AccueilRencontres internationales sur l'histoire de la Révolution française et de sa posterité

*  *  *

Publié le mardi 20 octobre 2009 par Marie Pellen

Résumé

Les rencontres internationales sur l'histoire de la Révolution française et de sa postérité réuniront du 5 au 7 novembre 2009 des chercheurs européens au Musée de la Révolution française (Vizille). Une première journée d'études, organisée par l'Institut d'histoire de la Révolution française étudiera les formes prises par l'idée de l'Europe à la fin du XVIIIe siècle. Suivra un colloque organisé par le CRHIPA dans le cadre du programme de l'ANR sur la fraternité. Les intervenants réfléchiront sur l'élaboration moderne de ce concept et ses vecteurs et mises en pratique dans différents pays de l'Europe du XIXe siècle (Allemagne, Espagne, France, Irlande, Italie).

Annonce

Ces rencontres se déroulent en deux temps : le jeudi 5 novembre 2009 une journée organisée par l’Institut d’Histoire de la Révolution Française sur l’idée d’Europe à la fin du XVIIIe siècle ; les vendredi 6 et samedi matin 7 novembre 2009 une rencontre sur le concept de fraternité et son histoire dans l’Europe des révolutions, organisée dans le cadre du programme blanc de l’Agence nationale de la Recherche (ANR) sur « La fraternité comme catégorie de l’engagement politique en Italie et en Europe (1820-1930) ».

Jeudi 5 novembre 2009. L'idée d'Europe à la fin du XVIIIe siècle

Coordination scientifique : Institut d’Histoire de la Révolution Française (Université de Paris I-Panthéon Sorbonne, EA127/UMS622)

Il s'agit de réfléchir à la prise de conscience qui s'effectue à partir de la seconde moitié du XVIIIe siècle d'une expérience commune qui lie un espace encore à définir, et cependant lié par une communauté de systèmes politiques et de réformes des gouvernances monarchiques que les pensées de Mably, de Rousseau ou de Beccaria entre autres permettent de percevoir.

Paradoxalement c'est la Révolution américaine qui déclenche une vague de soulèvements, fondés sur un message universaliste qui va trouver dans un  premier temps un écho en Europe. La Hollande, Genève, les Pays-Bas Autrichiens, la Pologne, la Russie, le royaume de Hongrie même, sont, à des niveaux divers, touchés par cette vague « rébellionnaire ».

La France à partir de 1789 propose à son tour un modèle de rupture qui se propage en Europe jusqu’à constituer durant le Directoire le modèle d'une république-mère entourée de républiques-sœurs, non sans poser les problèmes inhérents à la guerre et à ses exactions. Pourtant, la littérature politique montre une pensée européenne en train de se structurer pour ou contre la Révolution. Ainsi, au projet de fédération des républiques européennes répond la constitution d'une coalition de couronnes contre la république naissante, offrant deux visages contradictoires de l'Europe. D'autres expressions sont possibles et pourront être envisagées : tout comme on a parlé d'un commerce atlantique des idées, il faudrait se pencher sur la question d'un commerce européen des personnes et des idées. Traduction, voyages, correspondances dessinent une autre perception de l'Europe depuis 1790 jusqu'à la fin de l'année 1799, que l'on pourra questionner afin de tenter de comprendre comment germe l'idée d'une Europe comme figure fédérative de futurs États-Unis ou bien comme l'expression en germe des États nations du XIXe siècle.

Matin

Pierre Serna (Université de Paris I) : « L’Europe, une idée neuve à la fin du XVIIIe siècle ? ».

Céline Spector (Université de Bordeaux et IUF) : « Penser l'Europe au XVIIIe siècle : le modèle américain ».

Marc Belissa (Université de Paris X-Nanterre) :« Europe du Nord ou de l'Est ? La Russie dans le débat sur la "civilisation" européenne (1751-1789) ».

Pause

Antoine Lilti (École Normale Supérieure, Paris) : « L'Europe de Volney : histoire et révolution ».

Daniel Schoenpflug (Centre Marc Bloch, Berlin) : « L’Europe des Dynasties à l’époque révolutionnaire ».

Après midi

Clizia Magoni (Université de Bologne) : « Les constitutions des états de l’Europe et des États-Unis dans l’ouvrage de Jacques-Vincent De La Croix ».

Alan Forrest (Université de York) : « Faire l'Europe par la guerre : les guerres révolutionnaires et les perceptions de l’Europe ».

Mariana Saad (Queen Mary, Université de Londres) : « Des hospices d'Europe aux secours républicains : le Recueil Duquesnoy ».

Pause

Gilles Bertrand (Université de Grenoble) : « Entre affichage de la fraternité et visions inégalitaires : peuples frères, peuples sauvages et peuples dégénérés dans le discours des voyageurs et polygraphes français sur l'Italie et ses "marges", 1789-1815 ».

Jean-Luc Chappey (Université de Paris I)  : « Les Archives littéraires de l'Europe (1804-1808). Une idée d'Europe sous l'Empire : entre civilisation et domination ».

Colloque

Vendredi 6 et Samedi 7 novembre 2009. « Pour une histoire des concepts : le laboratoire de la fraternité et ses vecteurs dans l'Europe des révolutions » (6-7 novembre 2009)

Coordination scientifique : CRHIPA de l’Université de Grenoble 2 (Centre de Recherche en Histoire et histoire de l'art. Italie, Pays Alpins, Interactions internationales, EA599) en collaboration avec le CRHEC de l’Université de Paris XII-Est Val de Marne, l’École française de Rome et l’ENS de la rue d’Ulm (Institut d’Histoire Moderne et Contemporaine) dans le cadre de l’ANR-08-BLAN-0156-01.

Moins célébré et moins étudié que la liberté et l’égalité, la « fraternité » est un concept qui a, depuis la Révolution française, joué un rôle cardinal dans la pensée politique du XIXe siècle. L'histoire en a été faite pour la France, mais pas pour le reste de l'Europe. Le colloque propose d’interroger cette histoire du concept de fraternité sur le continent européen durant un long XIXe siècle débutant avec la Révolution française. Il s’agit de jeter certaines bases avant de poursuivre les activités du programme soutenu par l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) et coordonné par Catherine Brice (Université de Paris XII) sur « la fraternité comme catégorie de l’engagement politique en Italie et en Europe au XIXe siècle » : la suite du programme prévoit en effet de mettre en évidence les formes de mobilisation politique qui découlent de cette vision de la nation – et du monde – conçue en termes de « famille » où des frères – et des sœurs – combattent pour la liberté (volontariat, associations fraternelles...). Le terme de fraternité sera donc ici considéré comme un concept, et étudié d'abord dans la pensée politique européenne (France, Italie, Angleterre, espace germanique, monde hispanique). Les dimensions juridiques et de la philosophie politique seront privilégiées, mais on s’arrêtera aussi sur les formes de la fraternité catholique et sur la maçonnerie. Pour chacun des espaces pris en compte, on engagera une réflexion sur les usages possibles d’un ensemble de corpus comparables (dictionnaires, traités politiques, textes officiels, préambules mais aussi journaux et pamphlets, sans oublier le roman) afin de mettre en évidence la pluralité des acceptions du terme fraternité : national, social, chrétien... Tous ces sens sont à démêler pour obtenir un premier tableau de l'idée de fraternité dans un XIXe siècle européen qui nous mène jusqu’en 1930.

Vendredi 6 novembre 2009

Matin

Sandro Chignola (Université de Padoue) : « Fraternità : per la storia del concetto. Problemi di metodo e di investigazione ».

Claire Sotinel (Université de Paris XII) : « La fraternité dans le christianisme ancien : un modèle ? ».

Pause

Fulvio Conti (Université de Florence) : « I fratelli e i profani. L'idea di fraternità nella massoneria italiana dell'Ottocento ».

Pascale Budillon Puma (Université de Paris XII) : « Laboratoire de la fraternité : relecture des années de la Révolution à la Restauration dans le roman italien du XIXe siècle ».

Après-midi

Catherine Brice (Université de Paris XII) : « Fraternité et fraternisation : vrais et faux frères ».

Gilles Pécout (Ecole Normale Supérieure, Paris) : « Fraternité internationale, guerre et paix à l’époque du Risorgimento ».

Pause

Wolfgang Schieder (Université de Cologne) : « Brüderlichkeit nel pensiero del movimento operaio tedesco nell’Ottocento ».

Marco Meriggi (Université Federico II de Naples) : « Intrecci, contaminazioni e contrapposizioni tra Brüderlichkeit/Fraternità et Verbuederung/Fraternité nel linguaggio politico tedesco tra 1790 e 1815 ».

Samedi 7 novembre 2009

Matin

Ultán Gillen (Queen Mary, Université de Londres) : « Fraternity in Irish Republican Thought during the French Revolution ».

Pedro Rújula (Université de Saragosse) : « Fraternité catholique et fraternité révolutionnaire en Espagne, fin XVIIIe-milieu XIXe siècle ».

Pause

Isabel Pascual Sastre (Consejo Superior de Investigaciones Científicas, Madrid) : « Fraternità : idea ed esperienze nella democrazia spagnola dell'Ottocento ».

Conférence conclusive des Rencontres

Organisée par la Commission Internationale d’Histoire de la Révolution Française

Anna Maria Rao (Université Federico II de Naples) : « “Ah! Europe, que tu as vieilli!”  Fraternité et vertus républicaines en 1799 ».

Assemblée générale de la Commission Internationale d’Histoire de la Révolution française.

Lieux

  • Domaine de Vizille
    Vizille, France

Dates

  • jeudi 05 novembre 2009
  • vendredi 06 novembre 2009
  • samedi 07 novembre 2009

Mots-clés

  • Révolution française, Europe, XVIIIe siècle, histoire des concepts, fraternité

Contacts

  • Isabella Tarricone
    courriel : isabella [dot] tarricone [at] univ-grenoble-alpes [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Isabella Tarricone
    courriel : isabella [dot] tarricone [at] univ-grenoble-alpes [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Rencontres internationales sur l'histoire de la Révolution française et de sa posterité », Colloque, Calenda, Publié le mardi 20 octobre 2009, http://calenda.org/199152