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La résilience en action dans les territoires urbains

Resilience in action in urban territories

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Publié le vendredi 22 février 2013 par Élodie Faath

Résumé

Vertigo, la revue électronique en sciences de l’environnement prépare un nouveau dossier sur le thème de la résilience urbaine. Ce dossier a pour objectif de participer à la mise en action de la résilience en publiant les travaux qui explorent et exploitent le concept de résilience dans une approche appliquée, prospective qui intègre les facteurs de développement urbain et de dynamiques climatiques extrêmes. Il s’agit ainsi de dépasser l’analyse du concept polysémique pour questionner sa mise en œuvre opérationnelle dans le domaine de l’environnement, de l’urbanisme, du génie urbain, de l’architecture, en lien avec le fonctionnement et l’organisation des territoires urbains.

Annonce

Argumentaire

Les changements environnementaux, combinés à la concentration des biens et des personnes en milieu urbain, laissent présager des événements dévastateurs pour les années à venir. Par exemple, les conséquences sur la fréquence et la sévérité des extrêmes climatiques se traduiront directement par des sécheresses plus intenses en alternance avec des précipitations plus fortes (Lamarre 2008). Au niveau mondial, le coût économique du risque d’inondation devrait atteindre la valeur de 100 Milliards d’Euros par an à la fin du siècle (EEA 2008). Environ 75% de ces dommages se réaliseront en milieu urbain (COST22 2008). L'ouragan Sandy qui a déferlé sur la côte Est Américaine, a produit d’importants dommages dans de nombreuses villes côtières, à l’instar de New York. Indirectement, ces changements globaux produisent un ensemble de risques sanitaires, de perturbations du fonctionnement urbain (dans la production et la consommation d’énergie, d’eau, d’approvisionnement, etc.) et de déséquilibres écologiques. En outre, les ilots de chaleurs urbains, l’imperméabilisation des sols provoquent des changements environnementaux locaux qui amplifient l’impact des évolutions climatiques globales. Les territoires urbains se trouvent ainsi soumis à des contraintes fortes qui mettent à l'épreuve la résilience des écosystèmes et des sociétés. Sans compter que les changements environnementaux impliquent également une incertitude toujours plus grande dans l’évaluation des risques. Ainsi, il devient nécessaire de développer de nouvelles stratégies de gestion des risques urbains pour anticiper des scénarios que les modèles probabilistes jugent actuellement comme extrêmes ou rares (Zevenbergen et al. 2011).

Si la notion de vulnérabilité constituait dans un passé très récent le paradigme dominant pour caractériser les risques, depuis quelques années, la résilience apparait comme un concept porteur d’attente. La résilience devient centrale pour la gestion des risques dans les pays Anglo-Saxons (Vale and Campanella 2005). Ce terme n’est cependant pas récent, à l’origine il fait référence à une propriété physique : « la capacité pour un matériau à retrouver son état initial à la suite d’un choc ou d’une pression continue ». Toujours dans le domaine de la physique, un système est résilient« s’il perdure malgré les chocs et perturbations en provenance du milieu interne et/ou de l’environnement externe ». En psychologie, Boris Cyrulnik définit la résilience comme un « traumatisme maximum que peut subir un individu avant de se reconstruire ». Dans le domaine de l’écologie, la question majeure à laquelle il fallait répondre pendant les années 70 et 80 était de définir la durabilité ou la persistance d’un écosystème complexe. C’est dans ce cadre qu’en 1973, Holling a introduit le concept de « systèmes résilients ». Cet auteur définit la résilience comme « l’importance d’une perturbation qu’un écosystème peut encaisser sans changer de structure ». En géographie le concept de résilience fait également référence à la notion de durée de retour(Dauphiné and Provitolo 2004). Enfin, dans le domaine de l’économie (Paquet 1999) parle de « la capacité intrinsèque des entreprises, des organisations et des communautés à retrouver un état d’équilibre » : la résilience serait-elle la principale clé de la durabilité ? Au-delà de ces approches centrées sur la perturbation et sur les moyens d’y faire face, la résilience par l'allongement des horizons et la flexibilité qu'elle permet, se fonde également sur la notion d’adaptation. L’adaptation de la ville face aux risques se place alors dans une vision proactive, globale, intégrée et systémique qui touche les structures urbaines, les comportements, les pratiques…

Si de nombreuses réflexions, des études, des écrits et séminaires croisent actuellement ces travaux pour en exposer l’intérêt, la grande majorité des recherches restent théoriques ou lexicographiques. Ces recherches se focalisent sur l’étymologie du terme, traitent de la pluralité des définitions, analysent la genèse du concept, le changement de paradigme… Actuellement l’intérêt de la notion paraît évident alors que les actions d’évaluation ou de mise en œuvre du concept restent très rares. Ce dossier de [VertigO] a pour objectif de participer à la mise en action de la résilience en publiant les travaux qui explorent et exploitent le concept de résilience dans une approche appliquée, prospective qui intègre les facteurs de développement urbain et de dynamiques climatiques extrêmes. Il s’agit ainsi de dépasser l’analyse du concept polysémique pour questionner sa mise en œuvre opérationnelle dans le domaine de l’environnement, de l’urbanisme, du génie urbain, de l’architecture, en lien avec le fonctionnement et l’organisation des territoires urbains. Les contributions pourront également apporter des éléments de réponse à une ou plusieurs des dimensions ou questions suivantes :

  • Une dimension méthodologique qui renvoie à l'identification et à l’évaluation des facteurs de résilience ainsi qu’aux méthodes et outils pouvant être utilisés pour leur mesure. Comment apprécier la résilience d’un système technique urbain, d’un territoire, d’un milieu naturel ? Quels sont les facteurs pertinents à considérer pour évaluer la résilience d’un point de vue spatial, social, économique, politique, voire culturel? À quelle échelle ? Selon quelles méthodes et avec quelles données ? La prise en considération de la résilience modifie-t-elle notre façon d’observer, de mesurer, d’analyser, de représenter les systèmes urbains ?

  • Une dimension politique qui soulève la question des acteurs (publics, privés, populations, etc.) et des stratégies qui contribuent à améliorer la résilience. Comment évaluer la résilience des organisations et l’améliorer ? Comment conduire le changement ? Quels sont les acteurs de ce changement ? Quelles conséquences sur les processus de décision et d’action ? Comment passer de stratégies fondées sur la protection et la réduction de la vulnérabilité, vis-à-vis d’aléas particuliers, à des stratégies visant à renforcer les capacités de résistance et d’adaptation vis-à-vis de multiples évènements catastrophiques?

  • Une dimension stratégique de la gestion des risques qui examine comment s'effectue le passage de politiques de gestion des risques aléa-centrées vers des stratégies multirisques basées sur l’absorption, la réponse et la reprise. Concrètement que prévoient ces stratégies? Sont-elles efficaces? Quels peuvent être leurs effets sur la conception des projets, sur les modes d’aménagement, sur les modalités de fonctionnement et de gestion des réseaux techniques ? Dans quelle mesure les approches actuelles de la gestion des risques appliquées en milieu urbain sont-elles amenées à être repensées et modifiées afin de tenir compte de la résilience?

Aborder le concept de résilience dans sa dimension « action » ne doit pas non plus mener à un oubli de la question de l'évaluation de la durabilité des stratégies. Cela passe par l'analyse de leurs impacts agrégés sur les systèmes socio-écologiques, leurs influences sur l'environnement naturel et institutionnel, et les capacités à l'action collective qu'elles développent ou freinent (Lallau 2011).

Cet appel aux textes est porté par [VertigO] – la numérique en sciences de l'environnement et la revue SAPIENS. [VertigO] publiera des articles portant sur des études de cas, des recherche terrains, etc…tandis que la revue SAPIENS publiera des articles de synthèse. [VertigO] est une revue francophone, tandis que SAPIENS publie uniquement des textes en anglais.

[VertigO] acceptera aussi quelques contributions de type « Débats et Perspectives ». Ces textes doivent être de courts textes (moins de 3000 mots) qui soulèvent et questionnent des concepts, des notions, des approches méthodologiques, et ce, afin de mettre la table pour des Débats.

Des textes peuvent aussi être soumis dans la section « Regards et Terrain » sur ce thème de la résilience urbain. Cette section s'adresse aux interventions innovatrices sur le terrain afin de favoriser un partage d'expériences, d'approches pratiques et de cas gagnants.

Modalités de soumission

  • 15 mars 2013 : date limite pour l’envoi d’une proposition contenant un titre et un résumé d’un maximum de 500 mots ;

  • 15 juin 2013 : date limite pour l’envoi d’un texte complet respectant les conditions éditoriales précisées sur le site de la revue à l’adresse suivante : http://vertigo.revues.org ;

  • Évaluation du texte par un comité de lecture - réponse définitive de la revue en juin 2013 avec grille d’évaluation des évaluateurs ;

  • Novembre 2013 : réception des textes révisés ;

  • Décembre 2013 : mise en ligne du numéro.

Sauf pour les dates du 15 mars et du 15 juin, l’échéancier est fourni à titre indicatif.

Les propositions (résumés et textes complets) sont soumises par courrier électronique à l’une ou l’autre des deux adresses suivantes : vertigoweb@sympatico.ca ou eric.duchemin@editionsvertigo.org

Vous pouvez aussi nous faire parvenir d’autres propositions de textes pour les différentes sections de la revue. La revue accepte la soumission de textes scientifiques en tout temps.

Vous pouvez aussi nous faire parvenir en tout temps des propositions de textes pour les sections « Débats et Perspectives », « Regards sur le monde » et « J’ai lu ».

Coordination du numéro

  • Bruno Barroca (Université Paris-Est Marne-la-Vallée, LEESU équipe génie urbain),
  • Damien Serre (Université Paris-Est, Ecole des Ingénieurs de la Ville de Paris),
  • Yona Jébrak (Université du Québec à Montréal),
  • Gaëll Mainguy (SAPIENS, Institut Véolia Environnement),
  • Eric Duchemin ([VertigO]/UQAM),
  • Sara Bouchon (Risk Governance Solutions)

Comité scientifique de la revue : http://vertigo.revues.org/2032

Bibliographie

  • COST22. 2008. Prof. Richard Ashley, Dr. Andreas Vassilopoulos, Prof. Erik Pasche, Prof. Chris Zevenbergen, UNESCO: Advances in Urban Flood Management.
  • Dauphiné, A. & D. Provitolo. 2004. Résilience, risque et SIG.
  • EEA. 2008. Impacts of Europe's changing climate - 2008 indicator-based assessment European Environment Agency.
  • Holling, C.S. 1973. Resilience and Stability of Ecological Systems. Annual Review of Ecology and Systematics 4, pp.1-23.
  • Lallau, B. (2011) La résilience, moyen et fin d’un développement durable. Éthique et économique, 8, 168-185.
  • Lamarre, D. 2008. Climat et risques, changements d'approches. Lavoisier.
  • Paquet, G. (1999) La résilience dans l’économie. L’AGORA, 7, 14.
  • Vale, L. J. & T. J. Campanella. 2005. The resilient city - How modern cities recover from disaster
  • Zevenbergen, C., A. Cashman, N. Evelpidou, E. Pasche, S. L. Garvin & R. Ashley.2011. Urban Flood Management. London, UK: Taylor and Francis Group.

Dates

  • vendredi 15 mars 2013

Mots-clés

  • résilience, urbain, aménagement, adaptation

Contacts

  • Eric Duchemin
    courriel : eric [dot] duchemin [at] editionsvertigo [dot] org

Source de l'information

  • Eric Duchemin
    courriel : eric [dot] duchemin [at] editionsvertigo [dot] org

Pour citer cette annonce

« La résilience en action dans les territoires urbains », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 22 février 2013, http://calenda.org/239988