AccueilLa police de sécurité allemande et ses auxiliaires en Europe de l’Ouest occupée (1940-1945)

La police de sécurité allemande et ses auxiliaires en Europe de l’Ouest occupée (1940-1945)

German security police and its auxiliaries in occupied Western Europe, 1940-1945

Nouvelles recherches et perspectives comparées

New comparative research and perspectives

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Publié le mercredi 17 octobre 2012 par Loïc Le Pape

Résumé

Le colloque, organisé dans le cadre du programme « jeunes chercheurs » du CIERA et avec le soutien du Mémorial de Caen et de l'Institut historique allemand, s’inscrit dans le renouvellement des études conduites en Allemagne sur la police politique et le Reichssicherheitshauptamt (RSHA) en liaison avec les politiques d’occupation et de répression du régime nazi. Le fonctionnement même de la Sipo-SD dans les pays occupés d’Europe de l’Ouest est encore mal connu. Le présent colloque tente ainsi d’apporter des éléments de réponses à certaines grandes interrogations encore en suspens en invitant des jeunes chercheurs européens á présenter leurs travaux.

Annonce

La police de sécurité allemande et ses auxiliaires en Europe de l’Ouest occupée (1940-1945) : nouvelles recherches et perspectives comparées

Colloque jeunes chercheurs CIERA, Mémorial de Caen, jeudi 08 novembre 2012

Présentation

Le colloque, organisé dans le cadre du programme « jeunes chercheurs » du CIERA et avec le soutien du Mémorial de Caen qui accueille la manifestation, s’inscrit dans le renouvellement des études conduites en Allemagne sur la police politique et le Reichssicherheitshauptamt (RSHA) en liaison avec les politiques d’occupation et de répression du régime nazi. Initié par les travaux de Klaus Mallmann et de Gerhard Paul, ce renouveau historiographique a été poursuivi par les recherches de Michael Wildt, mais également par les études sur la politique de maintien de l’ordre du Commandement militaire de Gaël Eismann, sur la répression contre les maquis de la Wehrmacht en France de Peter Lieb ou encore par l’ouvrage de Thomas Laub After the Fall : German Policy in Occupied France 1940-1944.

 Cette dernière recherche conforte l’idée généralement répandue que la Sipo-SD aurait exercé une politique de répression plus rigoureuse et idéologique que les forces de police dépendant du Commandement militaire, plus soucieuses, quant à elles, d’exploiter économiquement les ressources du territoire pour des objectifs militaires. Or, le fonctionnement même de la Sipo-SD dans les pays occupés d’Europe de l’Ouest est encore mal connu. Le présent colloque tente ainsi d’apporter des éléments de réponses à certaines grandes interrogations encore en suspens :

  • Quelles compétences respectives ont joué leurs chefs K. Oberg, nommé tardivement au printemps 1942, et H. Knochen, chef du Befehlshaber der Sicherheitspolizei après le renvoi de son supérieur le général Thomas, suite aux attentats contre les synagogues en octobre 1941 ?
  • Quel rôle le RSHA a-t-il joué depuis Berlin dans la transmission d’ordres, notamment aux chefs de section du Befehlshaber der Sicherheitspolizei und des SD, le BdS ou police de sécurité et de renseignement ? Ce dernier, selon les termes de Knochen, aurait été largement indépendant, notamment pour les sections IV (Gestapo) et VI (étranger et contre-espionnage), tandis que lui-même minimise son rôle à la tenue d’un « bureau de liaison ». Si K. Oberg, en vertu des termes de l’ordonnance qui détaille ses compétences, est théoriquement assujetti au Commandement militaire qu’il rencontre chaque semaine, quelle forme a prise cette autorité ? Quelles en ont été les limites, notamment à l’échelle locale, dans les rapports entre les Kommandeure der Sicherheitspolizei und des Sicherheitsdienstes (KdS) et les Kommandanturen ?
  • Quelle est l’origine de ces membres de la Sipo-SD, quand on sait que les trois quarts d’entre eux étaient issus de la Geheime Feldpolizei, et qu’ils n’avaient donc ni l’expérience de la fonction policière ni la proximité idéologique avec le nazisme des adhérents de la SS ? Ces différences d’origine se traduisent-elles par un rapport à la violence différent et une autre culture de guerre que celle des anciens fonctionnaires de la Gestapo ou des officiers du SD en exercice à l’Est qui remplacent, à l’automne 1943, 13 des 17 KdS en poste en France ?
  • Enfin, le faible nombre de membres de la Sipo-SD – moins de trois mille membres –  conduit à se demander comment la police a pu faire régner l’ordre avec de si faibles effectifs tout en laissant une terreur aussi prégnante dans la mémoire collective. Les rapports avec les forces de police française, puis la Milice, sont donc interrogés, ainsi que le recours croissant à des auxiliaires, souvent rémunérés directement par la Sipo-SD ou dont l’attachement était récompensé par l’octroi de relations commerciales privilégiées avec les troupes allemandes comme la création de bureaux d’achats. Qui sont ces auxiliaires ? Quel rôle ont joué l’idéologie, une éventuelle arrestation, ou l’appât du gain, dans le choix de servir d’indicateurs ou d’agents à la police allemande ? Quelles prérogatives ont-ils eues, notamment en termes d’actions exécutives ? La décision d’armer un service d’ordre au sein des partis collaborationnistes, à travers la Selbstschutz, a-t-elle permis d’en augmenter le nombre ?

Si le cas français constitue le cœur du colloque, la comparaison avec d’autres espaces de l’Europe de l’Ouest occupée, y compris le IIIe Reich, permettra de mettre en lumière la singularité comme les spécificités de l’organisation de la police allemande en France. La situation en Belgique, parfois dissemblable entre la Wallonie et la Flandres, ou le cas des départements du Nord et du Pas-de-Calais détachés de la France, permettront de souligner analogies et différences afin de s’interroger sur l’existence, ou non, d’un modèle répressif dans les pays occupés occidentaux, qui se distinguerait du rôle du SD et des Einsatzkommandos à l’Est. Enfin, l’impact de la guerre sur le travail quotidien de la police en Allemagne, soumise à une baisse de ses effectifs enrôlés dans la Wehrmacht, et à de nouvelles tâches, comme la répression des étrangers de plus en plus nombreux, sera l’occasion d’étudier en parallèle les deux modèles répressifs dans l’Altreich et les territoires occupés.

Ce colloque qui donne l’occasion à de jeunes chercheurs de présenter leurs travaux en cours ou récemment achevés se déroulera en traduction simultanée (français / allemand). Il est ouvert aussi bien aux universitaires qu’à un public plus large intéressé par ces questions.

Organisation : P. Arnaud et F. Théofilakis

Entrée gratuite dans la limite des places disponibles, traduction simultanée français/allemand.

Comment s’y rendre ?

Prendre le tram devant la gare de Caen (ligne A direction Caen Campus 2 ou ligne B direction Hérouville St Clair) et descendre à l’arrêt St Pierre, puis prendre le bus ligne 2 en direction Caen La folie – Mémorial et descendre à l’arrêt Mémorial.

 
 PROGRAMME

9h00-9h30

Accueil des participants par les organisateurs Patrice Arnaud et Fabien Théofilakis

9h30-9h45

Introduction

Gaël Eismann, maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université de Caen

 

Matinée : « La Sipo-SD dans les pays de l’Ouest occupés »

(en présence des étudiants en histoire de master professionnel « Métiers du patrimoine historique et culturel »)

 

Discutant

Andréas Eichmüller, Dr.,chercheur à l’institut für Zeitgeschichte de Munich

 

Présidence de

séance

Gaël Eismann, maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université de Caen

 

 

9h45-10h45

« La police allemande en France »

 

 

 

Intervenants

 

 

Patrice Arnaud, Dr., chercheur associé au CRHQ de Caen : « Qui dirigeait la police allemande en France ? Polycratie, responsabilités individuelles et stratégies de défense de soi à partir du procès Oberg-Knochen»

 

 

Tal Bruttmann, doctorant, chargé de mission à la ville deGrenoble :« Le SD de Grenoble et la traque des juifs, septembre 43-août 1944».

Fabien Théofilakis, Dr., Université Paris-X : « Adolf Eichmann à Jérusalem : l’extermination en France devant la justice».

10h45-11h00

Discussion

 

11h00-11h15

Pause

 

11h15-12h35

« La police allemande dans les autres territoires de l’Europe de l’Ouest occupés»

 

Intervenants

Laurent Thiery, Dr., Université Lille-III : «La Sipo-SD dans le Nord – Pas-de-Calais : un outil au service de la politique de répression dirigée par l’administration militaire d’occupation (1940-1944)».

Robby van Eetvelde, Dr., Institute Simon Wiesenthal, Vienne : «La Sipo-SD en Belgique occupée : un pays, deux polices ? Une comparaison des activités de la police et les biographies de leurs membres à Anvers et Liège » (en anglais)

Martina Metzger, Dr., Université de Hambourg : « Les policiers de Hambourg et la nouvelle politique répressive durant la guerre : de l’affectation dans les territoires de l’Ouest à la répression des travailleurs étrangers dans le Reich ». (en allemand)

Cédric Neveu,(professeur d’histoire-géographie, chargé de mission au conseil général de Moselle ) : « Le BdS pour la Lorraine-Sarre-Palatinat : organisation, personnel et stratégies répressives dans le cadre d’un régime d’annexion».

12h35-13h00

Discussion

 

 

Après-midi : « Les auxiliaires de la police allemande »

(En présence des étudiants en histoire de L3 (cours + td 3114) et de master dans le cadre du TD de bibliographie contemporaine)

 

Discutant

Benoît Majerus, professeur d’histoire contemporaine à l’Université du Luxembourg

 

 

Présidence de

séance

François Rouquet,  professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Caen

 

 

14h15-15h15

Intervenants 

Pierre Clément, professeur agrégé, doctorant à l’Université de Lyon-II : « La Milice française et les Miliciens dans le Rhône ».

Philipe Lecler, professeur d’histoire-géographie : « Les auxiliaires français de la police allemande : l’exemple du département des Ardennes».

Laurent Joly, chargé de recherche CNRS au CRHQ de Caen : «Entre collaboration d’État et collaborationnisme : la nébuleuse des policiers français du service des Affaires juives de la Gestapo à Paris. ».

15h15-15h30

Discussion

 

15h30-15h45

Pause

 

15h45-16h25

Intervenants

Christelle Fageot, professeur d’histoire-géographie : «La politique répressive de la Milice dans le département du Vaucluse »

Dagmar Lieske : doctorante, Freie Universität, Berlin : «Les membres de la police criminelle de Hambourg et leurs victimes ». (en allemand)

16h45-17h15

Discussion 

 

17h15-18h00

Conclusion 

Benoît Majerus professeur d’histoire contemporaine à l’Université du Luxembourg

 

 

Lieux

  • Mémorial de Caen
    Caen, France (14)

Dates

  • jeudi 08 novembre 2012

Mots-clés

  • Europe de l'Ouest, France, Belgique, occupation nazie, Hambourg, Reichssicherheitshauptamt, Sipo-SD, Milice, procès de criminels de guerre

Contacts

  • Fabien Théofilakis
    courriel : ftheo2 [at] gmail [dot] com
  • Patrice Arnaud
    courriel : patricearnaud [at] yahoo [dot] fr

Source de l'information

  • Fabien Théofilakis
    courriel : ftheo2 [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« La police de sécurité allemande et ses auxiliaires en Europe de l’Ouest occupée (1940-1945) », Colloque, Calenda, Publié le mercredi 17 octobre 2012, http://calenda.org/223987