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Design social et appropriations de l'espace

Social design and the appropriations of space

Numéro 73 de la revue « Lien social et politiques »

Lien social et politiques journal, issue 73

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Publié le lundi 16 décembre 2013 par Luigia Parlati

Résumé

Ce numéro se penche sur des projets urbains qui entendent conjuguer urbanisme, architecture, et participation sociale. La notion de « design social » a émergé ces dernières années pour qualifier cette ambition. Elle sera entendue ici comme un terme générique qui se rapporte à la conception et la réalisation participatives d’objets ou d’espaces urbains, impliquant une pluralité d’acteurs (citoyens, professionnels, décideurs, groupes d’intérêts, clients, usagers…). Le numéro se caractérisera par la diversité des objets (lieux et échelles, types d’action, groupes et projets urbains étudiés) et la diversité des méthodes (monographies ou études comparatives), mais l’ensemble des contributions auront en commun un intérêt marqué pour la description et l’analyse des pratiques participatives de l’espace, ainsi que pour la réflexion sur les enjeux proprement spatiaux de la démocratie.

Annonce

Argumentaire

Ce numéro se penche sur des projets urbains qui entendent conjuguer urbanisme, architecture, et participation sociale. La notion de « design social » a émergé ces dernières années pour qualifier cette ambition. Elle sera entendue ici comme un terme générique qui se rapporte à la conception et la réalisation participatives d’objets ou d’espaces urbains, impliquant une pluralité d’acteurs (citoyens, professionnels, décideurs, groupes d’intérêts, clients, usagers…). Par-delà la multiplicité des formes et l’extrême diversité de leurs enjeux économiques, politiques, sociaux ou culturels, ces projets de design social – que caractérise de prime abord un intense travail de réflexion, de délibération et d’échange – ont a priori en commun de remettre en question les figures traditionnelles du professionnel et de l’expert en matière d’environnement construit, ainsi que les processus habituels de décision qui en orientent l’organisation. La pertinence de ces nouvelles pratiques de fabrication de l’espace s’évalue également dans leur propension à innover ou à étendre concrètement le changement social à la trame des relations et des usages, puis aux représentations ou aux concepts mêmes par lesquels l’espace humain est imaginé et habité.

« Design social », mais aussi architecture participative, architecture citoyenne, participatory design, sustainable design, urbanisme participatif, laboratoires vivants ou living labs… sont autant des dénominations qui ont fleuri depuis 20 ans pour désigner cette tendance, que nous souhaitons questionner à travers ce numéro. Les professionnels et les citoyens qui s’en réclament placent parfois leurs actions dans le sillage des « luttes urbaines » radicales des années soixante et soixante-dix, mais revendiquent beaucoup plus souvent une approche nettement plus pragmatique, en proposant des expériences qui se déploient à des échelles ou selon des logiques elles aussi très variables : micro-urbaine et régionale, éphémère ou durable, touchant le mobilier urbain et les infrastructures, mobilisant les réseaux sociaux, etc. Les effets de ces expériences participatives, où se rencontrent et parfois se « heurtent » militants et citoyens, élus et fonctionnaires, chercheurs, artistes et techniciens, se font sentir dans des domaines aussi différents que le logement, l’aménagement des places publiques et du paysage, le transport, l’environnement, l’alimentation, le loisir, l’éducation, la santé ou le religieux (l’aménagement ou le réaménagement de lieux de culte).

Si on s’arrête aux enjeux plus larges soulevés par l’architecture et le design participatifs aujourd’hui, on constate que l’espace n’est plus considéré comme un simple « paramètre » extérieur, plus ou moins contraignant, ou comme une « dimension » infiniment malléable et donc secondaire, mais qu’il se trouve au cœur des luttes indissociablement matérielles et symboliques autour desquelles se joue l’expérience démocratique. Si on s’est déjà beaucoup interrogé sur les rapports qu’entretiennent l’architecture et la politique ou le pouvoir (rapports souvent placés sous le signe de l’idéologie, de la rhétorique, de la propagande, du contrôle ou de la régulation), il faudrait peut-être dans ce contexte questionner non seulement les contraintes ou les obstacles à la participation sociale, mais aussi ses malentendus, ses illusions et ses faux-fuyants.

Par ailleurs, l’intérêt pour les espaces centraux urbains, qui captent particulièrement l’attention des chercheurs et les mobilisations, ne doit pas occulter que de nombreux territoires périphériques se trouvent aujourd’hui soumis à de fortes pressions. Alors que ces pressions (provenant de la production agricole, de l’exploitation des ressources naturelles, du dévelopement résidentiel, du transport, des politiques d’aménagement, du tourisme, du design publicitaire, des mesures de sécurité, des opérations militaires ou de l’intervention humanitaire, etc.) conduisent parfois à des équilibres ou à des compromis précaires entre acteurs, elles sont d’abord des occasions de conflits et d’initiatives citoyennes, qui mettent en débat et en pratique, sous différentes formes collaboratives ou participatives, des manières alternatives de s’approprier l’espace et de le définir.

Les expériences participatives ou collaboratives actuelles interrogent donc les dynamiques de la société civile, de l’exercice du pouvoir, de la formation des identités individuelles et collectives, toutes ancrées dans un territoire à partager, à conquérir ou à reconquérir. Elles questionnent également les identités professionnelles des architectes et des urbanistes, travaillées par cette injonction participative.

Le numéro se caractérisera par la diversité des objets (lieux et échelles, types d’action, groupes et projets urbains étudiés) et la diversité des méthodes (monographies ou études comparatives), mais l’ensemble des contributions auront en commun un intérêt marqué pour la description et l’analyse des pratiques participatives de l’espace, ainsi que pour la réflexion sur les enjeux proprement spatiaux de la démocratie.

Axes thématiques

Nous appelons des contributions de toutes disciplines (notamment les sciences humaines et sociales, les sciences politiques, les études urbaines, le design, l’aménagement, l’architecture), autour de quatre thèmes :

  • Les politiques publiques et le rôle des institutions en matière de développement local et de revitalisation/rénovation des espaces urbains ;
  • Les controverses et les luttes autour de l’aménagement ou de l’occupation de l’espace ;
  • Les expériences citoyennes et/ou militantes d’appropriation de l’espace, les organismes et les acteurs qui s’inscrivent dans une forme ou l’autre de design participatif ;
  • Les nouvelles communautés de pratiques issues de l’action culturelle ou artistique, de la recherche et de l’enseignement.

Modalités d'envoi des propositions

Une déclaration d’intention ou un résumé d’environ 350 mots, accompagné d’un bref C.V. de chacun des auteurs, doivent être envoyés en format électronique

avant le 15 février 2014

à l’un ou l’autre des directeurs de publication :

  • Louis Jacob, Département de sociologie

Université du Québec à Montréal

jacob.louis@uqam.ca

  • Fabien Desage, Chaire d’études de la France contemporaine, CERAPS - université Lille 2 / université de Montréal

fabien.desage@umontreal.ca

Les articles devront être soumis au plus tard le 1er juin 2014 pour évaluation.

Dates

  • samedi 15 février 2014

Mots-clés

  • design social, participation sociale, appropriations de l'espace

Contacts

  • Louis Jacob
    courriel : jacob [dot] louis [at] uqam [dot] ca
  • Desage Fabien
    courriel : fabien [dot] desage [at] umontreal [dot] ca

Source de l'information

  • Céline Juin
    courriel : lsp [at] ucs [dot] inrs [dot] ca

Pour citer cette annonce

« Design social et appropriations de l'espace », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 16 décembre 2013, http://calenda.org/268704