AccueilDe l'indexation 2.0 et 3.0 des informations scientifiques

De l'indexation 2.0 et 3.0 des informations scientifiques

Indexation 2.0 and 3.0 of academic data

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Publié le jeudi 14 février 2013 par Loïc Le Pape

Résumé

L'enjeu capital de la documentation est de créer les conditions d’une mise en relation pertinente, efficace et rapide, des informations et des besoins d’information. L’indexation joue en cela la fonction centrale de qualification des informations et documents dont dépend essentiellement cette mise en relation. Cela étant, certaines modalités d’indexation changent drastiquement l’écologie de la documentation en proposant d’envisager la structure globale des documents scientifiques non plus en fonction de leurs caractéristiques intrinsèques mais en fonction de leur valeur relative, basée sur la relation réciproque des documents par le biais de leur bibliographie. Mais déjà de nouvelles configurations se déploient sur descanaux rendant les communications informelles plus techniques et manifestes, s’opérant entemps réel et sans intermédiaires, plutôt que via des articles dont la confection et l’usagesemblent relever d’autres nécessités.

Annonce

Argumentaire

Perfectionner la documentation est une préoccupation qui accompagne depuis toujours la croissance exponentielle du volume des documents scientifiques : l'enjeu capital est de créer les conditions d'une mise en relation pertinente, efficace et rapide, des informations et des besoins d'information. L'indexation joue en cela la fonction centrale de qualification des informations et documents, dont dépend essentiellement cette mise en relation.
Cela étant, certaines modalités d'indexation changent drastiquement l’écologie de la documentation en proposant d’envisager la structure globale des documents scientifiques non plus en fonction de leurs caractéristiques intrinsèques mais en fonction de leur valeur relative, basée sur la relation réciproque des documents par le biais de leur bibliographie. On est désormais mis en relation avec une information scientifique en fonction non plus de son caractère, mais de la dispersion de sa citation. Cet index transforme ainsi la documentation en classement hiérarchique et crée une valeur ajoutée à la publication dans une économie industrielle très variée, définissant et distribuant de nouvelles normes et valeurs pour l'ensemble de l'activité scientifique – le facteur d'impact est l’un des principaux indicateurs du modèle d’évaluation de la R&D adopté par les pouvoirs publics en France (la loi LOLF l’établit en toutes lettres). Par conséquent, un certain nombre d’ajustements pratiques – stratégies d'écriture, de signature, de collaboration et de travail d'équipe - entretiennent des rapports étroits avec le calcul de la citation et pilotent l'activité de publication, loin des enjeux de la production de nouvelles connaissances.

Néanmoins, au-delà des controverses – nombreuses et fondées – suscitées par l'évaluation bibliométrique, force est de constater que la communication scientifique se déplace toujours plus en amont du processus formel de publication. De nouvelles configurations se déploient sur des canaux rendant les communications informelles plus techniques et manifestes, s'opérant en temps réel et sans intermédiaires, plutôt que via des articles dont la confection et l’usage semblent relever d’autres nécessités. Cette communication « de l'amont » est en pleine effervescence. Déjà, de profondes mutations s'observent : au-delà des « outils collaboratifs » visant à échanger des données et des informations, les chercheurs élaborent désormais des outils permettant de « raisonner ensemble ». D’autres transformations sont à venir ; il ne paraît pas excessif de considérer ces mutations comme la constitution d’un nouveau paradigme de communication entre chercheurs. Que nous apprennent les retours sur expérience des équipes utilisant et développant ces outils de communication ? Quels impacts peuvent s'en ressentir sur le processus formel de la publication et les formes éditoriales classiques de la communication scientifique ?
 
Une chose est d'observer et analyser ces processus, une autre est de concevoir et proposer de nouvelles configurations pour cette communication. Cet appel s'adresse donc également à toutes forces de proposition susceptibles d'apporter des éclairages, des idées neuves et des leviers d'action pour la construction des outils qui, demain, proposeront une nouvelle architecture documentaire et de nouveaux supports de communication – formelle et informelle, collaborative et en temps réel – des informations scientifiques.

Sur cette piste, nous proposons comme point de départ l'analogie en matière de stratégies éditoriales des auteurs / éditeurs scientifiques, et des auteurs / éditeurs du web : les logiques éditoriales du web empruntent à l’indexation bibliométrique des bases de données, et empiètent sur le terrain des moteurs de recherche scientifique en recourant à des algorithmes de type PageRank dont l’usage produit un effet sur le tri (plus une page est vue, plus elle remonte au classement). Les deux logiques éditoriales dialoguent et se nourrissent, et constituent des mannes d'inspiration réciproques en matière de documentation et d'accès. Le succès des formes « sociales » de l'édition du web (réseaux sociaux, commentaires, etc) devrait inspirer en retour le développement de nouveaux modèles d'indexation de l'information scientifique empruntant aux outils et usages sociaux, sémantiques et ontologiques du web.

Il nous semble utile d'inscrire cette publication dans la combinaison des approches, et d'ainsi participer à la convergence des trajectoires des sciences humaines, mathématiques et informatiques, par trop souvent cloisonnées, gageant que chacune des contributions trouvera sa place et son écho dans le plaisir de co-construire des enjeux interdisciplinaires.

Conditions de soumission

Les propositions d’article (environ 500 mots) seront envoyées à Laura Spica (coordination@influxus.eu)

avant le lundi 18 mars 2013.

Après évaluation par le comité scientifique, un avis sera communiqué aux auteurs au plus tard le lundi 15 avril 2013.

La première version des articles acceptés sur proposition est attendue pour le 30 juillet 2013.

Comité éditorial du numéro

  • Alexandre Monnin, Responsable recherche Web et métadonnées, Institut de Recherche et d'Innovation du Centre Pompidou.
  • Alexandre Gefen, CNRS - Université Paris-Sorbonne.
  • Samuel Tronçon, Résurgences, Institut de Mathématiques de Luminy (UMR 6206).

Revue Influxus
Groupe Résurgences
111 rue Consolat
13001 Marseille

Comité scientifique

  • Giuseppe Longo, Mathématiques et Philosophie, DR, CNRS Ecole Normale Supérieure 
  • Thierry Paul, Physicien, DR - Ecole Polytechnique
  • Pierre Livet, Philosophe, Pr - Aix-Marseille. 
  • Catherine Servan-Schreiber, CR - CNRS-EHESS, Inalco
  • Jean-Baptiste Joinet, Philosophe, DR - Paris 7 
  • Jean-Louis Giavitto, Informaticien, DR - CNRS - IRCAM 
  • Michele Abrusci, Philosophe, Pr - Roma 3 
  • Christophe Fouqueré, Mathématicien, DR - Paris 13 
  • Alain Lecomte, Linguiste, DR - Paris 8

Lieux

  • Marseille, France (13)

Dates

  • lundi 18 mars 2013

Fichiers attachés

Mots-clés

  • indexation, évaluation, bibliométrie, publication, communication scientifique, réseaux sociaux, architecture documentaire, outils collaboratifs, stratégies éditoriales, web

Contacts

  • Laura Spica
    courriel : coordination [at] influxus [dot] eu

URLS de référence

Source de l'information

  • Laura Spica
    courriel : coordination [at] influxus [dot] eu

Pour citer cette annonce

« De l'indexation 2.0 et 3.0 des informations scientifiques », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 14 février 2013, http://calenda.org/238955