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Eau et vulnérabilités dans les Amériques

Water and vulnerabilities in the Americas

Revue ORDA n°4

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Publié le mercredi 27 mars 2013 par Élodie Faath

Résumé

Dans un contexte d’évolution des conditions climatiques, économiques et sociétales, la gestion de l’eau se trouve au cœur des questions de santé, de sécurité, de qualité de vie ou encore de développement. Face à une ressource en eau de plus en plus sollicitée et qui se dégrade qualitativement et quantitativement, face aussi à des interrogations sur l’évolution future des aléas en contexte de réchauffement climatique, se pose la question de la vulnérabilité et de la résilience des sociétés. La persistance voire l’augmentation des catastrophes liées à l’eau dans un monde de plus en plus apte techniquement à agir sur les aléas met en effet en lumière la forte vulnérabilité des sociétés face à ce type de risque. Si l’anthropisation des aléas est incontestable et constitue un facteur aggravant, la part de la vulnérabilité sociale dans l’occurrence des catastrophes est aujourd’hui reconnue comme un facteur déterminant. 

Annonce

Argumentaire

Dans un contexte d’évolution des conditions climatiques, économiques et sociétales, la gestion de l’eau se trouve au cœur des questions de santé, de sécurité, de qualité de vie ou encore de développement. Face à une ressource en eau de plus en plus sollicitée et qui se dégrade qualitativement et quantitativement, face aussi à des interrogations sur l’évolution future des aléas en contexte de réchauffement climatique, se pose la question de la vulnérabilité et de la résilience des sociétés. La persistance voire l’augmentation des catastrophes liées à l’eau (pollutions, sécheresses, inondations) dans un monde de plus en plus apte techniquement à agir sur les aléas met en effet en lumière la forte vulnérabilité des sociétés face à ce type de risque. Si l’anthropisation des aléas (inondation par ruissellement urbain, contamination anthropique des eaux, assèchement de zones humides, etc.) est incontestable et constitue un facteur aggravant, la part de la vulnérabilité sociale dans l’occurrence des catastrophes est aujourd’hui reconnue comme un facteur déterminant.

Cette vulnérabilité peut être considérée comme une propriété intrinsèque d’un groupe social,  indépendante des aléas. Elle apparaît alors comme touchant particulièrement les groupes sociaux socialement ou économiquement marginalisés. Dans cette perspective se pose la question de la façon dont ces sociétés « fondamentalement » vulnérables s’organisent face aux risques liés à l’eau. Dans quelle mesure les risques liés à l’eau constituent-ils un élément supplémentaire de vulnérabilisation de ces sociétés ? Inversement, ces sociétés ne mettent-elles pas également en œuvre, dans ou hors du cadre réglementaire, des stratégies d’adaptation originales ?

La vulnérabilité peut également, c’est le cas le plus fréquent, être analysée en référence à un type spécifique d’aléa. On peut alors identifier diverses vulnérabilités : matérielles, structurelles ou encore fonctionnelles, relatives au contexte et aux facteurs de mise en vulnérabilité. Les premières concernent l’endommagement matériel, portant atteinte à l’intégrité physique d’un enjeu donné. Les deuxièmes portent sur l’endommagement du fonctionnement, assimilable à une perturbation qui empêche l’enjeu d’assurer sa fonction (de production ou de service). Enfin, les troisièmes structurelles portent sur l’endommagement de la structure ou de l’organisation. Cette vulnérabilité tend à s’accroître du fait de l’évolution même des sociétés (dépendance à la ressource de confort, de production, valeur croissante des constructions dans les zones inondables, etc.). Il est vrai que les situations et les enjeux, et de fait les vulnérabilités, ont considérablement évolué au cours des dernières décennies. Les espaces ruraux sont soumis à des transformations socio-spatiales rapides et intenses avec par exemple le développement de systèmes agricoles intensifs irrigués sur les hautes terres tropicales. La croissance urbaine rapide, parfois difficilement contrôlée, et génératrice de fortes disparités sociospatiales, engendre une vulnérabilité urbaine d’autant plus grande qu’elle est souvent sous-estimée. Dans ce contexte, les marges ou espaces d’interface apparaissent comme des zones d’enjeux croisés et multiples dans lesquels se nouent les conflits et où se joue, autour de l’aménagement du territoire, la vulnérabilité de demain.

De cette diversité des contextes d’exposition, des capacités ou non de résilience locale ou institutionnelle, découlent une grande diversité de situations de vulnérabilité face aux risques liés à l’eau, dont l’Amérique se fait le reflet, par des contrastes ou des trajectoires communes entre nord et sud. Loin de prétendre dresser un tableau exhaustif, ce qui serait bien impossible, cet appel souhaite présenter un reflet de cette diversité des vulnérabilités, des dispositifs locaux ou institutionnels de résilience, etc. soit par des approches à dominante spatiale, sociale, hydrologique, économique ou physico-chimique, soit à la croisée de ces approches dans le cadre de démarches interdisciplinaires.

Nous proposons ainsi quelques pistes de questionnement, entre autres thématiques, qui pourront guider nos réflexions afin d’alimenter les avancées sur les études des vulnérabilités aux risques liés à l’eau dans les Amériques (de fait, les contributions attendues devront impérativement reposer sur des exemples pris dans les Amériques et intégrer un des points suivants) :

  • Comprendre et évaluer la construction et les mutations des vulnérabilités sociales liées à l’eau, soit mesurer les évolutions et les mutations récentes de ces vulnérabilités
  • Evaluer les conditions de résilience et les outils de réduction mis en œuvre (gouvernance environnementale, adaptations locales, gestion participative)
  • L’urbain et le rural, les zones de contact urbain/rural : diversité des espaces, diversité des  constructions et des stratégies d’adaptation/résilience en matière de vulnérabilités sociales
  • Amérique du nord/Amérique du sud : confronter les savoirs, les enseignements, les vulnérabilités sociales et les processus d’adaptation face aux risques liés à l’eau 

Modalités de soumission

Nous attendons donc vos propositions afin d’illustrer et/ou croiser ces divers questionnements autour des vulnérabilités sociales liées à l’eau dans les Amériques.

Les intentions de contributions (titre, mots clés, et résumé ne dépassant pas 3 000 signes, en français ou anglais ou espagnol) doivent être adressées à: 

Alexandra Angéliaume-Descamps GEODE UMR 5602 CNRS - UTM angeliau@univ-tlse2.fr

et

Anne Peltier GEODE UMR 5602 CNRS - UTM peltier@unv-tlse2.fr

au plus tard le 30 avril 2013.

L’information concernant les résumés retenus sera donnée le 15 mai 2013 et les textes sélectionnés devront être remis le 30 juillet 2013 pour une parution en janvier 2014.

Les articles seront soumis dans l’une des quatre langues de publication de la revue (anglais, espagnol, français, portugais).
Les résumés et cinq mots-clefs, dans au moins deux des quatre langues de la revue dont la langue d’origine et l’anglais (le Comité éditorial se charge de la traduction du résumé et des mots-clefs dans les deux autres langues).
Pour plus de détail, voir le site de la revue.

Responsables scientifiques

  • Alexandra Angéliaume-Descamps (GEODE UMR 5602 UTM, Toulouse, France)
  • Anne Peltier (GEODE UMR 5602 UTM, Toulouse, France)
  • Arturo Vallejos (Universidad de Los Lagos, Osorno, Chili)

La revue l’ORdinaire Latino-Américain (ORLA), portée par l’IPEAT (Institut pluridisciplinaire d’études sur les Amériques à Toulouse) prend un nouvel envol. Revue pluridisciplinaire centrée sur les sciences humaines, et sur l’art et la littérature, s’intitulant désormais l’ORDinaire des Amériques (ORDA), la revue s’ouvre à l’ensemble des Amériques, devient une revue en ligne, et renforce plus avant sa légitimité scientifique en associant de grandes personnalités du monde académique à son comité d’évaluation scientifique.

Lieux

  • Maison de la Recherche - 5 Allées Antonio Machado
    Toulouse, France (31)

Dates

  • mardi 30 avril 2013

Mots-clés

  • eau, vulnérabilité, Amériques, résiliences, aléas

Contacts

  • Alexandra Angéliaume Descamps
    courriel : angeliau [at] univ-tlse2 [dot] fr

Source de l'information

  • Alexandra Angéliaume-Descamps
    courriel : angeliau [at] univ-tlse2 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Eau et vulnérabilités dans les Amériques », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 27 mars 2013, http://calenda.org/242908