre 2007 par Raphaëlle Daudé

Résumé

Trois grands axes sont privilégiés : * Les formes de mobilisation de la main d’oeuvre dans le champ de l’action sociale * Les structures associatives et l'action publique * Le secteur associatif et le contrôle social Les journées clôtureront sur une discussion autour de la question : le territorial est-il le niveau pertinent de l’action sociale ?

Annonce

Appel a communications

Rencontre des jeunes chercheurs en sociologie, ethnologie et philosophie a Metz (RJCSEP)

Laboratoire Lorrain de Sciences Sociales (2L2S) – Equipe de Recherche en Anthropologie et Sociologie de l’Expertise (ERASE) – Groupe de Recherche en Emploi et Education (GREE)
Ecole Doctorale PIEMES – Université Paul-Verlaine, Metz.

« L’action sociale dans tous ses états »

5 et 6 juin 2008

Après le succès des trois premières rencontres (« L’expertise dans tous ses états » en 2005, « Le corps dans tous ses états » en 2006 et « La critique dans tous ses états » en 2007 dont les actes sont en cours de publication), les doctorants de l’Arthemetz [L’Arthemetz - Atelier de réalisation de thèse, Metz - est un atelier pluridisciplinaire animé par les doctorants du département de sociologie et ethnologie pour les doctorants de l’Université Paul-Verlaine de Metz] proposent cette année de s’interroger, suivant la même formule, sur « tous les états » de l’action sociale.

Les quatrièmes journées jeunes chercheurs sont ouvertes à des communications de doctorant(e)s, de jeunes docteurs et post-doctorants dans diverses disciplines (sociologie, psychologie sociale, sciences de l’éducation, ethnologie, sciences politiques, géographie humaine…), l’objectif étant de permettre l’échange scientifique autour d’objets transversaux aux sciences humaines.

1. Thématique

Il n’existe pas une manière unique de définir l’action sociale. Elle peut être envisagée entre autres comme secteur, comme projet, comme philosophie voire comme cadre légal d’intervention. Le caractère polymorphe de la notion nous oblige donc à privilégier, dans le cadre de ces journées, certaines entrées.

Notre choix s’est porté sur une interrogation de l’articulation et de l’hybridation des secteurs (public, privé lucratif, privé non lucratif) amenés à être des acteurs de l’action sociale.

Pour ce faire, nous proposons d’aborder la question en deux temps distincts :

• La pratique de l’action sociale et ses enjeux (sur 3 demi-journées ; les communicants seront sélectionnés après réponse à cet appel à contributions)

• La territorialisation de l’action sociale (sur 1 demi-journée ; pas de communications mais un débat entre tous les participants qui clôturera la rencontre)

A. La pratique de l’action sociale et ses enjeux (L’appel à contributions porte seulement sur cette partie)

Les communications pourront porter sur trois axes principaux de ce premier temps de réflexion : les formes de mobilisation de la main d’oeuvre, les articulations entre les structures associatives et l’action publique et les rapports entre le secteur associatif et le contrôle social.

A1 : Les formes de mobilisation de la main d’oeuvre dans le champ de l’action sociale

Cet atelier s'agencera autour d'une analyse de l'évolution des statuts et des professionnalités des acteurs de l'action sociale, que ce soit au niveau des porteurs de projets (politique ou associatif) ou au niveau des personnels chargés de leur mise en application. Ceux-ci peuvent donc appartenir à trois sphères distinctes : à la sphère politique, à celle de l'emploi privé ou encore à celle de l'emploi public, voire à l'hybridation de ces sphères. L'analyse trouvera tout spécifiquement son objet dans les relations entre les mutations de l'action publique (dans ses moyens comme dans ses fins) et l'évolution qu'elle entraîne en matière de statuts d'emploi et de contenus d'activité, et ce dans deux directions concurrentes :

. L'évolution des spécificités professionnelles des différents agents. Leur "éclatement" donnant lieu à des oppositions entre des cadres définis (agent territorial, Assistante sociale/Educateur spécialisé, bénévole, etc.) et à la construction de sphères de professionnalité ou d'expertise qui se croisent à maintes reprises. Dans le même temps, les contours de certaines professions établies tendent à s'atténuer, sous le coup de nouveaux statuts, comme dans le cas du travail social (Ion, 1991), ou sous les contraintes budgétaires sous-tendues par une gestion comptable de l'action sociale.

. La construction simultanée de statuts génériques dévolus au "secteur non-marchand" dans son ensemble, recouvrant tant les institutions publiques que les organisations privées d'une part, et, d'autre part, la construction et la légitimation de "nouveaux" statuts, présentés comme découlant des transformations de l'action sociale. Cette construction prend alors deux aspects distincts : la forme légale, correspondant à la nature du contrat de travail ; et le contenu relatif aux qualifications et compétences valorisées dans l'accès à l'emploi. La perte de l'intérêt général comme justificatif de l'exclusivité publique de certains champs introduit ici des continuités symboliques et factuelles entre l'emploi public et l'emploi privé (Supiot, 1998). Plus loin encore, certaines activités tendent à faire émerger un nouveau profil, celui de "l'entrepreneur social", capitaine d'entreprise … sociale (Hély, 2005). On assiste donc bien à un double mouvement de multiplication des statuts d'emploi (dans leurs normes, leurs contenus ou leurs modes de construction) et de tension entre trois modèles, supposés opposés, que sont l'emploi public, l'emploi privé et le travail hors emploi.

Comment doit-on analyser ce double mouvement ? S'agit-il d'un recouvrement indifférencié des agents publics et privés au sein des institutions/organisations de l'action publique via l’émergence d’un nouvel espace transcendant l’opposition traditionnelle – mais de moins en moins nette – entre emploi public et emploi privé ? Ou, au contraire, assiste-t-on à la naissance d'un nouveau découpage des prérogatives de chacune des catégories d'agents, d'une division normative des spécificités – et des complémentarités – entre ces différentes catégories d'agents ? Plusieurs pistes peuvent être avancées : l'analyse comparée des contenus de postes, des modes de recrutement / de gestion de la main d'oeuvre ou l'étude des carrières des différentes populations concernées : quelle équivalence, quelle similitude entre un responsable politique, un responsable associatif et même un responsable d'entreprise agissant dans la construction et la mise en application de l'action publique ? Quelle différence entre un fonctionnaire, un salarié et un bénévole, tous pris dans un même et unique champ d'activité ?

A2 : Structures associatives et action publique

Cet axe propose de porter une réflexion sur les (nouvelles ?) formes d’articulation entre actions associatives et action publique. Nous proposons ici de questionner la redéfinition des contours de l’action sociale, depuis l’émergence de l’Etat social et le développement des politiques publiques jusqu’à la période récente, au regard notamment du double mouvement de décentralisation et de contractualisation des politiques sociales intervenu au cours des années 80 et sans cesse réaffirmé ces dernières décennies. Ce pourra être aussi l’occasion de réinterroger les frontières du secteur public ou encore la nature des relations entretenues entre les différentes dimensions de l’action sociale et ses justifications (utilité sociale, intérêt général, etc.). Il importera de porter une attention particulière aux enjeux tout à la fois sociaux et politiques induits par les différents termes mobilisés.

Il s’agira, entre autres, de questionner les place(s) et/ou rôle(s) d’un secteur associatif partie prenante de l’action publique, directement affecté par les mutations du cadre politique d’exercice des gouvernances locales (car contraint de s’adapter non seulement aux philosophies de projet déterminées par les pouvoirs publics, mais aussi aux systèmes de financement qui leurs sont associés). D’autre part, l’apparence d’un certain conflit au coeur des différents agencements de l’action sociale nous invite à questionner les portées (politiques et sociales, mais aussi identitaires, statutaires, relationnelles et organisationnelles) du lien entre évolution des politiques publiques, travail social de terrain, voire revendication d’identités expertes par les acteurs eux-mêmes.

Quelles sont les logiques qui ont conduit les travailleurs sociaux et associatifs, hier bénévoles (laïcs ou religieux), devenus professionnels depuis les années 80 (Ion, Ravon, 2002), au coeur des logiques d’activation qui animent les politiques publiques ? Au contact direct des usagers, ces acteurs se voient attribués (et/ou s’attribuent) de nouvelles fonctions qui les placent à la croisée de différents espaces (politique, sanitaire, éducatif, social, culturel, etc.) Comment peut-on alors qualifier ces acteurs ? Sont-ils des relais, substitut, palliatif de l’action publique ?

Par ailleurs, la question épineuse du « partenariat » entre ces différents acteurs pourra également constituer un angle d’approche tout à fait pertinent, tant on attribue de qualités (capacité de mise en lien et de prise en charge globale des populations et des territoires jugée plus adéquate) et de défauts (de l’effet d’annonce à la tartuferie, en passant par l’inutilité ou encore la malversation) à ce mode d’action du travail associatif et de l’action publique.

A3 : Secteur associatif et contrôle social

Dans ce dernier axe du premier temps de réflexion proposé, il s’agira de considérer les rapports entre le secteur associatif et le contrôle social. Il importera ici de réfléchir non seulement aux processus de production et de diffusion de normes sociales initiés par le secteur associatif (associations de consommateurs, de parents d’élèves, de malades, etc.) à destination des territoires, populations ou de l'autorité politique, mais encore de s'interroger sur la nature des relations qui les lient aux pouvoirs publics comme à la société civile.

Les structures du secteur associatif contribuent en effet tout à la fois à la production de normes (une dimension d’innovation sociale et politique), à l’application de normes imposées et définies par d’autres (les pouvoirs publics, entre autres), mais elles font par ailleurs l’objet du contrôle des pouvoirs publics et institutions sociales (dont les modalités et outils de contrôle pourront être questionnés).

La réfutation de cette mission de contrôle social, au profit d’un travail d’autonomisation des personnes sera notamment à questionner. Quelles sont les « missions » actuelles des structures associatives ? Outil de conformisation ? de régulation ? d’innovation ? Les structures associatives se situent sans doute au carrefour de l’expertise et d’une entreprise de normalisation (qui contribue à normer, à contraindre comme à rendre normal, rendre ordinaire, des situations parfois identifiées comme sensibles). Il s’agira de prendre la mesure de ces rôles. Il importera à ce titre de préciser le cadre pratique sur lequel repose l’analyse (quelles associations ? où ? quel public ? quel mode de financement ? etc.) et d’engager une réflexion sur les situations concrètes qui conduisent les individus à agir.

Comment les partenariats, conflits et transformations sociales inhérentes à la modification des rôles et des positionnements des acteurs associatifs, publics et politiques contribuent-ils à un maillage territorial en évolution ? Les logiques de délégation de service public en direction des acteurs associatifs, qui concernent un ensemble toujours plus large de questions sociales, pourront elles aussi être largement interrogées, qu’elles concernent, par exemple, les jeunes des quartiers dits sensibles, les sans papiers, les délinquants, le soutien scolaire, etc.

B. Le territorial est-il le niveau pertinent de l’action ? (Pas d’appel à contributions sur cet axe. La discussion sera ouverte à tous les participants).

Dans un contexte désormais européanisé de mise en place de politiques de développement local, identiques dans leurs définitions mais encore distinctes dans leurs réalisations, la prime est clairement donnée au niveau infranational du "territoire". Malgré la grande diversité des territoires, ces politiques et le processus de légitimation engagé autour d’une supposée mise en adéquation des offres et besoins localement identifiés d’action sociale conduisent à introduire de nouvelles formes d’organisation et d’intervention autour du couple public/privé. Il s’agit là d’évolutions qui s’inscrivent dans un cadre plus étendu, celui des mutations de la production, de la gestion et de la prestation de l’action publique.

Après une brève présentation des enjeux par les trois intervenants, cette table ronde se veut être l’occasion d’approfondir et d’échanger autour de la pertinence affichée de la restructuration territorialisée de l’action publique et, plus globalement, de l’action sociale. Les discussions seront l’occasion de débattre du processus de décentralisation et de sa dimension européenne, en interrogeant plus spécifiquement la redistribution des champs de compétence, la modification des relations entre les acteurs locaux et nationaux, publics et privés, dans la mise en place de politiques de développement des territoires et d’instauration d’une "gouvernance territoriale" qui revient à produire des modèles de standardisation et de rationalisation visibles dans d’autres secteurs, mais encore qui cherche à "inviter" une certaine société civile à participer à l'élaboration et à la réalisation d'une action sociale en marge du champ politique traditionnel. Plus globalement, seront posés les enjeux d’une redéfinition en cours du rôle, de la place, du sens, des moyens et du devenir de l’action sociale et de l’action publique.

2. Le comité scientifique

Xavier Engels, Laurent Kasprowicz, Quidora Morales-La-Mura, Christophe Nosbonne, Khadija Noura, François Oudin, Alexia Serré, Jérémy Sinigaglia, Sabrina Sinigaglia-Amadio, Christelle Stupka, Séverine Wuttke.

3. Normes et transmission des documents

Les projets de communication (4000 signes maximum) doivent être envoyés par courrier électronique à jeuneschercheurs2008@gmail.com

Ils doivent spécifier la problématique qui sera soumise à la discussion et le terrain sur lequel s’appuie l’enquête. Les propositions strictement théoriques ne seront pas retenues.

D’un point de vue pratique, les propositions doivent comporter le nom de l’auteur et leur affiliation (nom du laboratoire d’appartenance et université, adresse postale et e-mail, numéro de téléphone personnel) ; titre de la communication et des mots clé (5 maximum).

Les textes seront présentés aux formats .doc ou .rtf

4. Echéances

Date limite d’envoi des propositions : 15 mars 2008

Les communicants seront informés vers le 15 avril 2008 des communications retenues par le comité scientifique.

Contacts :

Emmanuelle Platzgummer,
IGE 2L2S/ERASE Département de sociologie Université Paul-Verlaine, Metz
03 87 31 56 52
Emmanuelle.platzgummer@univ-metz.fr

Pour toute demande liée au caractère scientifique des journées, contacter : jeuneschercheurs2008@gmail.com

Lieux

  • Université de Metz, Ile du Saulcy - Salle Pierre Ferrari
    Metz, France

Dates

  • samedi 15 mars 2008

Mots-clés

  • action sociale, association, action publique, contrôle social, territoire

Contacts

  • Comité scientifique/d'organisation ~
    courriel : jeuneschercheurs2008 [at] gmail [dot] com
  • Emmanuelle Platzgummer
    courriel : Emmanuelle [dot] platzgummer [at] univ-metz [dot] fr

Source de l'information

  • Jeremy Sinigaglia
    courriel : jsinigaglia [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« L'action sociale dans tous ses états », Appel à contribution, Calenda, Publié le dimanche 30 décembre 2007, http://calenda.org/194124