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Universités d'Île-de-France : vers un corpus d'archives orales

Île-de-France's universities: Towards oral history

Journée d'études du 16 mars 2012

16 March 2012 study day

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Publié le vendredi 08 juillet 2011 par Marie Pellen

Résumé

Depuis 2010, les treize universités parisiennes issues de l'éclatement de la Sorbonne en 1970 et les 4 universités fondées en villes nouvelles au début des années 1990 commémorent leur quarantième/vingtième anniversaire. A cette occasion il a semblé utile de réfléchir sur la nécessité de constituer un corpus d'archives orales susceptible de renseigner les différentes facettes de l'histoire récente de ces universités et les pratiques sociales qui y affèrent.

Annonce

Appel à contributions pour une journée d’études le 16 mars 2012

Organisateurs :

  • Rectorat de Paris,
  • Université de Paris 13,
  • Cité des mémoires étudiantes

Responsables :

  • Jean-Philippe Legois (archiviste, Cité des mémoires étudiantes/ GERME),
  • Loïc Vadelorge (professeur d’histoire contemporaine, université de Paris 13)

Lieu prévu de la manifestation : Chancellerie des universités, Paris

Argumentaire

            L’histoire récente des universités franciliennes forme un chantier largement en friche. Les commémorations du 40e anniversaire de la partition de la Sorbonne comme celles du 20e anniversaire des universités nouvelles, là où elles ont pu être réalisées ont montré l’ampleur de la tâche à accomplir, que ce soit en termes de « récits des origines » ou en termes de repérage des sources. Les chercheurs, peu nombreux, qui se sont aventurés sur le terrain de cette histoire du temps présent des universités ont fréquemment compensé le manque relatif d’accessibilité des archives écrites – en particulier pour ce qui concerne les archives d’établissements - par le recours à l’enquête orale (entretiens semi-directifs, récits de carrières, tables-rondes mettant en scène des témoins clés, etc.). Ces matériaux d’enquêtes ont souvent été recueillis à usage unique, soit qu’il s’agisse d’étayer des recherches universitaires (Christine Musselin, Jérôme Aust, …) soit qu’il s’agisse de contribuer au volet historique de cérémonies de commémoration (tables-rondes organisées à Paris X et Paris 13 en 2010).

            L’émergence de services d’archives intégrés dans une majorité d’établissements franciliens et la perspective d’une recherche de plus longue haleine qui s’ouvre aujourd’hui incitent à interroger le scénario de transformation de ce matériel épars et ponctuel en véritables archives orales et au-delà la possibilité de constituer, sinon un fonds de référence, du moins une mise en réseau des fonds existants et des fonds à constituer de manière prioritaire. Ce projet patrimonial, pour utopique et irréaliste qu’il soit au jour d’aujourd’hui, constitue l’horizon d’attente de la journée d’études que nous proposons d’organiser en mars 2012, dans le sillage de celle, organisée le 8 juin 2011 sur les archives écrites universitaires. Ce chantier associe de manière logique des archivistes et des historiens, étant entendu que ce dernier thème ne désigne pas uniquement la discipline historique mais plus largement tous les chercheurs (sociologues, politistes, géographes, juristes, historiens des sciences, etc.) faisant usage de l’histoire dans leurs travaux.

            A dire vrai, si le chantier paraît immense, nous ne partons pas pour autant de rien, et ce pour au moins deux raisons. D’une part, la réflexion sur les archives et l’histoire orale est très largement avancée en France. D’autre part, certains champs de recherche (histoire des sciences, histoire des étudiants et de leurs mouvements) ont déjà fait l’objet de constitution de fonds d’archives orales qui peuvent servir de référence et auxquels les champs de recherche émergents devront se confronter. En ce sens, dans le sillage de la journée d’études de juin 2011, la réflexion doit articuler l’état des lieux et l’horizon d’attente d’une part et, d’autre part, les approches monographiques et la problématique plus générale de l’histoire des universités franciliennes depuis un demi-siècle.

            L’histoire orale, qui a constitué un champ pionnier de la méthodologie historienne à la charnière des années 1970 et 1980, forme aujourd’hui une pratique normale de la recherche historique, enseignée dans de nombreux masters de recherche en France. Les travaux conduits au sein de l’IHTP au début des années 1980 ?, la somme publiée au début des années 1990 ? par Florence Descamps (L’historien, l’archiviste et le magnétophone. De la constitution de la source orale à son exploitation, 2001) ont permis de comprendre comment les historiens pouvaient s’approprier une méthodologie classiquement utilisée par les sciences sociales. Les archivistes se sont ensuite appliqués à préciser les procédures de la collecte, de la conservation et de la communication des archives orales et un premier état des lieux a été réalisé par Agnès Callu et Hervé Lemoine en 2005 (Le Patrimoine sonore et audiovisuel français : entre archives et témoignages, guide de recherche en sciences sociales, [Préfaces d’Emmanuel Le Roy Ladurie et Jean Cluzel ; postface de Jacques Rigaud], Belin, 7 volumes). Des rencontres régulières permettent d’actualiser les pratiques et de favoriser l’ouverture à de nouveaux champs de recherche comme celui des archives de l’architecture et de la ville dans les années 2000. La réflexion théorique et méthodologique fait encore défaut pour l’histoire des universités et l’un des enjeux de la journée d’études est d’aider à faire émerger ce type de réflexion, en partant de l’acquis méthodologique existant pour d’autres politiques publiques (comité d’histoire de la Sécurité sociale, comité d’histoire de la Défense, comité d’histoire du ministère de la Culture, comité d’histoire du ministère des Finances, etc.). Il s’agira clairement de poser la question d’une approche spécifique de l’histoire orale et des archives orales pour l’histoire des universités. A cet égard, on questionnera les modalités de constitution, de conservation, de traitement et de diffusion des premiers corpus d’archives orales pouvant intéresser l’histoire des universités. On pense en particulier aux enquêtes orales réalisées par l’INRP sur les recteurs ou la genèse de la loi de 1984, du fonds d’archives orales de l’INRA[1], de la collecte d’entretiens réalisés au CNRS[2] ou encore des archives orales recueillies par l’INSERM sur le thème de la recherche médicale (travail de Karine Gay et Jean-François Picard)[3]. On pense aussi au travail réalisé par le GERME et la Cité des mémoires étudiantes[4].

            Parallèlement à ce travail de réflexion méthodologique, dont l’intérêt premier peut consister à diffuser des normes de conservation pour les matériaux réunis au moment des commémorations en cours (2010-2013) et éviter ainsi qu’ils ne se perdent (qu’a-t-on ainsi conservé du 25e anniversaire de l’éclatement de la Sorbonne en 1997-1998 ?[5]), on envisagera aussi de confronter sur cette question de la mémoire universitaire le regard des archivistes – une petite dizaine en poste dans les universités parisiennes en 2011 -, celui des chercheurs et celui des premiers témoins interrogés. Il s’agit, à partir de cas concrets d’histoire – de la recherche, de la gouvernance universitaire, de l’administration, de la pédagogie, des mouvements sociaux et étudiants – de montrer comment peuvent circuler le document d’archive orale, le témoignage et l’interprétation que le chercheur en fait en le replaçant dans un corpus plus large et un questionnement qui lui est propre. On attend de ce « travail en atelier » à la fois une mise en évidence de l’intérêt spécifique de l’archive orale dans la construction du récit historique (comment par exemple passer du témoignage à la biographie ? en quoi l’archive orale permet-elle d’éclairer les pratiques ?) et des éléments permettant de définir un ordre des priorités dans les corpus à constituer (quels types de témoins interroger ? comment élaborer un questionnaire permettant d’inscrire l’histoire singulière dans une perspective générale sans être pour autant généraliste, etc. ?) On attend également de ces « ateliers » une analyse critique et une première mise en pratique de traitement et de mise à disposition du témoignage, que ce traitement soit archivistique/ documentaire ou scientifique.

            De ces propos liminaires on tirera une forme d’organisation de la journée d’études en trois moments complémentaires :

  • Un bloc introductif conséquent articulant l’horizon d’attente d’un corpus d’archives orales pour l’histoire des universités franciliennes et les acquis des corpus précédemment constitués pour d’autres champs.
  •  Trois ou quatre ateliers thématiques successifs portant sur l’histoire des différentes composantes de la communauté universitaire pouvant susciter un recours aux archives orales (histoire de la recherche, histoire de l’enseignement, histoire de la gouvernance et de l’administration des universités, histoire des étudiants et des mouvements étudiants). Chacun de ces ateliers fera intervenir, à partir d’un cas précis, un témoin interrogé, un chercheur et/ou un archiviste. On pourra adjoindre à ce trinôme un discutant extérieur, chargé d’éclairer le potentiel de généralisation ? du cas présenté.
  •  Une conclusion longue et ouverte permettant de tracer les voies possibles ou souhaitables de l’écriture d’un projet de corpus d’archives orales dédiées à l’histoire des universités franciliennes ou, plus modestement, d’une mise en réseau des fonds existants ou à constituer prioritairement.

Modalités de proposition

Les chercheurs et archivistes intéressé(e)s par ce projet peuvent envoyer une proposition de communication (1 à 2 pages comprenant un résumé, une présentation de la source utilisée et de la manière dont l’auteur envisage de la traiter, une présentation de l’auteur)

Les propositions sont à envoyer au plus tard le 30 septembre 2011 à ces deux adresses électronique :

Une réunion de travail entre les différents intervenants retenus pourra être organisée afin de mettre en place et d’harmoniser les méthodologies proposées.

Jean-Philippe Legois (archiviste, président de la Cité des Mémoires étudiantes)

Loïc Vadelorge (professeur d’histoire contemporaine, Université de Paris 13)


[1] http://www.inra.fr/archorales/

[2] http://www.histcnrs.fr/memoirecnrs.html

[3] http://www.vjf.cnrs.fr/histrecmed/entretiens.html

[4] http://www.cme-u.fr, voir la partie témoignages

[5].A été conservé cependant un catalogue d’exposition, De l’Université aux universités.

Catégories

Lieux

  • rue Saint Jacques (Rectorat de Paris)
    Paris, France

Dates

  • vendredi 30 septembre 2011

Fichiers attachés

Mots-clés

  • histoire des universités, histoire orale, archives, archives orales

Contacts

  • Loïc Vadelorge
    courriel : loic [dot] vadelorge [at] wanadoo [dot] fr
  • Jean-Philippe Legois
    courriel : jplegois [at] wanadoo [dot] fr

Source de l'information

  • Loic Vadelorge et Jean-Philippe Legois ~
    courriel : loic [dot] vadelorge [at] wanadoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Universités d'Île-de-France : vers un corpus d'archives orales », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 08 juillet 2011, http://calenda.org/204954