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Les indicateurs alternatifs à l’interface des demandes politiques et sociétales

Alternative indicators to the interface of political and societal demands

Participation, échelles de gouvernance et pouvoirs

Participation, scales of government and powers

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Publié le lundi 28 janvier 2013 par Elsa Zotian

Résumé

La thématique de ce colloque portera généralement sur les leviers et barrières à l’institutionnalisation des indicateurs alternatifs, et plus particulièrement sur les conditions pour qu’un indicateur puisse répondre à la fois aux demandes sociétales et politiques, à savoir représenter les citoyens et être comparables internationalement. Ainsi deux notions phares seront approfondies au cours de ce colloque : la participation et la question d’échelle.

Annonce

Argumentaire

Les indicateurs sont devenus des instruments de gestion et de gouvernance incontournables dans pratiquement tous les domaines et à toutes les échelles de la politique publique. En particulier depuis le début des années 90, les indicateurs « alternatifs » ont vu le jour, d’abord sous forme des indicateurs du développement durable à forte consonance environnementale, et plus récemment, des  indicateurs de progrès social, de qualité de vie, de bien-être. Néanmoins, en tant qu’instrument de gouvernance et de gestion publique, les indicateurs présentent une tension entre l’expertise savante et administrative d’une part et les préoccupations et perceptions citoyennes de l’autre. Les indicateurs sont fréquemment mis en cause pour représenter une réalité qui est issue de l’« expertocratie », en étant typiquement conçus par des experts-scientifiques et communiqués via des canaux institutionnels, et ainsi ne répondant pas aux « vraies » préoccupations sociétales. Un second dilemme se manifeste dans la tension entre deux demandes : les indicateurs « alternatifs » sont censés être à la fois représentatifs du territoire (donc: spécifique à l’échelle micro) qu’ils renseignent et comparables au niveau international (donc: généralisant à l’échelle macro).

La présente session veut prendre ces deux dilemmes comme points de départ pour une réflexion sur la production, l’utilisation, l’influence et la normativité des indicateurs « alternatifs ». Ainsi deux notions phares seront approfondies au cours de ce colloque :

  • la participation
  • et la question d’échelle.

C’est dans l’approfondissement de la compréhension des enjeux participatifs et scalaires associés aux « indicateurs alternatifs » que ce colloque s’inscrit.

À propos de la notion de participation, une suggestion logique et fréquente destinée à diminuer le décalage entre les expertises « savante » et « citoyenne » consiste à renforcer la participation de la société civile dans l’élaboration des indicateurs, en tentant ainsi d’obtenir une forme de validation des réalités vécues représentées par les statistiques. Souvent exprimée, cette recommandation n’est pourtant pas souvent suivie en pratique. Par ailleurs, on en sait encore peu sur les conséquences de la participation, notamment sur les conditions dans lesquelles celle-ci peut favoriser des modes de gouvernance participatives et délibératives, au lieu de servir de légitimation et justification, souvent en service des intérêts et perspectives partiels et établis. Il existe une littérature conséquente sur les différentes formes de participation des citoyens à la vie politique, laquelle a mis en évidence une tension entre les objectifs émancipatoires et du contrôle (à travers des formes de « gouvernementalité ») de la participation. Néanmoins, la réflexion sur ces jeux de pouvoir impliqués dans la participation reste encore limitée dans la littérature concernant les indicateurs.

À propos de la question d’échelle, ce colloque portera sur les leviers et barrières à l’institutionnalisation des indicateurs « alternatifs », et plus particulièrement sur les conditions pour qu’un indicateur puisse répondre à la fois aux demandes aux échelles micro et macro, à savoir refléter les territoires et être comparables internationalement. Une multitude d’études ont analysé les aspects techniques des indicateurs, mais leurs rôles dans la vie politique et leur incarnation spatiale restent faiblement documentés. Les quelques recherches sur ce thème soulignent le fait que les indicateurs ont rarement un impact direct sur la politique mais plutôt indirect, en influant sur les visions du monde, les cadrages des problèmes, la légitimité des acteurs et politiques dans les arènes publiques, etc.

Ce colloque pluridisciplinaire intéressera entre autres les domaines de la géographie (interactions entre échelles, enjeux multi-scalaires, etc.), de l’économie (leviers et barrières des indicateurs alternatifs, rôle des indicateurs dans la mise en place de nouveaux systèmes économiques, etc.), de la sociologie (étude des jeux d’acteurs à plusieurs échelles, facteurs façonnant l’influence des indicateurs) et des sciences politiques (l’institutionnalisation des « indicateurs alternatifs », les types d’usage politique des indicateurs, etc.). Le colloque s’adresse également aux praticiens / acteurs de terrain souhaitant relater une étude de cas portant sur ces problématiques.

Les résultats attendus de ce colloque sont à la fois d’ordre théorique, méthodologique et opérationnel, concernant en particulier les tensions et possibilités de réconciliation entre différentes formes d’expertise, entre différentes échelles de gouvernance, et entre différentes demandes politiques et sociétales. En croisant plusieurs types de littérature comme des études de cas, ce panel cherche à répondre à des questions telles que :

  • Quelles sont les convergences et divergences entre différentes demandes politiques et sociétales en matière d’indicateurs « alternatifs »?
  • Quels sont les leviers et barrières à l’élaboration et l’utilisation d’indicateurs « alternatifs » répondant simultanément aux demandes politiques et sociétales relevant de différentes échelles de gouvernance ?
  • Dans quelles conditions la participation de la société civile dans l'élaboration des indicateurs peut-elle favoriser de nouveaux modes de gouvernance et enrichir la démocratie ? Dans quelles conditions une telle participation risque, au contraire, de renforcer les asymétries de pouvoir existantes ?
  • Comment intégrer les multiples formes de l’expertise « citoyenne » dans les processus d’élaboration et d’utilisation des indicateurs typiquement dominés par une expertise « savante » ?
  • A quelles échelles peut-on mettre en place des processus de participation citoyenne à l’élaboration d’indicateurs « alternatifs » ? À quelle mesure et par quels mécanismes est-il envisageable demain de développer des approches participatives et / ou délibératives en matière de confection d’indicateurs « alternatifs » à des échelles internationales ? Comment dépasser la très forte « localité » des approches participatives, pour développer des approches « globales » participatives ?
  • Quelles sont les possibilités et les conditions pour une participation véritablement démocratique des citoyens dans l’élaboration et l’utilisation des indicateurs à différentes échelles politiques ?
  • Existe-t-il une seule échelle pertinente à la mise en place d’indicateurs « alternatifs » ?
  • Quelles sont les interactions entre échelles régionales, nationales et internationales quant à l’institutionnalisation des indicateurs alternatifs ?

Modalités de soumission

Les résumés doivent faire environ 300 mots et sont à envoyer aux adresses suivantes : lea.sebastien@univ-tlse2.fr; M.Lehtonen@sussex.ac.uk; tbauler@ulb.ac.be  

avant le 20 février 2013.

Nous vous informerons de l’acceptation de votre proposition mi-mars 2013. Une sélection d’articles sera effectuée a posteriori en vue d’une publication sous forme d’une édition spéciale dans une revue internationale à comité de lecture.

Comité scientifique

Les propositions seront examinées par les responsables scientifiques du colloque, tous impliqués dans des projets européens FP7 sur l’utilisation politique des indicateurs complémentaires (projets POINT ; BRAINPOOL ; APPRAISE) :

Lieux

  • Québec, Canada

Dates

  • mercredi 20 février 2013

Mots-clés

  • indicateur, développement durable, participation, bien être, échelle

Contacts

  • Léa Sébastien
    courriel : lsebasti [at] univ-tlse2 [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Léa Sébastien
    courriel : lsebasti [at] univ-tlse2 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les indicateurs alternatifs à l’interface des demandes politiques et sociétales », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 28 janvier 2013, http://calenda.org/236121