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Dynamiques environnementales, politiques publiques et pratiques locales : quelles interactions ?

Conference Environmental dynamics, public policies and local practices: how to deal with interactions?

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Publié le lundi 02 juillet 2012 par Elsa Zotian

Résumé

Le colloque international et interdisciplinaire « Dynamiques environnementales, politiques publiques et pratiques locales : quelles interactions? » aura lieu à Toulouse du 4 au 7 juin 2013. Il a pour objectif de réunir des chercheurs de toutes disciplines travaillant sur l'environnement, ainsi que les gestionnaires et praticiens, autour d'une réflexion multiscalaire sur les dynamiques environnementales et leurs liens avec les dynamiques sociales. Au-delà des études de cas, les approches théoriques et méthodologiques sont bienvenues.

Annonce

Argumentaire

Crise environnementale, changement climatique, sixième extinction, catastrophes « naturelles » et technologiques, théorie de l’effondrement… le terme d’environnement renvoie souvent à l’idée de menace et il semble que les interactions sociétés / nature ne puissent plus être pensées, du moins dans l’opinion, que dans le sens de la dégradation. Pourtant, si l’on se dégage d’une vision globalisante parfois réductrice, les recherches menées en sciences de la nature et en sciences humaines et sociales dévoilent l’infinie diversité des relations qui s’établissent entre les sociétés et leur environnement. Elles montrent que ces relations, loin d’être figées, évoluent à toutes les échelles de temps et s’appréhendent à tous les niveaux spatiaux. Elles mettent en évidence que politiques publiques et pratiques locales influent sur les dynamiques environnementales et qu’en retour, les dynamiques environnementales modifient les représentations, les pratiques et les politiques de l’environnement. Ces interrelations suggèrent des décalages entre les processus à l’origine des changements de l’environnement et les représentations sociales de ces changements.

Nous entendons par dynamiques environnementales tous les processus environnementaux, quelle que soit leur échelle géographique, du changement climatique global au défrichement de la parcelle. Ces dynamiques seront analysées préférentiellement pour une période récente, aux échelles annuelles à décennales, voire séculaires.

En termes scientifiques, l’objectif est de faire le point sur ces liens qui se tissent et se renouvellent sans cesse entre les dynamiques environnementales, les politiques publiques et les pratiques locales afin notamment de mettre en perspective les changements actuels et attendus tant du point de vue biophysique que du point de vue social. Les recompositions permanentes des relations sociétés-nature méritent une analyse approfondie à travers différentes clefs de lecture : ressources, contraintes, risques, paysages, patrimoine, mais aussi vulnérabilité, résilience, adaptation ou coévolution des écosystèmes et des sociosystèmes seront au cœur de la réflexion.

L’enjeu est de rassembler des chercheurs issus de disciplines différentes, déjà engagés ou non dans des démarches interdisciplinaires, autour d’une réflexion visant à construire des méthodes et des corpus théoriques communs sur les interactions nature-société. Ainsi, cette rencontre vise à favoriser la compréhension interdisciplinaire et, à terme, la construction de projets communs. Il s’agit également d’envisager dans quelle mesure ces clefs de lecture conduisent à dépasser des stéréotypes tels que l’opposition Nord/Sud. Les types de relations mis en évidence sont-ils pertinents à la fois au Nord et au Sud ? Sont-ils lus de la même manière ?

Au-delà de la dimension purement scientifique, le colloque aura pour objectif une meilleure compréhension entre scientifiques, gestionnaires et praticiens de l’environnement. En tant que parties prenantes à la fois dans la mise en place d’actions sur le terrain et dans la construction de discours sur les dynamiques environnementales, gestionnaires et praticiens sont ainsi appelés à faire part de leurs expériences et de leurs réflexions sur le sujet. Sur le plan opérationnel, l’enjeu est d’attirer l’attention des pouvoirs publics sur les impacts environnementaux inattendus de certaines politiques publiques et sur le décalage qui peut exister entre la réalité des dynamiques environnementale et les discours qui visent à les expliquer.

Cinq grands objectifs du colloque :

1) Décortiquer les types d’interactions entre pratiques, politiques et environnement

Selon les disciplines, l’approche des relations sociétés/nature par l’interrogation du triptyque pratiques/politiques/dynamiques environnementales diffère car l’attention est généralement portée sur un seul des éléments du triptyque ou encore sur des relations unilatérales entre ces éléments. S’agissant de mettre en évidence des interactions, on attend donc ici que soient mobilisés au moins deux des pôles du triptyque et que soient en particulier abordées les interactions entre :   

  • Pratiques locales et dynamiques environnementales : comment les actions des sociétés influencent la construction, le fonctionnement ou l’évolution de l’environnement et des paysages (ex : les pratiques d’assèchement des zones humides modifient le fonctionnement des hydrosystèmes), et comment en retour cette évolution peut influencer et modifier les pratiques locales d’exploitation des ressources, de gestion des risques, de conservation de l’environnement et des paysages (ex : les changements climatiques créent des processus d’adaptation des pratiques paysannes dans les pays du sud)
  • Politiques publiques et dynamiques environnementales : plus ou moins directement (politiques dédiées vs politiques non dédiées), et de façon plus ou moins attendue, les choix politiques de normalisation, de régulation et d’encadrement des interventions humaines sur l’environnement peuvent modifier son fonctionnement (ex : le soutien à l’agriculture irriguée en Europe a engendré une pression accrue sur les hydrosystèmes) ; certaines modifications environnementales peuvent bien entendu à leur tour motiver de nouvelles règlementations et de nouvelles régulations (ex : les inondations du XIXe siècle ont suscité des politiques de reboisement dans les montagnes européennes).
  • Dynamiques environnementales, pratiques locales et politiques publiques : en fait, ce sont les trois éléments du triptyque qui sont en étroite interaction. Les aménités tout comme les risques environnementaux peuvent susciter certaines pratiques de gestion ou de conservation, lesquelles peuvent mettre en péril la ressource ou générer des conflits et/ou des risques, menaces que les politiques tentent alors de réguler, en imposant de nouvelles pratiques qui peuvent à leur tour générer un environnement et des paysages nouveaux.

On ne perdra pas de vue que ces interactions s’inscrivent dans un contexte de « crise environnementale » touchant aussi bien les dynamiques environnementales que le jeu social et les stratégies d’acteurs autour de l’environnement. Par conséquent, ces interactions se développent aussi bien à propos de l’exploitation des ressources que de la gestion des risques, ou encore de la gestion/conservation patrimoniale de l’environnement et des paysages. Enfin, ces interactions ne peuvent être abordées indépendamment de la géopolitique, de la culture et du projet politique d’une société, et donc de ses représentations de l’environnement et des paysages, de leur dimension patrimoniale, des ressources et des risques qu’ils proposent.

2) Comprendre comment les interactions nature / sociétés peuvent être abordées par différentes disciplines

Nous nous interrogeons sur la façon dont les différentes disciplines conçoivent et étudient les dynamiques environnementales comme résultat des interactions nature / sociétés. Quelles problématiques sont identifiées ? Quelles approches théoriques ? Quelles méthodologies ? Sont-elles les mêmes partout dans le monde ? Qu’implique d’étudier les interactions entre pratiques, politiques et environnement en terme d’interdisciplinarité ? Ces différentes approches théoriques et méthodologiques favorisent-elles la rencontre entre les disciplines? Se pose ici la question de la pertinence et des modalités de la rencontre de diverses disciplines autour d’un même questionnement.

3) Confronter les regards entre chercheurs, praticiens et gestionnaires

Nous proposons d’explorer la diversité des regards d’acteurs, tous considérés comme légitimes, sur les interactions entre pratiques, politiques et environnement. Objectifs, finalités voire idéologies mais aussi contraintes temporelles, financières, critères d’évaluation propres et intérêts sont autant de sources potentielles de clivage entre l’observation et l’action. Une attention particulière sera accordée aux travaux portant sur la description et l’explicitation des divergences et convergences de perceptions, cadres d’analyse et démarches d’action entre acteurs. Les objectifs sont ici d’analyser la diversité des regards autour d’une problématique, de tendre vers une compréhension mutuelle entre acteurs et de souligner la complémentarité des travaux des chercheurs, praticiens et gestionnaires et leur nécessaire collaboration. Il s’agit aussi de considérer la pertinence de la recherche-action dans ce domaine.

4) Appréhender les imbrications d’échelles spatiales dans l’étude des interactions nature / sociétés

Dans le triptyque étudié ici,  on perçoit bien que les échelles d’appréhension des interactions ne sont pas les mêmes. Il s’agit de savoir à quelles échelles géographiques se produisent ces interactions et quelles sont les échelles pertinentes pour les analyser. Une attention particulière sera accordée aux imbrications et emboîtements d’échelles ainsi qu’à l’adéquation entre les échelles institutionnelles et les échelles des phénomènes naturels et sociaux étudiés. Dans quelle mesure la multiplication des échelles (des processus naturels, des politiques de gestion, de l’appropriation par les sociétés, etc.) conduit-elle à créer de nouvelles entités géographiques (milieux, territoires, paysages) ?

La diversité des échelles spatiales et temporelles des phénomènes étudiés souligne leur complexité. Quelles échelles d’analyse privilégier ? L’étude des interactions à l’échelle locale est-elle pertinente pour comprendre les processus à des échelles plus petites ? Inversement, l’échelle planétaire est-elle pertinente pour comprendre les interactions sociétés / nature à l’échelle locale ? Peut-on et doit-on monter en généralité dans l’analyse de ces interactions ? Est-il pertinent de reproduire à l’échelle locale des dispositifs de régulation ou des pratiques validés à une échelle plus petite, nationale ou régionale ?

5) Analyser les apports de l’histoire et du temps long dans la compréhension des processus socio-environnementaux actuels

Replacer les interactions environnementales dans une perspective historique est une nécessité à plusieurs niveaux de la recherche fondamentale ou de la recherche-action, notamment si l’on admet que l’environnement contemporain est une co-construction et le produit d’une co-évolution de systèmes biophysiques et sociaux. Evaluer « l’état » contemporain de l’environnement et en comprendre les dysfonctionnements, modéliser son fonctionnement, échafauder des scénarii d’évolution et élaborer une prospective environnementale, définir les politiques de gestion ou de conservation : l’ensemble de ces objectifs passe par la connaissance des trajectoires écologiques passées et en particulier de leurs temporalités. La dimension historique et rétrospective, loin d’être le seul apanage des sciences historiques, sous-tend toute une série de concepts devenus fondamentaux dans l’approche scientifique de l’environnement : co-évolution, co-construction, crise environnementale, adaptation des systèmes sociaux et/ou des systèmes naturels, résilience et vulnérabilité de ces systèmes. Dans quelle mesure la mise en perspective historique et paléoenvironnementale permet-elle d’éclairer les dynamiques et interactions actuelles ?

Public visé

Le colloque se veut résolument interdisciplinaire et ouvert aux chercheurs comme aux praticiens et gestionnaires. Nous souhaitons mobiliser autant les sciences humaines et sociales (analyse des politiques publiques et pratiques locales en lien avec l’environnement) que les sciences de la nature (analyse des dynamiques environnementales en lien avec les pratiques et politiques). Les gestionnaires et praticiens, axés sur la résolution de problèmes sur le terrain, sont invités à participer au colloque au-travers de leurs témoignages et retours d’expériences ainsi que pour exprimer leurs convergences et divergences de vue avec le monde scientifique.

Les objectifs étant :

  • De caractériser les divers types d’interactions existant entre politiques, pratiques et environnement à différentes échelles spatiales et temporelles ;
  • De comprendre les différentes approches sur des problématiques socio-environnementales similaires ;
  • De trouver des nœuds d’accroches (théoriques et méthodologiques) sur lesquels chercheurs de toutes disciplines puissent se mobiliser ;
  • D’initier des débats entre chercheurs de diverses disciplines, praticiens et gestionnaires en vue d’une compréhension mutuelle ;
  • D’identifier les moteurs et freins aux collaborations entre chercheurs, gestionnaires et praticiens.

Conditions de soumission

Les propositions pourront être issues des sciences de la vie et de la terre, des sciences humaines et sociales, ou interdisciplinaires.

Les communications proposées par des praticiens et gestionnaires (administrations, syndicats de gestion, chambres professionnelles, professionnels, etc.) sont très vivement espérées.

Chaque contributeur devra s’efforcer de rendre son discours, écrit et oral, accessible aux autres disciplines.

Soumission des résumés

Le résumé précisera, en 2 pages maximum, l’approche théorique mobilisée, la méthodologie utilisée, le type d’interaction étudié et les principaux résultats.

Le résumé devra être soumis en deux langues : français (obligatoire) et anglais ou espagnol.

Les résumés feront l’objet d’une triple lecture : un spécialiste de la discipline, un lecteur d’une autre discipline et un membre du comité d’organisation.

La feuille de style est disponible sur le site du colloque : http://w3.geode.univ-tlse2.fr/interactions2013

Posters

Certaines propositions pourront faire l’objet d’un poster, qui sera évalué selon les mêmes modalités que les communications orales. Un modèle sera disponible sur le site du colloque après la phase de sélection des résumés.

Langues

Le colloque aura lieu en trois langues : français, anglais, espagnol.

Le choix de la langue d’intervention est libre, mais pour favoriser la compréhension entre intervenants, la présentation vidéo-projetée le sera dans une langue autre que celle de l’exposé oral, l’anglais étant obligatoire pour l’un des deux.

Sortie de terrain

Une excursion aura lieu dans les Pyrénées ariégeoises, sur le site de l’Observatoire Homme-Milieux Pyrénées Haut-Vicdessos, le vendredi 7 juin (http://w3.ohmpyr.univ-tlse2.fr/). Ce dispositif de recherche de l’Institut Écologie et Environnement du CNRS, fondé sur une étroite collaboration entre acteurs économiques, politiques et institutionnels locaux et chercheurs, sera l’occasion d’observer de façon concrète comment s’articulent localement dynamiques environnementales, politiques publiques et pratiques locales.

Frais d’inscription

Les frais d’inscription incluent le recueil des résumés ainsi que les repas de midi.

  • Participants : 60€
  • Étudiants : 20€
  • Sortie de terrain : 30€

Calendrier

  • Juin 2012 : première circulaire
  • 30 septembre 2012 : date limite de réception des résumés pour les communications et les posters.

  • Mi-novembre 2012 : réponse aux auteurs
  • 15 avril 2013 : date limite de réception des articles pour évaluation par le comité de lecture en vue de la publication.
  • 3 mai 2013 : date limite d’inscription

Comité d’organisation

Laboratoire GEODE, Axe « Dynamiques et enjeux contemporains de l’environnement et des paysages » :

  • Alexandra Angeliaume-Descamps, Université de Toulouse II – le Mirail
  • Jean-Marc Antoine, Université de Toulouse II – le Mirail
  • Philippe Beringuier, Université de Toulouse II – le Mirail
  • Frédérique Blot, Centre universitaire Jean-François Champollion, Albi
  • Gérard Briane, Université de Toulouse II – le Mirail
  • Didier Galop, directeur GEODE, CNRS
  • Florence Geret, Centre universitaire Jean-François Champollion, Albi
  • Sylvie Guillerme, CNRS
  • Eric Maire, CNRS
  • Jean-Paul Metailie, CNRS
  • Anne Peltier, Université de Toulouse II – le Mirail
  • Mehdi Saqalli, CNRS
  • Léa Sébastien, Université de Toulouse II – le Mirail

Comité scientifique

  • Mario Bedard, Géographe, Centre de recherche sur les innovations sociales (CRISES), Département de géographie, Université du Québec à Montréal, Montréal, Canada
  • Eric Chauvet, Hydrobiologiste, Ecolab, Université Paul Sabatier, Toulouse, France
  • Robert Chenorkian, Préhistorien, DAS de l'Institut Ecologie et Environnement du CNRS en charge des Interactions hommes-milieux, responsable des Observatoires Hommes-Milieux, France
  • Pascale De Robert, Anthropologue, Institut de Recherche pour le Développement, France
  • Jean-Nicolas Haas, Paléoécologue, University of Innsbruck, Institute of Botany, Research Group Palynology and Archaeobotany, Autriche
  • Corinne Larrue, Enseignante-chercheure en aménagement de l’espace – urbanisme, UMR CITERES CNRS, Université François Rabelais, Tours, France
  • Luis Daniel Llambi, Ecologue, Instituto de Ciencias Ambientales y Ecológicas, Universidad de Los Andes, Mérida, Venezuela
  • Sekhar Muddu, Hydrologue, Department of Civil Engineering, Indian Institute of Science, Bangalore, Inde
  • Javier Ramírez Juárez, Sociologue rural, Colegio de Postgraduados, Puebla, Mexique
  • Allaoua Saadi, Géographe, Núcleo de Geomorfologia Aplicada e Gestão Ambiental-CPMTC, Instituto de Geociências, Universidade Federal de Minas Gerais, Belo Horizonte, Brésil
  • Denis Salles, Sociologue, IRSTEA, Unité Aménités et Dynamiques des Espaces Ruraux, Bordeaux, France
  • Joëlle Smadja, Géographe, Directrice du Centre d’études himalayennes, UPR 299 CNRS, Villejuif, France
  • François Walter, Historien, Université de Genève, Suisse

Ainsi que les membres du comité d’organisation.

Lieux

  • Toulouse, France

Dates

  • dimanche 30 septembre 2012

Mots-clés

  • environnement, politiques publiques, pratiques

Contacts

  • Anne Peltier
    courriel : peltier [at] univ-tlse2 [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Anne Peltier
    courriel : peltier [at] univ-tlse2 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Dynamiques environnementales, politiques publiques et pratiques locales : quelles interactions ? », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 02 juillet 2012, http://calenda.org/209129