AccueilLes sources nativement numériques pour la recherche en histoire et patrimoine

Les sources nativement numériques pour la recherche en histoire et patrimoine

Native digital sources for research in history and heritage

Pratiques et méthodes

Practices and methods

*  *  *

Publié le vendredi 06 décembre 2013 par Julie Abbou

Résumé

Cette journée d'étude du LabEx HASTEC propose différentes pratiques méthodologies et réflexions épistéomologiques sur les sources numériquement natives, nouveaux documents produits dans l’usage même des techniques et environnements du numérique, et ce depuis que les ordinateurs sont nés il y a plus d’un demi-siècle. En quoi ces nouveaux documents peuvent-ils constituer de nouvelles sources pour les études qui interrogent le passé ? Quelles traces, générées dans l’usage des outils numériques et transmises par la mémoire d’usage des technologies informatiques, deviennent exploitables et analysables à côté des formes et contenus ? À quel nouveau type d’archives le chercheur en histoire ou en patrimoine doit-il se confronter ? Participent à cette journée des cherceurs en histore des techniques et de l'innovation, en sciences de l'information et de la communication, sciences de gestion, ainsi que des professionnels du patrimoine et de l'archivistique.

Annonce

Entrée libre et buffet dans la mesure des places disponibles. Merci de confirmer votre présence par l'email à l'adresse camille.paloque_berges@cnam.fr

Argumentaire

Les sciences humaines et sociales ont depuis quelques années vu s’accroître le regard réflexif des chercheurs sur leurs terrains et corpus, leurs gestes, leurs outils et instruments, en particulier dans le rapport aux technologies de l’information et de la communication à l’ère numérique. Si les « Digital Humanities » (Humanités numériques) ont montré les apports du traitement informatique pour des fonds de documents numérisés, de nouveaux documents sont produits dans l’usage même des techniques et environnements du numérique, et ce depuis que les ordinateurs sont nés il y a plus d’un demi-siècle. En quoi ces nouveaux documents peuvent-ils constituer de nouvelles sources pour les études qui interrogent le passé ? Quelles traces, générées dans l’usage des outils numériques et transmises par la mémoire d’usage des technologies informatiques, deviennent exploitables et analysables à côté des formes et contenus ? A quel nouveau type d’archives le chercheur en histoire ou en patrimoine doit-il se confronter ?

Parmi les questions générales posées par cette journée, celle des rapports entre vérité historique et mémoire documentaire dans le contexte numérique ne trouve encore que des réponses non définitives. Si le document numérique est instable, marqué par une obsolescence technique rapide (évolution des supports, formats, codes) et infiniment réinscriptible à différents niveaux de données (du code au texte), quelle valeur de vérité lui accorder ? On tentera, à travers des comparaisons avec les domaines de la diplomatique et du juridique, de mieux comprendre le rapport du document numérique à l'administration de la preuve scientifique, et ainsi engager une réflexion plus proprement épistémologique. A cela s'ajoute une réflexion sur l'authenticité du document numérique et les relations de confiance entretenues par les chercheurs aux documents : qui agit en tiers de confiance ? Qu’est-ce qui atteste de la valeur patrimoniale ou scientifique d’une archive numérique native ?

La question de la réflexivité du chercheur sur les sources originaires des outils et usages numériques commence à se poser aux historiens des techniques, de l’innovation et plus généralement du contemporain. Les sources documentaires sont marquées par l’hétérogénéité, l’obsolescence, et la multiplicité des couches d’information entre interface et machine. Comment s’y retrouver dans le mille-feuille logiciel du document numérique ? Où, comment, et en quoi les dimensions matérielles et infrastructurelles interviennent-ils dans ces sources ? Qu’est-ce que la source numérique dit mal, ou ne dit pas du tout et quels recours méthodologiques sont possibles pour l’historien ? Les difficiles stockage, conservation et récupération des artefacts numériques posent également la question de la mise en patrimoine des produits et processus des sciences informatiques.

Enfin, cette journée interdisciplinaire souhaite interroger le rapport des disciplines aux sources numériques natives : en premier lieu l’histoire, en deuxième lieu les sciences de l’information et de la communication, chacune d’entre elles entretenant un rapport spécifique aux questions transverses de cette journée en termes de documents et archives numériques natifs.

Programme

  • 9:00-09:15 Présentation générale par Camille Paloque-Berges (HT2S & DICEN, Cnam ; associée du LabEx Hastec)

Première session : Faire confiance aux sources numériques ? Archives et documents entre mémoire, vérité et preuve

  • 09:15-09:45 : Marie-Anne Chabin (DICEN, Cnam) et Claire Scopsi (DICEN, Cnam) : « Analyse diplomatique des effets du numérique sur la production des documents de preuve à vocation historique »
  • 09:45-10:15 : Sophie Derrot (BNF) : « Le dépôt légal du Web : vers un patrimoine numérique »
  • 10:15-10:45 : Emmanuel Ruzé (Istec & Télécom ParisTech) : « Quelques approches récentes des archives communautaires numériques »
  • 10:45-11:15 : table ronde animée par Louise Merzeau (Tactic/DICEN, Université Paris Ouest Nanterre)

11:15-11:30 : pause

Questions transverses : disciplines et numérique 1/

  • 11:30-12:00 : Eric Guichard (ENSSIB) : « Les humanités résistent-elles à l’histoire de l’écriture ? »

12:00-13:00 : buffet (à disposition du public dans la mesure des places disponibles)

Deuxième session : Des artefacts techniques comme sources : nouveaux documents pour l’histoire des technologies en société

  • 13:15-13:45 : Alexandre Hocquet (Archives Poincaré/Université de Lorraine) et Camille Paloque-Berges (HT2S & DICEN, Cnam ; associée du LabEx Hastec): « Collectifs scientifiques et techniciens étudiés à partir de leurs échanges en ligne »
  • 13:45-14:15 : Francesca Musiani (CSI/MINES ParisTech) : « Le virtuel entre matérialité et invisibilité : étudier les infrastructures numériques »
  • 14:15-15:45 : Benjamin Thierry (Paris Sorbonne/IRICE) : « ‘Le village sans sauvage’ : une approche ethno- historique du concept d'interactivité »
  • 15:45-16:30 : table ronde animée par Valérie Schafer (ISCC, CNRS)

16:30-16:45 : pause

Questions transverses : disciplines et numérique 2/

  • 16:45-17:15 : Frédéric Clavert (Labex EHNE): « Mise en données des sciences humaines et sociales: l'exemple de l'histoire »
  • 17:15-17:45 : Evelyne Broudoux (DICEN, Cnam): « L'apport des sciences de l'information à l'étude des sources »

18:00 : clôture de la journée.

Coordination scientifique et partenaires

Journée d’étude organisée dans le cadre des contrats post-doctoraux du LabEx HASTEC (PRES HESAM) par Camille Paloque-Berges, post-doctorante HASTEC pour l’année 2012-2013 accueillie par le laboratoire DICEN (Cnam) et membre du Projet PATRIMONIUM (action financée par le CNRS au titre de l’appel à projet « Expertise, controverses et communication entre science et société »), et actuellement ingénieure de recherche au laboratoire HT2S (Cnam), tous trois partenaires de l’événement.

Lieux

  • Conservatoire national des arts et métiers (salle à préciser ultérieurement sur la page Web de l'annonce) - 292 rue Saint-Martin
    Paris, France (75003)

Dates

  • lundi 09 décembre 2013

Fichiers attachés

Mots-clés

  • histoire, patrimoine, sources, numérique, technologie, communication, information, mémoire, méthodes

Contacts

  • Camille Paloque-Berges
    courriel : camille [dot] paloque_berges [at] cnam [dot] fr

Source de l'information

  • Camille Paloque-Berges
    courriel : camille [dot] paloque_berges [at] cnam [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les sources nativement numériques pour la recherche en histoire et patrimoine », Journée d'étude, Calenda, Publié le vendredi 06 décembre 2013, http://calenda.org/267910