AccueilLes révolutions : un moment de relecture du passé

Les révolutions : un moment de relecture du passé

Revolutions: a moment of rereading the past

La rupture politique par l'argumentation historique (XVIIIe-XXIe siècle)

Political revolutions in historical argumentation (18th-21st centuries)

*  *  *

Publié le vendredi 25 janvier 2013 par Loïc Le Pape

Résumé

À l’intersection des perspectives qui envisagent les modalités de la rupture et les interactions entre mouvements révolutionnaires, les rencontres de Lille souhaiteraient susciter une réflexion sur la manière dont les moments révolutionnaires, des années 1750 à nos jours, se construisent par une inévitable relecture de l’histoire, et du présent qui s’achève. C’est la construction d’un discours historique ou politique argumenté sur le passé plus ou moins immédiat, destiné à convaincre et à donner une nouvelle lecture d'un régime renversé, qui est alors au cœur de l’analyse.

Annonce

Les révolutions : un moment de relecture du passé. La rupture politique par l’argumentation historique (XVIIIe-XXIe siècle)

Lieu : Lille (IRHiS Lille 3 et MESHS) 6-7 décembre 2013 et 22-23 mai 2014

Organisé par l’UMR IRHiS (Lille 3), la MESHS, la Société des études robespierristes et la Société de 1848

  • Avec le soutien de CALHISTE (Université de Valenciennes et du Hainaut-Cambrésis)
  • et de l’UMR IRICE (Paris 1)

Coordination : Sylvie Aprile, Hervé Leuwers

Comité d’organisation : Sylvie Aprile, Michel Biard, Laurent Brassart, Sabine Dullin, Louis Hincker, Maxime Kaci, Hervé Leuwers, Mélanie Traversier.

Comité scientifique

Philippe Bourdin, Jean-Claude Caron, Veronica Granata, Peter Holquist, Jean-Pierre Jessenne, Tamara Kondratieva, Annick Lempérière, Antoine Marès, Philippe Raxhon, Pierre Serna, Pierre Vermeren.

Argumentaire

Depuis quelques années, dans l’approche comparée des révolutions, deux thématiques en partie articulées ont particulièrement suscité les réflexions, dans un mouvement qui paraît avoir été récemment encouragé par les insurrections des pays arabes :

  • La première est celle des modalités et des étapes de la rupture. La rupture est alors étudiée dans sa spécificité révolutionnaire (Paris, octobre 2010), par l’examen de l’iconoclasme révolutionnaire (Paris, novembre-décembre 2012), ou de l’entrée en Révolution (Aix, juin 2012) ou en République (Paris, septembre 2012), voire, à l’opposé, approchée par l’étude de la sortie de la Révolution (Harvard, avril 2012) ou des liens entre violence et conciliation (Paris, janvier 2007). La démarche permet d’insister sur les conditions politiques, culturelles et sociales de la rupture, ou sur ses perceptions et sa mémoire.
  • Par une forme de prolongement, la seconde thématique tente, par-delà la diversité des mouvements observés, d’étudier les enchaînements et leurs interactions (Armitage, Subrahmanyam, 2009) ou leur postérité (Lille-Bruxelles, octobre 2011), tant par l’étude des « passeurs » de Révolution (Rouen, janvier 2013), que par l’analyse des circulations d’idées et de théories (Marne-la-vallée, juin 2013) ou par l’examen de l’écriture et de la publication de la mémoire des révoltes et révolutions (Clermont-Ferrand, septembre 2005 ; Caen, octobre 2011).

A l’intersection de ces deux perspectives, les rencontres de Lille souhaiteraient susciter une réflexion sur la manière dont les moments révolutionnaires, des années 1750 à nos jours, se construisent par une inévitable relecture de l’histoire et du présent qui s’achève. Parallèlement à l’Ecriture d’une histoire immédiate (Bourdin, dir., Clermont-Ferrand, PU Blaise-Pascal, 2008), c’est la construction d’un discours historique ou politique argumenté, destiné à convaincre et à donner une nouvelle lecture du passé qui est alors au cœur de l’analyse. Par-delà la rupture proclamée, par-delà la question de la circulation des mémoires ou des expériences de la Révolution, il s’agirait de concentrer les interrogations autour de deux thèmes :

  • 1. Comment, dans un moment de rupture, choisit-on de définir comme obsolètes certains des caractères de la période que l’on prétend clore ? Par quels arguments peut-on imposer l’idée d’une césure historique majeure, et ainsi accompagner la réalisation d’un mouvement révolutionnaire ? Il s’agit de l’effort de construction de la rupture, d’abord par les contemporains - qu’ils soient auteurs, politiques ou acteurs populaires du changement – qui vivent, pensent ou construisent l’événement par une interprétation et une réécriture du passé. Les études pourraient notamment porter sur la manière dont le moment d’avant prend forme par les mots qui le désignent (Ancien Régime, autocratie...), mais aussi par ceux par lesquels on prétend donner sens à l’ordre nouveau qui se crée, ou sur la manière dont certaines utopies (More, Campanella...) sont éventuellement réévaluées, réinterprétées ou réappropriées. Elles pourraient également se concentrer sur la manière dont s’amplifie ou se transforme la critique des institutions et des pratiques politiques de l’ordre antérieur, mais aussi ses comportements sociaux, ou encore ses critères de distinction sociale et culturelle. La question pourrait être élargie aux premiers observateurs de la Révolution accomplie, chez qui la réécriture du passé est particulièrement décisive, qu’ils tentent de penser l’usage des archives ou/et d’écrire l’histoire.
  • 2. Mais l’effort de construction de la rupture n’est pas sans difficulté ; pour l’acteur de l’événement, pour son observateur des lendemains, l’effort achoppe sur de possibles permanences institutionnelles, sociales ou culturelles. Mises en mots et argumentées, elles ne sont pas sans enjeux historiques et politiques. Pour l’historien se pose alors la question des permanences réelles ou illusoires. L’attention traditionnelle aux causes ou aux origines des révolutions ne conduit-elle pas souvent à souligner leur inscription dans l’histoire en rappelant les multiples précédents aux transformations qu’elles accomplissent ? A posteriori, par la lecture d’événements révolutionnaires qui paraissent reprendre des chantiers de réforme inaboutis, l’historien n’est-il pas parfois tenté de donner sens aux expériences inachevées en les transformant en précédents ? C’est toute la question du passage du réformisme à la révolution qui est posée... L’analyse de ces précédents, cependant, ne relève pas de l’évidence : faut-il y voir des expériences qui annoncent les bouleversements à venir, ou insister au contraire sur les transformations de leurs enjeux et de leurs modalités à l’occasion des événements révolutionnaires ? En d’autres termes, dans quelle mesure peut-on inscrire les bouleversements révolutionnaires dans une dynamique de réforme qui peut précéder l’événement ? En quoi les révolutions peuvent-elles donner des significations différentes aux réformes qui ont pu être envisagées avant elles ?

Les études que devraient susciter cet appel à contributions se structureront, inévitablement, autour de quelques moments révolutionnaires : les révolutions de la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècle (Europe, Amérique), de 1848 ou la révolution russe de 1917. Pour autant, les organisateurs souhaiteraient intégrer dans les deux rencontres lilloises des analyses portant sur d’autres mouvements qui, par leurs spécificités, pourraient en retour enrichir les réflexions d’ensemble sur la question.

Modalités de participation

Les propositions sont à adresser, sous forme d’un bref texte (2 000 signes environ) accompagné d’une courte bio-bibliographie aux adresses suivantes : herve.leuwers@univ-lille3.fr & sylvie.aprile@univ-lille3.fr

pour le 30 avril 2013

 

Dates

  • mardi 30 avril 2013

Mots-clés

  • Révolution, réforme, histoire, rupture politique, argumentation historique

Contacts

  • sylvie aprile
    courriel : sylvie [dot] aprile [at] univ-lille3 [dot] fr
  • Hervé Leuwers
    courriel : herve [dot] leuwers [at] univ-lille3 [dot] fr

Source de l'information

  • Hervé Leuwers
    courriel : herve [dot] leuwers [at] univ-lille3 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les révolutions : un moment de relecture du passé », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 25 janvier 2013, http://calenda.org/236780