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Publié le mardi 20 janvier 2009 par Marie Pellen

Résumé

Le groupe « Gilles Châtelet » propose une journée de réflexion autour du livre « Vivre et penser comme des porcs » de Gilles Châtelet, ceci sous divers points de vue : le style du livre, son contenu politique, la critique d'une certaine pensée qui alimente l'art contemporain aujourd'hui et enfin le rapport de Gilles Châtelet à la littérature. Le 23 mai, il sera question lors de cette journée des avancées que la pensée diagrammatique a contribué à opérer dans divers champs disciplinaires.

Annonce

Séminaire du groupe « Gilles Châtelet »

Le vendredi 6 février 2009. Université Paris 8 salle A010 (bâtiment A, rez-de-chaussée du grand hall)

Ce séminaire est ouvert à tout le monde. Cette journée sera consacrée à « Vivre et penser comme des porcs ». Site du groupe : http://groupe.chatelet.neuf.fr/

9h30-11h

         « Un pamphlet sans ressentiment»

Il paraît qu'en France, la tradition du pamphlet est solidement enracinée à droite et que la notion même d'un pamphlet de gauche, voire de gauche radicale serait en elle-même litigieuse. J'aimerais travailler à défaire ce préjugé en analysant aussi bien les procédés rhétoriques que les énoncés de cet essai... Alain Brossat

11h-12h30

         « Le Principe de fluidité va s’immiscer partout »

Cet énoncé de « Vivre et penser comme des porcs » est principal puisqu’il énonce un principe. Celui-ci possède même une certaine souveraineté, n’est-il pas écrit avec une majuscule ?  Plus que la fluidité c’est bien son principe qui s’immisce partout. Un principe est dit tel parce qu’il régit un domaine. Le Principe pourrait donc s’annexer tous les domaines de notre vie puisqu’il s’immisce partout ? « Il semble douer d’une faculté de prolifération et de mutation aussi redoutable que celle d’un virus ». J’exposerai ce que Gilles Châtelet nous apprend de ce virus hydrophile : ses hôtes, ses vecteurs, sa virulence, sa chimie, ses symptômes, la maladie qu’il déclenche mais aussi comment nous pouvons nous en prémunir. Philippe Roy

14h00-15h30

         « Quelques remarques sur l’art contemporain aujourd’hui, à partir de Vivre et penser comme des porcs de Gilles Châtelet »

L’intitulé de cette conférence présente, comme on l’aura remarqué, une redondance, ou du moins quelque chose qui semble tel à première vue. « L’art contemporain aujourd’hui ». Qu’on veuille bien y regarder à deux fois cependant, et l’on verra que la redondance ne l’est peut-être pas, que la précision tout au contraire s’impose, et qu’elle ouvre bien mieux à la problématique même de cette intervention. L’idée c’est qu’il y aurait un art contemporain aujourd’hui, à distinguer d’un art contemporain hier. L’art contemporain en effet n’a-t-il pas maintenant près de 50 ans ? N’apparaît-il pas au milieu des années 60 ? Et n’a-t-il pas depuis, sous la permanence de sa désignation, comme sous la réitération de certaines formules, subi une mutation profonde ? Tant et si bien qu’on pourrait même considérer, réflexion faite, que l’art contemporain d’aujourd’hui, et depuis le début des années 80, serait le renversement, le détournement de l’art contemporain d’hier ? C’est cette question, en tout cas, ce faisceau d’hypothèses, qu’on voudrait ici explorer, en s’appuyant notamment sur les analyses conduites par Gilles Châtelet dans Vivre et penser comme des porcs, s’agissant, précisément, d’un renversement, d’un détournement, depuis le début des années 80, de la pensée philosophique des années 60/70 en son contraire : la caution et le corrélat idéologique du capitalisme financier mondialisé, du néo-libéralisme.  François Coadou

15h30-17h

« Gilles Châtelet et la littérature »

Pour finir ce cycle de conférences, nous envisagerons les rapports qu’entretient Châtelet avec la littérature : les textes de Châtelet sont en effet truffés de références diverses à la littérature (au sens large). Alors plutôt que de poser la question : « qu’est-ce que Châtelet nous dit de la littérature ?» Ou encore « qu’est-ce que Châtelet peut nous en dire (comme du cinéma, d’ailleurs, etc) ? Nous trouvons plus intéressant de nous demander : « Mais que fait donc Châtelet avec la littérature ? ». Quel(s) lien(s) ces références entretiennent-elles avec les lignées diagrammatiques, avec les « stratagèmes allusifs ». Le sujet est suffisamment large pour ne faire que quelques hypothèses prudentes. Si dans « les Enjeux du mobile », on pourra souligner l’importance de la  « métaphore » ou du « diagramme » qui invitent à réflechir sur la question de la poétique (puisque la première notion est d’Aristote et la seconde se retrouve chez Bachelard) ainsi qu’à la place du conte ;dans « Vivre et penser … », on invitera l’auditeur à se pencher sur l’art du portrait auquel s’adonne Châtelet,dans un texte qui nous semble entre l’essai philosophique (c’est une généalogie qu’il est en train de faire) et le pamphlet. Que faut-il donc penser de la littérature chez Châtelet ? Veut-elle nous porter vers une nouvelle poétique (au sens de Bachelard, avec un certain sens de la pro-pulsion, plutôt que du pulsatil) ou vers une sorte de nouveau décadentisme (sans mystère), ou une pataphysique ? Peut-être qu’au fond il n’y a pas lieu de séparer les choses. En tous cas, le projet de Châtelet semble proposer, suggérer un certain réalisme hanté de multiples figures cruelles et merveilleuses. Joachim Dupuis

Le samedi 23 mai 2009. Université Paris 8, salle La coupole (prendre la porte à droite au fond du hall d’entrée, puis aller à gauche jusqu’au fond de la cour, la coupole est l’ancienne cafétéria près du bâtiment C).

Il sera question lors de cette journée des avancées que la pensée diagrammatique a contribué à opérer dans divers champs disciplinaires. Ce séminaire est ouvert à tout le monde.

Matin

10h-11h30

Le champ de pertinence du diagramme dans la philosophie française 

La notion de diagramme reçoit un fabuleux destin dans la philosophie française de ces 30 dernières années, mais peut-on dire que Deleuze, Guattari, Châtelet y voient la même chose ? Le diagramme est-il un concept ou un opérateur ?Les multiples modifications que ce terme revêt de Deleuze à Châtelet semblent poser le problème de la légitimité de son usage. Qu’entend-on vraiment par diagramme ? Ne faudra t-il pas admettre qu’il y a plusieurs pensées du diagramme qui au fond ne se rejoignent pas, si ce n’est par l’esprit de combat ? L’ambiguïté profonde de ce terme, émanant d’un double champ linguistique et scientifique remanié par la puissance de trois penseurs, pose pourtant la question de la force de problématicité qu’elle permet au niveau des savoirs. Comment la philosophie, par le biais du diagramme, relance t-elle une interrogation qui remet en question l’ordre même de la représentation dans tous les domaines ? Nous tenterons donc de définir le champ de pertinence du diagramme chez ces auteurs pour faire ressortir son incomparable puissance de modernité. Joachim Dupuis

11h30-13h00

Retour vers le futur avec Proclus : qu’est-ce que penser dans un diagramme ? L’hypothèse projectionniste de Proclus à Hutchins

Les diagrammes ont fait récemment un retour en force dans la philosophie des mathématiques, en grande partie par réaction aux excès du « linguistic turn » et des dérives logicistes qui ont pu dominé au XXème siècle. Pourtant, il est rare qu'on explicite pleinement quel type de théorie de la connaissance doit se trouver attachée à la pensée par diagrammes - sinon pour se réfugier confortablement dans le « schématisme » kantien, fondé, comme chacun sait, sur « un art caché dans les profondeurs de l'âme humaine ». Dans cet exposé, je voudrais tout d'abord rappeler la manière dont la prise en compte du rôle des diagrammes a pu brouiller très tôt les cartes des philosophies traditionnelles des mathématiques. C’est, en effet, dès Proclus que l'on voit la grande opposition entre « platonisme » et « abstractionnisme » vaciller en faveur d'une nouvelle hypothèse, parfois appelée « projectionniste ». Son postulat fondamental est que l'espace du géomètre doit être vu comme un écran où l'esprit projette ses opérations et qui fonctionne comme un miroir où l'esprit se voit agissant. J'essayerai de donner chair à cette idée, qui semble d'abord très métaphorique, en suivant quelques exemples procléens. Puis, dans un deuxième temps, je voudrais indiquer comment cette hypothèse « projectionniste » a été retrouvée (totalement indépendamment) par certains travaux d'anthropologie cognitive récente (Ed. Hutchins) pour palier les défauts des  modèles « représentationnels » de la connaissance et rendre compte des « supports matériels » dans nos raisonnements. David Rabouin

Après-midi 

14h30-16h

Diagramme et herméneutique mathématicienne

Dans le passé, Gilles Châtelet mettait l'accent dans l'acte créateur (en mathématique ou en physique) sur le mouvement de pensée transversal à son propre développement,  mouvement de bascule, quand la pensée sort de ses gonds ; pour ma part à ce sujet  je mettais l'accent sur l'idée de pulsation, sur la capacité paradoxale de poursuite en dépit de et grâce au déséquilibre dans les enjeux contraires. Ces observations sont du côté de la conscience initiatrice de l'acte. J'envisagerai maintenant la question d'une façon déplacée, en insistant sur le fait que  la pratique mathématicienne est une manipulation de diagrammes, et que l'émergence du sens mathématique ressort de cette manipulation.

Alors, qu'il s'agisse, au point de la conscience de l'acte, de transversalité ou de paradoxalité, les enjeux de déséquilibre se retrouvent au moment de décision des manipulations de diagrammes.  Le point-clé est quand on baptise un diagramme, et qu'on en fait un objet mathématique frais.

La question de l'invention est alors déplacée, depuis l'acte jusqu'à son sens, et, non plus pour la conscience initiatrice, mais vis-à-vis du sens, il nous faut construire une théorie du nouveau, articuler des critères de nouveauté. René Guitart 

16h-17h30

Théorie des nœuds, invariance par difféomorphisme et relations de Conway

Nous étudierons deux branches de la théorie des nœuds qui rentrent tout particulièrement en résonance avec le travail de Châtelet sur les diagrammes. Tout d’abord, nous examinerons le fait qu’en gravitation quantique, l’invariance par difféomorphisme - qui correspond à l’implémentation technique d’une conception relationnelle de l’espace - est décrite par des invariants de la théorie des nœuds. On s’efforcera de montrer en quoi cela renforce la conception de Châtelet selon laquelle le nœud n’est pas ornemental et le virtuel n’est pas toujours dissipé par l’actuel. Puis nous reviendrons sur l’analogie formelle entre les skein relations de Conway  et la relation de commutation canonique de la physique quantique pq – qp = iћ afin d’illustrer l’articulation du geste et de la richesse allusive des diagrammes. Alexis de Saint-Ours  

 

Site du groupe Gilles Châtelet : http://groupe.chatelet.neuf.fr/ .

Lieux

  • Université Paris 8 salle A010 (bâtiment A, rez-de-chaussée du grand hall)
    Paris, France

Dates

  • vendredi 06 février 2009

Mots-clés

  • Châtelet, penser, pamphlet, fluidité, art contemporain, littérature

Contacts

  • Philippe Roy
    courriel : groupe [dot] chatelet [at] laposte [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Philippe Roy
    courriel : groupe [dot] chatelet [at] laposte [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Gilles Châtelet », Séminaire, Calenda, Publié le mardi 20 janvier 2009, http://calenda.org/196390