AccueilLes institutions face à la sorcellerie : outils et défis de l'enquête

Les institutions face à la sorcellerie : outils et défis de l'enquête

Institutions faced with witchcraft: the tools and challenges of enquiry

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Publié le mercredi 30 janvier 2013 par Loïc Le Pape

Résumé

La sorcellerie a toujours été, y compris pour les anthropologues qui en ont fait leur « affaire », un objet problématique sur le plan de la définition de la chose dont on parle, de la méthode d'approche mais aussi de la posture du sujet impliqué dans l'enquête. Cette journée d'étude n'entend pas revenir sur la littérature déjà vaste concernant ces sujets. Il s'agit plutôt, en prenant appui sur des études de cas nourries d'une longue expérience, ou au contraire d'un premier terrain exploratoire, de poser clairement les problèmes de faisabilité de l'enquête sur un objet polémique. L'analyse des difficultés rencontrées, des impasses ou même des échecs, fait partie, traditionnellement, des leçons de ce type de terrain.

Annonce

Argumentaire

La sorcellerie a toujours été, y compris pour les anthropologues qui en ont fait leur "affaire", un objet problématique sur le plan de la définition de la chose dont on parle, de la méthode d'approche mais aussi de la posture du sjet impliqué dans l'enquête. Cette journée d'étude n'entend pas revenir sur la littérature déjà vaste concernant ces sujets. Il s'agit plutôt, en prenant apppui sur des études de cas nourries d'une longue expérience, ou au contraire d'un premier terrain exploratoire, de poser clairement les problèmes de faisabilité de l'enquête sur un objet polémique. L'analyse des difficultés rencontrées, des impasses ou même des échecs, fait partie, traditionnellement, des leçons de ce type de terrain.

La pente naturelle des ethnologues, et leur apport essentiel, est de travailler souvent dans les interstices des dispositifs rituels et des entreprises du marché thérapeutique, ou à la marge des institutions judiciaires ou religieuses. Mais comment initier un travail "au centre" qui prenne en compte les interactions entre les institutions (coutumières ou modernes), leurs procédures et leurs engagements dans leur traitement ou la lutte contre la sorcellerie ? Comment maîtriser concrètement le jeu des soupçons, la chaîne des accusations et des sanctions, en se donnant des modes d'enquête qui permettent de penser l'entrecroisement des intérêts des individus et de leurs familles, les engagements des ONG, des médias, les alliances entre les professionnels de la justice, de la police ou des Eglises, ou encore des carières des hommes forts de la politique ?

Plus précisément, au regard de la faisabilité de l'enquête : comment entrer et se faire accepter en tant que chercheur dans les tribunaux, les églises, les familles, les entreprises ? Comment éviter les biais liés à une entrée par le point de vue des victimes, de l'accusateur ou des intercesseurs? Mais encore, comment enquêter sur des "affaires" qualifiées par les médias de "crimes rituels" au delà du dossier de presse et des sources journalistiques? Comment contextualiser les rumeurs de trafics d'organes, d'esclavages des enfants-sorciers, et leur enjeux ? Comment aborder un procès sans s'enfermer dans le dossier d'instruction ou le jugement des juges? Comment, plus globalement, appréhender les situations d'incertitudes, de vulnérabilité, ou "mesurer" les non-dits de l'insécurité spirituelle ?

Les affaires, les itinéraires de consultations, les procès, appellent donc à penser par cas en s'interrogeant sur ce que le chercheur est censé apporter de plus par rapport au journaliste, au juge ou au pasteur. Penser la sorcellerie "en situation", comme le suggérait Evans-Pritchard, n'exclue pas d'intégrer dans la situation, le positionnement des institutions "face à" la sorcellerie, les politiques et les stratégies des acteurs qui ont autorité en la matière. Une réflexion méthodologique et pédagogique, située et comparative, s'impose.

Conditions de soumission

Les propositions de communication, au format Word, devront mentionner les éléments suivants :

  • Nom et prénom de l'auteur
  • Statut et institution de rattachement
  • Adresse électronique
  • Titre de la communication
  • Résumé de la communication (7000 signes maximum)

Date limite d'envoi des propositions de communication : le 1er mars 2013

Comité scientifique de la journée

  • Sandra Fancello (organisatrice)
  • Julien Bonhomme
  • André Mary
  • Bruno Martinelli
  • Jacky Bouju

Dates

  • vendredi 01 mars 2013

Mots-clés

  • institutions, sorcellerie, enquête

Contacts

  • Sandra Fancello
    courriel : sandra [dot] fancello [at] mmsh [dot] univ-aix [dot] fr

Source de l'information

  • Sandra Fancello
    courriel : sandra [dot] fancello [at] mmsh [dot] univ-aix [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les institutions face à la sorcellerie : outils et défis de l'enquête », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 30 janvier 2013, http://calenda.org/237422