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Usages et généalogies des concepts

The uses and genealogies of concepts

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Publié le mardi 15 janvier 2013 par Élodie Faath

Résumé

Ce séminaire mensuel est organisé par le laboratoire Sophiapol, université Paris Ouest Nanterre La Défense. Il a pour objectif de présenter et d’appréhender l’étude des usages et généalogies des concepts. Que ce soit en lien avec la circulation internationale des idées, le passage d’une langue de référence à une autre, via l’analyse des discours et de l’histoire, les concepts seront considérés comme notre objet d’étude. De « diaspora », « communauté », « société », « ethnicité » à « individu » et bien plus, nombres de chercheurs présenteront leur approche des concepts.

Annonce

Présentation

Ce séminaire mensuel est organisé par le laboratoire Sophiapol, université Paris Ouest Nanterre La Défense. Il a pour objectif de présenter et d’appréhender l’étude des usages et généalogies des concepts. Que ce soit en lien avec la circulation internationale des idées, le passage d’une langue de référence à une autre, via l’analyse des discours et de l’histoire, les concepts seront considérés comme notre objet d’étude. De « diaspora », « communauté », « société », « ethnicité » à « individu » et bien plus, nombres de chercheurs présenteront leur approche des concepts.

Le temps des interventions sera d’environ une heure suivie d’une heure de discussion et d’échange avec la salle. 

L’accès est libre.

Programme

Mercredi 16 janvier 2013

  • Salzbrunn Monica (Université de Lausanne, ISSRC-ORS) : Communauté, Société, Société-Monde. Réflexions épistémologiques sur le transfert des concepts en sciences sociales

La présente contribution vise à resituer le statut d’un concept aux itinéraires variés, en particulier en raison des diverses traditions intellectuelles et contextes nationaux qui ont fourni les cadres de son élaboration. Si c’est bien avec Tönnies et Weber que la notion de communauté débute sa longue carrière en sciences humaines et sociales en tant que concept analytique, cette « origine » va devoir s’adapter et s’inscrire dans différents contextes intellectuels et politiques. Une certaine polysémie va ainsi se développer et marquer durablement les usages d’une notion qu’il est parfois bien difficile de dévêtir de ses charges idéologiques. En nous entraînant dans l’espace germanophone, Monika Salzbrunn braque la focale sur trois grands auteurs classiques de la sociologie allemande : Tönnies, Weber et Luhmann. Sous forme de genèse intellectuelle, la présentation de Monika Salzbrunn vient mettre en évidence les progressives mutations qui ont pu affecter les façons de penser les rapports d’interdétermination entre communauté et société dans l’espace intellectuel germanophone et aboutir au concept de « société-monde » où diverses formes de solidarité existantes – au sens large – se trouvent dans un processus d’institutionnalisation. Luhmann élargit en fait cette notion à tout ce qui englobe le social et la société, ce qui permet de réduire la portée normative de ce terme.  Enfin, l'histoire et l'émergence de ces termes seront situées dans une histoire intellectuelle transnationale, tenant compte des débats francophones et anglophones notamment.

 Mercredi 20 février 2013

  • Bertheleu Hélène (Université  de Tours, CITERES) : Ethnicity, ethnicité, ethnicisation : outils conceptuels et usages politiques 

Mercredi 27 mars 2013

  • Marchand Pascal (Université de Toulouse, LERASS) : Définir la laïcité par ses usages médiatiques : une approche lexicométrique

La laïcité présente une particularité qui la distingue d’autres objets (socio)représentationnels : elle est à la fois consensuelle et polémique. D’un côté, la laïcité semble susciter un consensus de plus en plus large dans la classe politique et l’opinion, et pouvoir échapper aux clivages partisans. Sur le forum de l’identité nationale[1], elle est très souvent liée à la devise de la République, comme quatrième élément du triptyque Liberté, égalité, fraternité. La laïcité apparaît donc comme une notion fondatrice de la République, le plus souvent entendue dans son sens constitutionnel : la République ne reconnaît, ne salarie et ne subventionne aucun culte. S’opposer à la laïcité présente alors un risque de disqualification, d’exclusion du débat républicain. D’un autre côté, il s’agit d’une notion difficile à comprendre à l’étranger. Les Grecs se demandent comment, de l’adjectif « populaire »[2] on a pu tirer notre laïcité. Quant à essayer de le traduire en anglo-américain… Et il faut bien reconnaître que, même inscrite dans notre Constitution, la laïcité garde une certaine ambiguïté qui nourrit le débat. Récemment, la polémique avait été soulevée par la promotion d’une laïcité dite « positive », qui montrait la nécessité d’y accoler un adjectif pour la rendre plus facilement acceptable à une partie de la population.

Nous envisagerons ici la fabrication de la laïcité par la presse. 33 732 articles comportant le mot « laïcité » ont été extraits d’une base de données de presse, du 21 juin 1995 au 31 décembre 2009. Une première analyse porte sur les Agences de presse (AFP et Reuters : 5977 dépêches, plus de 2,7 millions de mots) et permet d’identifier des « moments », liés à des événements particuliers dans l’actualité impliquant la laïcité. Une période a retenu notre attention pour sa concentration particulière de références à la laïcité, et la distribution chronologique des dépêches a permis d’en fixer les limites : de septembre 2003 à octobre 2004. Un corpus a pu être constitué d’articles provenant du « Figaro », du « Monde », de « La Croix », « Libération », « L’Humanité », « L’Express », « Les Echos », « Le Point » et « Le Nouvel Observateur ».

La classification lexicale automatique de ce corpus, opérée par le logiciel IRAMuTEQ[3], permet de repérer des classes qui renvoient à des définitions et cotextes différents de la laïcité et dépassent l’apparente unanimité. Une première dimension oppose, par exemple, la spiritualité et les valeurs, quand une deuxième dimension oppose plutôt l’interne et l’externe. On peut, enfin, décrire et interpréter les positionnements des différents journaux en fonction du vocabulaire qu’ils mobilisent lorsqu’ils traitent de la laïcité et qui renvoient à des contextualisations particulières.

[1] Voir Marchand, P. & Ratinaud, P. (2012). Être français aujourd’hui. Les mots de l’identité nationale. Paris : Les Liens qui Libèrent.

[2] Par exemple : “Anthropos laïkos” : l’homme du peuple.

[3] Iramuteq est un logiciel libre de lexicométrie, développé par Pierre Ratinaud (université de Toulouse) et distribué gratuitement sous les termes de la licence GNU/GPL : http://www.iramuteq.org

Mercredi 24 avril 2013

  • Joly Marc (EHESS, CRIA) : Individu et société. Histoire croisée du régime conceptuel des sciences humaines et sociales 

Mercredi 22 mai 2013 :

  • Keucheyan Razmig (Université Paris IV, GEMASS) : Antonio Gramsci, une pensée devenue monde

Lieux

  • Université Parie Ouest, bâtiment D, salle 201B - 200 avenue de la République
    Nanterre, France (92)

Dates

  • mercredi 16 janvier 2013
  • mercredi 20 février 2013
  • mercredi 27 mars 2013
  • mercredi 24 avril 2013
  • mercredi 22 mai 2013

Fichiers attachés

Mots-clés

  • concepts, usages, généalogies, histoire des concepts, circulation des idées, sémantique

Contacts

  • Axel Barenboim
    courriel : axbaren [at] gmail [dot] com
  • Marie-Claire Willems
    courriel : marie-claire [dot] willems [at] u-paris10 [dot] fr
  • Anne-Claire Collier
    courriel : anneclaire [dot] collier [at] gmail [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Marie-Claire Willems
    courriel : marie-claire [dot] willems [at] u-paris10 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Usages et généalogies des concepts », Séminaire, Calenda, Publié le mardi 15 janvier 2013, http://calenda.org/234773