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Masculin / féminin : questions pour la géographie

Masculine / Feminine: new issues for geography

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Publié le mardi 20 avril 2010 par Karim Hammou

Résumé

Comment les études de genre peuvent-elles interroger l’organisation des espaces à toutes les échelles ainsi que la spatialité des acteurs ? La géographie est-elle marquée par une approche androcentrique, par la naturalisation sexuée des espaces et les interprétations qui en découlent ? Quelle place une approche critique des rapports de genre peut-elle avoir à l’intersection d’autres approches géographiques qui s’intéressent au postcolonialisme, aux phénomènes de globalisation, aux migrations ? L’objectif de ces journées sera de faire apparaître la dimension épistémologique du genre comme outil de questionnement de la science géographique en général, qu’elle s’appréhende par le biais de l’analyse spatiale, de la géographie des pratiques sociales, d’études régionales, d’études culturelles.

Annonce

Comité scientifique :

Elsa Almeida (Université Veracruzana/Cemca, Mexique), Francine Barthe (Université de Picardie), Marianne Blidon (IDUP, Université Paris 1), Nadine Cattan (UMR Géographies-cités, CNRS), Sylvette Denèfle (Université Tours, MSH Tours), Guy Di Méo (UMR Ades, Université Bordeaux), Dina Vaiou (Technical University of Athens, Grèce)
Hélène Guétat (UMR Dynamiques Rurales, Université de Toulouse), Claire Hancock (Université Paris 12), Sophie Louargant (UMR Pactes, Université de Grenoble), Kamala Marius-Gnanou (UMR Ades, Université Bordeaux), Yves Raibaud (UMR Ades, Université Bordeaux), Raymonde Séchet (UMR Espaces et sociétés, Université Rennes 2), Jean-François Staszak (Université de Genève).

Argumentaire

Alors que le nombre de publications sur les études de genre ne cesse de croître dans la plupart des disciplines des sciences sociales, il nous est apparu important de faire le point sur l’apport spécifique qu’elles apportent à la géographie si l’on considère que cette discipline est aujourd’hui une science sociale attachée à penser l’espace des sociétés humaines. Comment les études de genre peuvent-elles interroger l’organisation des espaces à toutes les échelles ainsi que la spatialité des acteurs ? La géographie est-elle toujours aussi marquée par une approche androcentrique, par la naturalisation sexuée des espaces et les interprétations qui en découlent ? Quelle place une approche critique des rapports de genre peut-elle avoir à l’intersection d’autres approches géographiques qui s’intéressent au postcolonialisme, aux phénomènes de globalisation, aux migrations ?

L’objectif de ces journées sera de faire apparaître la dimension épistémologique du genre comme outil de questionnement de la science géographique en général, qu’elle s’appréhende par le biais de l’analyse spatiale, de la géographie des pratiques sociales, d’études régionales, d’études culturelles  etc. Le dénominateur commun des communications sera de considérer le genre comme un objet géographique, c'est-à-dire un « construit cognitif permettant d’appréhender un phénomène spatial » (Lévy et Lussault, 2003).

 Les communications s’organiseront autour de trois axes :

1.     Le premier axe posera la question de savoir si une vision essentialiste de la différence des sexes, la croyance en son caractère immuable et la complémentarité « naturelle » des rôles sociaux de sexe a participé et participe encore à façonner la connaissance du monde en général et la géographie en particulier. On pourra par exemple s’interroger sur l’histoire de la construction androcentrique de la géographie, sur la description sexuée des espaces, sur le rapport exotisme/érotisme et pouvoir/sexe en tant qu’ils sont opérateurs de la construction d’un savoir scientifique spécifiquement masculin etc. La « production de la géographie » ne reflète-t-elle aujourd’hui encore – à travers l’appareil universitaire par exemple – cette « valence différentielle des sexes » (Héritier, 1996) qui fait que certains objets d’études sont investis par les hommes et d’autres par les femmes en rapport avec leurs compétences sexuées supposées ?

 2.     La deuxième, partant d’une approche relationnelle des sexes (Goffman, 1977) et observant qu’ils sont socialement construits par des rapports d’opposition, interrogera les arrangements qui s’opèrent sur les espaces : espaces mixtes et non mixtes, masculins et féminins, plus ou moins prescriptifs des codes genrés. On questionnera le contexte hétéronormatif des espaces à partir des variations culturelles qu’ils proposent, des lieux de transition et de transgression de la règle. Le fait que les relations sociales de genre doivent être appréhendées comme des rapports de pouvoir conduira à questionner les espaces comme des construits sociaux porteurs de messages explicites et implicites visant à reproduire les structures de domination, ou au contraire à mettre en valeur les lieux alternatifs, les « hétérotopies » où se discutent les normes. Au-delà des exemples proposés, on cherchera à montrer que la « variable genre » appliquée aux lieux d’observation introduit des variations considérables des modèles d’interprétation des sciences de la géographie et de l’aménagement.

3. Le troisième axe s’interrogera sur l’intersectionnalité d’autres rapports de domination (âge, classe, race) avec le genre sur les espaces : quelle part d’ethnocentrisme y a t-il dans le fait de considérer comme universels les codes genrés des pays développés ? Quelles sont les variations des modèles masculins et féminins en usage au cœur des métropoles et dans les périphéries pauvres ? Quel rapport y a-t-il entre l’âge, le sexe et la couleur de la peau des personnes qui vivent dans les prisons ? les maisons de retraite ? Quel est le sexe des migrants des pays pauvres ? Pour quelles destinations ? Dans les exemples choisis, on s’attachera à montrer que si ces rapports de domination sont souvent cumulatifs ils ne le sont pas pour tous de la même manière et qu’ils permettent des variations culturelles qui se répercutent sur la transformation des espaces.

 Propositions de communications : envoi des résumés (2000 signes en français et en anglais) accompagné d’un court CV mentionnant l’institution de rattachement, le statut, les publications récentes relatives à la thématique du colloque et une adresse électronique valide

 avant le 15 mai 2010

Envoi des textes (30 000 signes) avant le 30 août 2010 à k.marius-gnanou@ades.cnrs.fr et y.raibaud@ades.cnrs.fr.

Frais d’inscription 

  • Les frais incluent les déjeuners et pause café uniquement. 
  • Frais standard : 90 € 
  • Pour les doctorants, post-doctorants et chercheurs non statutaires : 20 € 

CALL FOR PAPERS

While publications on gender issues are ever more common in social sciences, it seems important to focus specifically on what they contribute to geography, understood as a social science that deals with human societies' spatialities. How can a gender approach challenge our understandings of spatial organizations, and agents' spatial experiences? Can geography still be seen as reflecting an androcentric viewpoint and naturalizing sexual divisions of space? How can we reflect critically on gender relationships, in the light of other approaches wihich emphasize the postcolonial, the effects of globalisation, and migrations?

The aim of our conference is to bring out the epistemic dimension of gender, and the ways in which it can challenge geographical knowledge generally, whether produced by spatial analysis, a study of social practices, regional science, cultural studies, etc. Papers from a variety of horizons will be united by their concern with gender as a "geographical object", that is, as a "cognitive construct that enables the understanding of a spatial phenomenon" (Lévy et Lussault, 2003).

Papers are expected around three broad themes :

1.     The first theme has to do with the way knowledge, and geographical knowledge in particular, has been shaped by an essentialist vision of sexual difference, a belief in its immutability and the "natural" complementarity of gendered social roles. Possible themes are geography's androcentric constructs in historical perspective, gendered spatial descriptions, the exoticism/eroticism/power/sex nexus in relation to the the production of a (masculine) scientific knowledge. To what extent does the "production of geography" as it takes place today (in academic spheres for instance) reflect the "differential valence of sexes" as defined by Héritier (1996), with specific areas of knowledge being dealt with mostly by men, and others by women, as a result of the competences conventionally attached to each sex? 

2.     The second theme builds on relational approaches (Goffman, 1977) of sexes as socially constructed in opposition to each other, and emphasizes spatial arrangements : co-ed or single-sex spaces, masculine or feminine ones, with varying tendencies to prescribe gendered codes. A generally heteronormative space is declined differently in different cultural contexts, allowing for transitional or transgressive spaces. Reading gender relations as power relations also implies interpretations of space as socially imbued with implicit and explicit messages which reproduce structures of domination, other conversely as making place for alternatives, "heterotopias", where norms are challenged. Beyond the aspects above, there are many ways in which gender as a variable can displace traditional interpretative models in geography and planning.

3.     A third theme has to do with "intersectionnality", the interaction between gender and other forms of domination to do with age, class or race, and their spatial dimensions: have gendered codes established in richer countries been unduly presented as universal? How are feminine and masculine identities experienced in the cities and countries of the global South? What is to be said of the age, the sex, and skin colour of prison inmates or inhabitants of retirement homes? Of the gender of migrants, and their countries of destination? Whilst domination is often multilayered, it is also contextual and shifting, which in turn can transform spaces. 

PAPERS PROPOSALS: please send a one-page abstract (300 words at most) along with a brief resume specifying your institution and position, and mentioning any recent publications in relation with the theme of the conference and an e-mail address before May 15th, 2010; the full papers should arrive no later than August 30th, 2010 and be sent both to k.marius-gnanou@ades.cnrs.fr and y.raibaud@ades.cnrs.fr.

 REGISTRATION FEES:

  • Fees include lunches and coffee breaks. 
  • Basic fee : 90 € 
  • Fee for graduate students, post-doctoral and free-lance researchers: 20 €

Lieux

  • 12, esplanade des Antilles
    Bordeaux, France

Dates

  • samedi 15 mai 2010

Mots-clés

  • géographie, genre, épistémologie, intersectionnalité, migrations

Contacts

  • Yves RAIBAUD
    courriel : y [dot] raibaud [at] ades [dot] cnrs [dot] fr
  • Kamal Marius-Gnanou
    courriel : k [dot] marius-gnanou [at] ades [dot] cnrs [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Yves RAIBAUD
    courriel : y [dot] raibaud [at] ades [dot] cnrs [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Masculin / féminin : questions pour la géographie », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 20 avril 2010, http://calenda.org/200899